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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.
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🏴 CONTRE TOUS LES ÉTATS, CONTRE LEURS GUERRES ! 🚩
Réponses aux questions du camarade Maciej Augustyn, depuis la Pologne
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MasterDnsVPN est un projet de recherche scientifique pour porter du trafic TCP à travers des requêtes et réponses DNS. Par ses objectifs généraux, c'est assez proche d'autres projets comme DNSTT ou SlipStream, mais sa structure et sa mise en œuvre [implementation] sont fondamentalement différentes. Ce système est conçu autour de la comptabilité avec les comportements de beaucoup de résolveurs et avec les conditions de connexion les plus difficiles, dans le but de préserver la meilleure stabilité et la meilleure transmission de données même dans les pires situations.
https://github.com/masterking32/MasterDnsVPN
C'est la meilleure solution pour aider l'Iran à se connecter à Internet.
#IranRevolution #FemmeVieLiberte #SolidariteInternationale #ContreLePatriarcat #LaLutteContinue #WomanLifeFreedom
#GlobalSolidarity #AgainstPatriarchy
#StruggleContinues
#انقلاب_ایران #زن_زندگی_آزادی #همبستگی_جهانی
#علیه_مردسالاری #مبارزات_همچنان_ادامه_دارد
🔴 Contre tous les gouvernements, contre leurs guerres ⚫️
Depuis plus d'un mois, les bombes étasuniennes et israéliennes tombent sur l'Iran. Des civil•es meurent. Parmi elles, des centaines d'enfants. Plus d'un million de personnes a été déplacé. Internet a été coupé depuis le 28 février. La guerre a désormais gagné toute la région.
Mais nous voulons exprimer quelque chose que les médias n'exprimeront pas pour nous.
Nous ne pleurons pas la République Islamique. Nous l'avons combattue toute notre vie. Elle a torturé nos camarades. Emprisonné nos sœurs. Massacré les nôtres depuis 47 ans.
Mais les bombes de l'empire ne sont pas une libération.
Trump l'a dit lui-même, il ne se bat pas pour la démocratie. Il ne se bat pour les femmes iraniennes. Il se bat pour les intérêts stratégiques étasuniens, pour détruire les capacités balistiques, pour contrôler la région. Washington ne jette pas des bombes pour la liberté. Demandez aux gens en Irak, demandez aux gens en Afghanistan.
Et tandis que les bombes tombent de dehors, la République Islamique nous fait la guerre en interne. Les manifestant•es sont exécuté•es. Les prisonnier•es politiques sont enfermé•es dans des cellules sans nourriture. Nos camarades nous manquent. Le régime utilise les détenu•es comme bouclier humain dans les bases militaires.
Le peuple d'Iran est coincé entre deux formes de violence. L'une porte un turban, l'autre un costume.
A celles et ceux qui portent le drapeau du Shah dans la diaspora, nous disons clairement : nous n'avons pas survécu pendant 47 ans sous une dictature pour livrer notre pays au fils du dictateur d'avant. Couronne et turban sont les deux faces de la même médaille. Nous n'en voulons pas.
Ce que nous voulons est simple : une société construite par en bas, sans maîtres, sans mollahs, sans Shahs. Les travailleuses et les travailleurs aux manettes sur leur lieu de travail. Des communautés qui s'auto-organisent et s'auto-déterminent. La liberté pour toutes et tous de décider de leur propre futur.
Nous soutenons le peuple d'Iran, pas les gouvernements des États-Unis ou d'Israël, pas la République Islamique, pas la restauration de la couronne.
Le peuple.
Non à la guerre impérialiste !
Ni Mollah ni Shah !
Femme, Vie, Liberté !
🔴 Contre tous les gouvernements, contre leurs guerres ⚫️
Communiqué du Front Anarchiste du 2 avril 2026
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Le narratif officiel prétend qu'il est "mort sur la ligne de front et en accomplissant son devoir" et élève dans son langage idéologique empoisonné sa mort au rang de "martyr". Mais la vérité est plus simple et plus brutale : un enfant est mort au service d'une machine militaire. Il n'y avait ni choix ni "devoir" qui pourrait être considéré comme quelque chose d'éthique. Ce qui rend cette réalité encore plus abrupte, c'est le communiqué de la mère : "en raison d'une pénurie de forces, son père l'avait emmené sur le checkpoint... la présence de jeunes de 15 ou 16 ans sur ce genre de checkpoints est assez commune..." Cet aveu dit une vérité horrible : quand l’État fait face à une pénurie de main d'œuvre, les corps des enfants servent de réservoir. La famille, qui devrait être un lieu de refuge, devient alors une extension de la machine de guerre.
Ce phénomène ne se limite pas à un gouvernement en particulier. Il est inhérent à tous les États qui, en temps de guerre et de crise, mettent la priorité sur leur propre survie, au détriment des vies humaines. Chaque État, au moment d'une crise, retourne à cette même logique : mobilisation, sacrifice et, au final, la consommation d'êtres humains.
La guerre, quelque soit le nom qu'on lui donne, "défense", "sécurité", "mère patrie", contient toujours la justification et normalisation de la mort. Et les enfants, en raison de leur vulnérabilité et de leur sensibilité à la propagande, deviennent le carburant le plus facile pour ce feu.
