Dynamiques de conflit
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| Sana | Obunachilarni jalb qilish | Esdaliklar | Kanallar | |
| 15 Oktabr | 0 | |||
| 14 Oktabr | 0 | |||
| 13 Oktabr | +5 | |||
| 12 Oktabr | 0 | |||
| 11 Oktabr | +2 | |||
| 10 Oktabr | 0 | |||
| 09 Oktabr | +3 | |||
| 08 Oktabr | +1 | |||
| 07 Oktabr | 0 | |||
| 06 Oktabr | +2 | |||
| 05 Oktabr | +1 | |||
| 04 Oktabr | +1 | |||
| 03 Oktabr | +1 | |||
| 02 Oktabr | +1 | |||
| 01 Oktabr | +3 |
Kanal postlari
Le Forum économique mondial pourrait élire Christine Lagarde à sa présidence dès le 2 novembre
Le conseil de fondation du Forum économique mondial (WEF), organisateur du sommet de Davos, se réunit le 2 novembre. Il pourrait y élire Christine Lagarde à sa présidence, ou fixer un vote pour qu'elle arrive à Davos en janvier 2027 comme présidente désignée.
La présidente de la BCE siège à ce conseil. En juin 2025, elle se disait déterminée à finir son mandat, qui court jusqu'au 31 octobre 2027. Elle dit désormais rester jusqu'en 2027, sans s'engager sur l'échéance. Le 15 octobre, la BCE a refusé de commenter.
Un départ anticipé permettrait de nommer son successeur avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, le 13 mai 2027, et avant une présidentielle où les sondages donnent l'extrême droite en position de l'emporter. Christine Lagarde souhaiterait laisser au président français un droit de regard sur ce choix.
Deux autres sièges du directoire de la BCE se libèrent dans la même fenêtre : Isabel Schnabel part pour le FMI le 3 janvier 2027, le chef économiste Philip Lane achève son mandat fin mai 2027. Les trois postes pourraient être négociés en un seul paquet. Le Néerlandais Klaas Knot et l'Espagnol Pablo Hernández de Cos sont cités pour la présidence, Paris viserait le poste de chef économiste.
À Davos, des responsables américains auraient fait savoir en janvier 2026 que Christine Lagarde n'était pas leur choix. Elle reste aussi perçue en interne comme la candidate de Klaus Schwab, fondateur parti en avril 2025. Le conseil est coprésidé par André Hoffmann, vice-président de Roche, et Larry Fink, PDG de BlackRock.
Pour aller plus loin 👉🏻
BCE, départ d'Isabel Schnabel (24 septembre 2026): https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2026/html/ecb.pr260924~bea1dd9824.en.html
BCE, procédure de nomination du directoire: https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/html/choosingboardmembers.en.html
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit
| 2 | Mise à jour | Starshield : Musk renvoie la décision au Pentagone, la Maison-Blanche dément
Hier, après la publication de notre post sur le bridage de Starshield, Elon Musk a déclaré que les terminaux utilisés par l'armée ukrainienne sont "détenus et contrôlés par le gouvernement américain", et que toute limite de vitesse ou d'usage est "décidée par l'armée américaine et, in fine, par le président".
Un haut responsable de l'administration Trump a affirmé de son côté que la Maison-Blanche n'avait "rien à voir" avec cette restriction et qu'elle allait interroger SpaceX. Le Pentagone, qui finance le service par contrat depuis août 2024, a refusé de commenter...
Sur le terrain, les coupures constatées dès 60 à 70 km/h la première nuit ont été corrigées. Le plafond de 161 km/h reste en vigueur, a confirmé le ministère ukrainien de la Défense.
Pour l'absence d'alerte lors des frappes sur Kiev les 12 et 13 octobre, des responsables américains ont invoqué une gêne de leur système de détection due à la météo. Kiev conteste. Donald Trump assure que le partage de renseignement se poursuit.
Starlink représente plus des deux tiers du chiffre d'affaires de SpaceX. En renvoyant la décision à l'État client, Musk protège l'image commerciale du service et les contrats militaires de son entreprise. Crédible.
La Maison-Blanche affronte les élections de mi-mandat le 3 novembre. Un sondage AP-NORC publié le 1er octobre indique que 65 % des Américains la tiennent pour responsable du coût de la vie. Donald Trump attribue la hausse du gazole aux frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. Assumer le bridage l'exposerait en revanche au Congrès, où le caucus pro-ukrainien, bipartisan, a déclaré que de telles restrictions "ne seront pas acceptées".
Le Pentagone, client du contrat, garde le silence. En février 2025, le cabinet du secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait déjà suspendu trois jours les vols d'aide vers l'Ukraine sans approbation présidentielle...
L'explication météo évite aussi de détailler le fonctionnement du système d'alerte. Chaque nuit, les satellites américains voient des centaines de tirs de missiles antiaériens russes contre les drones ukrainiens. Pour ne pas déclencher les sirènes à chaque fois, ces départs sont triés et écartés comme sans danger pour les villes.
Or le 48N6, missile du système antiaérien S-400 que l'armée russe tire aussi contre des cibles au sol, part du même lanceur, avec le même moteur et le même profil de départ qu'un tir antiaérien. Il aurait donc pu être vu, puis classé comme un tir de défense et écarté. Le reconnaître publiquement reviendrait à indiquer à Moscou comment contourner le tri, en exposant ses limites. Ce que tout observateur attentif, aura maintenant pu noter.
Côté ukrainien, imputer l'absence d'alerte à Washington évite de mettre en avant les limites des radars nationaux et rend coûteux, à trois semaines du scrutin américain, tout transfert de responsabilité vers Kiev. Le 15 octobre, Zelensky a annoncé la reprise des frappes sur les raffineries russes.
Pour aller plus loin 👉🏻
Post initial: https://t.me/dynamiquesdeconflit/4732
Meduza, réponse de Musk: https://meduza.io/en/news/2026/10/14/starshield-systems-are-owned-and-controlled-by-the-u-s-government-musk-responds-to-ukraine-s-complaints-about-restrictions-on-the-military-version-of-starlink
Meduza, démenti de la Maison-Blanche: https://meduza.io/en/news/2026/10/15/axios-white-house-denies-role-in-starlink-restrictions-in-ukraine
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 436 |
| 3 | HISTOIRE | Ignorabimus, le jour où un physiologiste a fixé la dernière frontière de la science
Le 14 août 1872, à Leipzig, le congrès des naturalistes et médecins allemands attend son orateur vedette. Emil du Bois-Reymond a 53 ans et dirige la chaire de physiologie de Berlin.
