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Jonathan Sturel

Jonathan Sturel

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Il fallait y penser ! La question du voyage dans le temps est passionnante et je ne viens pas ici en parler comme d'une possibilité matérielle, ni pour aujourd'hui ni pour dans mille ans. J'en parle sous la forme d'un divertissement intellectuel et d'un sujet bien connu de la littérature et du cinéma de science-fiction. Imaginons qu'il soit possible pour chacun de voyager dans le temps, ou en tout cas pour certains de le faire, par exemple dans le cadre de voyages touristiques organisés par des compagnies habilitées à le faire. Généralement, pour se griser intellectuellement, on se met à penser aux fameux paradoxes temporels qui sont des situations absurdes, impossibles apparemment, auxquelles le voyage dans le temps devrait nous exposer pourtant bien que ce soit impossible. Le plus connu est celui-là : si je voyage dans le passé, puis-je assassiner mon propre grand-père jeune ? A priori non car si je fais cela, il n'aura pas d'enfants, pas de petits-enfants non plus par conséquent, donc je n'existe pas et si je n'existe pas je ne peux pas aller commettre ce crime rétrospectif. Or si j'ai pu voyager dans le passé à la rencontre de mon grand-père, c'est que j'ai forcément existé à un moment de la chronologie, ce qui implique que mon grand-père a vécu. En lisant Les Temps parallèles, roman de science-fiction de Robert Silverberg, j'ai fait la découverture d'un autre genre de situation qui n'est pas à proprement parler un paradoxe temporel mais qui impose tout de même une réflexion à laquelle je n'avais jamais pensé : s'il est possible de retourner dans le passé et que je décide, moi Sturel, d'aller voir, par exemple, le sacre de Napoléon à Notre-Dame, j'ajouterais par ma présence un élément supplémentaire à la scène (moi-même) ; si ensuite quelqu'un d'autre décide à son tour d'y aller, il verra le sacre et il me verra moi dans l'assistance ! Et si, ainsi de suite, dix autres personnes, ou cent, ou mille font le même voyage, chaque verra le sacre et tous ces autres voyageurs temporels, tous autour de la scène, puisque chacun, s'y étant rendu, s'est ajouté à la scène pour toujours. Les voyages temporels finiraient par créer de véritables "embouteillages" sur certaines dates, en l'occurrence celles dont les événements sont le plus susceptible d'attirer les touristes du temps. La situation devient finalement un paradoxe : si, dans mille ans, il est possible de voyager dans le temps, bien que la performance n'a pas encore eu lieu pour nous, hommes de 2026, et que nous ne sommes pas dotés de la capacité de lire l'avenir, en théorie nous devrions déjà savoir que ce type de voyage sera possible dans l'avenir car les voyageurs du futur, forcément, auront voyagé dans le passé, auront créé des embouteillages humains autour du Christ de son vivant, autour du sacre de Napoléon, autour de l'assassinat de Kennedy, et ainsi de suite. Et puisqu'apparaître à un certain moment du temps inscrit le voyageur dans le décor pour toujours, nous verrions, aujourd'hui même, sur des photos anciennes notamment, des foules humaines qui n'ont rien à faire là mais qui s'y trouvent tout de même ! Et les témoins de la crucifixion du Christ auraient vu un million, deux millions, possiblement dix millions de personnes dans la foule au moment des faits puisque l'on peut assez facilement imaginer que ce jour-ci deviendrait le plus visité par les touristes temporels. Encore plus drôle : si je retourne dans le passé pour assister au sacré de Napoléon, je devrais voir le sacre en effet et me voir moi-même dans l'assistance puisque m'y étant rendu à un moment quelconque, j'ai créé cette nouvelle réalité pour toujours et le moi de 2026, en y allant, verra forcément cette réalité-ci. Tout ceci bien sûr n'est que stimulation de l'imagination, expériences de pensée, défis intellectuels et logiques pour s'amuser.

