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Ibrahima Maiga

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📈 Analytical overview of Telegram channel Ibrahima Maiga

Channel Ibrahima Maiga (@ibrahimamaigabf) in the French language segment is an active participant. Currently, the community unites 166 259 subscribers, ranking 292 in the Politics category and 39 in the France region.

📊 Audience metrics and dynamics

Since its creation on ĐœĐ”ĐČŃ–ĐŽĐŸĐŒĐŸ, the project has demonstrated rapid growth, gathering an audience of 166 259 subscribers.

According to the latest data from 30 September, 2026, the channel demonstrates stable activity. Although there has been a change in the number of participants by -2 968 over the last 30 days and by -110 over the last 24 hours, overall reach remains high.

  • Verification status: Verified (Officially confirmed by Telegram)
  • Engagement rate (ER): The average audience engagement rate is 15.73%. Within the first 24 hours after publication, content typically collects 4.81% reactions from the total number of subscribers.
  • Post reach: On average, each post receives 26 163 views. Within the first day, a publication typically gains 7 992 views.
  • Reactions and interaction: The audience actively supports content: the average number of reactions per post is 198.
  • Thematic interests: Content is focused on key topics such as peuple, burkina, siĂšcle, dĂ©mocratie, afrique.

📝 Description and content policy

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Thanks to the high frequency of updates (latest data received on 01 October, 2026), the channel maintains relevance and a high level of publication reach. Analytics show that the audience actively interacts with content, making it an important point of influence in the Politics category.