Il faut dire que l'homme incarne la science conquérante. Il s'est juré avec un ami de prouver qu'aucune autre force que la physique et la chimie n'agit dans un être vivant. Il a passé des années penché sur des nerfs de grenouille, avec des appareils qu'il fabriquait lui-même, assez sensibles pour capter des courants infimes. Il a montré qu'un nerf qui transmet un ordre produit une brève décharge électrique. On l'appelle aujourd'hui le potentiel d'action. Personne ne semble mieux placé pour annoncer que la machine humaine n'a plus de secret.
Ce jour-là, il fait l'inverse.
Il imagine un esprit qui connaîtrait la position et le mouvement de chaque atome de l'univers, puis il le pose devant un cerveau humain. Il verrait tout : chaque molécule, chaque décharge, chaque circuit qui s'allume quand on goûte du sucre. Et il ne saurait toujours pas pourquoi ces mouvements d'atomes font que, pour quelqu'un, le sucre a un goût sucré.
Faites l'essai : expliquez le rouge à un aveugle de naissance. Donnez-lui tout, la longueur d'onde de la lumière rouge, les cellules de l'œil qui la captent, le trajet du signal jusqu'à l'arrière du crâne. Il saura tout, et il ne saura toujours pas à quoi ressemble le rouge.
Du Bois-Reymond précise un point qu'on oublie souvent. Il ne parle pas de la pensée ni du langage, qu'il croit explicables un jour. Il parle de la sensation la plus simple, une douleur, une couleur, une odeur.
Sa conclusion tient en deux mots latins. Face aux énigmes de la nature, le savant a l'habitude de dire "Ignoramus", nous ne savons pas encore. Face à celle-ci, il doit se résoudre à un verdict bien plus dur : "Ignorabimus", nous ne saurons jamais.
Le discours fait scandale. En 1878, le zoologiste Ernst Haeckel accuse du Bois-Reymond de mener une "croisade contre la liberté de la science" et lui oppose une autre devise latine : "Impavidi progrediamur !", avançons sans crainte. Du Bois-Reymond ne cède pas. Le 8 juillet 1880, devant l'Académie de Berlin, il range l'origine de la sensation parmi trois énigmes du monde qu'il juge à jamais hors de portée.
En 1930, le mathématicien David Hilbert lui répond publiquement : "Nous devons savoir, nous saurons." La formule finira gravée sur sa tombe.
En avril 1994, le philosophe australien David Chalmers donne à la question son nom moderne : le "problème difficile" de la conscience. Expliquer comment le cerveau voit, trie et se souvient, on sait par où commencer. Expliquer pourquoi tout ce travail ne se fait pas "dans le noir", sans que personne ne ressente rien, personne ne sait.
Le 30 avril 2025, la revue Nature publie la première confrontation organisée entre les deux grandes théories scientifiques de la conscience : aucune n'en sort confirmée.
Entre-temps, la question a changé de terrain. Si l'on ne sait pas expliquer pourquoi des neurones produisent du ressenti, on ne sait pas non plus dire si une machine en éprouve. Le 17 août 2023, dix-neuf chercheurs publient une grille d'indicateurs de conscience applicables aux intelligences artificielles. Leur conclusion : aucun système actuel n'est conscient, mais rien d'évident n'empêche d'en construire un, où que ce soit déjà fait sans que nous le sachions.
Alors, Ignorabimus ?
Pour aller plus loin 👉🏻
Über die Grenzen des Naturerkennens, 1872 (Max Planck): https://vlp.mpiwg-berlin.mpg.de/library/data/lit28636
Die sieben Welträtsel, 1880 (Max Planck): https://vlp.mpiwg-berlin.mpg.de/library/data/lit28646
Chalmers, Facing up to the problem of consciousness (1995): https://consc.net/papers/facing.html
Étude Cogitate (Nature, 2025): https://www.nature.com/articles/s41586-025-08888-1
Consciousness in Artificial Intelligence (arXiv, 2023): https://arxiv.org/abs/2308.08708
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 564 |
| 4 | Ledger : des portefeuilles piégés avant même d'être déballés
Le 14 octobre 2026, Ledger a demandé à ses revendeurs de sept marchés de suspendre la vente de ses portefeuilles matériels et de les retirer des rayons : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam et Hong Kong.
Tout part du 9 octobre. Vers 05h00 UTC, des centaines de portefeuilles sont vidés presque simultanément. La société d'analyse Bitquery a compté 93,2 millions de dollars sortis de 315 portefeuilles sur six blockchains, dont 70,5 millions sur TRON, surtout en USDT. Tether a gelé 10 millions de dollars sur 20 adresses.
Les victimes avaient toutes acheté leur appareil chez CryptoBilis, revendeur agréé par Ledger pour l'Indonésie, la Malaisie et les Philippines.
La première réaction a été de croire Ledger piraté. Or la puce de sécurité, qui génère et garde les clés, n'a pas été touchée.
Comment vide-t-on un portefeuille sans casser sa puce ?
Le 10 octobre, Ledger a confirmé un composant ajouté dans l'appareil d'une victime. Le 13, son laboratoire Donjon l'a décrit. Une petite carte électronique logée dans le boîtier lit ce qui s'affiche à l'écran. À la mise en service, l'appareil montre les 24 mots de récupération, la clé maîtresse qui permet de reconstruire le portefeuille n'importe où. L'implant reconnaît ces mots et les envoie aux attaquants par le réseau mobile 4G, grâce à sa propre carte SIM électronique.
Ni la puce, ni le système, ni les transactions ne sont modifiés. Le test d'authenticité de Ledger vérifie la puce. Elle est authentique, donc le test passe. Les emballages étaient intacts.
Les chercheurs de Tibane Labs suivent ce dispositif depuis août 2025 et en décrivent trois générations. La première était faite de fils soudés à la main. La troisième prend la place de la mousse derrière l'écran : un circuit noir de moins d'un millimètre, batterie d'origine conservée, références des puces effacées, fabrication industrielle.
