Dynamiques de conflit
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Russie/CorĂ©e du Nord : leur premiĂšre liaison routiĂšre vient dâouvrir
La Russie et la CorĂ©e du Nord ont inaugurĂ© le 7 septembre 2026 leur premier pont routier commun, au-dessus du fleuve Tumen. Il relie Khasan, dans lâExtrĂȘme-Orient russe, Ă la rĂ©gion nord-corĂ©enne de Rason.
Quelques chiffres :
-environ 1 km pour le pont lui-mĂȘme
-prĂšs de 5 km pour lâensemble du franchissement et de ses accĂšs
-2 voies de circulation
-travaux commencés le 30 avril 2025
-495 jours de construction
-capacitĂ© initiale : 300 vĂ©hicules par jour, avec possibilitĂ© dâextension jusquâĂ 800
- jusquâĂ 2 325 personnes par jour lorsque le poste-frontiĂšre fonctionnera Ă pleine capacitĂ©
Le nouveau passage complĂšte le pont ferroviaire qui reliait dĂ©jĂ les deux pays. Jusquâici, il nâexistait aucune vĂ©ritable liaison routiĂšre directe entre la Russie et la CorĂ©e du Nord.
Moscou et Pyongyang prĂ©sentent cette infrastructure comme un moyen dâaccroĂźtre les Ă©changes commerciaux, le transport de marchandises, les dĂ©placements de personnes et le tourisme. La Russie affirme notamment qu'elle doit permettre de rĂ©duire les coĂ»ts de transport et d'augmenter les volumes de fret.
Mais cette ouverture intervient dans un contexte beaucoup plus stratégique.
Depuis la guerre en Ukraine, la coopĂ©ration entre Moscou et Pyongyang sâest fortement intensifiĂ©e. La CorĂ©e du Nord a notamment fourni des munitions et des soldats pour soutenir lâeffort de guerre russe.
Des organisations ukrainiennes, dont Truth Hounds, craignent donc que cette nouvelle route puisse également faciliter à terme le déplacement de militaires, de matériel ou de ressources entre les deux pays.
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La Finlande se joint à la campagne de dissuasion nucléaire de la France
La Finlande se joint au projet de la France de coopérer plus étroitement avec les autres pays européens en matiÚre de dissuasion nucléaire, ont annoncé les deux pays lundi.
« Aujourd'hui, nous avons franchi une nouvelle étape avec l'adhésion de la Finlande à l'initiative française de dissuasion avancée. Cette initiative vise avant tout à renforcer la sécurité européenne », a écrit le président finlandais Alexander Stubb sur X. « Elle réaffirme la responsabilité de l'Europe en matiÚre de défense et contribue à prévenir toute escalade. »
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Wall Street prĂȘt Ă gagner beaucoup d'argent grĂące Ă la dette française: Ă l'approche de la prĂ©sidentielle, Goldman Sachs et Deutsche Bank lancent des placements pour parier sur la France
La prĂ©sidentielle française de 2027 devient un thĂšme dâinvestissement Ă Wall Street. Ă mesure que le scrutin dâavril approche, de grandes banques internationales proposent Ă leurs clients des montages financiers leur permettant de gagner de lâargent selon les diffĂ©rents scĂ©narios politiques envisagĂ©s en France.
Goldman Sachs et Deutsche Bank ont ainsi constituĂ© des "paniers" rĂ©unissant plusieurs obligations françaises, notamment des titres Ă©mis par les banques, selon des informations de Bloomberg. Les investisseurs peuvent miser sur la hausse ou sur la baisse de la valeur de lâensemble, sans nĂ©cessairement acheter chacune des obligations qui le composent
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Analyse : IA et sécurité nationale
Depuis le 14, plusieurs mĂ©dias prĂ©sentent le texte du ministre chinois de la SĂ©curitĂ© d'Ătat comme une rĂ©ponse hĂątive Ă l'appel d'Anthropic Ă ralentir l'IA. Si l'on remet les Ă©vĂ©nements dans l'ordre, cela ressemble plutĂŽt Ă une rĂ©ponse conduite avec soin sur trois jours.
Le 12 septembre, Dario Amodei publie un long texte. Il y propose de calmer le jeu en trois temps : d'abord des Ă©valuateurs venus de l'extĂ©rieur dans les laboratoires, puis un rapprochement entre entreprises des pays dĂ©mocratiques, et seulement aprĂšs des accords avec la Chine. Sam Altman et Elon Musk soutiennent dans les heures suivantes, Demis Hassabis reste un peu en retrait. Le lendemain, Trump s'exprime depuis son golf de Doonbeg en Irlande : les Ătats-Unis sont devant sur l'IA, et celui qui gagne l'IA gagne. Mike Johnson tient le mĂȘme propos sur CNN. Rien de neuf. Bessent le disait dĂ©jĂ une semaine avant, et Trump le rĂ©pĂšte depuis janvier, depuis le dossier des puces Nvidia vendues Ă la Chine.
La rĂ©ponse chinoise arrive le 13, en deux parties. Premier coup : un article signĂ© Chen Yixin, ministre de la SĂ©curitĂ© d'Ătat, dans la revue China Cyberspace. Huit principes, six risques, sept mesures. Un vrai texte de doctrine. Anthropic n'y est pas citĂ©, mais l'article attaque prĂ©cisĂ©ment le point oĂč Amodei propose une coordination entre dĂ©mocraties : Chen accuse des pays qu'il ne nomme pas de bloquer le dĂ©veloppement de l'IA "au nom de la sĂ©curitĂ© nationale", de dresser des listes noires et de garder leurs systĂšmes fermĂ©s. Il cite Claude Mythos et GPT-5.5-Cyber comme causes de la baisse du coĂ»t des cyberattaques, et il mentionne OpenClaw, cet agent open source devenu viral en Chine et dĂ©jĂ Ă©pinglĂ© par le ministĂšre de l'Industrie pour ses failles. Il avance Ă©galement deux chiffres : 500 millions d'utilisateurs chinois de produits IA, et 140 000 milliards de tokens traitĂ©s par jour.
Il faut peser la portĂ©e du choix de Chen Yixin. Le ministĂšre de la SĂ©curitĂ© d'Ătat (MSS) est l'organe le moins exposĂ© du systĂšme chinois. Depuis sa (timide) ouverture sur WeChat en 2023, il communique sur des cas concrets : cas d'espionnage anonymisĂ©s, alertes opĂ©rationnelles comme celle sur les drones connectĂ©s en aoĂ»t, tout cela Ă destination d'un public intĂ©rieur et tout en restant volontairement flou. Rien de comparable avec un texte doctrinal signĂ© du ministre, publiĂ© dans une revue de la Cyberspace Administration, qui vise des modĂšles amĂ©ricains avec leurs noms et leurs fonctionnalitĂ©s. On est pour le MSS dans un registre complĂštement inhabituel. Sortir le chef des renseignements de sa rĂ©serve, trois jours aprĂšs l'essai d'un CEO amĂ©ricain et Ă une semaine d'un sommet bilatĂ©ral, c'est un gros signal : la Chine hisse la confrontation IA au rang de dossier de sĂ©curitĂ© d'Ătat, avec les armes du moment qui vont avec.