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Il est temps de briser l’omerta et de sauver La RPP Chers compatriotes, ouvrez les yeux ! Ce qui se passe dĂ©passe de simples dysfonctionnements : c'est un complot ourdi depuis le sommet mĂȘme de l'État et qui cible directement le PrĂ©sident. Au cƓur de cette machination, il y’a un trio central qui orchestre les manƓuvres. Pour le moment par respect pour le PrĂ©sident, je choisis de taire les noms mais je peux me rĂ©vĂ©ler impitoyable s’il le faut. Ce trio trouve de funestes ramifications auprĂšs d’infiltrĂ©s endurcis, habituĂ©s Ă  manger Ă  tous les rĂąteliers. Ils sont pour la plupart, issu du MPP, ces derniers ont Ă©tĂ© et demeurent en sous-main de redoutables soutiens cachĂ©s. Que les anciens cadres du MPP tĂ©moignent ! Ces personnalitĂ©s nausĂ©abondes ont contribuĂ© Ă  dĂ©truire le systĂšme par leur double jeu permanent : faux modĂ©rĂ©s le jour dans les salons ministĂ©riels, courtisans zĂ©lĂ©s la nuit pour conseiller et piller les secrets d’État. Des amitiĂ©s corporatives, des loges, des sectes, et mĂȘme des cercles de grain de thĂ© transformĂ©s en chapelle de stratĂ©gies politico-Ă©goĂŻstes dont l’objectif n’est autre que de profiter opportunĂ©ment de la situation. Regardons la vĂ©ritĂ© en face svp ! combien de ceux qui aujourd’hui sont au premier plan de l’organisation de cette nuit ont-ils affichĂ© ne serait-ce qu'une seule fois le portrait du PrĂ©sident sur leurs tribunes ? Pourtant, ils gravitent quotidiennement autour des plus proches collaborateurs du chef de l'État. Qu’on ne se trompe pas, Les batailles fondatrices qui ont menĂ© Ă  notre combat d'aujourd'hui ont Ă©tĂ© le rĂ©sultat des luttes acharnĂ©es contre le MPP. Nombreux sont ceux qui nous ont saignĂ©s Ă  l'Ă©poque, et voilĂ  qu'ils reviennent s'incruster dans notre lutte pour y semer le chaos, sous la houlette de qui je sais et je pĂšse mes mots mais je suis au courant de tout. Ne sous-estimez pas le SABLE ! L'exercice du pouvoir n'est pas un jeu de camaraderie. Je refuse que l’on permette Ă  des groupuscule d'amis sortis de sectes ou de coteries obscures de saboter notre lutte et de se moquer de la souffrance du peuple sous des prĂ©textes fallacieux de cĂ©lĂ©brations. Le pouvoir suprĂȘme n'est pas un pacte entre opportunistes. Il engage la destinĂ©e de plus de 22 millions de BurkinabĂš. Si certains croient que la confiance prĂ©sidentielle leur donne le droit de saboter les idĂ©aux de la RPP et de saccager l'espoir du peuple, ma rĂ©ponse est claire : C'EST UN NON CATÉGORIQUE. ‱ Pendant que vous vous agitez dans les antichambres du pouvoir : ‱ Je pense Ă  ces jeunes soldats qui tutoient la mort au front chaque jour ; ‱ Je pense Ă  ces VDP qui manquent du strict nĂ©cessaire ; ‱ Je pense Ă  ces veuves qui baissent la tĂȘte et Ă  ces orphelins qui quĂ©mandent des rĂ©ponses ; ‱ Je pense Ă  ce peuple qui observe et s'interroge. Son silence n’est pas un feu vert. Ne jouez donc pas avec le peuple. Il n'a jamais donnĂ© quitus Ă  vos stratĂ©gies gustatives et Ă  vos ambitions Ă©conomiques mesquines. Combien d'entre vous ont leurs propres familles sur la ligne de front ou parmi les dĂ©placĂ©s non encore rĂ©installĂ©s ? Voulez-vous que le SABLE dĂ©balle au grand jour le cout Ă©conomique que vous ĂȘtes entrain de dilapidĂ©s dans ce folklore inutile qui ne profite qu’à vos recrues ? Ne tentez pas le diable. Vos allĂ©geances inavouĂ©es avec les politiciens d'hier ne sont un secret pour le sable. NB : Le peuple doit savoir que les infiltrĂ©s qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© des nominations qu’on traque actuellement sont en rĂ©alitĂ©s vos protĂ©gĂ©s et ils ne sont que superficiel en fait. Il en a pire qui appartiennent Ă  des sectes et partis politique qui ont d’autre ambitions et nous allons les dĂ©boulonner. Si le pouvoir vous a surpris, sachez que moi je n’ai jamais eu faim de toute ma vie et ma famille peut vous le tĂ©moigner. Je ne peux pas combattre pour une cause au point de m’exiler et devenir par la suite un acteur de premier plan de ce contre quoi je me suis engagĂ©. JAMAIS !

