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Ibrahima Maiga

Ibrahima Maiga

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📈 Analytical overview of Telegram channel Ibrahima Maiga

Channel Ibrahima Maiga (@ibrahimamaigabf) in the French language segment is an active participant. Currently, the community unites 163 890 subscribers, ranking 299 in the Politics category and 39 in the France region.

📊 Audience metrics and dynamics

Since its creation on ĐœĐ”ĐČŃ–ĐŽĐŸĐŒĐŸ, the project has demonstrated rapid growth, gathering an audience of 163 890 subscribers.

According to the latest data from 22 October, 2026, the channel demonstrates stable activity. Although there has been a change in the number of participants by -3 131 over the last 30 days and by -147 over the last 24 hours, overall reach remains high.

  • Verification status: Verified (Officially confirmed by Telegram)
  • Engagement rate (ER): The average audience engagement rate is 10.01%. Within the first 24 hours after publication, content typically collects 4.18% reactions from the total number of subscribers.
  • Post reach: On average, each post receives 16 409 views. Within the first day, a publication typically gains 6 849 views.
  • Reactions and interaction: The audience actively supports content: the average number of reactions per post is 119.
  • Thematic interests: Content is focused on key topics such as peuple, burkina, siĂšcle, dĂ©mocratie, afrique.

📝 Description and content policy

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Thanks to the high frequency of updates (latest data received on 23 October, 2026), the channel maintains relevance and a high level of publication reach. Analytics show that the audience actively interacts with content, making it an important point of influence in the Politics category.

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Posts Archive
Camarades, Le premier Lions Club d’Iran ouvre Ă  TĂ©hĂ©ran en 1956, avec l’appui de la famille royale. Manouchehr Eghbal, ancien Premier ministre, en est l’un des dirigeants. Dans les annĂ©es 1960 et 1970, les clubs recrutent surtout dans la haute bourgeoisie, chez des diplomates et des hommes d’affaires, et les rĂ©unions se tiennent souvent en anglais. En 1979, la rĂ©volution renverse le Chah. Les nouvelles autoritĂ©s dĂ©crivent l’association comme une organisation maçonnique liĂ©e aux États-Unis. Les avoirs sont gelĂ©s, les locaux saisis, les archives confisquĂ©es. L’interdiction devient lĂ©gale en 1980. Les anciens dirigeants restĂ©s en Iran sont arrĂȘtĂ©s ou Ă©cartĂ©s de la fonction publique, au motif de liens avec des puissances Ă©trangĂšres. À Cuba, le club de La Havane naĂźt en 1927. Dans les annĂ©es 1950, il figure parmi les plus grands du mouvement dans le monde, et ses membres financent des hĂŽpitaux, des Ă©coles et des cliniques ophtalmologiques. Fidel Castro prend le pouvoir en janvier 1959 et laisse d’abord les clubs fonctionner, Ă  condition qu’ils suivent les prioritĂ©s du gouvernement. L’économie est nationalisĂ©e, Cuba se rapproche de l’URSS, et une grande partie de la bourgeoisie, d’oĂč venaient la plupart des membres, part pour Miami. La baie des Cochons a lieu en avril 1961. Humberto SorĂ­ MarĂ­n, ancien commandant rebelle passĂ© Ă  l’opposition et membre du Lions Club, est arrĂȘtĂ©, jugĂ© par un tribunal militaire pour conspiration avec la CIA, puis fusillĂ©. Les locaux sont confisquĂ©s, Lions Clubs International rompt ses liens avec l’üle, et l’activitĂ© cesse. Dans les deux cas, l’interdiction suit un changement de rĂ©gime. Dans les deux cas aussi, l’accusation porte sur les liens avec l’étranger, alors que les clubs affichaient un but caritatif. On peut lire ces histoires de plusieurs façons : mĂ©fiance fondĂ©e ou procĂšs d’intention, organisation apolitique rattrapĂ©e par la politique, ou les deux Ă  la fois. Pour qui vit au Sahel, la question reste ouverte. Qu’est-ce qui distingue une association de service d’un rĂ©seau d’influence, et qui en dĂ©cide ? Que devient une association internationale quand les rapports entre un État et ses partenaires Ă©trangers changent ?

Il s’agit d’une influence susceptible de reprendre le vocabulaire du nouveau rĂ©gime tout en cherchant Ă  en affaiblir insidieusement les fondements et les choix. Le dĂ©fi, pour les États de l’AES, consiste Ă  comprendre les rĂ©seaux qui traversent leurs institutions.

Camarades, En novembre 2023, Emmanuel Macron s’est rendu au Grand Orient de France. Devant les francs-maçons, il a dĂ©clarĂ© : « La franc-maçonnerie fut l’atelier de la RĂ©publique », avant d’appeler Ă  « reprendre la bataille des idĂ©es ». Ainsi, Macron insiste sur la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server le lien entre la RĂ©publique française et la franc-maçonnerie. En mai 2025, il a franchi une nouvelle Ă©tape en se rendant Ă  la Grande Loge de France. Il y est revenu sur le rĂŽle historique des loges dans la transmission et la dĂ©fense de l’idĂ©al rĂ©publicain français. Ces deux visites, dans un contexte oĂč la France a vu son influence contestĂ©e sur le continent africain, rappellent une rĂ©alitĂ© fondamentale : l’influence d’un État ne repose pas uniquement sur ses soldats, ses bases militaires ou ses accords diplomatiques. Elle repose aussi sur les idĂ©es qu’il diffuse, les Ă©lites qu’il cĂŽtoie et les rĂ©seaux qu’il entretient. La crĂ©ation de l’Alliance des États du Sahel, devenue la ConfĂ©dĂ©ration de l’AES, traduit une volontĂ© de redĂ©finir les rapports avec les partenaires Ă©trangers. Mais lorsqu’une puissance perd du terrain sur les plans militaire et Ă©conomique, elle cherche Ă  rĂ©adapter ses mĂ©thodes, Ă  dĂ©placer ses points d’appui et Ă  rĂ©investir davantage les espaces oĂč son influence demeure possible. La franc-maçonnerie constitue une piste sĂ©rieuse Ă  examiner. Emmanuel Macron l’a bien compris. Lors de la RĂ©volution française de 1789, les francs-maçons ont participĂ© aux dĂ©bats intellectuels et politiques. Sous la IIIe RĂ©publique française, des rĂ©seaux maçonniques ont Ă©galement Ă©tĂ© impliquĂ©s dans une opĂ©ration de renseignement concernant des membres de l’armĂ©e, Ă  l’origine du scandale de l’affaire des fiches. Les rĂ©seaux maçonniques entretiennent des relations avec des obĂ©diences africaines, dans un univers oĂč se cĂŽtoient parfois des personnalitĂ©s issues de la politique, de l’administration, de la diplomatie, de l’armĂ©e, de la justice, des affaires et du monde intellectuel. Cette prĂ©sence dans les milieux dirigeants confĂšre Ă  ces organisations une capacitĂ© relationnelle importante, susceptible de faciliter certaines activitĂ©s opĂ©rationnelles et la collecte de renseignements stratĂ©giques. En effet, ces rĂ©seaux peuvent rapprocher des personnes disposant d’un pouvoir de dĂ©cision, faciliter la circulation des idĂ©es et entretenir des relations au-delĂ  des changements de rĂ©gime. Il faut Ă©galement s’intĂ©resser Ă  l’histoire de la coopĂ©ration militaire française avec l’Afrique. Les formations, les Ă©changes entre officiers, les partenariats techniques et les liens avec les milieux politiques et les cercles du pouvoir ont créé des relations susceptibles de perdurer bien aprĂšs le dĂ©part des soldats. Il est d’ailleurs documentĂ© que la franc-maçonnerie a longtemps exercĂ© une influence dans les hautes sphĂšres de l’armĂ©e française. Dans ces conditions, les visites de Macron dans les loges, alors que la politique française en Afrique est de plus en plus contestĂ©e, prennent une dimension politique importante. Les discours du prĂ©sident français sur la « bataille des idĂ©es » ou sur le fait que « la franc-maçonnerie fut l’atelier de la RĂ©publique » donnent une rĂ©sonance particuliĂšre Ă  l’hypothĂšse d’une opĂ©ration d’influence coordonnĂ©e en Afrique. En effet, la franc-maçonnerie française a historiquement dĂ©fendu l’assimilation coloniale, c’est-Ă -dire le rapprochement des populations colonisĂ©es avec la culture, la langue, les institutions et les valeurs françaises, en considĂ©rant ce modĂšle comme celui auquel elles devaient se conformer. C’est bien lĂ  l’un des fondements de la politique française en Afrique : l’assimilation coloniale. Pour les pays de l’AES, le risque rĂ©side dans une influence extĂ©rieure qui ne se manifeste plus nĂ©cessairement par la pression diplomatique ou militaire, mais par des relations durables et des relais d’opinion au sein des hautes sphĂšres administratives, politiques, Ă©conomiques et intellectuelles.

