Dynamiques de conflit
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Russie/Corée du Nord : leur première liaison routière vient d’ouvrir
La Russie et la Corée du Nord ont inauguré le 7 septembre 2026 leur premier pont routier commun, au-dessus du fleuve Tumen. Il relie Khasan, dans l’Extrême-Orient russe, à la région nord-coréenne de Rason.
Quelques chiffres :
-environ 1 km pour le pont lui-même
-près de 5 km pour l’ensemble du franchissement et de ses accès
-2 voies de circulation
-travaux commencés le 30 avril 2025
-495 jours de construction
-capacité initiale : 300 véhicules par jour, avec possibilité d’extension jusqu’à 800
- jusqu’à 2 325 personnes par jour lorsque le poste-frontière fonctionnera à pleine capacité
Le nouveau passage complète le pont ferroviaire qui reliait déjà les deux pays. Jusqu’ici, il n’existait aucune véritable liaison routière directe entre la Russie et la Corée du Nord.
Moscou et Pyongyang présentent cette infrastructure comme un moyen d’accroître les échanges commerciaux, le transport de marchandises, les déplacements de personnes et le tourisme. La Russie affirme notamment qu'elle doit permettre de réduire les coûts de transport et d'augmenter les volumes de fret.
Mais cette ouverture intervient dans un contexte beaucoup plus stratégique.
Depuis la guerre en Ukraine, la coopération entre Moscou et Pyongyang s’est fortement intensifiée. La Corée du Nord a notamment fourni des munitions et des soldats pour soutenir l’effort de guerre russe.
Des organisations ukrainiennes, dont Truth Hounds, craignent donc que cette nouvelle route puisse également faciliter à terme le déplacement de militaires, de matériel ou de ressources entre les deux pays.
Source 👉🏻 Lien1 lien2
| 2 | La Finlande se joint à la campagne de dissuasion nucléaire de la France
La Finlande se joint au projet de la France de coopérer plus étroitement avec les autres pays européens en matière de dissuasion nucléaire, ont annoncé les deux pays lundi.
« Aujourd'hui, nous avons franchi une nouvelle étape avec l'adhésion de la Finlande à l'initiative française de dissuasion avancée. Cette initiative vise avant tout à renforcer la sécurité européenne », a écrit le président finlandais Alexander Stubb sur X. « Elle réaffirme la responsabilité de l'Europe en matière de défense et contribue à prévenir toute escalade. »
Source 👉🏻 Lien | 1 095 |
| 3 | Wall Street prêt à gagner beaucoup d'argent grâce à la dette française: à l'approche de la présidentielle, Goldman Sachs et Deutsche Bank lancent des placements pour parier sur la France
La présidentielle française de 2027 devient un thème d’investissement à Wall Street. À mesure que le scrutin d’avril approche, de grandes banques internationales proposent à leurs clients des montages financiers leur permettant de gagner de l’argent selon les différents scénarios politiques envisagés en France.
Goldman Sachs et Deutsche Bank ont ainsi constitué des "paniers" réunissant plusieurs obligations françaises, notamment des titres émis par les banques, selon des informations de Bloomberg. Les investisseurs peuvent miser sur la hausse ou sur la baisse de la valeur de l’ensemble, sans nécessairement acheter chacune des obligations qui le composent
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| 4 | Analyse : IA et sécurité nationale
Depuis le 14, plusieurs médias présentent le texte du ministre chinois de la Sécurité d'État comme une réponse hâtive à l'appel d'Anthropic à ralentir l'IA. Si l'on remet les événements dans l'ordre, cela ressemble plutôt à une réponse conduite avec soin sur trois jours.
Le 12 septembre, Dario Amodei publie un long texte. Il y propose de calmer le jeu en trois temps : d'abord des évaluateurs venus de l'extérieur dans les laboratoires, puis un rapprochement entre entreprises des pays démocratiques, et seulement après des accords avec la Chine. Sam Altman et Elon Musk soutiennent dans les heures suivantes, Demis Hassabis reste un peu en retrait. Le lendemain, Trump s'exprime depuis son golf de Doonbeg en Irlande : les États-Unis sont devant sur l'IA, et celui qui gagne l'IA gagne. Mike Johnson tient le même propos sur CNN. Rien de neuf. Bessent le disait déjà une semaine avant, et Trump le répète depuis janvier, depuis le dossier des puces Nvidia vendues à la Chine.
La réponse chinoise arrive le 13, en deux parties. Premier coup : un article signé Chen Yixin, ministre de la Sécurité d'État, dans la revue China Cyberspace. Huit principes, six risques, sept mesures. Un vrai texte de doctrine. Anthropic n'y est pas cité, mais l'article attaque précisément le point où Amodei propose une coordination entre démocraties : Chen accuse des pays qu'il ne nomme pas de bloquer le développement de l'IA "au nom de la sécurité nationale", de dresser des listes noires et de garder leurs systèmes fermés. Il cite Claude Mythos et GPT-5.5-Cyber comme causes de la baisse du coût des cyberattaques, et il mentionne OpenClaw, cet agent open source devenu viral en Chine et déjà épinglé par le ministère de l'Industrie pour ses failles. Il avance également deux chiffres : 500 millions d'utilisateurs chinois de produits IA, et 140 000 milliards de tokens traités par jour.