L'opération a été préparée. Des Nano X piégés circulaient en ligne depuis le 16 septembre, à environ moitié prix. D'après Bitquery, de petites transactions de test ont précédé le vol pendant deux semaines. Le jour J, 25 portefeuilles TRON ont validé la même opération en trois secondes : les mots avaient été collectés pendant des semaines, puis utilisés en une seule vague.
Des implants ont aussi été trouvés dans un Ledger Flex acheté à l'aéroport de Singapour, dans des Nano X achetés au Japon, et dans deux appareils achetés en Allemagne chez MediaMarkt, sans perte de fonds. MediaMarkt Saturn a suspendu ses ventes le 13 octobre. Ledger maintient que les vols confirmés restent limités à l'Asie du Sud-Est.
Les fondateurs de CryptoBilis indiquent avoir cédé l'entreprise en mars 2026, sous un accord de confidentialité repoussant l'annonce à la mi-octobre. Depuis le 3 août, 100 % des parts sont détenues par un particulier domicilié dans la province chinoise du Heilongjiang. Aucun lien n'est établi entre ce rachat et les implants.
Chaque carte SIM a pourtant été activée chez un opérateur, avec un abonnement et un serveur de réception : autant de traces qui pourraient remonter aux commanditaires.
Ledger, dont le siège est à Paris, dit revoir ses circuits de vente et demande à ses revendeurs de ne jamais remettre en vente un produit retourné.
Les victimes avaient suivi le conseil de base : acheter chez un revendeur agréé. Ledger leur recommande de ne pas initialiser un appareil acheté chez CryptoBilis, et de transférer leurs fonds vers un appareil acheté directement chez le fabricant, avec de nouveaux mots de récupération.
Pour aller plus loin 👉🏻
Tibane Labs, analyse de l'implant: https://www.tibane.net/research/ledger-nano-x-implant
Ledger, déclaration officielle: https://x.com/Ledger/status/2109331538072494364
Mark Karpelès, démontage du Ledger Flex: https://x.com/MagicalTux/status/2109916873689280900
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 593 |
| 5 | Riyad : King Khalid fermé, Aramco touché, le Yémen rejoint Ormuz
L'aviation civile saoudienne (GACA) maintient fermé l'aéroport King Khalid de Riyad. Un NOTAM (avis aux navigants) court jusqu'au 17 octobre, 21h00 UTC, sans réouverture confirmée.
L'aéroport a été frappé quatre fois du 8 au 11 octobre. Le 10, un missile balistique touche les terminaux 3 et 4 : 13 morts et 309 blessés, dont une Française. Les Houthis revendiquent et déclarent l'espace aérien saoudien "théâtre d'opérations", La Mecque et Médine exceptées. Riyad enquête sur l'échec de ses interceptions face à des missiles tirés à plus de 1 000 km.
Le 13 octobre, la coalition saoudienne a frappé des dépôts de carburant houthis à Sanaa, Hodeïda et Dhamar, accusés d'alimenter missiles et drones. Dans la nuit, un missile houthi a touché le siège d'Aramco à Dhahran. Les trois derniers étages sont endommagés, dont les bureaux de la direction générale. Le 14, Riyad a intercepté deux drones, quatre missiles de croisière et un balistique.
Deux jours plus tôt, le PDG d'Aramco Amin Nasser décrivait un marché sans réserve : gazole autour de 200 dollars le baril, stocks commerciaux terrestres "bien en dessous" de 6 milliards de barils, pour l'essentiel immobilisés, jusqu'à deux ans pour les reconstituer. Et ça c'est dans la configuration actuelle, nous sommes prévenus.
Le marché lit le Yémen à travers Ormuz, bloqué par l'Iran depuis le 28 février. Les sorties de brut du Golfe sont tombées de 15 millions de barils par jour à la mi-septembre à 4 millions début octobre. L'organisme britannique de suivi du trafic maritime (UKMTO) a reçu 18 signalements d'attaques dans la zone depuis le 1er octobre.
La marine des Gardiens de la révolution parle de mines sur des routes qu'elle interdit : trois pétroliers depuis le 10 octobre, puis un porte-conteneurs de plus de 2 500 boîtes qui aurait coulé le 14 au matin, sans nom ni pavillon communiqués. L'UKMTO décrit des projectiles non identifiés, plusieurs fois à bâbord, sur des navires sortants dont ce flanc fait face à la côte iranienne. Le 11 octobre, Téhéran a diffusé les images de l'Al Maqam en feu, superpétrolier de la compagnie émirienne ADNOC.
Le 13 octobre, l'Iran et Oman se sont entendus sur une route maritime temporaire. Selon Téhéran, les navires touchés l'évitaient.
Pour contourner Ormuz, Riyad compte sur l'oléoduc Est-Ouest, 1 200 km jusqu'au port de Yanbu, sur la mer Rouge : 5,8 millions de barils par jour depuis le 6 octobre. Les Houthis y ont décrété en juillet un blocus des navires saoudiens et tiennent depuis septembre la côte jusqu'au Bab el-Mandeb. Les deux sorties pétrolières du royaume sont désormais exposées à des acteurs alignés sur Téhéran.
Washington fournit renseignement, désignation d'objectifs et planification à la coalition, mais sans frapper pour le moment. Le 13 octobre, Donald Trump a jugé que les Houthis se comportaient "très mal", "probablement aux ordres de l'Iran". Sur une participation américaine : "Je ne peux pas vous le dire." Les Houthis promettent une riposte contre les intérêts américains en cas d'intervention.
Le Pentagone a ordonné le 7 octobre au commandement central de se préparer à reprendre les opérations contre l'Iran. Le lendemain, Trump s'engageait à ne pas l'attaquer avant les élections du 3 novembre...
Alliée de Riyad par le pacte de La Mecque, Ankara exclut troupes et opérations offensives. Le 11 octobre, Abbas Araghchi a proposé à Riyad de faciliter un dialogue avec les Houthis.