Les fonds, les formations au leadership, les rencontres internationales passent par des structures dont le centre de gravitĂ© francophone reste en France, mĂȘme si le siĂšge mondial est amĂ©ricain. Le problĂšme n’est pas le don de riz ou la paire de lunettes. Le problĂšme est la structure qui se maintient. Un rĂ©seau international dont le siĂšge est aux États-Unis, dont les fondateurs Ă©taient liĂ©s Ă  la franc-maçonnerie amĂ©ricaine, qui recrute durablement dans la classe politique et Ă©conomique formĂ©e sous CompaorĂ© et KaborĂ©, et qui entretient des partenariats financiers et culturels avec des clubs français, conserve des canaux. Ces canaux ne disparaissent pas avec un changement de rĂ©gime. Ils permettent Ă  des gens qui ont des habitudes, des contacts et des intĂ©rĂȘts formĂ©s sous l’ordre prĂ©cĂ©dent de rester organisĂ©s, de se reconnaĂźtre et d’agir ensemble, mĂȘme quand le discours officiel a changĂ©. Dans un pays qui a chassĂ© les forces françaises, rompu des accords et rĂ©orientĂ© ses alliances, ce type de structure pose une question concrĂšte : qui dĂ©cide de ce qui est « service » et selon quels modĂšles ? Les fonds arrivent souvent via des clubs et des fondations extĂ©rieures. Les formations au leadership se font dans un cadre dĂ©fini Ă  Oak Brook. Les rencontres internationales crĂ©ent des loyautĂ©s qui ne passent pas par les institutions burkinabĂš. Quand des ministres d’hier et des opĂ©rateurs Ă©conomiques d’hier siĂšgent dans les mĂȘmes clubs que ceux qui financent des projets depuis la France, le rĂ©seau devient un lieu oĂč se perpĂ©tuent des relations qui n’ont pas Ă©tĂ© rompues. Nous n’avons pas le droit Ă  l’erreur. Chaque organisation importĂ©e qui rassemble l’ancienne classe dirigeante, qui maintient des liens financiers et culturels avec des pays dont les intĂ©rĂȘts ont longtemps pesĂ© sur le nĂŽtre, et qui se prĂ©sente comme apolitique doit ĂȘtre regardĂ©e pour ce qu’elle est : un instrument possible de continuitĂ©. La charitĂ© est rĂ©elle. Les rĂ©seaux aussi. Les deux ne s’annulent pas. Quand il s’agit de la souverainetĂ©, le sentiment n’a pas de place. On mesure les faits, on regarde qui se rassemble, d’oĂč viennent les ressources, et on agit en consĂ©quence. Le chef de l’État tient la ligne. Ceux qui ont dĂ©jĂ  traversĂ© ces rĂ©seaux savent qu’ils ne s’arrĂȘtent pas d’eux-mĂȘmes.