L'Histoire l'a montré à plusieurs reprises : des champs de mines aux checkpoints, des salles de classe à la propagande officielle, l'enfant devient un projet pour le futur de l'État, un futur qui ne sera souvent jamais atteint.
Parler de "violations des droits humains" n'est pas suffisant dans ce cas de figure. C'est un terme qui sert plus souvent à gérer des crises qu'à y mettre fin. Le problème est plus profond : la structure même qui garantit à l’État le monopole sur la violence, qui normalise la hiérarchie et qui construit l'obéissance comme une vertu. Avec une telle structure, l'enfant soldat n'est pas une déviation mais une possibilité permanente.
Il faut l'affirmer haut et fort : aucune guerre où des enfants sont utilisés ne peut être considérée comme une "guerre populaire". Aucune "mère patrie" ne mérite qu'on envoie pour elle des corps d'enfants sur un checkpoint. Et aucune idéologie ne peut balayer cette réalité.
Ce qu'il faut remettre en question, ce n'est pas juste une politique ou un officier, mais la logique complète de la gouvernance : la logique de l’État, des frontières, des armées, et de l'obéissance. Tant que cette logique persiste, Alireza risque de ne pas être le dernier, et même pas une exception.
Face à ce cycle, la réponse n'est pas la réforme mais le refus : refus de participer, refus de légitimer et la reconstruction de la vie basée sur la solidarité depuis en bas, pas les ordres depuis en haut. Parce que partout où se concentre le pouvoir, les enfants seront tôt ou tard poussés vers la ligne de front.
Ni Mollah ni Shah ! Non à la guerre !
Femme, Vie, Liberté !
🔫 ENFANTS SOLDATS : QUAND L'ÉTAT, LA GUERRE ET LA FAMILLE CONVERGENT !
Par Hasse-Nima Golkar
La mort de "Alireza Jafari", un enfant de 11 ans scolarisé tué à un checkpoint militaire, n'est ni une "tragédie" ni une "exception". C'est le résultat direct d'un ordre basé sur l'obéissance, la peur et la production constante de la guerre. Un ordre sur lequel tous les États, peu importe leur idéologie ou leur drapeau, dépendent pour leur survie.
🛜 LA COUPURE TOTALE D'INTERNET EN IRAN CONTINUE
Par Hasse-Nima Golkar
Pendant que les ennemis de classe de la classe ouvrière en Iran - que ce soit les forces autoritaires du gouvernement islamique chiite ou les monarchistes battus, continuent des deux côtés du front de battre la mesure fasciste du tryptique "guerre-meurtres-destruction" et de ses développements, chacun à leur façon mais selon la même nature, uniquement pour la défense des intérêts de leur groupe et de leur classe - pendant ce temps, donc, les lignes de communication Internet pour les gens sans moyens de défense restent coupées depuis le début de la deuxième guerre entre les gouvernements étasunien, israélien et iranien, soit depuis 30 jours (et nuits) à présent.
Selon un message de Netblocks, l'organisation qui observe et enregistre les variations de la connectivité à Internet à travers le monde, sur le réseau X : “Le régime de Téhéran, peu après le début de la guerre, a décidé de maintenir la connectivité au monde extérieur à environ de 1% de ce qu'elle est en temps normal. Ce qui est disponible, c'est un Internet isolé, contrôlé par l’État, appelé "Réseau d'Information National" et la connexion connexion par satellite "Starlink", que tout le monde n'a pas la capacité technique et économique d'utiliser.
Le "Réseau d'Information Nationale" est une forme "fermée" d'Internet propre à l'Iran, créée par le régime en place pour remplacer l'Internet global, de façon à pouvoir contrôler les informations qui y passent et à quelle vitesse, en particulier les informations venues du monde extérieure et celles apportées par les utilisateurs et utilisatrices.
#NoMullah #NoShah #NoWar
#WomanLifeFreedom
#FemmeVieLiberté
🛜 LA COUPURE TOTALE D'INTERNET EN IRAN CONTINUE
Par Hasse-Nima Golkar
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Quand les prisonnièr•es sont délibérément enfermé•es dans leurs cellules, abandonné•es par les gardiens et laissé•es sans nourriture ni soin, le droit international interdit explicitement et fermement de telles conditions. Ce n'est plus dès lors des "dérives". Cela constitue une grave violation des droits humains et, dans de telles circonstances, c'est qualifié de traitement inhumain ou de torture. L'article 6 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques protège le droit à la vie : l’État a l'obligation d'assurer que personne n'est arbitrairement exposé au risque de mourir. Abandonner des prisonnier•es sans nourriture, sans eau, sans soins médicaux, en les empêchant de sortir, est une violation directe de cet article, même si la mort n'est pas encore survenue. L'article 7 du même pacte interdit les actes de torture et les traitements inhumains.
Même la réglementation nationale, interne à l'Iran, en matière carcérale, est transgressée : les prisonnier•es doivent recevoir de la nourriture saine en quantité suffisante, doivent avoir accès à de l'eau garantie potable, doivent bénéficier d'un environnement sain et les officiels de la prison sont chargés d'assurer la présence constante de l'administration au sein des quartiers dont ils s'occupent.