Pour aller plus loin 👉🏻
Communiqué GACA (QNA): https://qna.org.qa/en/News-Area/News/2026-10/12/saudi-civil-aviation-authority-extends-suspension-of-operations-at-king-khalid-intl-airport
Discours d'Amin Nasser, WPC Energy 2026: https://www.aramco.com/en/news-media/speeches/2026/remarks-by-amin-h-nasser-at-25th-wpc-energy-conference
Statut d'Ormuz, 14 octobre: https://straits.live/briefs/2026-10-14
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 977 |
| 6 | Kiev privée d'alerte balistique puis de Starlink rapide en 48 heures
L'Ukraine a perdu en deux jours l'alerte précoce sur les tirs balistiques russes visant Kiev, puis l'usage de Starlink sur ses drones rapides, sans préavis dans les deux cas.
Le 12 octobre à 22h10, cinq à six missiles balistiques russes ont frappé Kiev avant le déclenchement des sirènes. Le lendemain soir, une nouvelle salve a touché la centrale thermique TETs-4 de Darnytsia et un immeuble voisin, faisant 2 morts et 21 blessés, toujours sans alerte.
La même nuit, SpaceX a limité sa formule militaire Starshield à 100 miles par heure, soit 161 km/h. Au-delà, les terminaux perdent la liaison.
Les 10 et 11 octobre, Washington avait menacé de suspendre le partage de renseignement et les achats d'armes américaines pour l'Ukraine si Kiev continuait de frapper les raffineries russes. Certains y voient une coupure du soutien américain.
Les deux incidents ont-ils la même cause ?
L'alerte repose sur des satellites infrarouges américains, qui détectent la chaleur du moteur d'un missile au décollage. L'information est transmise à l'Ukraine, qui déclenche les sirènes avant l'impact.
Les 12 et 13 octobre, aucune donnée de lancement n'est parvenue à Kiev, a indiqué l'armée de l'air ukrainienne. Les radars n'ont repéré les missiles qu'en fin de course.
Le ministre des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a attribué le retard à "un type d'arme particulier". Des responsables ukrainiens et américains ont assuré que le partage de renseignement n'avait pas été interrompu.
Quelle arme ? L'hypothèse principale est le 48N6, missile antiaérien du système russe S-400, tiré contre des cibles au sol sur une trajectoire balistique. Son moteur brûle peu de temps et sa trajectoire est plus basse que celle d'un Iskander, ce qui le rend plus difficile à détecter depuis l'espace.
Le renseignement ukrainien estimait fin 2025 le stock reconverti à plus de 400 missiles. Des drones ukrainiens ont détruit des lanceurs de ce type dans l'oblast de Briansk le 6 juillet et le 17 septembre.
L'armée de l'air ukrainienne a précisé que des alertes avaient déjà manqué par le passé, à Kiev comme dans les villes du front.
Et Starlink ? Serhiy Beskrestnov, conseiller de Zelensky pour les technologies de défense, a confirmé la limite, qui selon lui "ne peut pas être une coïncidence".
Quel effet ? Starlink ne fonctionne déjà pas au-dessus de la Russie, et les drones qui frappent les raffineries ne l'utilisent pas. La mesure épargne les véhicules terrestres et touche les drones d'attaque. Le FP-1 ukrainien vole entre 140 et 180 km/h. Il doit désormais ralentir, ce qui allonge son exposition à la défense aérienne russe.
Depuis février 2026, les Starlink civils sont limités vers 75 km/h pour empêcher l'armée russe d'en équiper ses drones Shahed. Le Starshield ukrainien en était exempté.
Pourquoi une mesure à l'effet limité ? Elle peut constituer un signal de pression américain, trois jours après le "cessez-le-feu énergétique" annoncé par Donald Trump sans consultation de Kiev. Elle peut aussi relever d'une décision d'Elon Musk, opposé à l'usage de Starlink contre le territoire russe, ou viser des terminaux Starshield passés côté russe. SpaceX n'a pas réagi publiquement.
Zelensky affirme que l'Ukraine n'a plus frappé de raffinerie russe depuis le 11 octobre, et que la Russie a touché six sites énergétiques ukrainiens dès le 12.
L'Europe ne dispose en service ni de satellite d'alerte infrarouge ni de constellation équivalente à Starlink.
Pour aller plus loin 👉🏻
Militarnyi, bridage Starshield: https://militarnyi.com/en/news/u-s-restricts-starlink-use-on-ukrainian-drones/
Militarnyi, alerte précoce: https://militarnyi.com/en/news/fail-warn-ukraine-ballistic-missile-launch/
Defence Blog, S-400 sol-sol: https://defence-blog.com/ukraine-destroys-two-s-400-triumf-launchers/
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 1 147 |
| 7 | Matn yo'q... | 1 |
| 8 | Le Lancet classe l'IA malveillante parmi les deux seules menaces d'extinction pour l'humanité d'ici 2100
La Commission du Lancet, composée de 37 experts en santé, économie, sécurité et technologie, s’est réunie pour repérer les plus importants dangers qui pèsent sur l’humanité au XXIe siècle. Pour cela, ils se sont appuyés sur les données de l’Institute for Health Metrics and Evaluation, un institut de l’université de Washington, et ont uniquement sélectionné les menaces contre lesquelles il est encore possible d’agir.
Ils en ont retenu 17, qui vont de l’obésité, l’hypertension, le tabac, la santé mentale en passant par la pollution de l’air, la résistance aux antibiotiques, le changement climatique, les conflits armés ou encore les inégalités de revenus. Les chercheurs rappellent que beaucoup sont liées entre elles, et ne doivent pas être abordées séparément. Le réchauffement climatique, par exemple, aggrave des problèmes de santé qui touchent déjà les populations les plus fragiles.
Mais deux d’entre elles se détachent du reste : l’arme nucléaire et l’usage malveillant de l’IA. Car ce sont les seules que la commission juge capables de mener à l’extinction de l’humanité. Elle précise toutefois que leur probabilité reste faible, mais que les conséquences, si elles se produisaient, seraient celles d’une « apocalypse ».
D’après les estimations de la commission, l’IA malveillante pourrait faire perdre environ 10,4 milliards d’années de vie en bonne santé à l’humanité d’ici 2100. C’est à peu près autant que les pandémies naturelles ou l’obésité, deux menaces pourtant bien connues et déjà documentées. Mais pour l’IA, il s’agit d’un scénario qui ne s’est pas encore produit. Le rapport le reconnaît lui-même : « aucun événement malveillant d’une ampleur véritablement mondiale » n’a eu lieu à ce jour, et ces estimations restent donc théoriques.