« Pour le chrétien, il y a une règle qui lui permet de déterminer avec certitude la mesure des droits et des devoirs de la fa
« Pour le chrétien, il y a une règle qui lui permet de déterminer avec certitude la mesure des droits et des devoirs de la famille dans la communauté de l’Etat. Elle est ainsi conçue : la famille n’est pas pour la société ; c’est la société qui est pour la famille. La famille est la cellule fondamentale, l’élément constitutif de la communauté de l’Etat. L’Etat devrait donc, en vertu même de l’instinct de conservation, garantir absolument les valeurs qui assurent à la famille l’ordre, la dignité humaine, la santé, la félicité. » Vénérable Pie XII Illustration : Affiche française, 1942 @Sentinelle_Invisible

Hâte d'entendre la prochaine Foire aux questions d'Henry de Lesquen, particulièrement le moment où il parlera de Jean Messiha actuellement sous le feu d'une polémique concernant des flux financiers pas clairs du tout où l'on parle d'abus de confiance, d'enrichissement personnel et de tromperies grossières via des cagnottes en ligne plus ou moins foireuses. Il va s'en donner à cœur joie et il aura raison. D'une manière générale le camp national doit absolument arrêter de mettre en avant le premier exogène qui passe ; chaque fois, ça se termine mal.

Jonathan Sturel revient ce soir 18H sur la chaîne pour nous parler de son nouveau roman « Napoléon à Montmedy » ne manquez pa
Jonathan Sturel revient ce soir 18H sur la chaîne pour nous parler de son nouveau roman « Napoléon à Montmedy » ne manquez pas ce rendez-vous c’est du grand art logorrhéique !

« Quand nous ne pouvons nous-mêmes être heureux, le bonheur que nous procurons aux autres en devient un pour nous. » Le nain noir (1816) Walter Scott.

Je ne veux pas vous faire peur mais : Début 2020, je me suis replongé dans la lecture de la Trilogie divine de Philip K. Dick (qui se compose de 4 volumes contrairement à ce que son nom indique). Ces derniers jours, l'envie, le besoin de me replonger dans ces livres a fait que je m'y suis effectivement replongé. J'ai l'impression qu'une pandémie commence chaque fois que je recommence la lecture de ces livres. Si les premiers mouvements auxquels nous assistons en ce moment avec l'hantavirus devaient donner lieu à un nouvel épisode de folie sanitaire, sachez que je m'en excuse, que je ne voulais pas et que promis, c'est la dernière fois que j'ouvre ces fichus romans !

J'ai supprimé le canal de discussion qui était associé à ce canal-ci. Il n'avait pour ainsi dire aucune utilité. Très peu d'activité en dehors des messages publicitaires, des anarques et des bots.

Le retour récent de la chaîne Des paluches et des bouquins nous régale, en évoquant cette fois, avec son invité Francis Bergeron, la figure et œuvre de l'immense Henri Béraud.

Très joli propos trouvé non dans un épais livre de philosophie ou dans une œuvre classique de la littérature, mais dans un roman de science-fiction ! En l'occurrence, La foire des ténèbres, de Ray Bradbury. Comme quoi ! « Ainsi, minute après minute, heure après heure, pendant toute une vie, sans cesse, il te faudra faire le choix, aujourd'hui, demain, encore et toujours, d'être bon ou mauvais. »

Pour les amateurs de rareté patriotique. 1200 pages, 2,7 kg ! Par le Jules Verne militaire, Émile Driant, sous le pseudonyme
Pour les amateurs de rareté patriotique. 1200 pages, 2,7 kg ! Par le Jules Verne militaire, Émile Driant, sous le pseudonyme Capitaine Danrit. https://www.leboncoin.fr/ad/livres/3187849378

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Admirable petit roman de Pierre Gaxotte, plein d'esprit, d'intelligence, de drôlerie et de réflexions. Publié en 1972, on y trouve évoquées et même dénoncées les dérives déjà nombreuses de la nouvelle société post-soixante-huitarde, et la plupart de ce dont se moque Gaxotte continue d'exister de nos jours, amplifié d'ailleurs. La perte du sacré, l'irrespect envers la religion, l'horizontalisation de tout, l'humanitarisme grotesque qui pousse des étudiants ou des citoyens français à s'émouvoir pour n'importe quelle cause lointaine, l'indigence des responsables politiques effrayés par la rue, la glorification fétichiste de Sartre par les beaux esprits de Saint-Germain-des-près, le jargonnage des nouveaux sociologues qui emplissent les têtes étudiantes de thèses fumeuses, la presse capable de publier, à trois pages de distance, le récit effrayant d'une catastrophe meurtrière et la photo de la nouvelle écharpe féminine à la mode, bref, tout ce qui nous rend la société d'aujourd'hui irrespirable et malsaine, sale et médiocre, cupide et irrespectueuse se trouve montré du doigt dans ce petit livre. Et au-delà de tout cela, la lecture est en elle-même très plaisante et le français de Gaxotte est admirable par sa capacité à être sobre et sophistiqué en même temps, apparemment un tour de force que seuls les grands écrivains sont capables de réussir. « C'est une loi de notre État, répliqua le Philosophe, de ne jamais reconnaitre ses torts et de ne jamais réparer ses erreurs. Présidents, ministres, législateurs se transmettent ainsi un héritage de sottises et d'imprudences, auxquelles personne n'essaie de remédier, pour ne pas diminuer la croyance des citoyens dans l'infaillibilité des pouvoirs publics. »

Heureux les enfants qui ont grandi avec Tintin, car ils ont rêvé.
Heureux les enfants qui ont grandi avec Tintin, car ils ont rêvé.