Djandjoba 2.0 En mars 2026, le ministĂšre chargĂ© de l’Action humanitaire avait communiquĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d’adapter les cĂ©lĂ©brations du 8 Mars au contexte sĂ©curitaire et Ă  la situation des personnes dĂ©placĂ©es internes. Quelques mois plus tard, cette rĂ©alitĂ© n’a pas disparu. C’est dans ce contexte que rĂ©sonne l’appel du Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TraorĂ© : « Restons concentrĂ©s. » Nous avons dĂ©jĂ  des exemples d’une autre maniĂšre de mobiliser le peuple. L’orchestre de la PrĂ©sidence du Faso est actuellement en tournĂ©e dans les rĂ©gions avec les « Concerts de la rĂ©silience ». VoilĂ  une initiative qui montre que culture, joie populaire, patriotisme et rĂ©silience peuvent ĂȘtre articulĂ©s. Pourquoi ne pas avoir inscrit davantage les activitĂ©s du 30 septembre dans cette dynamique ? On pouvait Ă©galement imaginer un continuum thĂ©matique avec les JournĂ©es d’engagement patriotique d’octobre prochain. C’est prĂ©cisĂ©ment cette capacitĂ© Ă  inventer des formes adaptĂ©es Ă  notre rĂ©alitĂ© que le Camarade Capitaine Ibrahim TraorĂ© appelle Ă  notre ingĂ©niositĂ© politique. Je vous le dis, en vĂ©ritĂ© et en vĂ©ritĂ©, c’est ce que le Chef de l’État attend de nous : pas seulement reproduire des formes hĂ©ritĂ©es, mais rĂ©flĂ©chir, proposer et adapter nos actions aux exigences de notre temps. Certaines personnes invoquent les rĂ©jouissances de la pĂ©riode de la RĂ©volution dĂ©mocratique et populaire sous Thomas Sankara, Ă  chaque anniversaire de la RDP. Mais l’histoire ne consiste pas Ă  reproduire mĂ©caniquement les formes du passĂ©. Le contexte n’est pas le mĂȘme. La RDP n’était pas confrontĂ©e Ă  la guerre contre le terrorisme et aux dĂ©placements massifs de populations victimes. Il faut savoir qu’une rĂ©volution est aussi une affaire de mĂ©moire. Nous ne pouvons pas mobiliser l’histoire lointaine pour nourrir notre combat contre l’impĂ©rialisme et, dans le mĂȘme temps, ĂȘtre incapables de nous souvenir de ce que nous-mĂȘmes avons vĂ©cu il y a quelques mois ou continuons Ă  vivre. Le communiquĂ© du ministĂšre de l’Action humanitaire sur le 8 Mars 2026 fait partie de notre mĂ©moire contemporaine. Il appartient au mĂȘme contexte national que celui de l’an 4 de la RPP. Si nous l’oublions si vite, comment prĂ©tendre construire une conscience rĂ©volutionnaire fondĂ©e sur la mĂ©moire historique ? Il ne s’agit donc pas de dire que le djandjoba est mauvais. Il s’agit de dire qu’il n’était pas nĂ©cessairement la rĂ©ponse la plus cohĂ©rente avec les prioritĂ©s du moment, sauf si son organisation a des desseins inavouĂ©s et inavouables. Je vous le dis, nous pouvons reconnaĂźtre le chemin parcouru et, surtout, nous devons rester concentrĂ©s sur ceux pour qui cette victoire doit finalement avoir un sens : les FDS actuellement sur les théùtres d’opĂ©rations, les populations dĂ©placĂ©es, les victimes du terrorisme et toutes les communautĂ©s Ă©prouvĂ©es. Le jour oĂč le Camarade Capitaine Ibrahim TraorĂ© annoncera que la reconquĂȘte du territoire est achevĂ©e et que nous avons retrouvĂ© notre dignitĂ© face Ă  la guerre qui nous a Ă©tĂ© imposĂ©e, personne n’aura besoin de dĂ©crĂ©ter un djandjoba. La fĂȘte viendra d’elle-mĂȘme, partout sur les 274 200 kmÂČ : dans les rues, les espaces publics, les villages et dans toutes les casernes du pays. C’est peut-ĂȘtre cela, au fond, l’esprit de la RPP. J’y crois, car ce jour n’est plus loin.

Je suis contre les djandjoba organisĂ©s Ă  la MPP au nom d'IB. IB n'a rien demandĂ© de tel. Il est venu au pouvoir pour nos forces combattantes, pour les soldats et les VDP qui tiennent le terrain, et pour les veuves et les orphelins de ceux qui sont tombĂ©s. Son combat, c'est le leur. Le 30 septembre, c'est la journĂ©e de nos hĂ©ros. Ceux qui acceptent de mourir pour la patrie. C'est pour eux qu'IB et ses camarades ont pris leurs responsabilitĂ©s. On loue des bĂąches, des sonos, on danse, on filme. Au mĂȘme moment, des enfants de combattants vont Ă  l'Ă©cole sans leur pĂšre et des femmes Ă©lĂšvent seules leur famille. Une cĂ©rĂ©monie qui ne tourne pas autour d'eux ne me regarde pas. Je n'y serai pas. Si des politiciens ont eu des postes et se sentent assez Ă  l'aise pour dĂ©tourner la lutte, qu'ils le sachent : ce ne sera ni au nom d'IB, ni avec notre complicitĂ©. Si vous voulez vraiment honorer IB, allez voir une veuve de votre quartier. Payez la scolaritĂ© d'un orphelin. Donnez au Fonds de soutien patriotique. Le reste, c'est pour nous faire plaisir Ă  nous-mĂȘmes.