DeuxiĂšme coup le mĂȘme jour, Ă New Delhi, en clĂŽture du sommet BRICS : Xi Jinping propose une communautĂ© IA open source dont la Chine prendrait la tĂȘte, avec travail commun sur les modĂšles, formations, cloud et normes partagĂ©es. Pendant que Washington parlait d'une entente entre dĂ©mocraties oĂč PĂ©kin n'entrerait qu'en dernier, Xi construisait l'offre d'en face, calĂ©e sur le point fort des Chinois : leurs modĂšles ouverts, quand les AmĂ©ricains gardent les leurs fermĂ©s.
Le lundi 14, des canaux moins discrets prennent la suite. Le Global Times qualifie l'essai de "Cold War playbook". Guo Jiakun, porte-parole du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, cite cette fois directement Amodei, Altman et Musk par leur nom en confĂ©rence de presse et les accuse de "fear-mongering". La presse d'Ătat et les diplomates attaquent frontalement aprĂšs la rĂ©serve des officiels.
Il y a malgrĂ© tout une contradiction dans le montage. Au mĂȘme moment oĂč Chen prĂ©sente l'agent open source OpenClaw comme un danger, Xi fait de l'open source la base de son offre aux BRICS. Ă l'extĂ©rieur, l'open source sert Ă gagner de l'influence. Ă l'intĂ©rieur, il est considĂ©rĂ© comme un risque. A ce niveau ce n'est pas une erreur de communication, ils exposent sans fausse pudeur leur ligne.
L'offre de Xi s'affiche d'ailleurs plus qu'elle n'est préparée. La déclaration commune signée à New Delhi ne mentionne ni la communauté open source ni le cloud. Personne ne précise comment elle fonctionnerait ni qui la financerait, et l'Inde, qui porte la présidence BRICS en 2026, n'a rien signé. Pékin reprendra cette présidence en 2027 : on mesurera à ce moment-là ce que le projet vaut. En attendant, il vaut surtout comme carte posée avant le 24 septembre.
Tout converge vers le 24 septembre, avec un dĂ©tail important : la Fed siĂšge les 15 et 16, soit une semaine avant l'arrivĂ©e de Xi. Lorsque le dirigeant chinois entrera Ă la Maison-Blanche, la dĂ©cision sur les taux sera dĂ©jĂ prise. Si la banque centrale relĂšve pour encaisser le choc du pĂ©trole Ă plus de 100 dollars, Trump recevra Xi avec des taux durcis, un dollar fort et des Ă©lecteurs qui paient l'essence plus cher. Sa marge sera serrĂ©e et son besoin d'un bon coup chinois plus grand. La Chine, elle, aura ajustĂ© son jeu Ă donnĂ©es connues : aprĂšs son offre open source aux BRICS du 13, elle saura dĂšs le 16 dans quel cadre monĂ©taire nĂ©gocier. Ensuite, le calendrier reste lourd : la trĂȘve tarifaire expire le 10 novembre, les terres rares sont dĂ©jĂ sorties trois fois en un an, le plĂ©num d'octobre traitera de la guerre des prix intĂ©rieure entre IA chinoises, et les midterms du 3 novembre amplifieront tout incident dans cet intervalle. Ca va swinger.
Sources :
Dario Amodei, "We Must Pace the Frontier" : https://darioamodei.com/post/we-must-pace-the-frontier
Chen Yixin, texte intégral (China Cyberspace n°8/2026) : https://gm7.org/archives/155304
Xi Jinping, déclaration à la session II du 18e sommet BRICS, 13 septembre 2026 : https://www.fmprc.gov.cn/mfa_eng/xw/zyxw/202609/t20260913_12021300.html
Heritage Foundation, "Xi Comes to Washington" : https://www.heritage.org/china/report/xi-comes-washington-expectations-the-trump-xi-summit
đš https://t.me/dynamiquesdeconflit
Fuite chez Revolut : données KYC, informations financiÚres⊠des pirates commencent à publier des données de clients
L'affaire Revolut prend une nouvelle dimension. Des individus affirmant détenir des données de clients de la banque en ligne publient désormais sur Telegram des documents KYC et des informations personnelles qu'ils présentent comme appartenant à plusieurs utilisateurs.
Le groupe, également à l'origine d'un site consacré à ses revendications, affirme disposer d'une vaste base de données d'utilisateurs Revolut et soutient avoir tenté d'alerter l'entreprise avant de rendre l'affaire publique. Il publie parallÚlement des documents attribués à plusieurs clients et promet de nouvelles révélations.
Le 12 septembre 2026, Revolut a confirmé qu'un tiers non autorisé avait réussi à obtenir des informations sensibles aprÚs avoir adressé de fausses demandes depuis une adresse appartenant au domaine d'une véritable administration.
Selon Revolut, ses systÚmes internes n'ont pas été compromis et les fonds des clients n'ont pas été affectés. Le nombre exact de personnes concernées n'a pas été communiqué.
Les informations susceptibles d'avoir été transmises comprennent notamment des noms, dates de naissance, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone, copies de piÚces d'identité, selfies de vérification, IBAN, relevés de compte et historiques de transactions.
(...)Le groupe affirme que certaines données concerneraient également des personnalités connues. Il cite notamment Shevchenko, présenté comme joueur de tennis, Felix Römer, associé aux plateformes Gamdom et Skins.com, ainsi que Ibrahim Zekerie (WatchGamesTV), créateur de contenu et streamer.
Des documents d'identité présentés comme appartenant à certaines de ces personnes ont été publiés sur Telegram.
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La DGSI alerte sur la vulnérabilité des entreprises et laboratoires français face aux ingérences étrangÚres.
Dans deux numéros de son bulletin Flash Ingérence publiés en juin et août, la DGSI détaille, exemples anonymisés à l'appui, les modes opératoires par lesquels des acteurs étrangers captent la technologie, les savoir-faire et les données d'entités françaises stratégiques.