Emporté par ma lecture de La Tempête de René Barjavel, j'ai continué avec cet auteur en lisant cette fois Ravage, sans doute son roman le plus connu. Tout est bien dans ce roman de science-fiction catastrophiste, sauf la dernière partie qui s'appelle : Le patriarche. Heureusement, elle ne s'étend que sur quelques pages, les dernières, mais honnêtement je ne sais pas ce qui a passé par la tête de Barjavel lorsqu'il a décidé de faire se terminer ainsi son aventure. Je ne suis pas loin de penser que cette ultime partie vient abimer le reste du livre en l'affligeant d'une conclusion pour le moins étonnante, en réalité complètement perchée si vous voulez mon avis. Le héros du livre, attachant tout du long, devient une sorte de gourou qui prend la contrôle de la vallée et des survivants de la catastrophe, et instaure des lois invraisemblables notamment sur la polygamie obligatoire (pour repeupler) ou sur la protection des futures générations en faisant réquisitionner tous les livres (sauf la poésie) pour les faire brûler ! De héros attachant, il devient un illuminé désagréable, polygame, autoritaire, quasi-divin, qui occupe des fonctions à la fois politiques et presque religieuses. Bon, c'est un roman, c'est de la science-fiction, c'est entendu, mais tout de même ! Ravage ne méritait pas cette conclusion. Que les choses s'améliorent à la fin après la terrible catastrophe est une fin acceptable et souhaitable mais il n'était vraiment pas nécessaire d'ajouter à ce tableau les quelques éléments évoqués plus haut. Il semble qu'un certain nombre de commentateurs gauchistes a estimé que le livre était crypto-pétainiste sous prétexte qu'on y trouve vantées, surtout à la fin, les valeurs de la famille et du travail. Je me demande comment on peut être aussi stupide qu'un gauchiste. Le monde vient de s'écrouler, évidemment qu'il faut se mettre au travail pour le rebâtir ! Quant à la prétendue apologie de la famille, ce n'est pas exact : Barjavel dans ce roman met en avant la nécessité de repeupler après un désastre, ce qui est très différent de la "valeur famille" pour laquelle au contraire il ne manifeste pas un très grand respect puisque le héros est montré en train d'encourager les hommes à prendre plusieurs femmes pour accélérer ce repeuplement, tandis que les femmes, elles, sont invitées à accepter de n'être qu'un élément de production de cette grande récréation démographique. En tout cas, roman franchement palpitant où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Il est toujours amusant de lire la science-fiction telle qu'elle était écrite il y a des décennies, telle qu'elle se promettait d'imaginer le futur qui entre temps est devenu notre présent. Barjavel avait quelques bonnes intuitions notamment sur la trop grande dépendance des hommes à la Machine, au progrès technique et à l'électricité, et il avait entrevu que cette abondance ferait perdre aux hommes une partie de ce qui les constitue en tant que tel. Dans Ravage, il montre ce que deviendrait une telle société si demain, d'un instant à l'autre, l'électricité était coupée sans espoir d'être rétablie. Nous plongerions dans les ténèbres non seulement en raison de l'absence d'éclairage mais aussi parce que les hommes, privés de ce bien auquel tous les éléments de sa vie et de son confort sont soumis, deviendraient en quelques jours seulement des brutes, des barbares, des pillards et finalement des bêtes. De ce point de vue, il est indiscutable que Barjavel n'avait pas tort !