Dans toutes les nations, derriĂšre toutes les dĂ©cisions, il y a toujours des hommes qui, Ă  un moment donnĂ©, ont acceptĂ© de payer un prix, parfois lourd : celui de leur vie, de leurs convictions, de leurs amitiĂ©s, de leurs relations, et parfois mĂȘme de leur tranquillitĂ©. Ces sacrifices ne doivent pas nĂ©cessairement ĂȘtre glorifiĂ©s ni transformĂ©s en rĂ©cit idĂ©al. Mais ils doivent ĂȘtre regardĂ©s en face, avec luciditĂ©. Ceux qui les ont consentis sont des hommes et femmes avec des familles, des amitiĂ©s, des aspirations et des fragilitĂ©s. Ils ont fait des choix, convaincus qu'une cause plus grande les dĂ©passait: le pays. On peut discuter de leurs choix, interroger leurs mĂ©thodes et certaines dĂ©cisions. Il est de notoriĂ©tĂ© que les contemporains d'une cause s'assument tel un bloc compact. Porter un regard critique sur ce qui est considĂ©rĂ© comme acquis et stabilitĂ©, condamner et rejeter les acteurs, c'est le propre des gĂ©nĂ©rations qui viennent aprĂšs. Elles ne comprennent ni le contexte, ni la diligence contextualisĂ©e. La mĂ©moire est une dette envers la vĂ©ritĂ© !

Message trĂšs important â€ŒïžđŸšš AprĂšs l’échec des rĂ©cents coups d’État menĂ©s contre la transition au Burkina Faso, une nouvelle stratĂ©gie de dĂ©stabilisation se met en place. Cette entreprise se dĂ©roule en deux grandes Ă©tapes distinctes, orchestrĂ©es pour contourner la rĂ©sistance populaire et militaire. PremiĂšre Ă©tape : la manƓuvre de diversion stratĂ©gique Des forces occultes procĂšdent actuellement au recrutement de mercenaires le long des frontiĂšres avec la CĂŽte d’Ivoire et le Ghana. L’objectif de ces groupes armĂ©s n’est pas de mener une offensive frontale et ouverte, mais de multiplier les incursions et les attaques harcelantes. Cette pression pĂ©riphĂ©rique vise Ă  distraire les forces armĂ©es burkinabĂš, en les obligeant Ă  se dĂ©ployer massivement sur les lignes frontaliĂšres pour dĂ©garnir le centre du pays. En parallĂšle, des rĂ©seaux de politiciens opportunistes, ayant infiltrĂ© les structures de la rĂ©volution, s’activent de l’intĂ©rieur. Ils multiplient les actes de sabotage administratif, les rumeurs et les provocations ciblĂ©es. Leur but est de saper le moral des militants et de dĂ©courager les soutiens les plus authentiques du processus en cours. DeuxiĂšme Ă©tape : l’action combinĂ©e La seconde Ă©tape, qui constitue la phase finale, prĂ©voit une action combinĂ©e mĂȘlant pressions civiles et militaires. Une fois le doute semĂ© au sein de la population et l’armĂ©e concentrĂ©e aux frontiĂšres, ces rĂ©seaux prĂ©voient de dĂ©clencher simultanĂ©ment des mouvements de contestation civile artificiels et des mutineries militaires isolĂ©es. Cette synchronisation cherche Ă  paralyser le commandement central, Ă  crĂ©er une illusion de chaos gĂ©nĂ©ralisĂ© et Ă  provoquer la chute de la rĂ©volution. Bien que cette fourberie soit dĂ©jĂ  trĂšs avancĂ©e dans sa mise en exĂ©cution, le dĂ©nouement de cette crise dĂ©pend exclusivement du peuple burkinabĂš. Face Ă  ce pĂ©ril imminent, la responsabilitĂ© historique de la population est totale. Le peuple ne peut pas rester spectateur. Il lui appartient de maintenir une vigilance absolue, de repĂ©rer et de dĂ©noncer les infiltrĂ©s, et de refuser la division que tentent d’imposer les acteurs politiques corrompus. La soliditĂ© du front intĂ©rieur reste le seul rempart capable de faire Ă©chouer ce plan de dĂ©stabilisation gĂ©opolitique.