đ La note d'aoĂ»t recense six familles d'atteintes, dont :
⹠01. Les atteintes capitalistiques d'abord : une entreprise étrangÚre rachÚte un groupe comprenant une entreprise française détentrice de brevets, la liquide peu aprÚs le rachat, puis transfÚre sa propriété intellectuelle vers une entité du groupe située à l'étranger.
⹠02. Les atteintes humaines ensuite, présentées comme l'une des menaces les plus importantes : un concurrent étranger crée une filiale en France, puis débauche un à un les cadres d'une entreprise travaillant sur une technologie stratégique, dont certains comptaient plus de dix ans d'ancienneté, pour permettre à son état d'origine de rattraper son retard technologique.
âą 03. Ou encore les atteintes cybernĂ©tiques, dont un cas dĂ©but 2026 oĂč un prestataire Ă©tranger spĂ©cialisĂ© dans l'IA a mis en ligne plus de 1500 images des sites d'un groupe industriel français, plans dĂ©taillĂ©s compris.
đ° La note de juin vise la recherche : des chercheurs français dĂ©bauchĂ©s par des universitĂ©s Ă©trangĂšres ou des coopĂ©rations dissimulĂ©es, parfois liĂ©es Ă l'appareil militaire du pays concernĂ©, pour fonder des centres concurrents ou transfĂ©rer les travaux menĂ©s en France.
Le fil conducteur des deux documents est constant : le maillon le plus exposé n'est pas technologique mais humain, l'insuffisante vigilance des dirigeants et des chercheurs face à des approches qui se présentent comme des opportunités d'affaires ou de coopération.
đĄïž La protection du potentiel scientifique et technique nationale ne repose pas seulement sur les dispositifs publics mais sur cette vigilance en amont.
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Flash ingĂ©rence đđ»lien
Le post en entier :
"Depuis le premier jour, jâai pris un engagement : protĂ©ger nos enfants en ligne.
Nous irons au bout.
Ă la suite de la dĂ©cision rendue par le Conseil constitutionnel Ă la mi-aoĂ»t sur lâinterdiction des rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans, jâavais chargĂ© le Premier ministre de trouver une voie de passage conforme aux observations du Conseil et au droit europĂ©en.
Câest chose faite.
AprĂšs un travail technique rigoureux, le Gouvernement notifie aujourdâhui de nouvelles Ă©critures Ă la Commission, un mois aprĂšs la dĂ©cision du Conseil.
Cette protection doit aussi devenir la norme pour tous les enfants européens.
Câest pourquoi jâai partagĂ© avec la PrĂ©sidente de la Commission europĂ©enne ma dĂ©termination Ă ce que lâEurope avance de façon rapide et exigeante, pour harmoniser cette interdiction au niveau de lâUnion et encadrer les fonctionnalitĂ©s des plateformes.
GrĂące Ă la dĂ©termination de la PrĂ©sidente de la Commission, des parlementaires et au soutien de nombreux Ătats europĂ©ens qui partagent avec nous cette exigence, je me rĂ©jouis que la protection des mineurs en ligne soit dĂ©sormais une prioritĂ© de notre Europe, au cĆur des orientations de cette rentrĂ©e. La France apportera tout son soutien, avec exigence et dĂ©termination.
Ne rien lĂącher."
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Un satellite de reconnaissance chinois vient de générer des dizaines de débris sur une orbite particuliÚrement inhabituelle.
Lancé le 15 mars 2026, le satellite chinois Yaogan 50-02 a subi fin juillet un événement de fragmentation dont la cause reste, à ce jour, inconnue.
DĂ©but septembre, lâUS Space Force avait cataloguĂ© 43 dĂ©bris, Ă©voluant entre environ 600 et 1 100 km dâaltitude.
La particularitĂ© de lâĂ©vĂ©nement tient surtout Ă son orbite : Yaogan 50-02 Ă©volue avec une inclinaison dâenviron 142°, sur une trajectoire fortement rĂ©trograde , câest-Ă -dire dans le sens opposĂ© Ă la rotation terrestre.
Un choix orbital rare pour un satellite chinois dâobservation et qui permet notamment des passages plus frĂ©quents au-dessus des moyennes latitudes.
Cette fragmentation intervient par ailleurs dans un contexte géopolitique particuliÚrement sensible.
Selon des responsables amĂ©ricains citĂ©s par le Wall Street Journal, des entitĂ©s chinoises auraient fourni Ă lâIran des images satellitaires Ă haute rĂ©solution dâune base amĂ©ricaine en Jordanie avant et aprĂšs la frappe iranienne du 17 juillet qui a tuĂ© trois militaires amĂ©ricains.
Ă ce stade, aucun Ă©lĂ©ment public ne permet aujourdâhui dâattribuer la fragmentation de Yaogan 50-02 Ă une action hostile. La cause demeure indĂ©terminĂ©e.
Plusieurs dizaines de nouveaux objets circulent dĂ©sormais Ă grande vitesse sur une orbite rĂ©trograde, dans une rĂ©gion de lâespace oĂč une collision avec un satellite Ă©voluant en sens inverse pourrait libĂ©rer une Ă©nergie considĂ©rable.
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Le chef des services de renseignement chinois met en garde contre les risques liés à l'IA, qu'il qualifie de « nouvel espace de rivalité stratégique ».
Le plus haut responsable du renseignement chinois a mis en garde contre les risques croissants que représente l'intelligence artificielle (IA) pour la sécurité nationale, appelant à des cadres de prévention des risques robustes et à une gouvernance mondiale plus forte de cette technologie émergente.
L'appel de Chen Yixin , ministre chinois de la SĂ©curitĂ© d'Ătat, intervient alors que PĂ©kin cherche Ă jouer un rĂŽle de premier plan dans la gouvernance mondiale de l'IA, tout en critiquant les restrictions amĂ©ricaines . Lors du sommet des BRICS en Inde le week-end dernier, le prĂ©sident chinois Xi Jinping a proposĂ© une initiative s'appuyant sur l'IA pour stimuler la nouvelle industrialisation et renforcer la coopĂ©ration en matiĂšre de chaĂźnes d'approvisionnement au sein de ce bloc d'Ă©conomies Ă©mergentes.
Chen a souligné que Pékin considérait cette technologie comme un enjeu géopolitique majeur. L'IA est devenue « un nouveau terrain d'affrontement stratégique entre grandes puissances », a-t-il écrit dans China Cyberspace, une revue éditée par l'Administration du cyberespace de Chine, organisme de surveillance d'Internet.
(...)Bien que Chen n'ait cité aucun pays, ses propos faisaient écho à la rivalité sino-américaine plus large, Washington ayant ouvertement déclaré qu'il ne pouvait pas permettre à la Chine de le surpasser en matiÚre de développement de l'IA.