🔸Conclusion
La prison d'Evin n'est pas une exception sous la République Islamique. C'est même sa raison d'être. Depuis plus de 50 ans, sous le Shah comme sous les notables religieux, Evin a été et reste le lieu où les dirigeants de l'Iran envoie celles et ceux qui refusent de rester silencieux. Journalistes, travailleureuses, étudiant·es, femmes, minorités nationales, anarchistes : toutes celles et tous ceux qui défient le pouvoir finissent derrière ces murs.
Aujourd’hui, dans le chaos de la guerre, ces murs sont devenus encore plus terrifiant dans ce qu'ils incarnent : un coffre scellé où sont enfermé•es des centaines de prisonnier•es politiques, sans nourriture sans soins médicaux, sans contact avec leurs familles, à la merci des bombes qui tombent dehors ou des gardes qui ne sont pas encore tous partis.
Le silence qui entoure Evin en ce moment n'est pas la paix. C'est l'arbre qui cache la forêt de ce qui pourrait bien constituer le pire chapitre de cette longue histoire d'atrocités de cette prison.
Nous revendiquons la libérationt immédiate de tou•tes les prisonnier•es politiques. Nous revendiquons que leur sécurité soit assurée. Nous exigeons que le monde ne détourne pas les yeux.
Ni Mollah, ni Shah !
Femme, Vie, Liberté !
📚 Sources
1. Wikipedia — Evin Prison: en.wikipedia.org/wiki/Evin_Prison
2. Human Rights Watch — "Like the Dead in Their Coffins": hrw.org/reports/2004/iran0604/5.htm
3. Iran International — Evin Ward 4g conditions: iranintl.com/en/202406157248
4. Iran HRM — Iran Prisons Information: iran-hrm.com/iran-prisons-information
5. Iran International — Fears grow for prisoners during war: iranintl.com/en/20260305
6. Jerusalem Post — What is Evin Prison: jpost.com/middle-east/iran-news/article-858692
7. TIME — Fears Rise for Political Prisoners: time.com/7382157/iran-political-prisoners-evin
8. Iran HRM — Urgent Report March 2026: iran-hrm.com/2026/03/02/urgent-report-emergency-situation
9. WNCRI — Humanitarian Crisis in Evin Prison: wncri.org/2025/12/15/humanitarian-crisis-in-evin-prison
10. WNCRI — Conditions of Female Political Prisoners: wncri.org/2025/12/26/conditions-of-female-political-prisoners
11. IranWire — Like Purgatory: iranwire.com/en/politics/110408
12. Iran International — Ward 209 conditions: iranintl.com/en/202501168258
13. Iran International — Narges Mohammadi account: iranintl.com/en/20230119
14. Foreign Policy — Political Prisoners in the Firing Line: foreignpolicy.com/2026/03/16/iran-war-political-prisoners-detainees
15. Iran HRM — Political Prisoners in the Firing Line: iran-hrm.com/2026/03/18/irans-political-prisoners-are-in-the-firing-line
16. Amnesty International — March 6, 2026 report on Evin Prison conditions: amnesty.org
17. BBC Persian / Iran Wire — October 2022 Evin Fire coverage
Depuis le début de la guerre, Evin a muté : du haut lieu de la répression systématique, la prison est devenue le lieu d'une crise aïgu.
Les nouvelles sur place indiquent un effondrement total de la structure administrative et hiérarchique d'Evin, en lien avec l'escalade du conflit militaire. Le personnel administratif a abandonné son poste, ce qui entraîne dans les faits une absence totale de supervision sur l'approvisionnement en biens de base pour les prisonnier•es. Dans les quartiers 7 et quartier des femmes, la distribution alimentaire est totalement à l'arrêt. Dans plusieurs quartiers, seules de minuscules rations de pain ont été données. La fermeture de la cantine carcérale et l'absence totale de reddition de comptes de la part des officiels empêche toute possibilité pour les prisonnier•es de subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.
Plusieurs organisations des droits humains ont alerté sur l'imminence de la crise humanitaire. L'ordre administratif s'est effondré de fait, les gardes ont abandonné leurs postes et les portes de cellules ont été bloquées, de sorte que les prisonnier•es sont confiné•es dans leurs cellules. La distribution alimentaire et les soins médicaux sont largement suspendus, alors que la cantine carcérale (un système clé pour que les détenu•es puissent s'approvisionner en eau potable et en nourriture) est aussi fermée. Certain•es prisonnier•es politiques ont été transférés vers des destinations inconnues sans que leur famille en soit informée.
Un scientifique suédo-iranien actuellement dans le couloir de la mort, Ahmadreza Djalali, est parvenue à joindre sa femme le 3 mars. "La connexion était très mauvaise et ça n'arrêtait pas de couper et de déconnecter mais il m'a rappelé et on a réussi à parler pour environ 2 minutes. Il lui a dit qu'ils pouvaient entendre les explosions des bombes non loin mais que les portes de leurs quartiers restaient fermées.
Selon les informations du 6 mars d'Amnesty International, les cartes électroniques utilisées par les détenu•es pour cantiner de la nourriture ou de l'eau avaient cessé de fonctionner. Les prisonnier•es décrivent une grave surpopulation et des conditions sanitaires qui se dégradent. Leurs soins sont refusés ou repoussés, alors que les interrogatoires continuent sur le même rythme.