Elle se rĂ©pĂšte parce qu’on laisse encore les mĂȘmes types d’hommes s’approcher trop prĂšs. Ibrahima Maiga

Les mĂȘmes mĂ©thodes, les mĂȘmes maĂźtres, les mĂȘmes mensonges Il faut regarder l’histoire en face, sans folklore. Les rĂ©volutions africaines n’ont presque jamais Ă©tĂ© abattues seulement par l’ennemi d’en face. Elles ont d’abord Ă©tĂ© vidĂ©es de l’intĂ©rieur, par des hommes qui parlaient le mĂȘme langage, portaient le mĂȘme uniforme, juraient la mĂȘme fidĂ©litĂ©. Le cas Sankara reste le plus clair Blaise CompaorĂ© n’était pas un inconnu venu de l’extĂ©rieur. C’était le camarade de 1983. L’ami d’enfance. Celui que le pĂšre de Sankara avait Ă©levĂ© comme un fils. Ils avaient fait la rĂ©volution ensemble. Ils avaient partagĂ© le pouvoir, les discours, les chansons. Sankara l’appelait son frĂšre. On l’avait prĂ©venu. Les services, des officiers, des proches lui avaient dit que CompaorĂ© prĂ©parait quelque chose. Il n’a pas voulu y croire. Il a refusĂ© d’arrĂȘter celui qu’il considĂ©rait comme un frĂšre. Le 15 octobre 1987, le commando est parti de chez CompaorĂ©. Certains ont mĂȘme pris l’une de ses voitures. Ils sont entrĂ©s dans la salle du Conseil de l’Entente et ont tirĂ© sans sommation. Sankara est sorti les mains en l’air en disant : « C’est de moi qu’ils ont besoin. » On l’a abattu avec douze de ses compagnons. AprĂšs, on a inventĂ© le « complot de 20 heures ». Sankara, disait-on, allait Ă©liminer CompaorĂ©, Lingani et Zongo le soir mĂȘme. Les enquĂȘtes et les tĂ©moignages ont montrĂ© que cette histoire ne tenait pas. C’était l’alibi. Le vrai complot Ă©tait dĂ©jĂ  en marche depuis des mois, prĂ©parĂ© par le numĂ©ro deux, avec des relais Ă  l’intĂ©rieur de l’armĂ©e et de la sĂ©curitĂ©. Deux ans plus tard, CompaorĂ© a fait exĂ©cuter Lingani et Zongo, les deux autres « frĂšres » de 1983, sous prĂ©texte d’un nouveau complot. La rĂ©volution avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© retournĂ©e. Celui qui parlait encore le langage de Sankara avait pris le pouvoir pour le vider. Ce schĂ©ma n’est pas unique Patrice Lumumba a Ă©tĂ© livrĂ© par Joseph-DĂ©sirĂ© Mobutu, son propre chef d’état-major, l’homme qu’il avait promu. Mobutu a d’abord « neutralisĂ© » le gouvernement, puis a livrĂ© Lumumba Ă  ses ennemis. L’extĂ©rieur a aidĂ©, c’est vrai. Mais c’est un homme de l’intĂ©rieur qui a ouvert la porte. AmĂ­lcar Cabral a Ă©tĂ© tuĂ© Ă  Conakry par des hommes de son propre mouvement, le PAIGC. Des factions internes, infiltrĂ©es, fatiguĂ©es de son autoritĂ©, ont fait le travail. Cabral lui-mĂȘme parlait dĂ©jĂ  du « cancer de la trahison » qu’il fallait arracher en Afrique. Il savait que le danger n’était pas seulement Lisbonne. Kwame Nkrumah a Ă©tĂ© renversĂ© pendant qu’il Ă©tait Ă  l’étranger. Des officiers ghanĂ©ens, des hommes du systĂšme qu’il avait lui-mĂȘme formĂ©, ont pris le pouvoir. Les archives amĂ©ricaines montrent que Washington suivait de prĂšs et encourageait. Mais ce sont des GhanĂ©ens qui ont agi. Le mĂȘme mĂ©canisme À chaque fois, le mĂȘme mĂ©canisme. On ne commence pas par l’armĂ©e Ă©trangĂšre. On commence par le camarade trop proche, le ministre trop loyal, le militaire qui rĂ©pĂšte les mots de la rĂ©volution tout en prĂ©parant autre chose. On laisse croĂźtre les jalousies, les rancunes, les ambitions. On promet Ă  l’un le pouvoir, Ă  l’autre l’argent, Ă  un troisiĂšme la protection de l’ancien maĂźtre. Et le jour venu, ce n’est pas un Ă©tranger qui tire. C’est quelqu’un qui connaĂźt les habitudes, les horaires, les faiblesses. C’est pour ça que la mise en garde n’est pas une formule. C’est une leçon payĂ©e cher. Ceux qui salissent aujourd’hui TraorĂ©, Tiani ou GoĂŻta utilisent les mĂȘmes mots qu’en 1986 contre Sankara. Mais le vrai danger, celui qui a toujours rĂ©ussi, ce n’est pas seulement la campagne de presse. C’est l’homme Ă  l’intĂ©rieur qui commence Ă  parler un peu trop bien, qui s’entoure un peu trop, qui multiplie les voyages discrets, qui laisse entendre qu’il faudrait « rectifier » la rĂ©volution. Sankara n’est pas tombĂ© parce qu’il Ă©tait naĂŻf sur la France. Il est tombĂ© parce qu’il a trop fait confiance Ă  ceux qui se disaient des siens. Le peuple du Sahel le sait maintenant. Il surveille les uns et les autres. Parce que l’histoire, ici, ne se rĂ©pĂšte pas par hasard.