Le secrĂ©taire au TrĂ©sor amĂ©ricain, Scott Bessent, a averti mardi que si les Ătats-Unis perdaient la course Ă l'IA face Ă la Chine, « plus rien d'autre n'aurait d'importance ».
Dans le cadre d'une guerre technologique qui s'intensifie, les Ătats-Unis ont imposĂ© des restrictions Ă l'industrie chinoise sur de multiples fronts, notamment en matiĂšre d'approvisionnement en puces, d'investissement, d'accĂšs au marchĂ© et d'Ă©change de talents.
(...)La Chine s'emploie activement à mettre en place des plateformes multilatérales pour la gouvernance mondiale de l'IA. En juillet, 29 pays, dont la Russie, le Kazakhstan, le Laos, le Pakistan et l'Indonésie, ont signé à Shanghai un accord historique visant à créer l' Organisation mondiale de coopération en matiÚre d'IA (WAICO), soutenue par la Chine.
Waico vise à aider les pays du Sud à développer leurs capacités techniques et à créer un cadre de gouvernance mondial de l'IA qui respecte les différences politiques nationales.
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Sam Altman, Dario Amodei et Elon Musk s'accordent Ă dire qu'il faut ralentir sur l'IA
Source SaXx
Le gĂ©ant saoudien du pĂ©trole Aramco cherche Ă augmenter la capacitĂ© de lâolĂ©oduc Est-Ouest, qui achemine le brut jusquâĂ Yanbu, sur la mer Rouge, hors dâOrmuz.
Mais la guerre complique les discussions avec les banques, a rapporté Intelligence Online.
Selon ce mĂ©dia français spĂ©cialisĂ© dans le renseignement Ă©conomique et gĂ©opolitique, Aramco discute notamment avec la banque amĂ©ricaine Citibank pour financer lâextension.
Les négociations achoppent sur le risque lié à la guerre, qui renchérit le projet et pose la question de la répartition de ces surcoûts entre Aramco et les banques.
đąïž LâolĂ©oduc peut transporter jusquâĂ 7 millions de barils par jour. Riyad Ă©tudie depuis juillet une hausse de capacitĂ© de 1 Ă 2 millions de b/j supplĂ©mentaires.
Cette liaison permet dâenvoyer le brut vers la mer Rouge lorsque la navigation dans le Golfe est perturbĂ©e.
Mais Riyad cherche Ă renforcer sa sortie vers Yanbu alors mĂȘme que le risque augmente plus au sud en mer Rouge.
đźđ·â En effet, les Houthis soutenus par lâIran ont affirmĂ© jeudi 10 septembre que la navigation prĂšs de Bab El Mandeb resterait ouverte, sauf aux navires saoudiens.
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Autre Point de vue : interview du GĂ©nĂ©ral Mohammad Reza Naqdi, conseiller du Commandant-en-chef du Corps des Gardiens de la RĂ©volution Islamique dâIran (CGRI).
Extraits :
"Nous ne souffrons pas dâun Ă©puisement de nos stocks. Notre avantage dans cette guerre, câest que la totalitĂ© de notre armement est fabriquĂ©e Ă lâintĂ©rieur du pays. Nous nâavions quâun seul point faible : certaines usines et sites de production se trouvaient dans des lieux connus, en surface, et leurs adresses Ă©taient connues, câest pourquoi ils ont Ă©tĂ© bombardĂ©s ; mais toutes ces installations ont dĂ©sormais Ă©tĂ© reconstruites dans des lieux extrĂȘmement sĂ»rs, et fonctionnent avec des technologies modernes et avancĂ©es, Ă des cadences de production supĂ©rieures. Nous produisons actuellement Ă un rythme qui dĂ©passe le rythme de consommation sur le front ; notre stock est en augmentation."(...)
"Outre la production sur le front, il existe aussi dâautres modes de production. Ă Gaza, par exemple, une bande Ă©troite dont on peut voir lâextrĂ©mitĂ© opposĂ©e Ă lâĆil nu, malgrĂ© tous les outils de dĂ©tection et les dispositifs de surveillance israĂ©liens, ils disposaient de lignes de production secrĂštes, et la production sâest poursuivie mĂȘme un an et demi aprĂšs lâopĂ©ration du DĂ©luge dâal-Aqsa. Imaginez maintenant un pays aussi vaste que lâIran, oĂč nous avons des centaines de villes et de complexes industriels ; nous disposons de possibilitĂ©s immenses qui nous permettent de dissimuler notre production de diffĂ©rentes maniĂšres, rĂ©parties, que ce soit sous terre ou en surface, de sorte quâils ne puissent pas la retracer. Mais nous ne comptons pas uniquement sur ces armes ; ils croient que nous nâavons que les missiles et les drones, et que si ces armes venaient Ă sâĂ©puiser, ce serait la fin pour nous.(...)
"câest lĂ la doctrine opĂ©rationnelle actuelle. Cette pensĂ©e existait dĂ©jĂ au sein de nos forces ; certains commandants soutenaient cette doctrine, mais la plupart des grands commandants tombĂ©s en martyrs penchaient vers la doctrine dĂ©fensive plutĂŽt quâoffensive. Il se peut que la plupart des commandants actuels penchent vers la doctrine offensive, la privilĂ©gient et poursuivent sa mise en Ćuvre.(...)"
"Notre prioritĂ© nâest ni la guerre ni la nĂ©gociation ; ni la guerre ni la nĂ©gociation nâont de valeur intrinsĂšque pour nous. La question est que nous devons parvenir Ă la dissuasion, câest-Ă -dire que nous devons atteindre un point oĂč lâennemi nâose plus nous attaquer, et cela peut se rĂ©aliser par une voie politique, militaire, ou dâusure, selon les conditions de la guerre. Nous ne sommes pas assis dĂšs Ă prĂ©sent Ă prendre nos dĂ©cisions sur la base dâun plan imposĂ© et rigide ; nous avons de la flexibilitĂ©, et nos commandants prennent leurs dĂ©cisions en fonction des exigences de chaque jour et de chaque instant. Quel est lâobjectif ? Parvenir Ă la dissuasion. Les engagements annoncĂ©s par le Conseil suprĂȘme de sĂ©curitĂ© nationale iranien signifient que nous exĂ©cutons nos engagements, mais ils doivent comprendre quâils devront payer un prix trĂšs lourd sâils attaquent lâIran.(...)"