Le site Internet des avocats bénévoles Dadban a alerté qu'en période de forte tension politique ou militaire en Iran, souvent le traitement des prisonnier•es politiques se durcissait. "Sous la République Islamique, en période de tension politique ou militaire grave, le risque d'intensification de la répression, voire de représailles sur les prisonnier•es politiques, augmente."
Pendant la guerre des 12 jours, en juin 2025, Evin a été directement touchée : Israël a bombardé Evin pendant les heures de visite. L'attaque était composée de huit frappes et a tué au moins 80 personnes, dont des prisonnier•es et des travailleuses et travailleurs sociaux, d'après une investigation menée par Human Rights Watch. Maintenant, dans une nouvelle guerre en cours bien plus intense, une section du mur de la prison d'Evin a été visée par une attaque de missile. Une partie de l'enceinte a donc été détruite.
Le nombre de personnel sur place a été sérieusement réduit. Le 2 mars 2026, les forces anti-émeutes iraniennes ont pris le contrôle de la prison et ont remplacé l'administration habituelle de la prison. Il semble que depuis la guerre, les prisonnier•es ont été abandonné dans leur cellule fermées et que les gardes sont pour la plupart aux abonnés absents, laissant les prisonnier•es coincé•es, sans suivi réel, sans nourriture et sans soutien.
D'autres sources rapportent que le nombre de personnel et de force de sécurité dans la prison d'Evin a significativement diminué et que le complexe est actuellement sur un fonctionnement dégradé, avec le minimum de personnel possible.
🔸La violation du cadre légal
La République Islamique a emprisonné et emprisonne encore actuellement des mineurs à Evin. Des enfants arrêté•es pendant les manifestations, détenu•es avec les adultes et privé•es d'éducation et de leurs droits fondamentaux. Pendant le soulèvement Femme-Vie-Liberté de 2022 et les manifestations de janvier 2026, des mineur•es figurait parmi lesr personnes qui ont été raflées pendant les arrestations de masse et ils et elles ont été transféré•es dans les établissements pour adultes. Certains ont été détenus au quartier 209 dans les conditions décrites ci-avant : isolement carcéral, interrogatoires, refus de soins médicaux.
L'emprisonnement systématique des enfants pour activités politiques constitue une violation de tous les standards internationaux en matière de justice des mineurs.
🔸Le massacre de 1988, les pages les plus sombres de l'histoire d'Evin
On ne peut pas évoquer Evin sans parler du massacre de 1988. À l'été 1988, Khomeini a publié une fatwa ordonnant l'exécution massive des prisonnier•es politiques. En à peine quelques semaines, des milliers de détenu•es, dont beaucoup purgeaient déjà une peine, ont été secrètement exécuté•es et jeté•es dans des fosses communes.
Evin a été l'un des points névralgiques de ce massacre. Le nombre exact de victimes n'a jamais été révélé officiellement. Les estimations varient entre plusieurs milliers et un peu plus dix mille personnes.
Les fosses au cimetière de Khavaran au sud-ouest de Téhéran restent un lieu de recueillement et de harcèlement étatique encore à ce jour.
🔸Le feu d'octobre 2022
Le feu qui s'est déclaré à la prison d'Evin le 15 octobre 2022 a été l'un des événements les plus importants et les plus controversés de cette période de manifestations qu'a connu tout l'Iran.r
L'incident a eu lieu le soir du 15 octobre 2022, en plein soulèvement à la suite du meurtre de Mahsa Jina Amini. Des bruits de coups de feu ont d'abord été rapportés, suivis de départs de feu dans plusieurs sections de la prison, particulièrement dans le quartier 7 et le hangar à vêtements.
Les vidéos qui ont circulées montraient des flammes et une épaisse fumée qui s'échappaient du complexe carcéral et on y distinguait le son incessant de coups de feu.
Deuxième versions coexistent à ce sujet. La version officielle de la République Islamique parle d'une bagarre entre prisonniers qui aurait fini par embraser le hangar mais que la situation était rapidement revenue sous le contrôle de l'administration. La version des prisonnier•es et des sources non officielles nous racontent une tout autre histoire. Que des affrontements ont eu lieu avec les forces de sécurité, qu'il a été fait usage d'armes à feu et que le feu a démarré au cours de la répression qui s'en est suivie dans la prison.
Selon les chiffres officiels, au moins 8 personnes sont mortes, a priori surtout des prisonniers de droit commun (délits financiers) et des dizaines d'autres blessées. Des sources indépendantes font l'hypothèse d'un nombre plus élevé de victimes. De nombreux détenu•es ont été brûlé•es à divers degrés, intoxiqué•es par les fumées ou atteint de maladies respiratoires graves, ce qui correspond avec l'hypothèse qu'ils auraient pu être piégés dans unr bâtiment en feu non ventilé.
Les jours qui ont suivi, certains prisonniers ont été transférés à l'hôpital pour y être soignés. D'autres ont été vers d'autres prisons. Plusieurs sources mettent en évidence un accès réduit aux soins médicaux et des retours prématurés en détention, avant pleine récupération.
Cet incident a eu lieu en plein pendant le pic des protestations après la mort de Mahsa Amini et a été compris comme un signe d'une pression sécuritaire accrue sur les prisonnier•es, une politique de violence délibérée contre les détenu•es et une crise de l'administration et de la reddition de compte au sein du système carcéral iranien. Ce n'est pas un événement isolé, c'est un symptôme.