Camarades, Quand certains transforment toute phrase en attaque contre le chef de l’État, ils le font exprĂšs. Le but est simple : empĂȘcher que la rĂ©flexion aille plus loin. Une fois le dĂ©bat rĂ©duit Ă  « pour ou contre TraorĂ© », plus personne ne pose les questions qui comptent vraiment. La dĂ©termination du chef de l’État n’est pas en cause. Elle est claire, constante, et elle ne se discute pas. Ce qui se discute, c’est ce qui se glisse Ă  cĂŽtĂ©, sous couvert de service, d’amitiĂ© et de rĂ©seau. Je n’ai pas commencĂ© cette lutte hier. Ces rĂ©seaux, je les ai vus opĂ©rer sous d’autres rĂ©gimes. J’ai tenu. J’ai survĂ©cu. Ce n’est pas une dĂ©claration. C’est un fait. Le Lions Clubs International n’est pas une invention française. Il est nĂ© le 7 juin 1917 Ă  Chicago, fondĂ© par Melvin Jones, homme d’affaires amĂ©ricain initiĂ© franc-maçon en 1906 Ă  la loge Garden City n° 141. Le siĂšge est restĂ© aux États-Unis, aujourd’hui Ă  Oak Brook dans l’Illinois. La devise est « We Serve ». Les statuts interdisent la politique partisane et la religion sectaire. Le premier club burkinabĂš est apparu en 1958 Ă  Bobo-Dioulasso, sous la Haute-Volta coloniale. Depuis, le District 403 A3 compte environ 70 Ă  80 clubs et prĂšs de 2 000 membres. En octobre 2008, le prĂ©sident international Albert F. Brandel, AmĂ©ricain Ă©lu cette annĂ©e-lĂ , est passĂ© Ă  Ouagadougou du 9 au 11. Il arrivait aprĂšs le forum europĂ©en de Cannes. Les Lions locaux ont organisĂ© une soirĂ©e-gala. À l’époque, Blaise CompaorĂ© tenait encore le pays. Brandel a visitĂ© des structures soutenues par les clubs et prononcĂ© des discours sur le service. Cette visite s’inscrit dans une sĂ©quence plus longue : les clubs ont toujours recrutĂ© dans les milieux qui dĂ©tenaient les leviers Ă©conomiques et administratifs. Filippe Savadogo, ambassadeur Ă  Paris de 1996 Ă  2007, puis ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication sous CompaorĂ© jusqu’en 2011, Ă©tait prĂ©sident-fondateur du club Ouagadougou LumiĂšre. Yacouba Barry, ancien ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, a participĂ© Ă  la crĂ©ation du club Ouagadougou Étoile en 1991 et a occupĂ© plusieurs fonctions avant de devenir gouverneur du District. Les effectifs comptaient rĂ©guliĂšrement des ministres, des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprise formĂ©s sous les rĂ©gimes prĂ©cĂ©dents. AprĂšs la chute de CompaorĂ© en 2014 et sous Roch KaborĂ©, les clubs ont continuĂ©. Ils ont créé de nouvelles structures, maintenu leurs projets et conservĂ© leurs liens avec les mĂȘmes cercles. Les liens avec la France ne datent pas des jumelages rĂ©cents. Le premier club s’installe en 1958 Ă  Bobo-Dioulasso, alors que la Haute-Volta reste sous administration française. Les Ă©lites locales qui rejoignent le lionisme Ă  partir de cette date sont celles qui ont Ă©tĂ© formĂ©es dans le systĂšme colonial et qui conservent des attaches avec Paris. En 1962, les Lions de France crĂ©ent les Centres internationaux francophones. Leur objet dĂ©clarĂ© est d’organiser des rassemblements de jeunes francophones des cinq continents pour dĂ©velopper la connaissance de la culture française. Ces centres existent toujours. Ils fonctionnent comme un relais linguistique et culturel. Dans les annĂ©es 1990 et 2000, sous CompaorĂ©, le poids de ces rĂ©seaux se mesure au nombre de ministres et d’ambassadeurs qui y siĂšgent. Filippe Savadogo, en poste Ă  Paris pendant onze ans, n’est pas un cas isolĂ©. Les clubs français financent directement des projets au Burkina : Montceau-les-Mines et plusieurs clubs de la zone 103 Centre-Est, avec l’appui de la LCIF, portent le centre de formation pour 250 filles Ă  Dourou entre 2008 et 2012. Des chartes de jumelage sont signĂ©es, comme celle entre le club de Dax et celui de Koudougou en 2011. L’allĂ©geance n’est pas Ă©crite dans un texte. Elle se lit dans la continuitĂ© des personnes : les mĂȘmes milieux qui gĂ©raient les relations avec la France sous CompaorĂ© restent organisĂ©s dans les mĂȘmes clubs aprĂšs 2014 et sous KaborĂ©. Le poids se mesure aussi aux flux.

Face Ă  la situation pour le moins prĂ©occupante Ă  Paris, nous appelons les manifestants au calme et les forces de l’ordre Ă  la retenue. La France, qui a longtemps donnĂ© des leçons de maintien de l’ordre et de dĂ©mocratie au reste du monde, a dĂ©sormais l’occasion de nous montrer comment elle applique ses propres conseils. Nous suivons la dĂ©monstration avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt.

Camarades, L’adversitĂ© ne doit pas nous rendre imprudents. La colĂšre ne doit pas remplacer notre jugement. L’enthousiasme ne doit pas nous dispenser de rĂ©flĂ©chir. Et la fidĂ©litĂ© Ă  une cause ne doit jamais nous faire oublier que la meilleure maniĂšre de la servir consiste Ă  contribuer Ă  sa rĂ©ussite concrĂšte. L’histoire n’accorde pas toujours la victoire Ă  ceux qui crient le plus fort. Elle retient souvent ceux qui ont su garder leur sang-froid lorsque tout les invitait Ă  perdre la raison, ceux qui ont compris qu’une Ɠuvre historique exige davantage que des Ă©motions : elle exige de la mĂ©thode, de la patience, de la cohĂ©rence et une volontĂ© capable de rĂ©sister Ă  l’usure du temps. Camarades, nous devons ĂȘtre plus difficiles Ă  distraire, plus difficiles Ă  diviser et surtout plus exigeants envers nous-mĂȘmes. Que chaque provocation rencontre notre discernement. Que chaque difficultĂ© renforce notre capacitĂ© d’analyse. Que chaque dĂ©saccord nous rappelle la nĂ©cessitĂ© de revenir aux principes, aux faits et aux objectifs. Restons concentrĂ©s. L’histoire avance, le temps juge et les actes finissent toujours par rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritable valeur des engagements.

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En CĂŽte d'Ivoire, sur les rĂ©seaux sociaux comme sur certains plateaux de tĂ©lĂ©vision, les commentaires hostiles aux pays de l'AES reviennent sans cesse. Abidjan semble ĂȘtre devenu un centre de fabrication et de relais de la dĂ©sinformation contre la ConfĂ©dĂ©ration. Le Mali appartient Ă  la ConfĂ©dĂ©ration des États du Sahel avec le Burkina Faso et le Niger. Elle est nĂ©e d'une volontĂ© de souverainetĂ© commune et d'un projet de dĂ©fense collective : Alliance des États du Sahel en septembre 2023, traitĂ© confĂ©dĂ©ral en juillet 2024. La sĂ©curitĂ© du Mali se pense donc avec ses engagements dans l'AES. Bamako n'a pas Ă  renoncer Ă  toute initiative bilatĂ©rale. Mais une dĂ©marche qui touche Ă  la sĂ©curitĂ© collective doit ĂȘtre pesĂ©e au regard des intĂ©rĂȘts des trois États. PrĂ©sident en exercice de la ConfĂ©dĂ©ration, le camarade PrĂ©sident Ibrahim TraorĂ© doit veiller au grain. La cohĂ©sion de l'AES, proclamĂ©e Ă  chaque sommet, doit aussi se vĂ©rifier dans la conduite des affaires stratĂ©giques. Quand elle s'impose, une concertation entre États membres Ă©vite qu'une initiative bilatĂ©rale crĂ©e des malentendus ou entame la confiance mutuelle. Vu le passif, les tensions qui durent et l'Ă©chec des rapprochements prĂ©cĂ©dents, le scepticisme se comprend. Une visite de haut niveau peut ouvrir une porte. Elle ne garantit ni la sincĂ©ritĂ© des intentions ni la tenue des engagements. Pour l'AES, un partenariat sĂ©curitaire se construit sur la confiance, la rĂ©ciprocitĂ© et le respect des intĂ©rĂȘts de chacun. Les sourires officiels et les communiquĂ©s n'y suffisent pas.