"(...)si les AmĂ©ricains veulent prendre une dĂ©cision rationnelle servant leurs intĂ©rĂȘts et leur puissance hĂ©gĂ©monique, ils ne mĂšneront pas une nouvelle guerre contre nous. Sâils veulent calculer prĂ©cisĂ©ment, comparer les options, et examiner sâils doivent combattre ou non, ils choisiront la voie non militaire, et câest dâailleurs la voie quâils empruntent actuellement Ă©galement, Ă savoir la voie Ă©conomique et similaire, mĂȘme si elle non plus ne mĂšne Ă aucun rĂ©sultat. Mais dans ces guerres, les intĂ©rĂȘts personnels de nombreux individus, dont par exemple le prĂ©sident des Ătats-Unis, sont devenus trĂšs influents ; il prend ses dĂ©cisions pour ses intĂ©rĂȘts personnels et ceux de ses entreprises et institutions. Tous les AmĂ©ricains savent quâil rĂšgle le rythme de la guerre de maniĂšre Ă rĂ©aliser des profits sur le marchĂ© boursier, ou Ă permettre Ă son entourage proche de rĂ©aliser des gains dans le secteur pĂ©trolier"
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Vladimir Poutine remet la crise Ă©nergĂ©tique europĂ©enne au centre du dĂ©bat et prĂ©vient que le prix du gaz pourrait encore fortement grimper Ă lâapproche de lâhiver.
âĄïž En marge du sommet des BRICS en Inde, le prĂ©sident russe a affirmĂ© que le gaz europĂ©en pourrait atteindre jusquâĂ 1 500 dollars les 1 000 mÂł.
Selon lui, la Russie fournissait autrefois son gaz Ă lâEurope autour de 150 Ă 180 dollars les 1 000 mÂł, avant que les EuropĂ©ens ne privilĂ©gient davantage des mĂ©canismes de prix liĂ©s au marchĂ©.
đ Son message aux EuropĂ©ens est particuliĂšrement provocateur : en substance, « vous avez obtenu ce que vous demandiez ».
đ Et le contexte lui donne matiĂšre Ă attaquer.
Le gaz europĂ©en a rĂ©cemment dĂ©passĂ© 75 âŹ/MWh, soit plus du double de son niveau dâil y a un an, notamment sous lâeffet des perturbations du GNL au Moyen-Orient.
✠Les stocks europĂ©ens ne sont par ailleurs remplis quâĂ environ 67 %, un niveau particuliĂšrement faible Ă l'approche de l'hiver. En Allemagne, ils tournent autour de 53-54 %.
đ·đș Moscou en profite pour remettre une vieille question sur la table : lâEurope a-t-elle payĂ© trop cher sa sortie du gaz russe ?
Depuis 2022, lâUnion europĂ©enne a drastiquement rĂ©duit sa dĂ©pendance au gaz russe et dĂ©veloppĂ© ses importations de GNL ainsi que de nouveaux fournisseurs. La Commission estime toutefois que l'Europe est aujourd'hui mieux prĂ©parĂ©e qu'en 2021-2022 et qu'il n'existe, Ă ce stade, aucun risque immĂ©diat pour la sĂ©curitĂ© d'approvisionnement.
âĄïž Le vĂ©ritable danger pourrait donc ĂȘtre moins de manquer physiquement de gaz que de devoir le payer extrĂȘmement cher.
Et avec des prix énergétiques élevés, les conséquences dépassent largement les factures : inflation, industrie européenne, croissance et politique monétaire de la BCE sont directement concernées.
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Je vous partage ce post de Nicolas Pillet, ingĂ©nieur au CNES (Centre national dâĂ©tudes spatiales) et spĂ©cialiste du secteur spatial, qui apporte un Ă©clairage complĂ©mentaire intĂ©ressant sur les annonces faites lors du dernier sommet.
"OPINION IMPOPULAIRE : jamais le CNES n'a été aussi invisibilisé, voire ignoré, sur les questions de politique spatiale. Le gouvernement décide seul, contracte seul avec des privés. Le résultat est un assemblage de projets sans aucune cohérence et qui ne répond pas aux besoins.
Dans le passé, le CNES menait des réflexions, basées sur une énorme expertise, concevait des programmes, les proposait au Gouvernement qui, souvent, les acceptait et les confiait en retour au CNES.
Aujourd'hui, les choses se décident ailleurs. Le CNES, à ma connaissance, n'est à l'origine d'AUCUN des programmes annoncés hier. Ni VORTEX, ni Nyx, ni LEO cargo.
Quelle différence ? Le CNES concevait des programmes en fonction des BESOINS d'un ou plusieurs UTILISATEURS. TantÎt la Défense, tantÎt le CNRS, tantÎt Meteofrance, etc.
Aujourd'hui, personne n'est capable de dire qui seront les utilisateurs des programmes que nous sommes en train de lancer."
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Qui se bat au Yémen, et pour quoi,( extrait de l'article en lien ci-dessous )
"Le YĂ©men occupe la pointe sud-ouest de la pĂ©ninsule arabique, face Ă Djibouti. Trente-quatre millions d'habitants, Ă peu prĂšs la moitiĂ© de la France, sur un territoire montagneux au nord et dĂ©sertique Ă l'est. Il faut se rappeler que ce pays n'a pas toujours existĂ© sous cette forme : jusqu'en 1990, il y avait deux YĂ©men, le Nord autour de Sanaa et le Sud autour d'Aden, ce dernier ayant Ă©tĂ© une rĂ©publique marxiste puis un Ătat en bonne et due forme. L'unification de 1990 s'est faite sans qu'on tranche jamais la question du partage du pouvoir et des ressources. Une guerre civile a suivi en 1994, qui fit de sept Ă dix mille morts. Le problĂšme posĂ© alors n'a pas Ă©tĂ© rĂ©solu ; il a Ă©tĂ© reportĂ©. Tout ce qui suit en dĂ©coule.
Ansarullah, « les partisans de Dieu », est nĂ© dans les montagnes de Saada, Ă la frontiĂšre saoudienne, Ă la charniĂšre des annĂ©es quatre-vingt-dix et deux mille. Le mouvement se rĂ©clame du zaydisme, une branche de l'islam chiite propre au nord du YĂ©men, distincte du chiisme duodĂ©cimain qui est celui de l'Iran â la parentĂ© existe, elle est plus lĂąche qu'on ne le dit. Ses membres se nomment eux-mĂȘmes Ansarullah ; on les appelle Houthis en Occident, du nom de la famille de son fondateur, Hussein al-Houthi, tuĂ© en 2004. Six guerres l'ont opposĂ© au pouvoir central entre 2004 et 2010. En septembre 2014, il est descendu des montagnes et a pris Sanaa, la capitale. Il ne l'a jamais rendue : le territoire qu'il administre abrite aujourd'hui la grande majoritĂ© de la population yĂ©mĂ©nite. Depuis mars 2015, il affronte une coalition conduite par l'Arabie saoudite, et il tient. TĂ©hĂ©ran l'arme, le conseille et le fĂ©licite ; il n'en est pas pour autant une crĂ©ature, ce qui sera important pour la suite.