Je vais ĂȘtre honnĂȘte : parfois, certains « rĂ©volutionnaires de la 25e heure » me tapent vraiment sur les nerfs. À force de les voir parler comme s’ils avaient tout vĂ©cu, tout portĂ© et tout sacrifiĂ©, il y a des moments oĂč j’ai simplement envie de leur rappeler qui Ă©tait lĂ  quand les choses Ă©taient vraiment difficiles. Aujourd’hui, on cĂ©lĂšbre l’an 4 de la RĂ©volution. C’est bien. Mais derriĂšre les cĂ©lĂ©brations, une question me revient toujours : qui s’est rĂ©ellement sacrifiĂ© de l’an zĂ©ro jusqu’à aujourd’hui ? Qui Ă©tait lĂ  au dĂ©but, quand personne ne savait comment tout cela allait finir ? Qui a acceptĂ© les difficultĂ©s, les risques, les critiques, sans savoir s’il y aurait un jour des applaudissements ? Parce que quand une cause commence Ă  prendre de l’ampleur, beaucoup de gens arrivent. Mais ceux qui Ă©taient lĂ  au tout dĂ©but, eux, savent ce que cela a coĂ»tĂ©. Personnellement, certains comportements pourraient facilement me faire sortir de mes gonds. Mais je prĂ©fĂšre garder mon calme. Pourquoi ? Parce que je sais que cela ne vient pas d’IB. Il est concentrĂ© sur autre chose : la libĂ©ration et le dĂ©veloppement du pays. Il n’a pas le temps de s’arrĂȘter sur chaque petite polĂ©mique, chaque provocation ou chaque comportement dĂ©placĂ©. Mais il faut quand mĂȘme ouvrir les yeux. Certains gestes ne sont pas innocents. Certains savent trĂšs bien ce qu’ils font et prennent volontairement des initiatives qui peuvent salir l’image du leader. Nous, nous devons rester concentrĂ©s. Ce combat est plus grand que nos personnes. Il est plus grand que nos ego, nos petites rivalitĂ©s et notre besoin d’ĂȘtre vus. Alors oui, chacun est libre de parler. Mais l’histoire, elle, ne se raconte pas avec des mots. Elle se raconte avec les sacrifices, les actes et la constance. À ceux qui Ă©taient lĂ  depuis le dĂ©but, respect. À ceux qui sont arrivĂ©s en cours de route, chacun peut encore apporter quelque chose. Mais personne ne devrait effacer ceux qui ont portĂ© le poids du combat avant que celui-ci ne devienne populaire. Nous savons ce que nous avons vĂ©cu. Nous savons pourquoi nous sommes lĂ . Et nous savons pourquoi nous devons continuer. Le reste, franchement, ne mĂ©rite pas qu’on perde notre Ă©nergie. Rester focus. C’est tout.