🔸Ce qui se passe actuellement, pendant la guerre
Les détenu•es rapportent des agressions sexuelles perverses, des passages à tabac, de la privation de sommeil, de la nourriture immangeable, des placements prolongés à l'isolement, de la surpopulation carcérale, des conditions sanitaires déplorables, des refus de soins médicaux et de faux aveux extirpés pour pouvoir être diffusés ensuite sur la télévision d'Etat.
Les accusations servant à justifier la détention comprennent notamment les volontairement vagues délits ou crimes de "corruption terrestre" et "hostilitéR envers Dieu", dont les peines vont jusqu'à la peine capitale par pendaison. Ces accusations ne requièrent ni preuve ni charge de l'administration de celle-ci. Elles n'existent que pour réduire au silence.
La lauréate du Prix Nobel de la Paix Narges Mohammadi, emprisonnée à Evin, a documenté les abus systématiques depuis sa cellule. Dans un document qu'elle a publié, elle relate les détails de femmes placées à l'isolement pendant de longues périodes, les interrogatoires musclés, la construction de dossiers sur des crimes qu'elles n'ont jamais commis et l'impact que ces conditions ont sur elles.
Mentionnant les noms de 58 prisonnières, elle décrit l'isolement dans les quartiers controlés par le Ministère du Renseignement et les "Gardiens de la Révolution" comme des "violations flagrantes des droits humains et des actes de pure barbarie". Sur les 58 prisonnières, 57 ont eu à subir des "tortures inhumaines terribles".
🔸Le quartier des femmes
La condition des femmes à Evin constitue une forme spécifique et systématique de violence de genre par l’État.
Les femmes ont leur propre section qui leur est dédiée à Evin. Elles vivent dans 4 cellules surpeuplées, qu'elles partagent en général à environ une vingtaine.
Un rapport de décembre 2025 documente les conditions désastreuses du quartier des femmes avec force détail : les prisonnières politiques sont confinées dans un espace peu ventilé et clairement insalubre. Elles y sont privées des soins, même les plus basiques, de tout bien-être et de toute hygiène personnelle.
Une infestation de rats et autres parasites est rapportée, avec une estimation d'une centaine de rats dans le quartier. En dépit d'alertes répétées, les autorités carcérales sont défaillantes en matière de contrôle de la peste, de maintien de la salubrité et du nettoyage.
Environ 60 prisonnières politiques sont actuellement détenues dans le quartier des femmes. Les détenu•es rapportent une contamination généralisée des couloirs et des cellules, avec présence constante de rongeurs et d'insectes.
Un fichier audio que s'est procuré IranWire depuis l'intérieur du quartier 209 expose encore plus crûment les conditions de détention des femmes : "le manque de nourriture, la faim constante, l'absence de fruits et de fibres, la saleté répugnante des toilettes et espaces de douche, l'impossibilité d'avoir accès à un•e médecin, en particulier un•e gynécologue, pour les femmes qui souffrent d'infections sont les principaux problèmes des femmes dans Evin." Nombreuses sont les détenues qui passent 50 jours ou plus encore dans une cellule où on ne voit le la lumière du jour que pour 20 petites minutes par semaine.
En décembre 2022, la lauréate du Nobel Narges Mohammadi a écrit une lettre depuis sa cellule sur les agressions sexuelles systématiques et le harcèlement par les gardiens de la prison et par ceux qui mènent les interrogatoires. L'accès aux soins est refusé en permanence : les prisonnières politiques n'ont pas d'accès aux services médicaux même minimum, aucun accès à des spécialistes, des médicaments essentiels et ne peuvent pas etre transférées dans des hôpitaux endommagés dehors de l'enceinte de la prison.
Neuf prisonnières politiques de la section des femmes, dont deux condamnées à mort, ne sont vues refuser le droit de voir leurs proches et leur avocat.
🔸Les mineurs à Evin
🔴 LA PRISON D'EVIN : la maison des ténèbres de l'Iran
Par Sara
Traduction d'un texte initialement publié le 24 mars en anglais
⚠️ TW : récit de conditions de détention et de torture qui peuvent heurter ou raviver des traumas
🔸Histoire & localisation
Construite en 1972 sous le Shah Mohammad Reza Pahlavi, la prison d'Evin occupe un complexe de 5 hectares au nord de Téhéran, au pied des montagnes de l'Elbourz.
Après la Révolution Islamique de 1979, elle a été réutilisée par le Ministère du Renseignement en premier centre de détention pour les prisonniers politiques. La prison n'a pas changé de fonction après la révolution, seules les victimes ont changé. Sous le Shah, les gauchistes et les révolutionnaires y étaient enfermé•es. Sous Khomeini et ses successeurs, les mêmes y sont encore enfermé•es, ainsi que toutes celles et tous ceux qui ont osé ouvrir la bouche pour parler.
Pour beaucoup en Iran, Evin est le symbole de la répression politique et la torture. On la connaît sous le petit nom de "l'Université d'Evin" mais il n'y a pas d'école. Tabassages, torture, exécutions spectacles et interrogatoires brutaux y sont la norme, et pendant quatre décennies, les murs ternes du lieu ont avalé lest pleurs angoissés des prisonnier•es.