Le gouvernement reconnu est ce qui reste de l'Ătat chassĂ© de Sanaa. Il siĂšge Ă Aden et ne s'appelle plus un gouvernement mais un Conseil de direction prĂ©sidentielle : huit hommes, installĂ©s en avril 2022, qui exercent collĂ©gialement une autoritĂ© que la communautĂ© internationale reconnaĂźt et que le terrain reconnaĂźt beaucoup moins. Ces huit hommes ne relĂšvent pas du mĂȘme patron. Certains sont les hommes de Riyad, d'autres ceux d'Abou Dhabi.
Le Conseil de transition du Sud, fondĂ© en mai 2017 et prĂ©sidĂ© par AĂŻdarous al-ZoubaĂŻdi, siĂšge Ă©galement Ă Aden, et ne veut pas la mĂȘme chose : il veut l'indĂ©pendance du Sud, c'est-Ă -dire le retour aux frontiĂšres d'avant 1990. Il siĂšge pourtant au Conseil prĂ©sidentiel. Les Ămirats arabes unis l'ont soutenu, financĂ©, armĂ©.
Les forces de la RĂ©sistance nationale sont le troisiĂšme acteur de ce camp, celui qui nous occupe aujourd'hui. Elles tiennent â tenaient â la cĂŽte de la mer Rouge et sont commandĂ©es par Tareq Saleh, neveu d'Ali Abdallah Saleh, l'homme qui prĂ©sida le YĂ©men pendant trente-trois ans, s'allia aux Houthis en 2014, se retourna contre eux en 2017 et fut tuĂ© par eux le 4 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e. Abou Dhabi soutient Ă©galement ce neveu.
Les deux parrains, enfin, sont le cĆur du dossier. L'Arabie saoudite fait la guerre au YĂ©men pour une raison simple : elle ne veut pas d'un pouvoir alignĂ© sur TĂ©hĂ©ran Ă sa frontiĂšre mĂ©ridionale, ni de missiles Ă portĂ©e de ses champs pĂ©troliers. Les Ămirats arabes unis font la guerre au YĂ©men pour une autre raison, tout aussi simple : ils veulent des ports, des Ăźles et des dĂ©bouchĂ©s sur la mer Rouge, ce qui les conduit Ă prĂ©fĂ©rer un Sud sĂ©parĂ© et docile Ă un YĂ©men unifiĂ©. Ces deux buts ne sont pas complĂ©mentaires. Ils sont contraires. On appelle cela, depuis dix ans, une coalition"(...)
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Pétrole et mer Rouge. Plusieurs routes stratégiques sont désormais sous tension simultanément
La situation au Moyen-Orient devient particuliÚrement sensible pour les flux pétroliers et le commerce maritime mondial.
âĄïž LâArabie saoudite a temporairement fermĂ© son olĂ©oduc Est-Ouest aprĂšs plusieurs attaques.
Cette conduite est stratĂ©gique car elle transporte du pĂ©trole depuis lâest du royaume jusquâau terminal de Yanbu, sur la mer Rouge. Elle permet ainsi Ă Riyad dâexporter une partie de son brut sans passer par le dĂ©troit dâOrmuz.
Les autoritĂ©s saoudiennes indiquent que les attaques ont touchĂ© plusieurs secteurs dans les rĂ©gions de Riyad et MĂ©dine et ont provoquĂ© des blessĂ©s. Riyad affirme Ă©galement que les drones utilisĂ©s avaient Ă©tĂ© lancĂ©s depuis le territoire irakien. LâIrak a reconnu que lâattaque provenait de son territoire et a ouvert une enquĂȘte, mais lâidentitĂ© exacte des responsables reste Ă Ă©tablir.
âĄïžDans le mĂȘme temps, les Houthis progressent rapidement sur la cĂŽte occidentale du YĂ©men.
Ils ont notamment pris le port stratĂ©gique de Mokha ainsi que lâĂźle de Mayyun, Ă©galement appelĂ©e Perim, situĂ©e directement dans le dĂ©troit de Bab el-Mandeb.
Cette avancĂ©e est importante car Bab el-Mandeb relie le golfe dâAden et lâocĂ©an Indien Ă la mer Rouge, puis au canal de Suez. LâĂźle de Mayyun occupe une position particuliĂšrement stratĂ©gique puisquâelle se trouve au milieu du dĂ©troit et sĂ©pare ses deux chenaux de navigation.
âĄïžTrois axes sont dĂ©sormais concernĂ©s par les tensions rĂ©gionales:
- DĂ©troit dâOrmuz : lâune des principales voies dâexportation du pĂ©trole et du gaz du Golfe.
- OlĂ©oduc saoudien Est-Ouest : une voie permettant Ă lâArabie saoudite de contourner Ormuz.
- Bab el-Mandeb : passage reliant la mer Rouge et le canal de Suez Ă lâocĂ©an Indien.
Reuters estime quâune fermeture de Bab el-Mandeb pourrait affecter une route empruntĂ©e par environ 7 % des approvisionnements pĂ©troliers mondiaux, ainsi quâune part importante du commerce international.
Si plusieurs de ces routes Ă©taient durablement perturbĂ©es au mĂȘme moment, les consĂ©quences pourraient ĂȘtre importantes avec des diminutions des capacitĂ©s de transport, dĂ©tournements de navires autour de lâAfrique, augmentations des coĂ»ts de fret et pressions supplĂ©mentaires sur les prix de lâĂ©nergie.
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Rapport Anthropic, 10 septembre 2026
Monter une fausse campagne de propagande crĂ©dible demandait jusque-lĂ une petite Ă©quipe : un rĂ©dacteur, quelqu'un pour donner l'impression que plusieurs mĂ©dias disent la mĂȘme chose, quelqu'un pour faire poster des comptes au mĂȘme moment. D'aprĂšs le rapport publiĂ© par Anthropic le 10 septembre, une seule personne, avec une IA, suffit.
En Centrafrique, un homme a fait rédiger par le modÚle les contrats du personnel d'une radio, avec une clause de loyauté envers le pouvoir. Il lui a fait noter les articles des journalistes sur une grille politique, et produire de faux documents administratifs. Il lui a aussi demandé d'effacer dans ses textes les tics d'écriture propres à l'IA pour un travail qui occupait avant plusieurs postes dans une rédaction ou une officine.