Le 15 octobre 2026, Vassiriki TraorĂ©, patron du renseignement ivoirien, est attendu au Mali. La visite pose question. Entre Bamako et Abidjan, la mĂ©fiance n'est jamais retombĂ©e, et un chef du renseignement ne se dĂ©place pas pour une simple rĂ©union technique. Il vient parler de sĂ©curitĂ©, d'Ă©change d'informations, de confiance, et des intĂ©rĂȘts de son pays. Le contexte a changĂ©. Les FAMa ont montĂ© en puissance, Kidal a Ă©tĂ© reprise, et Bamako s'est rapprochĂ© d'Alger sur le plan sĂ©curitaire, dans l'intĂ©rĂȘt du Mali et de l'AES. Abidjan chercherait-il Ă  s'ajuster Ă  ce nouveau rapport de force ? Ce rapprochement a tout d'une stratĂ©gie de circonstance, voire d'une perfidie dĂ©jĂ  vue dans les Ă©pisodes diplomatiques prĂ©cĂ©dents. Le camarade PrĂ©sident Ibrahim TraorĂ©, prĂ©sident en exercice de l'AES, et ses homologues le savent : la confiance se prouve. Avant d'ouvrir de nouveaux canaux avec Abidjan, Bamako ferait bien de regarder ce qu'ont donnĂ© les tentatives prĂ©cĂ©dentes dans l'espace AES. Le 19 avril 2024, Ă  Niangoloko, les ministres de la DĂ©fense du Burkina Faso et de la CĂŽte d'Ivoire se sont rencontrĂ©s pour relancer la coopĂ©ration militaire, mieux gĂ©rer la frontiĂšre et coordonner la lutte contre le terrorisme. Il est pourtant prouvĂ© et documentĂ© que les terroristes trouvent le gĂźte et le couvert en territoire ivoirien. Entre le Niger et le BĂ©nin, mĂȘme blocage. Il a fallu des rencontres politiques de haut niveau, des discussions techniques, puis de nouvelles tentatives de dialogue en 2026. RĂ©sultat : zĂ©ro pointĂ©. La rencontre de Bamako viendra clore ce cycle de rencontres-prĂ©textes. L'AES sait que multiplier les contacts ne rĂ©tablit pas la confiance. La bonne volontĂ© ne se dĂ©crĂšte pas, elle se dĂ©montre par des actes. Les griefs des autoritĂ©s de l'AES contre Abidjan, tels qu'ils ressortent de leurs accusations et de leurs discours, vont bien au-delĂ  d'un dĂ©saccord diplomatique. Abidjan reste un partenaire privilĂ©giĂ© de Paris et l'un des points d'appui de la prĂ©sence militaire française en Afrique de l'Ouest. C'est Ă  cette lumiĂšre qu'il faut relire l'audition du gĂ©nĂ©ral Didier Castres, alors prĂ©sident du groupe GEOS, devant la commission de la DĂ©fense de l'AssemblĂ©e nationale française, le 7 fĂ©vrier 2024. Il y plaidait pour une stratĂ©gie d'influence française plus discrĂšte et proposait un camp multinational de prĂ©paration opĂ©rationnelle autour de Port-BouĂ«t, de l'aĂ©roport d'Abidjan et de Lomo Nord, prĂ©sentĂ© comme un moyen de prĂ©server l'influence française en Afrique. D'oĂč une question politique : jusqu'oĂč peut aller une stratĂ©gie d'influence Ă©trangĂšre conduite depuis un pays voisin du Sahel, quand les relations entre les États concernĂ©s sont Ă  ce point dĂ©gradĂ©es ? Pour les dirigeants de l'AES, des poignĂ©es de main ne suffiront pas Ă  y rĂ©pondre. Il faut des clarifications, des garanties, des actes vĂ©rifiables. Or il est documentĂ© que la CĂŽte d'Ivoire a fait sienne la stratĂ©gie française et revendique un leadership africain dans des projets de dĂ©stabilisation de l'AES qu'elle poursuit avec obstination. Le voisin ivoirien devrait commencer par lever ses propres ambiguĂŻtĂ©s avant de vouloir ouvrir de nouveaux canaux politiques ou militaires. Comment oublier les 49 militaires ivoiriens arrĂȘtĂ©s Ă  Bamako en juillet 2022, condamnĂ©s par la justice malienne, puis graciĂ©s en janvier 2023 par le prĂ©sident de la Transition, le colonel Assimi GoĂŻta ? Abidjan parlait de soldats venus assurer un soutien logistique Ă  la mission des Nations unies. C'Ă©taient des mercenaires engagĂ©s dans un projet de dĂ©stabilisation du Mali. En fĂ©vrier 2022, un enregistrement audio prĂ©sentĂ© comme une conversation tĂ©lĂ©phonique entre Alassane Ouattara et Boubou CissĂ©, ancien Premier ministre malien, a fait scandale. On y entendait des propos critiques envers les autoritĂ©s maliennes. Comment bĂątir une confiance durable quand des soupçons de cette gravitĂ© continuent de peser entre deux États ? Reste la guerre de communication.

Avec Faso MĂȘbo, des citoyens se mobilisent aussi pour des travaux collectifs, l'amĂ©nagement des villes, la construction de routes. Pour ceux qui soutiennent cette orientation, c'est la volontĂ© de ne plus attendre que d'autres construisent le pays Ă  notre place. Un peuple qui participe, qui travaille et qui reprend son destin en main. La souverainetĂ©, ce n'est pas une dĂ©claration. C'est une charge. Et c'est justement parce que ce pays a tant sacrifiĂ© que les attentes sont si grandes. En avril 2022, le tribunal militaire de Ouagadougou condamne Blaise CompaorĂ© et Gilbert DiendĂ©rĂ© Ă  la perpĂ©tuitĂ© pour l'assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Hyacinthe Kafando prend aussi la perpĂ©tuitĂ©. Trente-quatre ans aprĂšs. Trente-quatre ans pendant lesquels une partie du pays a gardĂ© ses questions, sa colĂšre et sa soif de justice. Il a fallu des dĂ©cennies pour qu'un tribunal dise enfin qui Ă©tait responsable. C'est pour ça qu'il ne faut jamais prendre le silence d'un peuple pour de l'oubli. Ce peuple ne crie pas tous les jours. Il ne manifeste pas pour un rien. Il ne rĂ©pond pas Ă  chaque provocation. Mais il n'a jamais signĂ© de reçu pour effacer sa mĂ©moire. À Boni, chez les Bwa, on sort encore les masques de feuilles. On les tresse avec la brousse, ils dansent, et aprĂšs la fĂȘte on ne les range pas dans une vitrine. La matiĂšre retourne Ă  la terre. Ce qui reste, c'est le savoir de les refaire et le sens de la danse. J'aime cette image. Parce que ce pays est comme ça. Une conviction bien enracinĂ©e ne meurt pas forcĂ©ment avec ceux qui la portent. Ce qu'on dĂ©truit se reconstruit. Ce qu'on interdit continue de vivre dans les tĂȘtes. Ce qu'on croit enterrĂ© ressort ailleurs, autrement. Le Burkina Faso a connu des dĂ©faites, des trahisons, des deuils et des dĂ©sillusions. Et il s'est toujours relevĂ©. Ce pays sait reconnaĂźtre la valeur d'un homme. Il a honorĂ© Joseph Ki-Zerbo pour son Ɠuvre. Il a portĂ© Thomas Sankara dans sa mĂ©moire pendant des dĂ©cennies. Il se souvient des journalistes, des Ă©tudiants, des soldats, des travailleurs, des femmes et des anonymes qui ont payĂ© pour leurs convictions. Il sait aussi reconnaĂźtre les renoncements, les ambitions personnelles et les trahisons. Et il a la mĂ©moire longue. Ici, on ne devrait pas seulement te demander d'oĂč tu viens. On devrait te demander ce que tu as apportĂ© Ă  la maison du pĂšre. Ce que tu as fait quand le pays souffrait. Ce que tu as dĂ©fendu quand la peur imposait le silence. Et ce que tu es prĂȘt Ă  construire maintenant qu'il faut rebĂątir. Na an laara, an saara. Si nous nous couchons, nous sommes morts. VoilĂ . C'est dit. Et avant que quelqu'un vienne en commentaire me dire que c'est l'IA qui a Ă©crit ce texte, je rĂ©ponds simplement : Non, mon frĂšre. Ce n'est pas l'IA. C'est l'IM. Intelligence MaĂŻga. Ça ne consomme pas de data, ça tourne au tĂŽ et au bissap, et ça ne plante jamais pendant les coupures.