Aujourd'hui, on estime que 10 000 à 15 000 personnes y sont enfermées. Journalistes, universitaires, binationaux ou touristes étrangers accusé•es d'espionnage ou d'hostilité envers Dieu.
🔸Les quartiers
Evin n'est pas une simple prison mais bien un complexe de plusieurs systèmes bien distincts de détention qui fonctionnent avec leur logique de répression propre et sous différentes autorités.
Le quartier le plus craint est le 209. Dirigé par le Ministère du Renseignement et de la Sécurité, il est toujours rempli de gens qui sont placés à l'isolement et régulièrement interrogés, pour des accusations d'atteinte à la sécurité nationale, participation aux rassemblements et aux manifestations. Ces détentions, dites provisoires, concentrent les conditions les plus inhumaines et privent les détenus de leur droits humains les plus élémentaires.
Un ancien prisonnier français a décrit en détail son expérience au quartier 209 après sa libération : les détenus y endurent interrogatoires les yeux bandés, séances d'aveux forcés et ont très peu de contact avec le monde extérieur. "Cette torture a pour but de vous amener, pendant les interrogatoires, alors que vous êtes les yeux bandés, à avouer ce qu'ils considèrent que vous devez avouer. Ca peut être des aveux signés ou parfois même des aveux forcés."
Le quartier 2-A est contrôlé par les "Gardiens de la Révolution" et retient des prisonniers politiques placés à l'isolement pendant des mois sans accès à la lumière du jour.
Le quartier 4 abrite des détenus politiques dans une atmosphère de surpopulation grave.t Initialement prévus pour abriter 120 individus, les halls 3 et 4 contiennent désormais plus de 300 détenus. Cette surpopulation carcérale engendre de sérieuses inquiétudes sanitaires et des conditions de sommeil particulièrement éprouvantes. Espace inadéquat et installations dépassées, de nombreux détenus sont forcés de dormir à même le sol et il y a fréquemment des épidémies et des invasions de puces de lit.
Les quartiers 6 et 7 sont destinés aux crimes financiers et aux voleurs.
Le quartier des femmes a une section à part qui lui est dédié, sur laquelle nous reviendrons en détail par la suite.
🔸Traitement des prisonnier•es politiques
Le rapport de 2020 d'Amnesty International intitulé "Piétiner l'humanité" documente les arrestations de masse qui ont suivi le mouvement de protestation de novembre 2019. Il conclue que les détenu•es d'Evin sont soumis de manière routinière à des tabassages, des tortures électriques, des humiliations sexuelles sans que cela soit sanctionné de façon tangible.
⚠️ NOUVELLES DE NOTRE CAMARADE EN IRAN ⚠️
La guerre a frappé près de là où nous sommes. Les gens sont sortis de leur maison effrayés, ont essayé de se conforter les un•es les autres, en se disant qu'Israel avait prétendu ne pas cibler les civil•es.
Au milieu de tout ça, un homme essayait de calmer sa fille de 10 ans. Il lui disait : "tu sais comment ca coûte de fabriquer ces bombes et ces missiles et de les lancer ? On ne vaut pas assez à leurs yeux pour qu'ils dépensent tout cet argent juste pour nous tuer nous. Ils doivent sûrement chercher des dirigeants, des gens du gouvernement. Des gens plus importants que nous.
Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que même quand c'est pour nous épargner, la raison derrière cela, c'est notre insignifiance à leurs yeux.
Mais c'est comme cela que les gens se donnent de la force, en se réconfortant les uns les autres face à la peur.
Après tout ça, ma bonne résolution pour la nouvelle année [le nouvel An iranien est passée tres récemment], c'est que cette fois, nous allons montrer par nous-mêmes ce que nous valons.
De nombreux penseurs anarchistes reconnaissent même que la transition vers une telle société ne peut généralement se faire que par un processus long et progressif, et qu’elle évolue souvent parallèlement à d’autres structures politiques. Par conséquent, à court terme, de leur point de vue, l’essentiel est de renforcer la société civile, les réseaux locaux-régionaux et les institutions d’auto-organisation, afin de réduire la dépendance de la société à l’égard de l’État.
6⃣ Conclusion
Si l’ensemble de la discussion est résumé dans une perspective anarchiste, on peut conclure ce qui suit :
a) Les crises politiques et les guerres sont souvent le produit de la concurrence entre États centralisés.
b) Le changement de gouvernement ne signifie pas nécessairement la fin des structures de domination et de pouvoir.
c) La solution à long terme réside dans l’expansion de l’autogestion sociale, la décentralisation du pouvoir, l’entraide, la coopération volontaire, ainsi que la solidarité durable entre les travailleurs.
5⃣ Alternatives réalistes dans une perspective anarcho-syndicaliste
De manière générale, aucun mouvement fondamental, hormis ceux accompagnés d’une révolution socialiste libertaire, n’est capable de transformer en profondeur les fondements du système capitaliste exploiteur et autoritaire, ainsi que l’ensemble de ses agents et soutiens, et de les reléguer au passé, comme ce fut le cas pour les systèmes sociaux antérieurs.