Il faut peser la portée du choix de Chen Yixin. Le ministère de la Sécurité d'État (MSS) est l'organe le moins exposé du système chinois. Depuis sa (timide) ouverture sur WeChat en 2023, il communique sur des cas concrets : cas d'espionnage anonymisés, alertes opérationnelles comme celle sur les drones connectés en août, tout cela à destination d'un public intérieur et tout en restant volontairement flou. Rien de comparable avec un texte doctrinal signé du ministre, publié dans une revue de la Cyberspace Administration, qui vise des modèles américains avec leurs noms et leurs fonctionnalités. On est pour le MSS dans un registre complètement inhabituel. Sortir le chef des renseignements de sa réserve, trois jours après l'essai d'un CEO américain et à une semaine d'un sommet bilatéral, c'est un gros signal : la Chine hisse la confrontation IA au rang de dossier de sécurité d'État, avec les armes du moment qui vont avec.
Deuxième coup le même jour, à New Delhi, en clôture du sommet BRICS : Xi Jinping propose une communauté IA open source dont la Chine prendrait la tête, avec travail commun sur les modèles, formations, cloud et normes partagées. Pendant que Washington parlait d'une entente entre démocraties où Pékin n'entrerait qu'en dernier, Xi construisait l'offre d'en face, calée sur le point fort des Chinois : leurs modèles ouverts, quand les Américains gardent les leurs fermés.
Le lundi 14, des canaux moins discrets prennent la suite. Le Global Times qualifie l'essai de "Cold War playbook". Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cite cette fois directement Amodei, Altman et Musk par leur nom en conférence de presse et les accuse de "fear-mongering". La presse d'État et les diplomates attaquent frontalement après la réserve des officiels.
Il y a malgré tout une contradiction dans le montage. Au même moment où Chen présente l'agent open source OpenClaw comme un danger, Xi fait de l'open source la base de son offre aux BRICS. À l'extérieur, l'open source sert à gagner de l'influence. À l'intérieur, il est considéré comme un risque. A ce niveau ce n'est pas une erreur de communication, ils exposent sans fausse pudeur leur ligne.
L'offre de Xi s'affiche d'ailleurs plus qu'elle n'est préparée. La déclaration commune signée à New Delhi ne mentionne ni la communauté open source ni le cloud. Personne ne précise comment elle fonctionnerait ni qui la financerait, et l'Inde, qui porte la présidence BRICS en 2026, n'a rien signé. Pékin reprendra cette présidence en 2027 : on mesurera à ce moment-là ce que le projet vaut. En attendant, il vaut surtout comme carte posée avant le 24 septembre.
Tout converge vers le 24 septembre, avec un détail important : la Fed siège les 15 et 16, soit une semaine avant l'arrivée de Xi. Lorsque le dirigeant chinois entrera à la Maison-Blanche, la décision sur les taux sera déjà prise. Si la banque centrale relève pour encaisser le choc du pétrole à plus de 100 dollars, Trump recevra Xi avec des taux durcis, un dollar fort et des électeurs qui paient l'essence plus cher. Sa marge sera serrée et son besoin d'un bon coup chinois plus grand. La Chine, elle, aura ajusté son jeu à données connues : après son offre open source aux BRICS du 13, elle saura dès le 16 dans quel cadre monétaire négocier. Ensuite, le calendrier reste lourd : la trêve tarifaire expire le 10 novembre, les terres rares sont déjà sorties trois fois en un an, le plénum d'octobre traitera de la guerre des prix intérieure entre IA chinoises, et les midterms du 3 novembre amplifieront tout incident dans cet intervalle. Ca va swinger.
Sources :
Dario Amodei, "We Must Pace the Frontier" : https://darioamodei.com/post/we-must-pace-the-frontier
Chen Yixin, texte intégral (China Cyberspace n°8/2026) : https://gm7.org/archives/155304
Xi Jinping, déclaration à la session II du 18e sommet BRICS, 13 septembre 2026 : https://www.fmprc.gov.cn/mfa_eng/xw/zyxw/202609/t20260913_12021300.html
Heritage Foundation, "Xi Comes to Washington" : https://www.heritage.org/china/report/xi-comes-washington-expectations-the-trump-xi-summit
🚨 https://t.me/dynamiquesdeconflit | 880 |
| 5 | Fuite chez Revolut : données KYC, informations financières… des pirates commencent à publier des données de clients
L'affaire Revolut prend une nouvelle dimension. Des individus affirmant détenir des données de clients de la banque en ligne publient désormais sur Telegram des documents KYC et des informations personnelles qu'ils présentent comme appartenant à plusieurs utilisateurs.
Le groupe, également à l'origine d'un site consacré à ses revendications, affirme disposer d'une vaste base de données d'utilisateurs Revolut et soutient avoir tenté d'alerter l'entreprise avant de rendre l'affaire publique. Il publie parallèlement des documents attribués à plusieurs clients et promet de nouvelles révélations.
Le 12 septembre 2026, Revolut a confirmé qu'un tiers non autorisé avait réussi à obtenir des informations sensibles après avoir adressé de fausses demandes depuis une adresse appartenant au domaine d'une véritable administration.
Selon Revolut, ses systèmes internes n'ont pas été compromis et les fonds des clients n'ont pas été affectés. Le nombre exact de personnes concernées n'a pas été communiqué.
Les informations susceptibles d'avoir été transmises comprennent notamment des noms, dates de naissance, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone, copies de pièces d'identité, selfies de vérification, IBAN, relevés de compte et historiques de transactions.
(...)Le groupe affirme que certaines données concerneraient également des personnalités connues. Il cite notamment Shevchenko, présenté comme joueur de tennis, Felix Römer, associé aux plateformes Gamdom et Skins.com, ainsi que Ibrahim Zekerie (WatchGamesTV), créateur de contenu et streamer.
Des documents d'identité présentés comme appartenant à certaines de ces personnes ont été publiés sur Telegram.
Source 👉🏻 Lien | 920 |
| 6 | La DGSI alerte sur la vulnérabilité des entreprises et laboratoires français face aux ingérences étrangères.