Quand la colĂšre montait, qu'on dispersait les manifestations, qu'on arrĂȘtait des gens et qu'on coupait par moments l'internet mobile. C'est lĂ  que des jeunes ont pris position. À Kaya, Ă  Ouagadougou, Ă  Bobo-Dioulasso et ailleurs, certains ont pris les gaz lacrymogĂšnes, les matraques, les nuits au poste. D'autres ont subi des pressions, perdu des occasions, payĂ© cher. Ils n'avaient pas forcĂ©ment de galons, de fonction officielle ou de micro. Ils avaient leur voix, leurs convictions et leur corps. Et ils les ont mis devant. Je sais que l'engagement patriotique n'est pas toujours rĂ©compensĂ©. On s'expose Ă  l'incomprĂ©hension, aux attaques, aux accusations. Mais il faut savoir pourquoi on parle et ce qu'on dĂ©fend. Moi, je ne veux pas qu'on rĂ©duise mon parcours Ă  mes prises de position les plus rĂ©centes. Mon engagement se comprend aussi par ce que j'ai dĂ©noncĂ© quand le pays allait mal. On peut me critiquer. On peut me contester. Je peux ĂȘtre en dĂ©saccord avec des compatriotes. Mais je refuse qu'on se serve de la souffrance de nos soldats dans des rivalitĂ©s politiques. Leur dignitĂ© passe avant nos querelles. Aujourd'hui, le Burkina Faso a changĂ© de direction sous le capitaine Ibrahim TraorĂ©. Nous lui faisons confiance et nous reconnaissons ce qui a Ă©tĂ© engagĂ© au nom de la souverainetĂ© nationale, de la mobilisation populaire et du dĂ©veloppement du pays. Pour nous qui avons vĂ©cu les inquiĂ©tudes de 2021, cette nouvelle Ă©tape porte l'espoir de ne plus revoir les mĂȘmes abandons. Ce qui avait provoquĂ© notre colĂšre appartient Ă  une autre pĂ©riode, mĂȘme si personne ne peut dire que les problĂšmes de sĂ©curitĂ© et la situation humanitaire sont rĂ©glĂ©s pour de bon. Notre confiance repose sur un espoir : un Burkina qui prend ses responsabilitĂ©s, protĂšge mieux ses forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ©, mobilise sa jeunesse et dĂ©cide davantage de son avenir. Cette confiance ne nous oblige pas Ă  oublier. Elle nous oblige plutĂŽt Ă  retenir la leçon. Soutenir ce qui se fait aujourd'hui, ce n'est pas falsifier hier. Et rappeler hier, ce n'est pas refuser de construire demain. Je crois Ă  la souverainetĂ© nationale. Je crois que le peuple burkinabĂš sait se relever. Et je crois qu'un pays n'avance pour de bon que si on reconnaĂźt les sacrifices de ses citoyens et si on apprend de ses erreurs. À ceux qui voudraient réécrire cette histoire, je rappelle une chose : le peuple burkinabĂš a de la mĂ©moire. Il se souvient des dates, des visages, de ce qui a Ă©tĂ© dit quand c'Ă©tait dur. Il se souvient de ceux qui ont osĂ©, de ceux qui ont pris des risques, de ceux qui Ă©taient lĂ  avant que le vent tourne. Je ne demande pas de mĂ©daille, et je ne veux rien prendre aux autres. Je demande qu'on rende Ă  chacun sa place. On ne construit pas un pays en effaçant ce que ses citoyens ont fait. On le construit en reconnaissant les faits, en assumant les erreurs et en respectant les sacrifices. Je n'ai pas besoin de rabaisser les autres pour rappeler ce que j'ai fait. Je n'ai pas besoin de réécrire l'histoire pour dĂ©fendre mes convictions. Je demande seulement que personne ne falsifie ce que nous avons vĂ©cu. J'Ă©tais lĂ  quand j'ai pensĂ© que le pays avait besoin de se mobiliser. J'ai appelĂ© le peuple Ă  sortir et je l'assume. Aujourd'hui encore, je crois que les BurkinabĂš peuvent se relever, se rassembler et bĂątir leur avenir. Ce que j'ai fait hier explique ce que je pense aujourd'hui. Et ma confiance dans la direction actuelle ne m'oblige pas Ă  oublier le chemin. Le Burkina Faso appartient Ă  son peuple. Son histoire appartient aussi Ă  ceux qui l'ont vĂ©cue. Le 30 septembre 2022, un autre capitaine arrive au pouvoir : Ibrahim TraorĂ©. Il a trente-quatre ans. Presque l'Ăąge de Sankara en 1983. Les anciens ont fait le rapprochement. Les jeunes aussi. Beaucoup y ont vu une chance de reprendre le chantier de la souverainetĂ© et de la dignitĂ©. Avec le Mali et le Niger, le Burkina crĂ©e l'Alliance des États du Sahel, l'AES. Les trois pays quittent la CEDEAO en 2025.