Source 👉🏻 Lien | 1 |
| 9 | On a pris une mauvaise habitude confondre ce que Google nous montre avec ce qui existe réellement sur Internet.
*Une page a disparu ? On pense que l’information est perdue.
*Une photo émouvante ? 40 000 partages. Elle date de 2014 a changé cinq fois de pays et probablement trois fois de prénom.
*Un site semble professionnel ? Il a un joli logo, trois témoignages et un cadenas HTTPS et ça suffit pour obtenir notre confiance et notre numéro de carte bancaire.
Sauf qu’Internet laisse parfois beaucoup plus de traces qu’on ne l’imagine et il ne faut pas avoir travaillé à la DGSI pour les retrouver.
🔎 Quelques exemples :
*Wayback Machine : retrouver certaines anciennes versions d’un site même quand son propriétaire a fait un petit ménage de printemps.
*Google Lens : vérifier si cette photo « prise hier » circulait déjà il y a cinq ans.
*VirusTotal : voir si un lien suspect a déjà été signalé. Une alternative au très professionnel « je vais cliquer pour voir »
*Have I Been Pwned : découvrir si votre adresse e-mail figure dans une fuite connue. Parce que vos données ont peut-être une vie sociale plus active que vous.
*crt.sh : retrouver des sous-domaines apparaissant dans des certificats publics. Certaines entreprises dépensent une fortune pour leur confidentialité et laissent des miettes partout c’est le Petit Poucet version informatique.
Et il en existe beaucoup d’autres..."
Republication du post 👉🏻lien | 1 631 |
| 10 | L'Etat va devenir le premier actionnaire du spécialiste des métaux critiques Eramet, en difficulté financière
Cette entreprise stratégique, qui produit notamment du manganèse, du nickel ou du lithium, a subi de lourdes pertes financières en 2025 et son endettement est élevé.
L'Etat va "augmenter significativement sa participation" au capital du groupe minier en difficulté Eramet. Il va en devenir ainsi "très largement le premier actionnaire", a annoncé l'Elysée lundi 12 octobre. L'Etat détenait fin 2025 un peu plus de 27% du capital de cette entreprise qui produit notamment du manganèse, du nickel ou du lithium. Il va dépasser au capital l'autre actionnaire principal, la famille industrielle Duval, qui détenait 37,22% du capital en fin d'année dernière.
L'Etat "ne prendra pas plus de 50% du capital de l'entreprise", selon la présidence de la République, qui n'a pas précisé l'ampleur financière de l'opération lundi.
Source 👉🏻 Lien | 1 191 |
| 11 | Capteurs et logiciels embarqués : l’alerte du renseignement allemand sur les risques des véhicules connectés chinois
Lors de leur audition annuelle par la commission de contrôle parlementaire, les patrons des services de renseignement d’Outre-Rhin ont dressé un constat alarmant sur la pénétration des composants, logiciels et véhicules connectés chinois dans l’économie allemande. La technologie importée ne crée plus seulement de la dépendance économique : elle structure désormais une vulnérabilité stratégique directe.
À la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), Sinan Selen a formulé une analyse sans détours devant les députés. Selon lui, le niveau d’intégration atteint par certains équipements importés d’Asie ne pose plus seulement des questions relatives à la protection de la vie privée ou au secret des affaires. Il altère la résilience même des infrastructures critiques du pays.
L’alerte vise tout particulièrement le secteur des transports. Les véhicules électriques conçus en Chine, dont la part de marché progresse régulièrement sur le continent, embarquent une quantité massive de capteurs, de caméras, de radars et de sous-systèmes logiciels communicants. Cette architecture offre des vecteurs d’exfiltration de données massives. Dans une perspective de crise ou d’escalade géopolitique, elle ouvre également la voie théorique à des interventions à distance pouvant aller jusqu’à l’interruption de service ou la désactivation contrôlée des flottes. Le renseignement allemand prend donc très au sérieux cette menace et tire la sonnette d’alarme, à la fois en informant le gouvernement ainsi, indirectement, que l’ensemble des pays européens.(...)
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| 12 | 🇫🇷🧾 Souveraines ou non : chaque acquisition de l'État classée, des frégates au gaz naturel liquéfié.
Le tableau de bord Acquisitions de l'Observatoire recense 154 acquisitions de l'État et d'organisations publiques depuis 2016, chacune rattachée à la souveraineté qu'elle engage.
🪖 Le militaire en représente 99, près des deux tiers. Il concentre aussi 24 des 39 acquisitions classées non souveraines : le fusil d'assaut HK416F de l'allemand Heckler & Koch y revient six fois depuis 2016, aux côtés des drones Reaper de General Atomics et des avions de guet aérien E-2D de Northrop Grumman.
⛑️ Hors défense, les vaccins Comirnaty de Pfizer et BioNTech achetés pour le stock d'État en font aussi partie.
🔑 Points clés :
• Acquisitions étrangères : deux avions de guet aérien GlobalEye commandés fin 2025 pour remplacer les AWACS E-3F, 16 véhicules Varda équipés du radar Giraffe 1X de Saab sur base Scania commandés entre décembre 2025 et avril 2026 et des armes antichars NLAW commandées en juin 2026, trois contrats remportés par des industriels suédois
• Acquisitions souveraines : Scaleway choisi en 2026 pour héberger la Plateforme des données de santé, les activités d'identité civile d'Idemia reprises en 2025 par IN Groupe, avec le soutien de l'État actionnaire, et l'État devenu en décembre 2025 premier actionnaire d'Eutelsat avec 29,65%
Cartographie des acquisitions publiques👉🏻lien
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| 13 | Mondial de l'auto : Macron cherche à rassurer les constructeurs européens face à la concurrence chinoise
Accord avec la Chine pour limiter les importations en Europe, accord imminent avec l'Allemagne pour défendre le contenu européen des voitures : Emmanuel Macron a tenté de rassurer les industriels français lundi à l'ouverture à Paris du Mondial de l'automobile, où plus d'un tiers des exposants sont chinois.
Face à un marché automobile "difficile" en Europe, le président français a mis l'accent sur l'innovation et l'électrification des automobiles, pour relancer les ventes françaises et européennes face à la concurrence.