Dans deux numéros de son bulletin Flash Ingérence publiés en juin et août, la DGSI détaille, exemples anonymisés à l'appui, les modes opératoires par lesquels des acteurs étrangers captent la technologie, les savoir-faire et les données d'entités françaises stratégiques.
🔍 La note d'août recense six familles d'atteintes, dont :
• 01. Les atteintes capitalistiques d'abord : une entreprise étrangère rachète un groupe comprenant une entreprise française détentrice de brevets, la liquide peu après le rachat, puis transfère sa propriété intellectuelle vers une entité du groupe située à l'étranger.
• 02. Les atteintes humaines ensuite, présentées comme l'une des menaces les plus importantes : un concurrent étranger crée une filiale en France, puis débauche un à un les cadres d'une entreprise travaillant sur une technologie stratégique, dont certains comptaient plus de dix ans d'ancienneté, pour permettre à son état d'origine de rattraper son retard technologique.
• 03. Ou encore les atteintes cybernétiques, dont un cas début 2026 où un prestataire étranger spécialisé dans l'IA a mis en ligne plus de 1500 images des sites d'un groupe industriel français, plans détaillés compris.
📰 La note de juin vise la recherche : des chercheurs français débauchés par des universités étrangères ou des coopérations dissimulées, parfois liées à l'appareil militaire du pays concerné, pour fonder des centres concurrents ou transférer les travaux menés en France.
Le fil conducteur des deux documents est constant : le maillon le plus exposé n'est pas technologique mais humain, l'insuffisante vigilance des dirigeants et des chercheurs face à des approches qui se présentent comme des opportunités d'affaires ou de coopération.
🛡️ La protection du potentiel scientifique et technique nationale ne repose pas seulement sur les dispositifs publics mais sur cette vigilance en amont.
Source 👉🏻 Lien
Flash ingérence 👉🏻lien | 810 |
| 7 | Le post en entier :
"Depuis le premier jour, j’ai pris un engagement : protéger nos enfants en ligne.
Nous irons au bout.
À la suite de la décision rendue par le Conseil constitutionnel à la mi-août sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, j’avais chargé le Premier ministre de trouver une voie de passage conforme aux observations du Conseil et au droit européen.
C’est chose faite.
Après un travail technique rigoureux, le Gouvernement notifie aujourd’hui de nouvelles écritures à la Commission, un mois après la décision du Conseil.
Cette protection doit aussi devenir la norme pour tous les enfants européens.
C’est pourquoi j’ai partagé avec la Présidente de la Commission européenne ma détermination à ce que l’Europe avance de façon rapide et exigeante, pour harmoniser cette interdiction au niveau de l’Union et encadrer les fonctionnalités des plateformes.
Grâce à la détermination de la Présidente de la Commission, des parlementaires et au soutien de nombreux États européens qui partagent avec nous cette exigence, je me réjouis que la protection des mineurs en ligne soit désormais une priorité de notre Europe, au cœur des orientations de cette rentrée. La France apportera tout son soutien, avec exigence et détermination.
Ne rien lâcher."
Son post 👉🏻 lien | 831 |
| 8 | Un satellite de reconnaissance chinois vient de générer des dizaines de débris sur une orbite particulièrement inhabituelle.
Lancé le 15 mars 2026, le satellite chinois Yaogan 50-02 a subi fin juillet un événement de fragmentation dont la cause reste, à ce jour, inconnue.
Début septembre, l’US Space Force avait catalogué 43 débris, évoluant entre environ 600 et 1 100 km d’altitude.
La particularité de l’événement tient surtout à son orbite : Yaogan 50-02 évolue avec une inclinaison d’environ 142°, sur une trajectoire fortement rétrograde , c’est-à-dire dans le sens opposé à la rotation terrestre.
Un choix orbital rare pour un satellite chinois d’observation et qui permet notamment des passages plus fréquents au-dessus des moyennes latitudes.
Cette fragmentation intervient par ailleurs dans un contexte géopolitique particulièrement sensible.
Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, des entités chinoises auraient fourni à l’Iran des images satellitaires à haute résolution d’une base américaine en Jordanie avant et après la frappe iranienne du 17 juillet qui a tué trois militaires américains.
À ce stade, aucun élément public ne permet aujourd’hui d’attribuer la fragmentation de Yaogan 50-02 à une action hostile. La cause demeure indéterminée.
Plusieurs dizaines de nouveaux objets circulent désormais à grande vitesse sur une orbite rétrograde, dans une région de l’espace où une collision avec un satellite évoluant en sens inverse pourrait libérer une énergie considérable.
Source 👉🏻 Lien1 lien2 lien3 | 956 |
| 9 | Le chef des services de renseignement chinois met en garde contre les risques liés à l'IA, qu'il qualifie de « nouvel espace de rivalité stratégique ».
Le plus haut responsable du renseignement chinois a mis en garde contre les risques croissants que représente l'intelligence artificielle (IA) pour la sécurité nationale, appelant à des cadres de prévention des risques robustes et à une gouvernance mondiale plus forte de cette technologie émergente.
L'appel de Chen Yixin , ministre chinois de la Sécurité d'État, intervient alors que Pékin cherche à jouer un rôle de premier plan dans la gouvernance mondiale de l'IA, tout en critiquant les restrictions américaines . Lors du sommet des BRICS en Inde le week-end dernier, le président chinois Xi Jinping a proposé une initiative s'appuyant sur l'IA pour stimuler la nouvelle industrialisation et renforcer la coopération en matière de chaînes d'approvisionnement au sein de ce bloc d'économies émergentes.