AprĂšs la chute de CompaorĂ©, beaucoup attendent une vraie rupture. Mais d'anciens compagnons du rĂ©gime reviennent au pouvoir sous la banniĂšre du Mouvement du peuple pour le progrĂšs, le MPP. Pour une partie de la population, on a changĂ© de chef, pas de systĂšme. Les promesses s'enchaĂźnent, et pendant ce temps la sĂ©curitĂ© se dĂ©grade. Les attaques se multiplient. Des villages enterrent leurs morts. Des familles fuient. Des soldats tombent au front, parfois dans des conditions qui posent de trĂšs graves questions. Puis il y a deux dates que ce pays n'oubliera pas. Juin 2021 : Solhan. Une attaque d'une violence inouĂŻe sur ce village du Sahel burkinabĂš. Le bilan officiel parle de 132 morts. D'autres dĂ©comptes donnent plus. Des familles entiĂšres disparaissent en une nuit. Tout le pays est sonnĂ©. Novembre 2021 : Inata. Cinquante-trois gendarmes tuĂ©s dans l'attaque de leur dĂ©tachement. Avant le drame, des alertes Ă©taient remontĂ©es Ă  la hiĂ©rarchie sur le ravitaillement et le manque de vivres. Quand le contenu de ces messages a Ă©tĂ© connu, l'opinion a Ă©tĂ© choquĂ©e. Des hommes envoyĂ©s dĂ©fendre le pays avaient Ă©tĂ© laissĂ©s dans le dĂ©nuement. Ça n'aurait jamais dĂ» arriver. Et dans cette histoire, il y a un nom que je refuse de voir disparaĂźtre : Ibrahima MaĂŻga. À ce moment-lĂ , quand la situation de nos forces sur le terrain inquiĂ©tait tout le monde, je n'ai pas choisi de me taire. J'ai parlĂ© pour alerter sur ce que vivaient nos soldats. Et je ne me suis pas arrĂȘtĂ© Ă  la dĂ©nonciation. J'ai pris une initiative que je considĂšre comme un moment important de mon engagement : lancer un mouvement avec le peuple, appeler les BurkinabĂš Ă  sortir, Ă  se mobiliser, Ă  se faire entendre. À ma connaissance, j'Ă©tais le seul Ă  avoir lancĂ© un appel Ă  la mobilisation populaire sous cette forme. Je le rappelle sans vanitĂ©. Je le rappelle parce que je ne veux pas que cette partie de notre histoire soit effacĂ©e ou réécrite selon les intĂ©rĂȘts du moment. Les publications, les appels et les archives de l'Ă©poque sont lĂ  pour dire ce qui s'est vraiment passĂ©. Je savais que c'Ă©tait risquĂ©. La pĂ©riode Ă©tait dure, la colĂšre montait, et personne ne savait oĂč allait le pays. Mais je ne pouvais pas regarder la situation se dĂ©grader sans rien faire. Je ne cherchais ni poste ni rĂ©compense. Je ne savais pas ce que ça me rapporterait, encore moins ce que ça pouvait me coĂ»ter. Je savais seulement que des hommes dĂ©fendaient notre patrie dans des conditions difficiles et que quelqu'un devait le dire. Je pensais Ă  nos soldats et Ă  leurs familles. Aux mĂšres qui attendaient des nouvelles de leurs fils. Aux enfants qui espĂ©raient revoir leur pĂšre. À toutes ces familles qui payaient pour une crise dont elles n'Ă©taient pas responsables. Comment aurais-je pu dire que j'aime le Burkina et dĂ©tourner les yeux ? Pour moi, ĂȘtre patriote, ce n'est pas applaudir quand tout va bien. C'est aussi avoir le courage de dire ce qui ne va pas quand le pays est Ă  genoux. C'est prendre ses responsabilitĂ©s sans attendre que le vent tourne, sans calculer ce qu'on va y gagner. À ce moment-lĂ , j'ai choisi de parler et d'agir. Je ne voulais pas attendre le drame pour venir expliquer ensuite ce qu'il aurait fallu entendre avant. Je ne prĂ©tends pas avoir Ă©tĂ© le seul inquiet. Des militaires, des familles, des journalistes et d'autres BurkinabĂš ont aussi alertĂ©. Mais l'initiative de la mobilisation populaire, je la revendique, et je demande que mon rĂŽle soit reconnu pour ce qu'il a Ă©tĂ©. L'histoire ne peut pas ĂȘtre Ă©crite seulement par ceux qui ont le pouvoir, les mĂ©dias ou les tribunes. Il faut y faire une place Ă  ceux qui ont pris des risques quand c'Ă©tait difficile. À Inata, ce n'est pas seulement un poste militaire qui est tombĂ©. C'est la confiance d'une partie du peuple envers ceux qui le dirigeaient. Ce jour-lĂ , ça a cassĂ©. Et des gens se sont levĂ©s. Pas en 2023, quand le nouveau rapport de force Ă©tait dĂ©jĂ  installĂ© et qu'il devenait plus confortable de soutenir la nouvelle ligne. En 2021.

Le projet tombe Ă  l'eau. Encore une fois, le pouvoir apprend qu'on ne dĂ©crĂšte pas la volontĂ© d'un peuple. Le 4 aoĂ»t 1983, un capitaine de trente-trois ans prend le pouvoir : Thomas Sankara. Il ne veut pas changer de discours. Il veut changer la façon dont le pays se regarde, travaille et se prĂ©sente au monde. Les ministres roulent en Renault 5. Les dĂ©penses de prestige sont chassĂ©es. On pousse le Faso Dan Fani, le pagne tissĂ© ici, pour faire vivre les tisseuses du pays. L'idĂ©e est simple : pourquoi mĂ©priser ce qu'on fabrique chez nous et admirer tout ce qui vient d'ailleurs ? La Haute-Volta devient le Burkina Faso. La rĂ©volution veut rendre sa dignitĂ© Ă  un peuple qu'on avait habituĂ© Ă  chercher sa valeur ailleurs. Sur le terrain, des millions d'enfants sont vaccinĂ©s. On plante des arbres. On s'attaque Ă  l'analphabĂ©tisme, on parle de l'Ă©mancipation des femmes, on rogne les privilĂšges de ceux qui gouvernent. En juillet 1987, Ă  Addis-Abeba, Sankara demande aux dirigeants africains de refuser ensemble de rembourser la dette. Seul, dit-il, le pays qui oserait le faire serait exposĂ©. On se souvient encore de ce discours. Lui ne sera pas Ă  la confĂ©rence suivante. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassinĂ© avec douze de ses compagnons. Et le coup vient de l'intĂ©rieur, d'un cercle oĂč il y avait des hommes qu'il appelait ses frĂšres. On a pu tuer Sankara. On a pu dĂ©faire son gouvernement et essayer d'enterrer sa rĂ©volution. On n'a jamais rĂ©ussi Ă  le sortir de la tĂȘte des gens. Dans le Sud-Ouest, il y a les ruines de LoropĂ©ni. De gros murs de pierre qui tiennent lĂ  depuis des siĂšcles, au milieu de la brousse. Ils rappellent que cette terre a une histoire bien plus ancienne que les frontiĂšres tracĂ©es par les colons. Quand je pense Ă  ces pierres, je pense Ă  ce peuple. On peut le frapper, le diviser, le faire souffrir pendant des annĂ©es. On peut croire qu'il a oubliĂ© parce qu'il ne rĂ©pond pas tout de suite. Mais se taire, ce n'est pas toujours ĂȘtre faible. Parfois, c'est juste le temps qu'il faut Ă  la mĂ©moire pour devenir parole. En dĂ©cembre 1998, Norbert Zongo, journaliste et directeur de publication, est retrouvĂ© mort prĂšs de Sapouy, brĂ»lĂ© dans une voiture avec trois autres personnes. Il enquĂȘtait sur la mort de David OuĂ©draogo, le chauffeur de François CompaorĂ©, frĂšre du prĂ©sident Blaise CompaorĂ©. Le pays s'indigne. Étudiants, travailleurs, journalistes, simples citoyens descendent dans la rue. On veut la vĂ©ritĂ©. On veut la justice. FĂ©vrier 2011. À Koudougou, Justin Zongo, un Ă©lĂšve, meurt aprĂšs ĂȘtre passĂ© entre les mains de la police. Les manifestations partent de sa ville et gagnent d'autres rĂ©gions. Chaque fois, c'est pareil : quand l'injustice devient insupportable, la colĂšre finit par trouver la rue. Ce peuple n'a pas oubliĂ© Norbert Zongo. Il n'a pas oubliĂ© Justin Zongo. Ni tous ceux dont on connaĂźt moins le nom, mais dont les familles et les quartiers portent encore la douleur. AprĂšs vingt-sept ans au pouvoir, Blaise CompaorĂ© veut modifier la Constitution pour rester. Le peuple dit non. Le 29 octobre 2014, des femmes sortent avec leurs spatules, celles qui tournent le tĂŽ tous les matins. Elles les lĂšvent au-dessus de leurs tĂȘtes. Ça a frappĂ© tout le monde parce que ça venait de la vie de tous les jours. De femmes qui se lĂšvent tĂŽt, nourrissent les enfants, vendent, cultivent et font tenir la maison malgrĂ© tout. Au Burkina, pas besoin d'uniforme pour entrer dans l'histoire. Il suffit parfois de prendre l'outil de tous les jours et de lui faire dire autre chose. Le 30 octobre, la foule entre Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Le 31, Blaise CompaorĂ© lĂąche le pouvoir et prend la route de la CĂŽte d'Ivoire. Le peuple a encore parlĂ©. En septembre 2015, des Ă©lĂ©ments de l'ex-RĂ©giment de sĂ©curitĂ© prĂ©sidentielle tentent un coup d'État. La rue, les organisations de la sociĂ©tĂ© civile et tous ceux qui refusent ce retour en arriĂšre le font Ă©chouer. Une semaine de peur et de tension. Et encore une fois, cette force qui se rĂ©veille quand les BurkinabĂš sentent que l'essentiel est menacĂ©.