Pour la dĂ©tection, le cas est dĂ©favorable. Aujourd'hui, on ne repĂšre pas ces opĂ©rations au contenu, on les repĂšre Ă la trace commune : des comptes créés le mĂȘme jour, qui postent Ă la mĂȘme minute, depuis la mĂȘme infrastructure. Trouver le signal commun, c'est trouver l'opĂ©rateur. La parade est dĂ©crite dans le rapport : l'opĂ©rateur dĂ©pose ses consignes (mots interdits, sources Ă citer, ligne Ă©ditoriale) dans un fichier que chaque compte liĂ© va lire sĂ©parĂ©ment, quand il veut, ce qui supprime toute coordination visible, et donc le rĂ©seau Ă repĂ©rer.
Anthropic, pendant ce temps, voit ces opérations pendant qu'elles s'écrivent, puisque c'est son modÚle qui les produit. Un service de renseignement les découvre en général une fois en ligne. L'entreprise voit donc l'opération avant le pays visé.
Le rapport cite directement LKM Company : une agence de publicitĂ© installĂ©e en France, vente d'influence sur plusieurs continents au profit de clients Ă©trangers. Anthropic l'a repĂ©rĂ©e avant VIGINUM, le service créé en 2021 pour dĂ©tecter les ingĂ©rences numĂ©riques visant la France. Les Français et peut-ĂȘtre mĂȘme la France ont donc appris ce qui se passait chez eux par un rapport privĂ© Ă©tranger.
Le problĂšme avec VIGINUM est que son champ d'action est fixĂ© par dĂ©cret (derniĂšre modification en fĂ©vrier 2026), et ce dĂ©cret le borne aux opĂ©rations impliquant un acteur Ă©tranger, « directement ou indirectement ». C'est grĂące Ă cet « indirectement » qu'une agence française travaillant pour des Ă©trangers reste dans son champ. Du coup cela rĂ©compense surtout la prĂ©caution : cachez la piste Ă©trangĂšre, opĂ©rez de France, financez de France, et le service n'est pas autorisĂ© Ă publier ce qu'il voit, mĂȘme s'il le voit, et mĂȘme si l'opĂ©ration vise des intĂ©rĂȘts français.
L'Ătat n'ignore pas ce qui se passe chez lui : il le voit, au besoin il le collecte, de maniĂšre plus ou moins encadrĂ©e. Ce qui est interdit, c'est la remontĂ©e publique. Les services ne peuvent rĂ©vĂ©ler publiquement que la menace venant de l'Ă©tranger, indexer l'opinion des Français serait de la police politique, et ce garde-fou se dĂ©fend sans mal. Le vrai nĆud est ailleurs : qui contrĂŽle ce qui est vu, et ce qui est jugĂ© suffisant ? Il existe des instances, la CNCTR en tĂȘte, mais leurs travaux ne sont pas publiĂ©s. On ne sait donc ni ce qui a Ă©tĂ© remarquĂ©, ni ce qui a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©, ni pourquoi. Le seul indicateur public, c'est le rapport VIGINUM. Alors quand un rapport sur Moscou ou Pekin sort, mais jamais sur l'Ă©quivalent domestique, la lecture logique du citoyen est que le travail n'est pas fait, ou qu'il est politique. Ăa n'est pas forcĂ©ment vrai. Mais c'est indĂ©montrable, et ça l'Ă©tait dĂšs l'origine : contestĂ© publiquement dĂšs 2021, sans rĂ©ponse apportĂ©e depuis.
Pire, dans ces rapports pĂ©riodiques, il manque une catĂ©gorie entiĂšre. On y voit des opĂ©rations chinoises, africaines, russes, mais jamais une campagne venue d'un pays alliĂ©, jamais amĂ©ricaine, israĂ©lienne, ou britannique. L'explication charitable : le modĂšle ne les capte pas, ou elles n'y figurent tout simplement pas. L'explication moins charitable : elles ne sont pas cherchĂ©es, pas avec la mĂȘme Ă©nergie, pas nommĂ©es, et/ou pas relevĂ©es. Personne ne peut trancher, faute de transparence sur ce que le systĂšme voit. La consĂ©quence est la mĂȘme dans tous les cas : le rĂ©cit disponible pour le lecteur est un rĂ©cit oĂč l'ingĂ©rence vient toujours de l'ennemi, et jamais de l'ami. Ce qui fournit exactement le carburant des lectures accusatrices (pas toutes farfelues) selon lesquelles ce type de publication sert un agenda. Et chaque rapport qui rĂ©pĂšte le biais affaiblit un peu plus la caution qu'il apporte aux vraies dĂ©tections.
Reste une question, Anthropic n'est soumise Ă aucun verrou de ce type. Son modĂšle voit l'opĂ©ration, qu'elle parte de Moscou ou de Montreuil, et elle choisit de la publier, ou pas. Ce qui signifie : une entreprise privĂ©e Ă©trangĂšre peut fournir Ă l'Ătat français l'information que son propre cadre juridique interdit de faire remonter. Avec quel droit Anthropic dĂ©cide seule ? Pourquoi ce rapport-lĂ , maintenant ? Qui regarde ce que regarde Anthropic, et au nom de quoi ce regard-lĂ serait-il plus lĂ©gitime que celui d'un service public sous contrĂŽle ? Et une entreprise qui choisit ce qu'elle rĂ©vĂšle des opĂ©rations d'influence pratiquĂ©es sur le sol d'autres pays, ce n'est pas aussi une ingĂ©rence ? Au bĂ©nĂ©fice de qui ?
Rapport complet
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LâAlgĂ©rie a rompu ce jeudi 10 septembre ses relations diplomatiques avec les Ămirats arabes unis, aprĂšs plusieurs mois dâescalade.
Une rupture sans prĂ©cĂ©dent avec une monarchie du Golfe depuis lâindĂ©pendance de lâAlgĂ©rie en 1962.
Lâambassadeur Ă©mirati a 48h pour quitter le pays.
Alger et Abou Dhabi sâopposent sur lâessentiel des grands dossiers rĂ©gionaux, de la normalisation avec IsraĂ«l au Sahara occidental, en passant par le Sahel et plusieurs conflits africains.
Le ministĂšre algĂ©rien des Affaires Ă©trangĂšres a accusĂ© les Ămirats de multiplier les « comportements provocateurs ou hostiles » malgrĂ© plusieurs avertissements.
Alger affirme avoir « épuisé toutes les voies » pour préserver la relation, sans préciser les faits ayant directement motivé sa décision.
En fĂ©vrier dĂ©jĂ , Alger avait engagĂ© la dĂ©nonciation de lâaccord aĂ©rien signĂ© avec les Ămirats en 2013, qui encadrait les liaisons entre les deux pays.