Chen a souligné que Pékin considérait cette technologie comme un enjeu géopolitique majeur. L'IA est devenue « un nouveau terrain d'affrontement stratégique entre grandes puissances », a-t-il écrit dans China Cyberspace, une revue éditée par l'Administration du cyberespace de Chine, organisme de surveillance d'Internet.
(...)Bien que Chen n'ait cité aucun pays, ses propos faisaient écho à la rivalité sino-américaine plus large, Washington ayant ouvertement déclaré qu'il ne pouvait pas permettre à la Chine de le surpasser en matière de développement de l'IA.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a averti mardi que si les États-Unis perdaient la course à l'IA face à la Chine, « plus rien d'autre n'aurait d'importance ».
Dans le cadre d'une guerre technologique qui s'intensifie, les États-Unis ont imposé des restrictions à l'industrie chinoise sur de multiples fronts, notamment en matière d'approvisionnement en puces, d'investissement, d'accès au marché et d'échange de talents.
(...)La Chine s'emploie activement à mettre en place des plateformes multilatérales pour la gouvernance mondiale de l'IA. En juillet, 29 pays, dont la Russie, le Kazakhstan, le Laos, le Pakistan et l'Indonésie, ont signé à Shanghai un accord historique visant à créer l' Organisation mondiale de coopération en matière d'IA (WAICO), soutenue par la Chine.
Waico vise à aider les pays du Sud à développer leurs capacités techniques et à créer un cadre de gouvernance mondial de l'IA qui respecte les différences politiques nationales.
Source 👉🏻 Lien | 925 |
| 10 | Sam Altman, Dario Amodei et Elon Musk s'accordent à dire qu'il faut ralentir sur l'IA
Source SaXx | 996 |
| 11 | Le géant saoudien du pétrole Aramco cherche à augmenter la capacité de l’oléoduc Est-Ouest, qui achemine le brut jusqu’à Yanbu, sur la mer Rouge, hors d’Ormuz.
Mais la guerre complique les discussions avec les banques, a rapporté Intelligence Online.
Selon ce média français spécialisé dans le renseignement économique et géopolitique, Aramco discute notamment avec la banque américaine Citibank pour financer l’extension.
Les négociations achoppent sur le risque lié à la guerre, qui renchérit le projet et pose la question de la répartition de ces surcoûts entre Aramco et les banques.
🛢️ L’oléoduc peut transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour. Riyad étudie depuis juillet une hausse de capacité de 1 à 2 millions de b/j supplémentaires.
Cette liaison permet d’envoyer le brut vers la mer Rouge lorsque la navigation dans le Golfe est perturbée.
Mais Riyad cherche à renforcer sa sortie vers Yanbu alors même que le risque augmente plus au sud en mer Rouge.
🇮🇷❗ En effet, les Houthis soutenus par l’Iran ont affirmé jeudi 10 septembre que la navigation près de Bab El Mandeb resterait ouverte, sauf aux navires saoudiens.
Source 👉🏻 Lien | 246 |
| 12 | Autre Point de vue : interview du Général Mohammad Reza Naqdi, conseiller du Commandant-en-chef du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d’Iran (CGRI).
Extraits :
"Nous ne souffrons pas d’un épuisement de nos stocks. Notre avantage dans cette guerre, c’est que la totalité de notre armement est fabriquée à l’intérieur du pays. Nous n’avions qu’un seul point faible : certaines usines et sites de production se trouvaient dans des lieux connus, en surface, et leurs adresses étaient connues, c’est pourquoi ils ont été bombardés ; mais toutes ces installations ont désormais été reconstruites dans des lieux extrêmement sûrs, et fonctionnent avec des technologies modernes et avancées, à des cadences de production supérieures. Nous produisons actuellement à un rythme qui dépasse le rythme de consommation sur le front ; notre stock est en augmentation."(...)
"Outre la production sur le front, il existe aussi d’autres modes de production. À Gaza, par exemple, une bande étroite dont on peut voir l’extrémité opposée à l’œil nu, malgré tous les outils de détection et les dispositifs de surveillance israéliens, ils disposaient de lignes de production secrètes, et la production s’est poursuivie même un an et demi après l’opération du Déluge d’al-Aqsa. Imaginez maintenant un pays aussi vaste que l’Iran, où nous avons des centaines de villes et de complexes industriels ; nous disposons de possibilités immenses qui nous permettent de dissimuler notre production de différentes manières, réparties, que ce soit sous terre ou en surface, de sorte qu’ils ne puissent pas la retracer. Mais nous ne comptons pas uniquement sur ces armes ; ils croient que nous n’avons que les missiles et les drones, et que si ces armes venaient à s’épuiser, ce serait la fin pour nous.(...)
"c’est là la doctrine opérationnelle actuelle. Cette pensée existait déjà au sein de nos forces ; certains commandants soutenaient cette doctrine, mais la plupart des grands commandants tombés en martyrs penchaient vers la doctrine défensive plutôt qu’offensive. Il se peut que la plupart des commandants actuels penchent vers la doctrine offensive, la privilégient et poursuivent sa mise en œuvre.(...)"
"Notre priorité n’est ni la guerre ni la négociation ; ni la guerre ni la négociation n’ont de valeur intrinsèque pour nous. La question est que nous devons parvenir à la dissuasion, c’est-à-dire que nous devons atteindre un point où l’ennemi n’ose plus nous attaquer, et cela peut se réaliser par une voie politique, militaire, ou d’usure, selon les conditions de la guerre. Nous ne sommes pas assis dès à présent à prendre nos décisions sur la base d’un plan imposé et rigide ; nous avons de la flexibilité, et nos commandants prennent leurs décisions en fonction des exigences de chaque jour et de chaque instant. Quel est l’objectif ? Parvenir à la dissuasion. Les engagements annoncés par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien signifient que nous exécutons nos engagements, mais ils doivent comprendre qu’ils devront payer un prix très lourd s’ils attaquent l’Iran.(...)"