Les gens de la 25ᔉ heure Une rĂ©volution ne meurt presque jamais de ses ennemis dĂ©clarĂ©s. Ceux-lĂ , on les voit venir, on sait oĂč ils se placent et ce qu’ils veulent. Ce qui la ronge, ce sont ceux qui arrivent quand tout est fait. La 25ᔉ heure, c’est celle qui vient aprĂšs la derniĂšre, quand le plus dur est passĂ© et que les risques ont Ă©tĂ© payĂ©s par d’autres. Ces gens-lĂ  n’étaient pas lĂ  quand il fallait se lever Ă  l’aube, avoir peur, perdre un emploi, une libertĂ©, parfois un proche. Ils regardaient, ils attendaient de voir de quel cĂŽtĂ© pencherait la balance. Puis, une fois le vent tournĂ©, ils surgissent avec de grands mots, des certitudes toutes neuves et des leçons Ă  donner. Ils parlent plus fort que ceux qui ont portĂ© le poids, parce qu’ils n’ont rien Ă  perdre et tout Ă  prendre : une place, une reconnaissance, un rĂŽle. Le pire, c’est qu’ils ignorent souvent jusqu’à l’origine de ce qu’ils prĂ©tendent dĂ©fendre ou critiquer. Ils ne savent pas pourquoi les gens sont descendus dans la rue, ni ce que cela a coĂ»tĂ©, ni quelles promesses ont Ă©tĂ© faites entre ceux qui se sont battus. Ils jugent une histoire dont ils n’ont pas lu le premier chapitre. Alors ils critiquent, ils dĂ©nigrent, ils sĂšment le doute. Et certains finissent par y croire, par se fatiguer, par se demander si tout cela valait la peine. C’est lĂ  que se joue le danger. Pas dans leurs arguments, qui sont creux, mais dans l’énergie qu’ils nous font perdre. Chaque minute passĂ©e Ă  leur rĂ©pondre, Ă  se justifier auprĂšs de ceux qui n’ont jamais partagĂ© l’effort, est une minute volĂ©e Ă  l’essentiel. Pour autant, arriver tard ne signifie pas nĂ©cessairement arriver sans valeur. Un mouvement ne peut pas grandir sans accueillir de nouveaux venus, et ceux qui rejoignent la lutte aprĂšs les premiers combats peuvent contribuer Ă  lui donner la force et l’ampleur nĂ©cessaires pour aller plus loin. La question n’est donc pas de savoir Ă  quelle heure ils sont arrivĂ©s, mais ce qu’ils font une fois qu’ils sont lĂ . Il y a ceux qui arrivent tard pour comprendre, participer et servir une cause qui les dĂ©passe. Et puis il y a ceux qui arrivent lorsque le danger est passĂ©, pour s’approprier ce qui a Ă©tĂ© construit par d’autres, réécrire l’histoire et prendre la place de ceux qui l’ont portĂ©e. C’est cette diffĂ©rence qu’il faut garder en mĂ©moire : rejoindre une cause n’est pas la mĂȘme chose que se servir d’une cause. Alors il faut se rappeler d’oĂč l’on vient. Une rĂ©volution appartient Ă  ceux qui en connaissent la source, mais elle peut aussi appartenir Ă  ceux qui, arrivĂ©s plus tard, acceptent d’en respecter l’histoire et d’en porter le poids. Personne n’a Ă  se laisser distraire ni dĂ©courager par des voix qui n’ont pas su, ou pas voulu, comprendre pourquoi tout a commencĂ©. On peut les laisser parler. Ce qui compte, c’est de tenir le cap, avec la mĂ©moire de ce qui a Ă©tĂ© payĂ©. Ibrahima Maiga