Burkina Faso : un peuple qu'on peut faire souffrir, mais qu'on ne peut pas effacer Il y a un mot moorĂ© que les autres langues n'arrivent pas Ă  traduire tout Ă  fait : burkina. On dit intĂ©gritĂ©, on dit honneur, et on sent bien que ça ne suffit pas. Disons que c'est ce qui reste Ă  un homme quand on lui a tout pris, sauf sa dignitĂ©. En 1984, quand ce pays s'est donnĂ© un nouveau nom, il a fait parler plusieurs langues. Burkina, en moorĂ©. Faso, en dioula, la maison du pĂšre. Et le bĂš, qu'on rattache au peul, pour dire ceux qui y vivent. Dans le nom mĂȘme, personne n'est laissĂ© dehors. Mais pour comprendre ce que veut dire ĂȘtre burkinabĂš, il faut remonter avant 1984. Avant mĂȘme de rĂ©clamer sa libertĂ©, ce peuple a dĂ» se battre pour avoir le droit d'exister. En 1932, la France coloniale supprime la Haute-Volta et partage son territoire entre la CĂŽte d'Ivoire, le Soudan français et le Niger. Comme si on pouvait dĂ©couper un pays au crayon, sans se soucier de ceux qui y vivent. Les Mossi, les Bobo, les GourmantchĂ©, les Lobi et bien d'autres se retrouvent administrĂ©s depuis des chefs-lieux diffĂ©rents. Il faut attendre le 4 septembre 1947 pour que la Haute-Volta soit rĂ©tablie. Quinze ans rayĂ©s de la carte. Avant d'arracher l'indĂ©pendance, il avait donc dĂ©jĂ  fallu arracher le droit d'avoir un pays. Et avant les Français, il y avait Naaba Wobgo, qu'on appelle aussi Moro-Naba Wobogo. En 1896, quand les troupes françaises arrivent Ă  Ouagadougou, le souverain du Moogho ne se soumet pas. Il refuse de signer, il rĂ©siste, et il finit en exil en Gold Coast, l'actuel Ghana, plutĂŽt que de se mettre Ă  genoux. On ne l'a pas oubliĂ©. Chaque vendredi, Ă  Ouagadougou, le Moogho Naaba sort en tenue de guerre. Les anciens le prient de rester au palais plutĂŽt que de partir au combat. Le roi reste. On rejoue ça depuis des gĂ©nĂ©rations : un souverain prĂȘt Ă  partir dĂ©fendre les siens, et les siens qui lui demandent de ne pas les quitter. Ce n'est pas du folklore. Les gens savent trĂšs bien ce qu'ils regardent. Ici, dans les rĂ©cits d'origine, le cheval n'est jamais juste un animal. Yennenga, fille du roi de Gambaga selon la tradition, montait mieux que les guerriers de son pĂšre. Lui voulait la garder prĂšs de lui. Elle est partie, parce qu'elle refusait qu'on dĂ©cide de sa vie Ă  sa place. En route, elle rencontre RiallĂ©. Leur fils, elle l'appelle OuĂ©draogo, l'Ă©talon. C'est devenu l'un des noms de famille les plus portĂ©s du pays. Et quand le Fespaco, Ă  Ouagadougou, rĂ©compense le meilleur long mĂ©trage de fiction, il remet l'Étalon d'or de Yennenga. Le cinĂ©ma africain couronne ses films avec le cheval d'une femme qui n'a pas laissĂ© les autres choisir pour elle. Je trouve ça trĂšs beau. Six ans Ă  peine aprĂšs l'indĂ©pendance, Maurice YamĂ©ogo, premier prĂ©sident de la Haute-Volta, baisse de 20 % le salaire des fonctionnaires au nom de l'austĂ©ritĂ©. Les syndicats se mobilisent, les travailleurs descendent dans la rue, et la colĂšre gagne vite le reste de la population. Le 3 janvier 1966, le rĂ©gime tombe. YamĂ©ogo dĂ©missionne. Un pouvoir peut avoir l'administration, les institutions et la police, et ne plus avoir le peuple. C'est ce que la Haute-Volta a montrĂ© ce jour-lĂ . Sans prendre les armes. Il y avait Joseph Ki-Zerbo dans cette histoire. Historien, intellectuel, homme politique. Il a passĂ© sa vie Ă  montrer que l'Afrique avait une histoire et une pensĂ©e bien avant que l'Europe prĂ©tende la dĂ©couvrir. Il a contribuĂ© aux travaux de l'UNESCO sur l'Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique, Ă  une Ă©poque oĂč certains discours coloniaux niaient encore que le continent ait un passĂ©. Pour lui, les Africains n'avaient jamais Ă©tĂ© des figurants dans l'histoire des hommes. Il rĂ©pĂ©tait une phrase en dioula : « Na an laara, an saara. » Si nous nous couchons, nous sommes morts. Il ne parlait pas de dormir. Il parlait de renoncer. De prendre le silence pour la paix et la rĂ©signation pour de la sagesse. On pourrait raconter une bonne partie de l'histoire du Burkina avec ces quatre mots. En dĂ©cembre 1975, le rĂ©gime veut imposer un parti unique. GrĂšve gĂ©nĂ©rale.