"(...)si les Américains veulent prendre une décision rationnelle servant leurs intérêts et leur puissance hégémonique, ils ne mèneront pas une nouvelle guerre contre nous. S’ils veulent calculer précisément, comparer les options, et examiner s’ils doivent combattre ou non, ils choisiront la voie non militaire, et c’est d’ailleurs la voie qu’ils empruntent actuellement également, à savoir la voie économique et similaire, même si elle non plus ne mène à aucun résultat. Mais dans ces guerres, les intérêts personnels de nombreux individus, dont par exemple le président des États-Unis, sont devenus très influents ; il prend ses décisions pour ses intérêts personnels et ceux de ses entreprises et institutions. Tous les Américains savent qu’il règle le rythme de la guerre de manière à réaliser des profits sur le marché boursier, ou à permettre à son entourage proche de réaliser des gains dans le secteur pétrolier"
Source 👉🏻 Lien
Source primaire interview video lien | 1 251 |
| 13 | Vladimir Poutine remet la crise énergétique européenne au centre du débat et prévient que le prix du gaz pourrait encore fortement grimper à l’approche de l’hiver.
➡️ En marge du sommet des BRICS en Inde, le président russe a affirmé que le gaz européen pourrait atteindre jusqu’à 1 500 dollars les 1 000 m³.
Selon lui, la Russie fournissait autrefois son gaz à l’Europe autour de 150 à 180 dollars les 1 000 m³, avant que les Européens ne privilégient davantage des mécanismes de prix liés au marché.
👉 Son message aux Européens est particulièrement provocateur : en substance, « vous avez obtenu ce que vous demandiez ».
📈 Et le contexte lui donne matière à attaquer.
Le gaz européen a récemment dépassé 75 €/MWh, soit plus du double de son niveau d’il y a un an, notamment sous l’effet des perturbations du GNL au Moyen-Orient.
⛽ Les stocks européens ne sont par ailleurs remplis qu’à environ 67 %, un niveau particulièrement faible à l'approche de l'hiver. En Allemagne, ils tournent autour de 53-54 %.
🇷🇺 Moscou en profite pour remettre une vieille question sur la table : l’Europe a-t-elle payé trop cher sa sortie du gaz russe ?
Depuis 2022, l’Union européenne a drastiquement réduit sa dépendance au gaz russe et développé ses importations de GNL ainsi que de nouveaux fournisseurs. La Commission estime toutefois que l'Europe est aujourd'hui mieux préparée qu'en 2021-2022 et qu'il n'existe, à ce stade, aucun risque immédiat pour la sécurité d'approvisionnement.
➡️ Le véritable danger pourrait donc être moins de manquer physiquement de gaz que de devoir le payer extrêmement cher.
Et avec des prix énergétiques élevés, les conséquences dépassent largement les factures : inflation, industrie européenne, croissance et politique monétaire de la BCE sont directement concernées.
Source 👉🏻 Lien | 1 158 |
| 14 | Je vous partage ce post de Nicolas Pillet, ingénieur au CNES (Centre national d’études spatiales) et spécialiste du secteur spatial, qui apporte un éclairage complémentaire intéressant sur les annonces faites lors du dernier sommet.
"OPINION IMPOPULAIRE : jamais le CNES n'a été aussi invisibilisé, voire ignoré, sur les questions de politique spatiale. Le gouvernement décide seul, contracte seul avec des privés. Le résultat est un assemblage de projets sans aucune cohérence et qui ne répond pas aux besoins.
Dans le passé, le CNES menait des réflexions, basées sur une énorme expertise, concevait des programmes, les proposait au Gouvernement qui, souvent, les acceptait et les confiait en retour au CNES.
Aujourd'hui, les choses se décident ailleurs. Le CNES, à ma connaissance, n'est à l'origine d'AUCUN des programmes annoncés hier. Ni VORTEX, ni Nyx, ni LEO cargo.
Quelle différence ? Le CNES concevait des programmes en fonction des BESOINS d'un ou plusieurs UTILISATEURS. Tantôt la Défense, tantôt le CNRS, tantôt Meteofrance, etc.
Aujourd'hui, personne n'est capable de dire qui seront les utilisateurs des programmes que nous sommes en train de lancer."
Son post 👉🏻 lien | 1 166 |
| 15 | Qui se bat au Yémen, et pour quoi,( extrait de l'article en lien ci-dessous )
"Le Yémen occupe la pointe sud-ouest de la péninsule arabique, face à Djibouti. Trente-quatre millions d'habitants, à peu près la moitié de la France, sur un territoire montagneux au nord et désertique à l'est. Il faut se rappeler que ce pays n'a pas toujours existé sous cette forme : jusqu'en 1990, il y avait deux Yémen, le Nord autour de Sanaa et le Sud autour d'Aden, ce dernier ayant été une république marxiste puis un État en bonne et due forme. L'unification de 1990 s'est faite sans qu'on tranche jamais la question du partage du pouvoir et des ressources. Une guerre civile a suivi en 1994, qui fit de sept à dix mille morts. Le problème posé alors n'a pas été résolu ; il a été reporté. Tout ce qui suit en découle.