Il convient de rappeler que l’anarchisme constitue une tradition de pensée composée de diverses branches politiques ayant une racine commune, telles que : l’anarchisme social, l’anarcho-syndicalisme, l’anarchisme communal, l’anarchisme individualiste, l’anarchisme féministe-queer, l’anarchisme écologique, entre autres.
Malgré leur diversité, la plupart de ces tendances partagent les principes fondamentaux suivants :
a) Rejet de l’État-nation et de toute forme de domination
Rejeter toute forme d’« État-nation » (petit ou grand), ainsi que lutter contre toutes les formes d’autorité et de domination telles que : les structures hiérarchiques (parlement, armée, police, bureaucratie), le système carcéral, la torture et les exécutions.
b) Accent sur la révolution sociale et l’autogestion de la société
Mettre l’accent sur la révolution et l’autogestion de la société, une économie participative-coopérative, une organisation horizontale et autogérée, la formation de comités et de conseils démocratiques locaux-régionaux (fédéralistes-confédéralistes), la solidarité, l’entraide, ainsi que la coopération volontaire et libre.
En tenant compte de tous les points généraux abordés jusqu’à présent, l’analyse et les conclusions spécifiques du point de vue anarchiste peuvent être formulées comme suit :
Fondamentalement, la guerre, les coups d’État et les rivalités de pouvoir entre États sont considérés comme le produit de structures étatiques centralisées. Autrement dit, les États se concurrencent pour maintenir leur pouvoir et leur influence.
Cependant, ceux qui supportent toujours le coût le plus élevé des crises, des guerres et des destructions sont les travailleurs et les populations ordinaires.
Ainsi, l’anarchisme déplace généralement le centre du débat de la question « quel État va gagner » vers une question plus fondamentale : comment les êtres humains peuvent organiser et gérer leur vie et leur société sans domination ni structures de pouvoir autoritaires ?
La plupart des scénarios évoqués précédemment restent inscrits dans le cadre de structures étatiques centralisées, telles que les changements de gouvernement, l’État militaire, la république réformée ou le système parlementaire. Toutefois, l’anarchisme soutient que même si le gouvernement change, tant que les structures de pouvoir centralisées sont maintenues, le risque de reproduction de l’autoritarisme, des inégalités et de la répression persistera.
c) Alternatives proposées par l'anarchisme
Dans de nombreuses théories anarchistes, les alternatives proposées prennent la forme d’organisations horizontales et d’autogestion, notamment :
1. Des conseils démocratiques locaux-régionaux ainsi que des systèmes d’autogouvernement basés sur le fédéralisme-confédéralisme.
2. Des syndicats ouvriers syndicalistes.
3. Des institutions sociales et civiles indépendantes et libres.
4. Des réseaux de coopération volontaire et de solidarité entre communautés ethniques diverses, en remplacement de l’État centralisé.
Dans un tel modèle, toutes les décisions sont prises de manière participative au niveau local-régional, tandis que le pouvoir au sein de la société est distribué de manière décentralisée et non hiérarchique.
Lorsqu’un État est soumis à une attaque extérieure, les forces militaires et de sécurité acquièrent généralement davantage de pouvoir, l’espace politique se ferme, et le gouvernement utilise le slogan de la « défense nationale » pour mobiliser le soutien.
Dans une telle situation :
1. Le Corps des gardiens de la révolution et l’armée peuvent jouer un rôle beaucoup plus dominant dans le gouvernement.
2. La structure politique peut évoluer vers un gouvernement militaro-policier centralisé.
3. Des réformes limitées et superficielles peuvent être mises en œuvre pour apaiser le mécontentement.
L’État s’affaiblit, mais ne s’effondre pas. Exemples historiques : les pays des Balkans, l’Irak et l’Ukraine.
b) Changement politique au sein des élites du pouvoir
Dans de nombreux pays, les changements politiques ne se produisent pas toujours par révolution, mais émergent souvent au sein des élites dirigeantes. En Iran, il existe actuellement trois centres principaux de pouvoir : le Corps des gardiens de la révolution, les institutions religieuses (le clergé ou les oulémas), ainsi que les réseaux politico-économiques liés à l’État.
Ainsi, si la guerre se prolonge et que la crise s’approfondit, une partie des élites pourrait conclure que, pour préserver le système, il est nécessaire de modifier la direction ou la structure politique. Ces changements peuvent prendre diverses formes, telles que le transfert du pouvoir à un conseil de direction, l’augmentation du rôle militaire ou une modification de la constitution.
Exemples historiques : les transformations au sein du gouvernement de l’Union soviétique après des crises, ainsi que les transferts de pouvoir dans certains régimes militaires en Amérique latine.
c) Possibilité d’effondrement du système en place
Si une défaite militaire + une crise économique grave + des divisions au sein des élites se produisent simultanément, la possibilité d’un effondrement du système en place devient réelle. Dans de telles conditions, l’autorité du gouvernement central s’affaiblira et le risque de perte de contrôle sur certaines régions augmentera.
Dans une telle situation, les groupes armés locaux-régionaux, les partis ethniques ainsi que d’autres forces d’opposition peuvent devenir plus actifs.
Cependant, il convient de souligner que, dans les conditions géographiques et politiques actuelles de l’Iran, plusieurs caractéristiques importantes existent :
1. Un gouvernement central relativement encore fort, avec environ quatorze à dix-sept institutions de sécurité et leurs branches armées (armée, Corps des gardiens de la révolution et Basij).