Emmanuel Macron, qui a reçu des industriels dimanche soir à l'Elysée, sans les Chinois, a aussi annoncé un "accord imminent" entre la France et l'Allemagne pour "mieux protéger" l'industrie automobile européenne face à la concurrence asiatique.
"Il va permettre en partie d'avoir de bonnes flexibilités et de trouver aussi un accord sur le contenu" européen pour les véhicules, a-t-il ajouté, sans fournir plus de détails.
Il doit aussi participer à une table ronde sur le véhicule autonome, secteur stratégique et très concurrentiel, au carrefour du secteur automobile et de l'intelligence artificille (IA), et enjeu de souveraineté.
L'industrie automobile européenne n'a jamais retrouvé son niveau de ventes d'avant-Covid. Encadrée par la réglementation européenne, à la fois protectrice du "made in Europe", incitative pour développer l'électrique, et contraignante en matière d'objectifs environnementaux, elle se voit de plus en plus concurrencée par des modèles moins coûteux venus de Chine.
Les marques chinoises représentent désormais 10 % des ventes de véhicules en Europe. Au Mondial, elles représentent plus du tiers des 60 exposants.
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| 14 | Puissance maritime : agir sur les océans. Quand le "comment "importe aussi.
Une des grandes qualités du maritime est qu’il nous montre par anticipation les grandes évolutions qui vont ensuite toucher le milieu terrestre. Les océans sont le miroir de la géopolitique mondiale. On y lit les signaux faibles avant-coureurs des tempêtes de nos sociétés. Tout simplement parce que ce sont des espaces faiblement régulés et que les flux vitaux du monde y circulent. Regarder les océans pour prédire les évolutions et les modalités d’un monde où des pouvoirs sont en recomposition passe par des grilles d’analyse de la puissance maritime. Y. Giron en présente ici les préalables et les déclinaisons pratiques( ...)
En préambule à toute réflexion sur le sujet de la puissance, il est nécessaire de mettre en exergue quelques spécificités du milieu dans lequel elle se déploie. Le milieu maritime se différencie du milieu terrestre en premier lieu par des déterminants géopolitiques bien distincts. Ceux-ci sont généralement associés aux espaces matériels ou immatériels libres tels que l’espace, le cyber espace, voire l’espace aérien. Ces espaces se caractérisent par une gouvernance basée sur un droit international plutôt incomplet comparé aux droits des espaces terrestres. Différentes théories géoéconomiques et géopolitiques ont essayé d’en codifier les déterminants et les usages, généralement sous le vocable des « communs ». On oscille entre une approche souhaitée, voire idéalisée, d’une gestion collective sous couvert des institutions et d’un droit international, et une réalité plus proche du Far West.(...)
Les enjeux d’une maritimisation se portent sur l’ensemble des espaces océaniques : de la liberté de navigation, bras armé du commerce international, aux droits de pêche sur des stocks de poissons migrateurs ; du tourisme littoral aux croisiéristes ; de la biodiversité marine aux biotechnologies ; de la maîtrise des fonds marins à l’éolien flottant. Mais ils ne se limitent plus à cette seule dimension physiquement maritime. L’information maritime est devenue un enjeu essentiel dans la question du contrôle des activités ; la dimension financière s’exprime dans la maîtrise de la rentabilité et dans la lutte contre la création des surcapacités toxiques du secteur maritime [8]. Connaître qui pilote réellement les choix de route d’un navire, qui sont les responsables, quelle est la nature réelle de la cargaison, impose aujourd’hui de démêler des écheveaux complexes opacifiés autant en mer qu’à terre. Le fait maritime et les possibilités d’évolution lient aujourd’hui un nombre conséquent de relations entre la terre, la mer et des dimensions immatérielles.(...)
La suite : La grammaire de la puissance maritime, Les perturbateurs maritimes actuels, Le langage de la puissance maritime (...)
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| 15 | Le commandant suprême de l'OTAN a averti la Russie lundi que ses forces détruiraient « tout ce qui est impliqué » dans une quelconque attaque si Moscou était « assez fou » pour lancer un assaut sur le territoire de l'alliance.
S'exprimant lors du Forum de sécurité de Varsovie, le général de l'US Air Force Alexus Grynkewich a souligné que l'OTAN était une alliance défensive. Il a toutefois exposé une stratégie en trois volets visant à bloquer, neutraliser et briser les forces ennemies afin de rendre toute attaque « totalement vaine ».
Grynkewich a déclaré que la riposte de l'OTAN ne se limiterait pas aux forces impliquées dans une attaque initiale.
« Si l’adversaire choisit de poursuivre l’attaque ou d’engager ses réserves, nous briserons le système de guerre mis en place contre nous », a-t-il déclaré.
« Cela inclut non seulement la force d'attaque elle-même, mais aussi tout ce qui la soutient, la maintient et la contrôle. »
Poutine a déclaré ce mois-ci que la Russie n'avait aucune intention d'attaquer un pays européen et souhaitait une coexistence pacifique. Ces déclarations n'ont pas rassuré les dirigeants européens(...)
Grynkewich a déclaré avoir décidé de parler publiquement des plans de l'OTAN parce que de récents actes de sabotage et d'incendie criminel avaient rendu les personnes proches de l'alliance nerveuses.
« Ce que je veux, c'est assurer au milliard de citoyens de notre alliance que nous maîtrisons la situation. Nous savons ce que nous devons faire. Nous savons comment nous allons procéder », a-t-il déclaré.
Il a déclaré vouloir également adresser un message à quiconque envisagerait de nuire aux membres de l'OTAN.
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| 16 | La DRSD sensibilise les start up de la BITD à la sécurité des dirigeants
Selon L’Express, la DRSD a invité fin septembre des dirigeants de la BITD présents en Ukraine à renforcer leur sécurité personnelle et celle de leurs proches.
D’après l’hebdomadaire, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense a pris contact fin septembre avec plusieurs dirigeants d’entreprises de défense actives en Ukraine. Elle a adressé à certains d’entre eux, surtout dans la lutte anti-drones, une note de sensibilisation qui a circulé chez les fabricants. La consigne irait au-delà du triptyque habituel espionnage, vol de données, sabotage : elle porte sur la sécurité physique des dirigeants et de leur entourage. Le contenu de la note n’est pas public. Le porte-parole du service s’en tient à une formule de routine : « nous menons régulièrement des actions de sensibilisation ». Un patron de start-up d’IA militaire raconte qu’il prévoit un audit complet et le recrutement d’anciens des forces spéciales.