Ansarullah, « les partisans de Dieu », est né dans les montagnes de Saada, à la frontière saoudienne, à la charnière des années quatre-vingt-dix et deux mille. Le mouvement se réclame du zaydisme, une branche de l'islam chiite propre au nord du Yémen, distincte du chiisme duodécimain qui est celui de l'Iran — la parenté existe, elle est plus lâche qu'on ne le dit. Ses membres se nomment eux-mêmes Ansarullah ; on les appelle Houthis en Occident, du nom de la famille de son fondateur, Hussein al-Houthi, tué en 2004. Six guerres l'ont opposé au pouvoir central entre 2004 et 2010. En septembre 2014, il est descendu des montagnes et a pris Sanaa, la capitale. Il ne l'a jamais rendue : le territoire qu'il administre abrite aujourd'hui la grande majorité de la population yéménite. Depuis mars 2015, il affronte une coalition conduite par l'Arabie saoudite, et il tient. Téhéran l'arme, le conseille et le félicite ; il n'en est pas pour autant une créature, ce qui sera important pour la suite.
Le gouvernement reconnu est ce qui reste de l'État chassé de Sanaa. Il siège à Aden et ne s'appelle plus un gouvernement mais un Conseil de direction présidentielle : huit hommes, installés en avril 2022, qui exercent collégialement une autorité que la communauté internationale reconnaît et que le terrain reconnaît beaucoup moins. Ces huit hommes ne relèvent pas du même patron. Certains sont les hommes de Riyad, d'autres ceux d'Abou Dhabi.
Le Conseil de transition du Sud, fondé en mai 2017 et présidé par Aïdarous al-Zoubaïdi, siège également à Aden, et ne veut pas la même chose : il veut l'indépendance du Sud, c'est-à-dire le retour aux frontières d'avant 1990. Il siège pourtant au Conseil présidentiel. Les Émirats arabes unis l'ont soutenu, financé, armé.
Les forces de la Résistance nationale sont le troisième acteur de ce camp, celui qui nous occupe aujourd'hui. Elles tiennent — tenaient — la côte de la mer Rouge et sont commandées par Tareq Saleh, neveu d'Ali Abdallah Saleh, l'homme qui présida le Yémen pendant trente-trois ans, s'allia aux Houthis en 2014, se retourna contre eux en 2017 et fut tué par eux le 4 décembre de la même année. Abou Dhabi soutient également ce neveu.
Les deux parrains, enfin, sont le cœur du dossier. L'Arabie saoudite fait la guerre au Yémen pour une raison simple : elle ne veut pas d'un pouvoir aligné sur Téhéran à sa frontière méridionale, ni de missiles à portée de ses champs pétroliers. Les Émirats arabes unis font la guerre au Yémen pour une autre raison, tout aussi simple : ils veulent des ports, des îles et des débouchés sur la mer Rouge, ce qui les conduit à préférer un Sud séparé et docile à un Yémen unifié. Ces deux buts ne sont pas complémentaires. Ils sont contraires. On appelle cela, depuis dix ans, une coalition"(...)
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| 16 | Pétrole et mer Rouge. Plusieurs routes stratégiques sont désormais sous tension simultanément
La situation au Moyen-Orient devient particulièrement sensible pour les flux pétroliers et le commerce maritime mondial.
➡️ L’Arabie saoudite a temporairement fermé son oléoduc Est-Ouest après plusieurs attaques.
Cette conduite est stratégique car elle transporte du pétrole depuis l’est du royaume jusqu’au terminal de Yanbu, sur la mer Rouge. Elle permet ainsi à Riyad d’exporter une partie de son brut sans passer par le détroit d’Ormuz.
Les autorités saoudiennes indiquent que les attaques ont touché plusieurs secteurs dans les régions de Riyad et Médine et ont provoqué des blessés. Riyad affirme également que les drones utilisés avaient été lancés depuis le territoire irakien. L’Irak a reconnu que l’attaque provenait de son territoire et a ouvert une enquête, mais l’identité exacte des responsables reste à établir.
➡️Dans le même temps, les Houthis progressent rapidement sur la côte occidentale du Yémen.
Ils ont notamment pris le port stratégique de Mokha ainsi que l’île de Mayyun, également appelée Perim, située directement dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Cette avancée est importante car Bab el-Mandeb relie le golfe d’Aden et l’océan Indien à la mer Rouge, puis au canal de Suez. L’île de Mayyun occupe une position particulièrement stratégique puisqu’elle se trouve au milieu du détroit et sépare ses deux chenaux de navigation.
➡️Trois axes sont désormais concernés par les tensions régionales:
- Détroit d’Ormuz : l’une des principales voies d’exportation du pétrole et du gaz du Golfe.
- Oléoduc saoudien Est-Ouest : une voie permettant à l’Arabie saoudite de contourner Ormuz.
- Bab el-Mandeb : passage reliant la mer Rouge et le canal de Suez à l’océan Indien.
Reuters estime qu’une fermeture de Bab el-Mandeb pourrait affecter une route empruntée par environ 7 % des approvisionnements pétroliers mondiaux, ainsi qu’une part importante du commerce international.
Si plusieurs de ces routes étaient durablement perturbées au même moment, les conséquences pourraient être importantes avec des diminutions des capacités de transport, détournements de navires autour de l’Afrique, augmentations des coûts de fret et pressions supplémentaires sur les prix de l’énergie.
Sources 👉🏻lien1 lien2 lien3 lien4 lien5 | 1 000 |
| 17 | Rapport Anthropic, 10 septembre 2026
Monter une fausse campagne de propagande crédible demandait jusque-là une petite équipe : un rédacteur, quelqu'un pour donner l'impression que plusieurs médias disent la même chose, quelqu'un pour faire poster des comptes au même moment. D'après le rapport publié par Anthropic le 10 septembre, une seule personne, avec une IA, suffit.