François-Xavier Consoli, mon collègue auteur au Verbe Haut, mène des entretiens avec des personnalités utiles au développement de l'armature intellectuelle dont notre pays a besoin. Ici, c'est Jean-Frédéric Poisson qui passe à la question : https://youtu.be/IGV0ky6CRVU?si=eba26YMc8lig6iEN

J'espère avoir bientôt un prochain roman à vous présenter. Il est en cours d'écriture mais c'est un travail long et minutieux qui me réclame une énergie et une concentration que je ne parviens pas toujours à réunir en ce moment, à cause de difficultés qui se sont invitées dans la vie d'une personne très proche et qui m'affectent autant que si elles me frappaient personnellement. Il y a quelques saints parmi les gens qui me lisent sur ce canal. Ils se reconnaitront. Les autres, vous êtes sympas quand même va ! C'est tout pour ce soir. Je retourne à mon Barjavel maintenant !

Depuis quelque temps, je me suis mis un peu en retrait des réseaux sociaux. Il m'arrive de passer une tête pour voir ce qui s'y passe tout de même, notamment sur X, et très honnêtement ce qu'on y trouve n'est pas de nature à rendre optimiste pour la suite. Je ne parle même pas de l'invasion de vidéos générées par l'IA, grotesques et inutiles dans au moins 95% des cas, ni de la multiplication des comptes bidons, et pourtant énormes, qui utilisent un sujet d'actualité pour faire venir les commentateurs afin de les diriger ensuite vers des contenus payants, généralement des formations à la noix. Je parle surtout du contenu politique, à plus forte raison celui qui concerne, au sens large, "nos milieux". Je ne me reconnais nulle part. Entre les "clasheurs" qui ne vivent que des conflits avec les autres, les "newzeurs" qui se comportent comme des ados attardés, les zinzins qui voient des pro-russes partout, les excités qui se prennent pour des soldats de l'armée numérique soit de l'Iran soit d'Israël soit des États-Unis, la fraction d'extrême-extrême-droite qui continue de tourner en boucle sur les chambres à gaz, la «droite de fun» qui veut ringardiser tout ce qui justement constitue la structure réelle de la droite, à commencer par la religion et les verticalités, la droite ultra-méga-libérale qui veut rouler sur les petites gens qu'elle prend pour des beaufs, les néo-païens qui continuent d'aider méta-politiquement la modernité à abattre le catholicisme, et tellement d'autres profils tout aussi loufoques ou rédhibitoires, j'avoue que je ne vois aucun espace susceptible de m'accueillir. Même le prétendu clivage entre souverainisme et identitarisme m'est étranger puisque je me considère à la fois souverainiste et identitaire. Or ce clivage est en train de devenir une énième ligne de démarcation à l'intérieur de nos rangs, en grande partie parce que quelques influenceurs en jouent pour galvaniser des troupes numériques autour d'eux et se faire mousser auprès de leurs otages mentaux respectifs. Ces dernières semaines, retiré de toute cette agitation, je me suis surtout concentré sur la littérature et la prière. Je lis énormément, je veux écrire aussi, d'ailleurs je le fais, mais l'insuccès de mon roman m'indique que ce n'est pas auprès de cet éco-système que je vais réussir à constituer un lectorat intéressé par la littérature. Si je devais publier un autre roman, il me faudrait trouver d'autres canaux de promotion et de diffusion que mes réseaux sociaux où malgré la présence de milliers et de milliers d'abonnés, très peu se sont montrés curieux et intéressés. Je ne vous en veux pas, personne n'est obligé d'acheter les livres écrits par les gens que l'on suit sur les réseaux. Il me faudrait même peut-être m'en aller de cet éco-système composé de gens très intéressants mais qui ne lisent pas. Or, je souhaite me concentrer sur l'activité littéraire. J'ai passé des années à commenter la politique sur les réseaux et qu'en reste-t-il ? Sur Internet, les choses ont une durée de vie de deux jours ; vous pouvez écrire le tweet parfait, faire des centaines ou des milliers d'interactions, deux jours plus tard ce même tweet est tombé dans les oubliettes, symboliquement effacé par le flot massif, constant et envahissant des millions d'autres tweets qui se déversent chaque jour. Une œuvre littéraire publiée sur du papier peut survivre à ce flot. Un livre dans une bibliothèque, même au milieu de centaines d'autres, continue d'être sous les yeux de son propriétaire et est susceptible d'être relu, prêté, légué, offert, etc. Si demain X ferme mon compte, tout disparaît. J'en profite, puisque c'est le sujet, pour redire merci à ceux qui ont commandé et lu L'arrière-petit-fils et Napoléon à Montmédy. Et un merci plus général à ceux qui lisent des livres, les miens ou ceux des autres, mais qui lisent et soutiennent les auteurs. Vous êtes une espèce en voie de disparation, au même titre que les auteurs en question, et vous êtes des êtres précieux pour la suite.