Le contexte français est connu. En juin, un ressortissant biélorusse de 48 ans a été interpellé alors qu’il filmait un prototype sur le site toulousain de Delair. Toujours selon L’Express, qui cite la DGSI, il a été mis en examen pour avoir transmis la vidéo à un contact en Russie, et l’information judiciaire est en cours. En Allemagne, les autorités avaient protégé le patron de Rheinmetall, Armin Papperger, après la révélation à l’été 2024 d’un projet d’assassinat attribué à Moscou. L’Express rapporte aussi que le dirigeant de Donaustahl vit sous protection permanente.
Ce que la démarche de la DRSD révèle tient au périmètre du service. Sa mission porte sur les habilitations, les sites et les secrets de la base industrielle. La sécurité physique d’un dirigeant privé relève d’un autre domaine, entre la protection policière, réservée à quelques personnalités désignées, et la sécurité privée encadrée par le CNAPS. Les grands groupes ont des directions de la sûreté pour combler cet écart. Les start-ups entrées dans l’économie de guerre par la porte ukrainienne n’en ont pas. Leur modèle repose en outre sur la visibilité : levées de fonds, salons, communication sur les réseaux professionnels. Les consignes de discrétion que rappellent les experts, changer de téléphone, varier les hôtels, ne pas publier de photos, s’opposent directement à ce qui fait vivre ces entreprises(...)
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| 17 | Dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, des pirates ont pris la main sur des systèmes de régulation frigorifique Danfoss installés dans de nombreux supermarchés français.
Intermarché, E.Leclerc et SYSTEME U sont notamment touchés.
🔥 Ils auraient passé la nuit à chauffer, au lieu de refroidir.
Une #cyberattaque, confirmée par Dominique Schelcher, PDG de Système U, a touché les congélateurs et les vitrines réfrigérées de plusieurs chaînes de supermarchés en France.
« S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et c’est inédit. Inacceptable. »
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| 18 | L’extraterritorialité du droit américain : plus de 14 milliards de dollars d’amendes pour les entreprises françaises depuis 2010.
La cartographie publiée en octobre 2026 par Augustin de Colnet recense 63 entreprises issues de 15 pays, ayant versé chacune, individuellement ou de manière cumulée, plus de 70 millions de dollars aux autorités américaines entre 2008 et 2026.
Selon les rapports parlementaires et articles de presse cités dans le document, les entreprises françaises ont versé plus de 14 milliards de dollars d'amendes aux autorités américaines depuis 2010.
➡️En 2014, BNP Paribas a accepté de payer 8,9 milliards de dollars pour avoir contourné les sanctions américaines visant notamment le Soudan, Cuba et l'Iran. Entre 2004 et 2012, la banque avait transféré plus de 8,8 milliards de dollars pour le compte d'entités sous sanctions, en dissimulant leur implication dans des transactions transitant par le système financier américain. L'affaire s'est également accompagnée de l'éviction de treize collaborateurs de son état-major.
➡️La même année, Alstom a accepté une sanction de 772 millions de dollars pour des faits de corruption d'agents publics étrangers, notamment en Indonésie, en Arabie saoudite, en Égypte, aux Bahamas et à Taïwan. L'affaire a également conduit à des poursuites contre plusieurs cadres, dont Frédéric Pierucci, arrêté en 2013 et emprisonné aux États-Unis. En 2015, les activités énergétiques d'Alstom ont été rachetées par General Electric, avant qu'une partie des activités, notamment les turbines nucléaires Arabelle, ne soit reprise par EDF en 2024.
➡️En 2020, Airbus a versé 526 millions de dollars aux autorités américaines dans le cadre d'une affaire de corruption internationale. Entre 2008 et 2015, des intermédiaires et consultants avaient été utilisés pour effectuer des paiements illicites afin d'obtenir des contrats aéronautiques dans plusieurs pays, notamment en Chine, en Indonésie, au Sri Lanka et au Ghana. Le document rapporte également le départ de près de 150 cadres entre 2016 et 2019.
➡️En 2022, Lafarge a accepté de payer 778 millions de dollars pour avoir effectué des paiements à des organisations terroristes, dont l'État islamique et le Front al-Nosra, afin de maintenir les activités de sa cimenterie en Syrie en 2013 et 2014.
La cartographie recense notamment Goldman Sachs (2,6 milliards de dollars en 2020) dans le scandale de corruption du fonds souverain malaisien 1MDB, Siemens (800 millions en 2008) pour des faits de corruption dans plusieurs pays, et Ericsson (1,27 milliard de dollars cumulés en 2019 et 2023) pour des faits de corruption internationale puis des manquements à ses obligations de coopération avec la justice américaine.
Elle met également en évidence plusieurs affaires impliquant des entreprises de nationalités différentes dans un même système de corruption. Le projet gazier de Bonny Island, au Nigeria, a ainsi donné lieu à des sanctions contre plusieurs membres du consortium TSKJ, notamment Technip, Snamprogetti, KBR et JGC, pour des paiements illicites destinés à obtenir des contrats de construction d'installations de gaz naturel liquéfié.
⚖️ Le rôle central du système financier américain dans l'application extraterritoriale du droit.
Le document explique que les autorités américaines peuvent poursuivre des entreprises étrangères lorsque leurs activités présentent un lien de rattachement avec les États-Unis, notamment à travers des transactions en dollars transitant par le système bancaire américain, la présence de filiales sur le territoire américain ou une cotation sur les marchés financiers américains.
La cartographie rappelle enfin qu'en 2025, près de 48 % des paiements internationaux étaient effectués en dollars, selon les données qu'elle cite.
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| 19 | Jumelles contre caoutchouc : pourquoi des ennemis font affaire
Depuis vendredi, beaucoup de Russes s'étranglent : comment le Kremlin peut-il vendre son gazole aux Américains, ceux-là mêmes qu'on leur présente comme l'ennemi ? La question n'est pas vraiment neuve, les Britanniques se la sont posée en 1915, avec des jumelles.