En Centrafrique, un homme a fait rédiger par le modèle les contrats du personnel d'une radio, avec une clause de loyauté envers le pouvoir. Il lui a fait noter les articles des journalistes sur une grille politique, et produire de faux documents administratifs. Il lui a aussi demandé d'effacer dans ses textes les tics d'écriture propres à l'IA pour un travail qui occupait avant plusieurs postes dans une rédaction ou une officine.
Pour la détection, le cas est défavorable. Aujourd'hui, on ne repère pas ces opérations au contenu, on les repère à la trace commune : des comptes créés le même jour, qui postent à la même minute, depuis la même infrastructure. Trouver le signal commun, c'est trouver l'opérateur. La parade est décrite dans le rapport : l'opérateur dépose ses consignes (mots interdits, sources à citer, ligne éditoriale) dans un fichier que chaque compte lié va lire séparément, quand il veut, ce qui supprime toute coordination visible, et donc le réseau à repérer.
Anthropic, pendant ce temps, voit ces opérations pendant qu'elles s'écrivent, puisque c'est son modèle qui les produit. Un service de renseignement les découvre en général une fois en ligne. L'entreprise voit donc l'opération avant le pays visé.
Le rapport cite directement LKM Company : une agence de publicité installée en France, vente d'influence sur plusieurs continents au profit de clients étrangers. Anthropic l'a repérée avant VIGINUM, le service créé en 2021 pour détecter les ingérences numériques visant la France. Les Français et peut-être même la France ont donc appris ce qui se passait chez eux par un rapport privé étranger.
Le problème avec VIGINUM est que son champ d'action est fixé par décret (dernière modification en février 2026), et ce décret le borne aux opérations impliquant un acteur étranger, « directement ou indirectement ». C'est grâce à cet « indirectement » qu'une agence française travaillant pour des étrangers reste dans son champ. Du coup cela récompense surtout la précaution : cachez la piste étrangère, opérez de France, financez de France, et le service n'est pas autorisé à publier ce qu'il voit, même s'il le voit, et même si l'opération vise des intérêts français.
L'État n'ignore pas ce qui se passe chez lui : il le voit, au besoin il le collecte, de manière plus ou moins encadrée. Ce qui est interdit, c'est la remontée publique. Les services ne peuvent révéler publiquement que la menace venant de l'étranger, indexer l'opinion des Français serait de la police politique, et ce garde-fou se défend sans mal. Le vrai nœud est ailleurs : qui contrôle ce qui est vu, et ce qui est jugé suffisant ? Il existe des instances, la CNCTR en tête, mais leurs travaux ne sont pas publiés. On ne sait donc ni ce qui a été remarqué, ni ce qui a été écarté, ni pourquoi. Le seul indicateur public, c'est le rapport VIGINUM. Alors quand un rapport sur Moscou ou Pekin sort, mais jamais sur l'équivalent domestique, la lecture logique du citoyen est que le travail n'est pas fait, ou qu'il est politique. Ça n'est pas forcément vrai. Mais c'est indémontrable, et ça l'était dès l'origine : contesté publiquement dès 2021, sans réponse apportée depuis.
Pire, dans ces rapports périodiques, il manque une catégorie entière. On y voit des opérations chinoises, africaines, russes, mais jamais une campagne venue d'un pays allié, jamais américaine, israélienne, ou britannique. L'explication charitable : le modèle ne les capte pas, ou elles n'y figurent tout simplement pas. L'explication moins charitable : elles ne sont pas cherchées, pas avec la même énergie, pas nommées, et/ou pas relevées. Personne ne peut trancher, faute de transparence sur ce que le système voit. La conséquence est la même dans tous les cas : le récit disponible pour le lecteur est un récit où l'ingérence vient toujours de l'ennemi, et jamais de l'ami. Ce qui fournit exactement le carburant des lectures accusatrices (pas toutes farfelues) selon lesquelles ce type de publication sert un agenda. Et chaque rapport qui répète le biais affaiblit un peu plus la caution qu'il apporte aux vraies détections.
Reste une question, Anthropic n'est soumise à aucun verrou de ce type. Son modèle voit l'opération, qu'elle parte de Moscou ou de Montreuil, et elle choisit de la publier, ou pas. Ce qui signifie : une entreprise privée étrangère peut fournir à l'État français l'information que son propre cadre juridique interdit de faire remonter. Avec quel droit Anthropic décide seule ? Pourquoi ce rapport-là, maintenant ? Qui regarde ce que regarde Anthropic, et au nom de quoi ce regard-là serait-il plus légitime que celui d'un service public sous contrôle ? Et une entreprise qui choisit ce qu'elle révèle des opérations d'influence pratiquées sur le sol d'autres pays, ce n'est pas aussi une ingérence ? Au bénéfice de qui ?
Rapport complet
🚨https://t.me/dynamiquesdeconflit | 1 170 |
| 18 | L’Algérie a rompu ce jeudi 10 septembre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après plusieurs mois d’escalade.
Une rupture sans précédent avec une monarchie du Golfe depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.
L’ambassadeur émirati a 48h pour quitter le pays.
Alger et Abou Dhabi s’opposent sur l’essentiel des grands dossiers régionaux, de la normalisation avec Israël au Sahara occidental, en passant par le Sahel et plusieurs conflits africains.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a accusé les Émirats de multiplier les « comportements provocateurs ou hostiles » malgré plusieurs avertissements.
Alger affirme avoir « épuisé toutes les voies » pour préserver la relation, sans préciser les faits ayant directement motivé sa décision.
En février déjà, Alger avait engagé la dénonciation de l’accord aérien signé avec les Émirats en 2013, qui encadrait les liaisons entre les deux pays.