SHAP SHAP est lancé Le collectif SHAP SHAP démarre aujourd'hui. Il s'adresse à tous ceux qui soutiennent la révolution au Bur
SHAP SHAP est lancĂ© Le collectif SHAP SHAP dĂ©marre aujourd'hui. Il s'adresse Ă  tous ceux qui soutiennent la rĂ©volution au Burkina et veulent aider sur les rĂ©seaux sociaux. Il n'y a ni inscription ni carte de membre. Pour rejoindre les Sentinelles, partagez le logo SHAP SHAP sur vos comptes, puis entrez dans le groupe WhatsApp, oĂč se font les Ă©changes et la coordination : https://chat.whatsapp.com/KTakUzEbMTB3h8aXFUqKPn Ce qu'on attend des Sentinelles SHAP SHAP travaille sur les rĂ©seaux sociaux. Le travail consiste Ă  suivre l'actualitĂ©, Ă  vĂ©rifier ce qui circule et Ă  corriger les fausses informations quand on en repĂšre, preuves Ă  l'appui. Quand un fait important tombe sur la situation du pays, on le relaie vite. Une correction sans source ne vaut rien. Avant de publier, on vĂ©rifie. Partagez le logo, rejoignez le groupe et parlez du collectif autour de vous.

Il pourrait y aller en quelques jours. Il ne le fait pas. Il monte vers le dĂ©sert, il passe chez les Bamana Ă  SĂ©gou, chez les Peuls Ă  Mopti, chez les Songhoy Ă  Gao, il longe le pays haoussa, et il ne rejoint la mer qu’aprĂšs quatre mille kilomĂštres. Il passe chez tout le monde. Personne ne peut le garder pour lui. Il y a huit siĂšcles, Ă  Kurukan Fuga, des chasseurs ont commencĂ© leur charte par une phrase : toute vie est une vie. Ils n’ont pas Ă©crit « toute vie bamana ». Ni « toute vie peule ». Ni « toute vie de ceux qui pensent comme nous ». Si vous connaissez un garçon qui commence Ă  parler comme eux, allez le voir aujourd’hui. Pas demain. Bonne semaine. Ibrahima Maiga

Lundi. Il fait encore sombre et je n’arrive pas Ă  me sortir une chose de la tĂȘte. En 2013, quand les hommes d’Ansar Dine ont quittĂ© Tombouctou, ils ont mis le feu Ă  l’institut Ahmed Baba. Des milliers de manuscrits ont brĂ»lĂ©. Ceux qui restent, on les doit Ă  des familles de la ville qui, pendant des mois, les avaient sortis en cachette dans des cantines et des sacs de riz, sur des charrettes, des pirogues, jusqu’à Bamako. Des gens ordinaires. Ils n’avaient pas d’armes. Ils avaient des sacs de riz. L’homme dont l’institut porte le nom, Ahmed Baba, avait dĂ©jĂ  connu ça. En 1591, aprĂšs Tondibi, des soldats l’ont sorti de Tombouctou enchaĂźnĂ©. Il est tombĂ© de son chameau en route et s’est cassĂ© la jambe. Ils ont continuĂ©. À Marrakech, il a dit avoir perdu 1 600 livres, et que dans sa famille c’était lui qui en avait le moins. Quatre siĂšcles plus tard, d’autres hommes sont venus brĂ»ler ce qui restait. Ils disaient le faire au nom de Dieu. Ahmed Baba Ă©tait un savant musulman. Les livres qu’ils ont brĂ»lĂ©s parlaient de Dieu. Je dis ça pour nos jeunes, parce que c’est Ă  eux qu’on vient parler en premier. On viendra leur dire que leur village a Ă©tĂ© humiliĂ© et qu’il faut le venger. On viendra avec une moto, un peu d’argent, un fusil, et le mot frĂšre. On leur dira : nous sommes ta famille maintenant. C’est un mensonge qu’on connaĂźt bien, parce qu’on connaĂźt la vraie chose. À SĂ©gou, chez les Bamana, des jeunes du mĂȘme Ăąge mettaient leurs piĂšces dans le mĂȘme pot et labouraient les champs les uns des autres. Ça s’appelait un tĂČn. Biton Coulibaly en a fait un royaume. Une fraternitĂ©, la vraie, ça sert Ă  faire pousser le mil du voisin. Celle qu’on leur propose dans la brousse sert Ă  brĂ»ler son grenier. Ceux qui recrutent aiment parler de Hamdallaye et de la Diina. Qu’ils lisent ce que SĂ©kou Amadou a rĂ©glĂ© en premier en 1818 : le chemin des vaches. Quel jour le berger peul entre dans les pĂąturages, pour que le pĂȘcheur bozo puisse pĂȘcher et que le paysan bamana puisse semer. Il voulait que trois peuples partagent la mĂȘme eau sans se tuer. Ceux qui se rĂ©clament de lui aujourd’hui empoisonnent les puits et ferment les Ă©coles. Les Peuls ont un mot pour ce qu’ils attendent d’un homme : pulaaku. Se tenir. Avoir honte de mal faire. Celui qui Ă©gorge un voisin devant ses enfants n’a pas de pulaaku. Il n’est d’aucune ethnie. Il a quittĂ© la sienne le jour oĂč il a pris l’arme contre les siens. Et il faut que je dise l’autre moitiĂ©, parce qu’elle compte autant. Un Peul n’est pas un terroriste. Un berger avec son bĂąton n’est pas un suspect. Chaque fois qu’on punit tout un campement pour ce qu’a fait un seul homme, on offre aux recruteurs ce qu’ils n’arrivaient pas Ă  obtenir seuls : un garçon en colĂšre qui n’a plus rien Ă  perdre. Ils comptent sur nous pour ça. Ils comptent qu’on se mette Ă  regarder notre voisin de travers. Nos anciens avaient prĂ©vu le coup. Le Dogon insulte le Bozo, le Mossi insulte le Samo, le Peul insulte le Bobo. Ils rient. Personne ne frappe. Et le jour oĂč l’un tombe, l’autre vient. Aucun groupe armĂ© n’a jamais rĂ©ussi Ă  faire ça. Chez les Mossi, chaque vendredi Ă  Ouagadougou, le Moogho Naaba sort en tenue de guerre et ses anciens le supplient de rester. Il reste. Depuis des siĂšcles, on rejoue devant tout le monde un homme prĂȘt Ă  partir faire la guerre, et des gens qui le retiennent. Je pense que c’est notre travail, Ă  nous tous, avec chaque garçon qui hĂ©site. Le retenir. Lui parler avant que d’autres le fassent. Chez les Haoussa, Ă  Daura, un Ă©tranger a tuĂ© le serpent qui empĂȘchait la ville de boire. Il n’était de nulle part, et c’est lui qu’on a gardĂ©. Le serpent, lui, tenait le puits et dĂ©cidait qui avait le droit de boire. Je n’ai pas besoin de vous dire Ă  qui il ressemble aujourd’hui. À Gao, le tombeau d’Askia Mohammed, cette pyramide de terre avec ses poutres qui sortent des murs, tient depuis cinq cents ans parce que chaque annĂ©e, aprĂšs la pluie, des gens remontent dessus pour refaire l’enduit. Personne ne le fait seul. Un pays, c’est pareil. Le Niger naĂźt Ă  deux cent quarante kilomĂštres de la mer.