Un jour d'août 1915, un émissaire du ministère britannique des Munitions descend du train en Suisse, avec une drôle de mission : acheter des jumelles aux Allemands.
Il faut dire que Londres est à court. Avant la guerre, l'essentiel de son verre optique venait d'Iéna, chez Zeiss, et du jour au lendemain plus rien. On lance un appel aux particuliers, le roi et la reine donnent chacun quatre paires, et on récolte à peine 2 000 instruments pour une armée de centaines de milliers d'hommes. Or dans une tranchée, sans jumelles, un officier ne voit ni le tireur d'élite ni la mitrailleuse qui l'attendent.
De l'autre côté du front, l'Allemagne a un autre souci. Le blocus l'a privée de caoutchouc : plus assez de pneus, de courroies, de câbles téléphoniques, au point que l'armée envisage de faire rouler ses camions sur des jantes d'acier. Et le caoutchouc, justement, pousse dans les colonies britanniques, ça tombe bien.
Du coup, par l'entremise de Suisses discrets, on discute. Londres espère 8 000 à 10 000 paires de deux modèles. On s'attend à des Allemands méfiants, mais on tombe plutôt sur un vendeur pressé : jusqu'à 15 000 paires de chaque modèle en six semaines, des milliers de viseurs par mois, autant de télémètres qu'on voudra, et même des ouvriers renvoyés du front chez Zeiss pour tenir les délais ! Pour la qualité, Berlin a une idée toute trouvée : que les Britanniques regardent les jumelles qu'ils ramassent sur les prisonniers allemands.
Comment en arrive-t-on là ? Chacun fait le même calcul. Les jumelles ne coûtent presque rien à l'Allemagne, qui a les stocks et les usines, alors que le caoutchouc lui manque partout. Pour Londres, c'est l'inverse. Chacun cède ce qui lui coûte peu pour obtenir ce qui lui manque le plus, et chacun repart persuadé d'avoir gagné.
Seulement, la vraie facture de ce genre d'affaire arrive plus tard. Pendant qu'on négocie en Suisse, Londres finance la verrerie Chance Brothers à Birmingham. Dès 1916, le Royaume-Uni n'a presque plus besoin de Zeiss, quand le caoutchouc synthétique allemand restera rare et médiocre jusqu'à l'armistice. Les historiens se demandent encore si 30 000 paires ont vraiment franchi la frontière. À partir de 1916, la question n'a plus d'importance.
Revenons à notre gazole. On a vu hier pourquoi Washington le veut avant novembre. Reste à comprendre comment c'est possible, et pourquoi ça peut rapporter aux deux.
Possible, parce que Russes et Américains ne se font pas la guerre directement, et qu'une sanction fonctionne comme un robinet qu'on ouvre contre une contrepartie. Ici, il a suffi d'une licence du Trésor valable six mois.
Rentable, parce que le gazole se vend sur un marché mondial. Une cargaison russe livrée au Brésil ou en Turquie libère d'autres cargaisons, et le prix baisse jusqu'à la pompe du Texas sans qu'aucun tanker russe accoste aux États-Unis. Moscou, de son côté, vend cher un produit devenu rare, et regarde Washington desserrer seul un étau que Londres et Bruxelles maintiennent.
Reste la question de 1915 : qui cède ce qui lui coûte peu ? Les jumelles abondaient en Allemagne. Le gazole, la Russie en importait encore d'Inde le mois dernier...
Pour aller plus loin 👉🏻
OPN, The British Glass Scramble: https://www.osa-opn.org/home/articles/volume_27/january_2016/features/how_the_great_war_changed_the_optics_industry/the_british_glass_scramble/
OFAC, sanctions Russie: https://ofac.treasury.gov/sanctions-programs-and-country-information/russian-harmful-foreign-activities-sanctions
Enerdata, export russe de gazole: https://www.enerdata.net/publications/daily-energy-news/russia-extends-diesel-export-ban-direct-producers-amid-global-supply-concerns.html
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 1 025 |
| 20 | Afghanistan : après les déclarations de Trump sur Bagram, Moscou met en garde contre un retour militaire occidental
Le 18 septembre 2025, Donald Trump avait exprimé sa volonté de reprendre le contrôle de la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, abandonnée par les forces américaines lors de leur retrait en 2021. Lors d'une conférence de presse au Royaume-Uni, le président américain avait déclaré : « Nous essayons de la récupérer », invoquant notamment sa proximité stratégique avec la Chine.
Deux jours plus tard, Trump avait accentué la pression, avertissant que de « mauvaises choses » pourraient se produire si l'Afghanistan ne restituait pas cette installation aux États-Unis. Il n'avait alors pas exclu explicitement l'emploi de moyens militaires.
Plus d'un an après ces déclarations, la Russie réaffirme son opposition à toute réinstallation militaire occidentale en Afghanistan.
Le 5 octobre 2026, à l'occasion de la huitième réunion du Format de Moscou consacrée à l'Afghanistan, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié de « catégoriquement inacceptable » tout déploiement d'infrastructures militaires de l'OTAN sur le territoire afghan ou dans les pays voisins, quel qu'en soit le prétexte.
Selon Lavrov, une telle présence risquerait d'alimenter l'instabilité régionale et d'aggraver les conflits.
Moscou défend parallèlement un renforcement de la coopération sécuritaire avec les autorités talibanes, reconnues officiellement par la Russie depuis juillet 2025. Lavrov a notamment évoqué une assistance matérielle, technique et spécialisée destinée à renforcer les capacités antiterroristes de Kaboul, ainsi qu'une coopération entre services de renseignement et organismes de sécurité.
Mais cette stratégie régionale se heurte à des divergences importantes. En effet, la réunion du Format de Moscou s'est achevée sans déclaration commune, en raison de désaccords entre les représentants afghans et pakistanais sur la question du terrorisme. Islamabad accuse des groupes armés opérant depuis le territoire afghan de mener des attaques au Pakistan, tandis que Kaboul conteste les accusations mettant en cause sa responsabilité.
À ce stade, aucun nouveau déploiement de l'OTAN en Afghanistan n'a été officiellement confirmé. Les déclarations de Trump concernent une ambition américaine concernant Bagram, et non une décision collective de l'Alliance atlantique.
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