Ă la veille de lâannonce, lâagence officielle APS reprenait une analyse de Middle East Eye sous un titre sans dĂ©tour : « Les Emirats, chef dâorchestre de tous les conflits ».
Abou Dhabi a normalisĂ© ses relations avec IsraĂ«l en 2020 dans le cadre des accords dâAbraham. Alger sây est opposĂ©e.
Sur le Sahara occidental, les Ămirats soutiennent la souverainetĂ© marocaine et ont ouvert un consulat Ă LaĂąyoune en 2020. LâAlgĂ©rie soutient le Front Polisario et a rompu avec Rabat en 2021.
Au Sahel et en Afrique du Nord, Abdelmadjid Tebboune a aussi accusĂ© les Ămirats dâintervenir dans plusieurs crises, notamment au Mali, en Libye et au Soudan.
Abou Dhabi nâavait pas encore rĂ©agi publiquement dans les premiĂšres heures suivant la dĂ©cision
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Taxe fonciÚre : halte à la tonte silencieuse des propriétaires
Chaque automne, plus de 30 millions de propriĂ©taires dĂ©couvrent leur avis de taxe fonciĂšre. Et chaque automne, ou presque, le montant grimpe. En 2025, la taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties a rapportĂ© 55,1 milliards dâeuros, en hausse de 2,8 % sur un an.
Les particuliers en acquittent prĂšs des deux tiers, soit environ 34,7 milliards dâeuros, pour un montant moyen de lâordre de 1 100 euros par foyer, et bien davantage dans les grandes villes.
Sur dix ans, le constat dressĂ© par lâobservatoire de lâUNPI est accablant : entre 2014 et 2024, la taxe fonciĂšre a augmentĂ© en moyenne de 37,3 %, quand lâinflation progressait de 19,9 % et les loyers de 8,7 %. LâimpĂŽt sur la pierre a donc crĂ» deux fois plus vite que les prix et quatre fois plus vite que les loyers quâil est censĂ© reflĂ©ter.
à Paris, la facture a bondi de 87,9 % sur la période ; à Grenoble, le taux communal atteint désormais le niveau vertigineux de 67,92 %.
Le contribuable croit souvent que sa taxe nâaugmente que si son maire le dĂ©cide. Câest faux. La base de calcul, la valeur locative cadastrale, est revalorisĂ©e automatiquement chaque annĂ©e par la loi, en fonction de lâinflation constatĂ©e en novembre de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente.
MĂȘme Ă taux communaux constants, lâimpĂŽt monte tout seul.
Selon lâUNPI, cette revalorisation lĂ©gale explique environ les deux tiers de la hausse dĂ©cennale (+ 23,5 % Ă elle seule), le tiers restant provenant des taux votĂ©s par les collectivitĂ©s.
Sây ajoutent des taxes annexes qui gonflent discrĂštement lâavis dâimposition : taxe dâenlĂšvement des ordures mĂ©nagĂšres, taxe Gemapi, taxes spĂ©ciales dâĂ©quipement. Autant de lignes que le contribuable ne maĂźtrise pas et dont il ne perçoit pas toujours la contrepartie.
Le plus rĂ©vĂ©lateur est ailleurs : ce mĂ©canisme est un cliquet anti-retour. Lâarticle 1518 bis du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts ne prĂ©voit dâappliquer la variation de lâindice des prix que « lorsque celui-ci est positif ». Traduction : quand les prix montent, les bases montent ; si les prix baissaient, les bases, elles, ne baisseraient jamais. La revalorisation « automatique » ne connaĂźt quâun seul sens : celui qui arrange le percepteur. Un indice qui ne jouerait quâĂ la baisse pour le contribuable serait dĂ©noncĂ© comme une spoliation ; Ă la hausse, on appelle cela une « actualisation technique ».
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Tout le monde sâindigne de la derniĂšre carte de Trump oĂč lâon voit les DOM-TOM en territoire amĂ©ricain⊠On sâen offusque et on sâĂ©lĂšve vent debout contre les ingĂ©rences de lâAzerbaĂŻdjan en demandant plus de sĂ©curitĂ© dans les DOM-TOM⊠Le vent de la verve⊠du vide.
Ce nâest pas plus de sĂ©curitĂ© qui fera changer les mentalitĂ©s⊠Câest dâĂȘtre considĂ©rĂ© comme un citoyen français et non comme un laissĂ©-pour-compte. Et sincĂšrement, il y a de quoi avoir honte quand on voit la rĂ©alitĂ© quotidienne dans certains territoires dâOutre-mer⊠Ne serait-ce que lâaccĂšs Ă lâeau ! Des coupures quotidiennes, sans prĂ©venir, parfois pendant plusieurs jours consĂ©cutifs. Des tuyaux foutus, des fuites partout⊠et des habitants qui payent une fortune leur facture dâeau pour ne mĂȘme pas en bĂ©nĂ©ficier. DĂšs que lâeau revient et quâon entend les bulles remonter dans les tuyaux, on se prĂ©cipite pour remplir une dizaine de bouteilles afin de faire face Ă la prochaine coupureâŠ
LâhĂŽpital⊠parlons-en ! Beaucoup redoutent tout simplement dâavoir Ă y ĂȘtre hospitalisĂ©s un jour. Sans compter la vie chĂšre, sans compter le taux de chĂŽmage⊠Aucune installation pour occuper les jeunes et on sâĂ©tonne ensuite quâils sombrent dans la dĂ©linquance⊠Sans compter une Ă©conomie qui reste, dans certains territoires, trĂšs concentrĂ©e entre les mains de quelques grands groupes et familles.
Câest ça, la rĂ©alité⊠Alors câest sĂ»r que si un autre pays vient faire les yeux doux, le terreau est de trĂšs bonne qualitĂ© !
Et il faudrait peut-ĂȘtre aussi rappeler ce que la France doit Ă ses territoires dâOutre-mer. GrĂące Ă eux, elle dispose dâun immense espace maritime et dâune prĂ©sence stratĂ©gique sur plusieurs ocĂ©ans. Ces territoires participent directement Ă la puissance maritime, Ă©conomique et gĂ©opolitique française. Ils ne sont donc pas une pĂ©riphĂ©rie dont on se souvient uniquement lorsquâune puissance Ă©trangĂšre sây intĂ©resse ...ils constituent une part essentielle du territoire et de la souverainetĂ© de la France.
Ce nâest pas plus de sĂ©curitĂ© quâil faut, mais des investissements massifs dans les Outre-mer ! Parce quâavant de sâindigner des ingĂ©rences Ă©trangĂšres, il faudrait peut-ĂȘtre commencer par se demander pourquoi elles peuvent trouver un terrain favorable.
La honte !