đŸ‡§đŸ‡«đŸ‡ČđŸ‡±đŸ‡łđŸ‡ȘCe que chaque sahĂ©lien digne doit savoir.

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Bis repetita Le Burkina est entrĂ© dans la phase la plus dĂ©cisive de sa rĂ©volution. Toute rĂ©volution traverse quatre grandes Ă©tapes. Celle oĂč nous sommes, la troisiĂšme, est la plus pĂ©rilleuse : la contre-rĂ©volution. C'est le moment oĂč les ennemis reviennent par la petite porte. OĂč ceux qui ont tout perdu fomentent dans l'ombre. OĂč les alliances se nouent pour diviser, dĂ©moraliser, corrompre, infiltrer. C'est lĂ  que les peuples Ă©chouent le plus souvent. Non pas parce que l'ennemi est plus fort, mais parce qu'eux se fatiguent, se dispersent, finissent par oublier pourquoi ils s'Ă©taient levĂ©s un jour. On vous endort avec le pain, les jeux, les mille distractions du quotidien. On vous fait croire que c'est fini, que vous pouvez retourner Ă  vos vies d'avant. Mais une rĂ©volution n'est pas un feu de paille. C'est un feu lent, exigeant, qui ne pardonne aucun relĂąchement. Il faut du souffle. Il faut de l'endurance. Il faut, surtout, une vigilance de chaque instant. Ibrahim TraorĂ© n'est pas parfait. Aucun rĂ©volutionnaire ne l'a jamais Ă©tĂ©. Mais il a ce que peu d'hommes ont : le courage de rompre. De renverser la table. De regarder les maĂźtres du monde droit dans les yeux et de leur dire non. Ce n'est pas un politicien. C'est un pari. Un pari sur l'honneur, sur la dignitĂ©, sur la survie mĂȘme du Burkina. Ne vous y trompez pas : s'il tombe, nous tombons tous avec lui. Pas dans la pauvretĂ©, nous y sommes dĂ©jĂ . Mais dans l'humiliation, dans l'oubli, dans une servitude sans retour. Ceux qui rĂŽdent n'attendent qu'une chose : que vous vous relĂąchiez. Que vous doutiez. Que vous vous dĂ©chiriez entre vous. Que vous trahissiez. Que vous vendiez, pour quelques miettes, ce qu'il vous reste de fiertĂ©. Alors non, ce n'est pas le moment de baisser la garde. Ce n'est pas le moment de chercher son intĂ©rĂȘt personnel. Ce n'est pas le moment de croire que le travail est terminĂ©. Le Burkina avance sur un fil. Et le vent souffle fort. C'est maintenant qu'il faut tenir. MĂȘme avec les dents. MĂȘme seul, s'il le faut. Car si nous laissons passer cette chance, nous n'en aurons pas d'autre. Pas de deuxiĂšme appel. Pas de second Ibrahim. Celui-ci est le dernier. Et il n'y aura aucun pardon pour ceux qui l'auront laissĂ© tomber.