2. Une répression sévère et sans compromis contre toute voix de protestation, y compris celles des conseils ouvriers et des institutions civiles.
3. Des divisions idéologico-politiques chroniques au sein des forces d’opposition.
4. L’absence d’organisations indépendantes et d’autogestion étendue et stable.
5. Et surtout, l’absence d’un armement populaire généralisé et coordonné.
Tous ces facteurs indiquent que l’effondrement du système en place, contrairement au récit diffusé par les médias dominants ainsi que par les partisans de la monarchie sous la direction de Reza Pahlavi (fils de Mohammad Reza Shah, ancien dictateur), ne se produira pas rapidement, mais à travers un processus difficile et progressif.
d) Guerre extérieure aboutissant à des négociations
Dans certains cas, une guerre extérieure se termine précisément par de grandes négociations et une reconfiguration politique. Dans une telle situation, des accords régionaux ou internationaux peuvent être conclus. Le gouvernement iranien pourrait faire certaines concessions et, en échange, obtenir des garanties partielles concernant la sécurité du régime ou un allègement des sanctions.
Exemples historiques : les accords ayant mis fin à la guerre Iran–Irak ainsi que les accords nucléaires passés.
b) Coup d’État formel
Ce scénario est plus susceptible de se produire si la structure de direction connaît un vide, ou si une scission sérieuse survient entre les institutions du pouvoir. Dans de telles conditions, une partie du Corps des gardiens de la révolution et de l’armée pourrait prendre le pouvoir sous prétexte de « préserver le système » (ce qui, selon la déclaration ferme de Rouhollah Khomeini, constitue « le devoir le plus primordial ») ou de « sauver l’État ».
Cependant, en réalité, en Iran, le Corps des gardiens de la révolution constitue précisément l’un des piliers fondamentaux du système lui-même. Par conséquent, la probabilité d’un véritable coup d’État contre le gouvernement reste relativement faible.
c) Maintien du statu quo
2⃣ Une guerre civile est-elle possible ?
a) Effondrement du gouvernement central
Tant que le Corps des gardiens de la révolution, le Basij et les appareils de sécurité sont encore capables de maintenir le contrôle de l’État, la probabilité d’une guerre civile demeure faible.
b) Armement généralisé parmi les forces sociales souhaitant renverser le pouvoir
Étant donné que, pour l’instant, la classe ouvrière et les autres groupes de travailleurs en Iran ne sont pas largement armés, la probabilité d’une guerre civile comparable à celles de la Syrie ou de la Libye est réduite.
c) Émergence de forces armées concurrentes
Dans certaines régions comme le Kurdistan, le Baloutchistan ou d’autres zones frontalières, il existe des groupes armés. Si le gouvernement central s’affaiblit, des conflits nationaux (locaux-régionaux) ainsi que diverses formes d’insurrections armées populaires pourraient émerger, bien que cela ne prenne pas nécessairement la forme d’une guerre civile classique.
3⃣ Le scénario le plus réaliste pour l’avenir de l’Iran et du Moyen-Orient
Sur la base de l’évaluation des données disponibles à ce jour, plusieurs possibilités peuvent se produire :
a) Guerre courte et retour aux négociations
Selon les déclarations rendues publiques jusqu’à présent, l’objectif principal de l’alliance États-Unis–Israël est la destruction totale du programme nucléaire et de l’infrastructure de missiles de l’Iran, et non le renversement direct du gouvernement islamique en place ni l’instauration d’une démocratie en Iran.
Si cette position ne change pas, la guerre pourrait durer quelques semaines ou quelques mois, puis être suivie d’un cessez-le-feu ou de nouvelles négociations. Un tel scénario est très courant dans l’histoire du Moyen-Orient.
b) Le gouvernement iranien s’affaiblit, mais le système perdure
Dans ce scénario, les infrastructures militaires et économiques subissent des dommages importants, mais le système politique reste intact, à l’image de l’Irak dans les années 1990, de la Serbie à l’époque de Slobodan Milošević, ou de l’Ukraine.
c) Crise interne et changement politique
Si une crise économique grave, une défaite militaire et des divisions entre les élites dirigeantes surviennent simultanément, la possibilité d’un changement politique interne ou d’un transfert de pouvoir peut apparaître. Ce processus commence généralement au sein des élites plutôt que dans la rue.
d) L’avenir du Moyen-Orient
Si cette guerre se prolonge, plusieurs conséquences majeures sont susceptibles de se produire :
1. Extension de l’implication de forces régionales telles que le Hezbollah au Liban, le Hachd al-Chaabi en Irak, les Houthis au Yémen, et d’autres.
2. Choc économique mondial dû à une forte hausse des prix du pétrole et du gaz, notamment si le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique est fermé.
3. L’affaiblissement du gouvernement iranien modifiera l’équilibre des forces régionales, ce qui pourrait renforcer les gouvernements de la Turquie, de l’Arabie saoudite et d’Israël.
4⃣ Résumé des scénarios
a) Maintien du système avec concentration du pouvoir dans les appareils sécuritaires
Dans de nombreuses guerres, le scénario le plus courant est le maintien du système avec une concentration du pouvoir dans les appareils sécuritaires.