À la veille de l’annonce, l’agence officielle APS reprenait une analyse de Middle East Eye sous un titre sans détour : « Les Emirats, chef d’orchestre de tous les conflits ».
Abou Dhabi a normalisé ses relations avec Israël en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham. Alger s’y est opposée.
Sur le Sahara occidental, les Émirats soutiennent la souveraineté marocaine et ont ouvert un consulat à Laâyoune en 2020. L’Algérie soutient le Front Polisario et a rompu avec Rabat en 2021.
Au Sahel et en Afrique du Nord, Abdelmadjid Tebboune a aussi accusé les Émirats d’intervenir dans plusieurs crises, notamment au Mali, en Libye et au Soudan.
Abou Dhabi n’avait pas encore réagi publiquement dans les premières heures suivant la décision
Source 👉🏻 Lien , lien2 | 1 535 |
| 19 | Taxe foncière : halte à la tonte silencieuse des propriétaires
Chaque automne, plus de 30 millions de propriétaires découvrent leur avis de taxe foncière. Et chaque automne, ou presque, le montant grimpe. En 2025, la taxe foncière sur les propriétés bâties a rapporté 55,1 milliards d’euros, en hausse de 2,8 % sur un an.
Les particuliers en acquittent près des deux tiers, soit environ 34,7 milliards d’euros, pour un montant moyen de l’ordre de 1 100 euros par foyer, et bien davantage dans les grandes villes.
Sur dix ans, le constat dressé par l’observatoire de l’UNPI est accablant : entre 2014 et 2024, la taxe foncière a augmenté en moyenne de 37,3 %, quand l’inflation progressait de 19,9 % et les loyers de 8,7 %. L’impôt sur la pierre a donc crû deux fois plus vite que les prix et quatre fois plus vite que les loyers qu’il est censé refléter.
À Paris, la facture a bondi de 87,9 % sur la période ; à Grenoble, le taux communal atteint désormais le niveau vertigineux de 67,92 %.
Le contribuable croit souvent que sa taxe n’augmente que si son maire le décide. C’est faux. La base de calcul, la valeur locative cadastrale, est revalorisée automatiquement chaque année par la loi, en fonction de l’inflation constatée en novembre de l’année précédente.
Même à taux communaux constants, l’impôt monte tout seul.
Selon l’UNPI, cette revalorisation légale explique environ les deux tiers de la hausse décennale (+ 23,5 % à elle seule), le tiers restant provenant des taux votés par les collectivités.
S’y ajoutent des taxes annexes qui gonflent discrètement l’avis d’imposition : taxe d’enlèvement des ordures ménagères, taxe Gemapi, taxes spéciales d’équipement. Autant de lignes que le contribuable ne maîtrise pas et dont il ne perçoit pas toujours la contrepartie.
Le plus révélateur est ailleurs : ce mécanisme est un cliquet anti-retour. L’article 1518 bis du code général des impôts ne prévoit d’appliquer la variation de l’indice des prix que « lorsque celui-ci est positif ». Traduction : quand les prix montent, les bases montent ; si les prix baissaient, les bases, elles, ne baisseraient jamais. La revalorisation « automatique » ne connaît qu’un seul sens : celui qui arrange le percepteur. Un indice qui ne jouerait qu’à la baisse pour le contribuable serait dénoncé comme une spoliation ; à la hausse, on appelle cela une « actualisation technique ».
Source 👉🏻 Lien | 4 744 |
| 20 | Tout le monde s’indigne de la dernière carte de Trump où l’on voit les DOM-TOM en territoire américain… On s’en offusque et on s’élève vent debout contre les ingérences de l’Azerbaïdjan en demandant plus de sécurité dans les DOM-TOM… Le vent de la verve… du vide.
Ce n’est pas plus de sécurité qui fera changer les mentalités… C’est d’être considéré comme un citoyen français et non comme un laissé-pour-compte. Et sincèrement, il y a de quoi avoir honte quand on voit la réalité quotidienne dans certains territoires d’Outre-mer… Ne serait-ce que l’accès à l’eau ! Des coupures quotidiennes, sans prévenir, parfois pendant plusieurs jours consécutifs. Des tuyaux foutus, des fuites partout… et des habitants qui payent une fortune leur facture d’eau pour ne même pas en bénéficier. Dès que l’eau revient et qu’on entend les bulles remonter dans les tuyaux, on se précipite pour remplir une dizaine de bouteilles afin de faire face à la prochaine coupure…
L’hôpital… parlons-en ! Beaucoup redoutent tout simplement d’avoir à y être hospitalisés un jour. Sans compter la vie chère, sans compter le taux de chômage… Aucune installation pour occuper les jeunes et on s’étonne ensuite qu’ils sombrent dans la délinquance… Sans compter une économie qui reste, dans certains territoires, très concentrée entre les mains de quelques grands groupes et familles.
C’est ça, la réalité… Alors c’est sûr que si un autre pays vient faire les yeux doux, le terreau est de très bonne qualité !
Et il faudrait peut-être aussi rappeler ce que la France doit à ses territoires d’Outre-mer. Grâce à eux, elle dispose d’un immense espace maritime et d’une présence stratégique sur plusieurs océans. Ces territoires participent directement à la puissance maritime, économique et géopolitique française. Ils ne sont donc pas une périphérie dont on se souvient uniquement lorsqu’une puissance étrangère s’y intéresse ...ils constituent une part essentielle du territoire et de la souveraineté de la France.
Ce n’est pas plus de sécurité qu’il faut, mais des investissements massifs dans les Outre-mer ! Parce qu’avant de s’indigner des ingérences étrangères, il faudrait peut-être commencer par se demander pourquoi elles peuvent trouver un terrain favorable.
La honte ! | 1 393 |
