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Front Anarchiste – Version Française

Front Anarchiste – Version Française

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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.

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🏴Proposition pour un "rassemblement d'amoureux•se de la liberté"🏴‍☠ Nous, collectif anarchiste, présentons ce texte comme une proposition pour créer un cadre de libre coopération parmi les forces qui recherchent la liberté. Le but de cette proposition est de permettre une action commune sans coercition, sans centralisation et sans homogénéisation ; de façon à ce que chaque force, tout en préservant parfaitement son indépendance, participe en coopérant avec les autres aux endroits où cela lui semble approprié. 🔷 PRINCIPES DE BASE 1⃣ Pas de précondition pour la coopération Dans cette proposition, il n'y a pas de condition préalable à la coopération à différents niveaux. La coopération peut être basée sur un ou plusieurs points communs, même quand il n'y en a qu'un seul. La coopération peut commencer dès ce niveau minimal de base commune, même limitée ou de courte durée. 2⃣ Liberté totale d'association et de coopération Tout individu ou organisation peut décider de rejoindre librement cette proposition, sur la base de la connaissance de la composition des forces impliquées. Rejoindre ce cadre : - ne veut pas dire accepter les autres ; - n'implique pas de coopérer avec tous les groupes. Cette proposition rend simplement la coopération possible, elle ne la requiert pas. 3⃣ Reconnaître les différences Les différences théoriques, pratiques et analytiques entre les forces qui composent cette proposition sont naturelles et elles sont reconnues comme telles. Ce cadre : - ne cherche pas l'homogénéisation - ne cherche pas à imposer une seule et unique politique - ne considère pas une forme particulière de lutte comme le standard 4⃣ Indépendance dans les positions Chaque individu et organisation conserve ses propres positions. Les communiqués conjoints : - expriment uniquement les positions de leurs signataires, - sont publiés avec l'ensemble des signatures, - et personne n'est obligé de les signer. Ne pas signer ne signifie pas opposition, pas plus que ca n'implique un retrait du cadre proposé. 5⃣ Base de formation Ce regroupement est fondé sur : - l'autonomie - la coopération volontaire - les relations horizontales. Son but est de faciliter les actions conjointes sans créer de structures centralisées ou hiérarchiques, de façon à ce que la coopération n'émerge que du libre choix des participant•es. 🔶 FONCTIONNEMENT PRATIQUE 1⃣ Initier la coopération Tout individu ou toute organisation peut faire une proposition spécifique de coopération. Cette proposition peut inclure le sujet, le but et les bases minimales requises. Toute proposition est une invitation, pas une commande. 2⃣ Formation de projets Les autres sont libres de : - s'associer - ne pas s'associer - modifier la proposition selon leur souhait. Chaque coopération n'a de sens qu'entre les participants de ce projet spécifique 3⃣ Prise de décision au sein du projet La prise de décision dans chaque projet appartient à ces mêmes participants. En cas de désaccord : - il est possible de séparer les chemins, - ou différentes versions de cette même action peuvent émerger. Le désaccord n'est pas un obstacle mais un élément naturelle du processus de coopération. 4⃣ La publication de communiqués et d'actions conjointes Chaque communiqué ou action est formée sur la base de la participation volontaire. La liste des signataires est rendue publique et transparente. Il est possible d'ajouter des signatures ou de publier différentes versions. 5⃣ Gestion des désaccords Il n'existe pas d'autorité centrale chargée de résoudre les désaccords. Les solutions possibles peuvent inclure : - une coopération qui continue sur les points d'accord, - une coopération limitée, - une séparation amiable, chacun retrouvant sa liberté d'action. Dans ce cadre, la coercition, l'exclusion et le fait de délégitimer ne sont pas des comportements admis. 6⃣ Communication et coordination La communication se fait en direct et via les réseaux. Il n'y a ni centre de coordination ni un•e unique porte-parole. Chaque force est responsable de l'expression de ses propres positions.

📶 PLUS DE MILLE HEURES DE COUPURE D'INTERNET EN IRAN Par Hasse-Nima Golkar Le blackout d'Internet de plus de 1000 heures en Iran ne peut pas être simplement expliqué par la "censure" ou par une "interruption technique". C'est une manifestation flagrante de l'appropriation et de la souveraineté de l’État islamique chiite fasciste sur les infrastructures de communication. Internet, souvent pensé comme un espace libre et décentralisé, révèle ici sa vraie nature : un réseau dont les nœuds centraux peuvent aisément être étranglés par un pouvoir centralisé. Dans cette situation, le silence imposé sur la société n'est pas un effet collatéral mais bien un objectif politique. La coupure des communications fonctionne comme une forme de siège, un siège qui isole les corps qui protestent, qui fracture la mémoire collective, et qui affaiblit la possibilité des solidarités horizontales. Pendant ce temps, les forces alignées avec le pouvoir continue à produire et à disseminer sans discontinuer leur narratif, grâce à leur accès exclusif aux infrastructures. Comme si la réalité, comme la bande passante, était rationnée Cette division est bien davantage qu'une inégalité médiatique. Elle révèle un monopole sur les moyens de production de la réalité elle-même. Ce qui circule comme des "nouvelles" n'est pas le reflet de la réalité mais le produit d'un accès inégal aux outils de dissémination. Dans ces conditions, la vérité n'est ni découverte ni simplement concédée ; elle est savamment orchestrée et conçue. De notre point de vue, cette situation n'est pas une exception mais la règle. Toute infrastructure centralisée, même quand elle apparaît "publique" ou "globale", finit toujours par servir la reproduction de la domination. En conséquence, la problématique n'est pas simplement de restaurer Internet ou réduire l'impact de la censure ; il s'agit de briser le monopole infrastructurel qui rend possible un tel contrôle. La réponse anarchiste n'est pas de revendiquer un "Internet plus libre de la pression étatique, mais de construire et répandre des réseaux indépendants, décentralisés et autogérés : des réseaux maillés et des outils de communication de pair-à-pair (peer-to-peer) à des formes alternatives d'organisation qui ne dépendent pas de points faibles critiques centralisées. Il ne s'agit pas d'un simple choix technique mais d'une nécessité politique. Dans ce sens, la coupure d'Internet n'est pas simplement un acte de répression ; c'est la révélation de la réalité crue qui veut que tant que les infrastructures de communication restent sous contrôle centralisé, tout mouvement d'émancipation repose sur un sol instable. Ni Mollah ! Ni Shah ! Ni guerre ! Femme, Vie, Liberté !

📶 PLUS DE MILLE HEURES DE COUPURE D'INTERNET EN IRAN Par Hasse-Nima Golkar ➡️
📶 PLUS DE MILLE HEURES DE COUPURE D'INTERNET EN IRAN Par Hasse-Nima Golkar ➡️

Maryam Akbari Monfared a été relâchée après avoir purgé l'entièreté de sa peine, plus de 17 ans de prison. Aujourd'hui 19 Far
Maryam Akbari Monfared a été relâchée après avoir purgé l'entièreté de sa peine, plus de 17 ans de prison. Aujourd'hui 19 Farvardin 1405 (8 avril 2026), la prisonnière politique "Maryam Akbari Monfared" (née le 13 décembre 1976) a été relâchée de la prison de Qarchak Varamin (située au sud-est de Téhéran) après 17 ans de prison sans un seul jour de permission, après avoir accompli l'entièreté de sa peine. Maryam Akbari Monfared avait été arrêtée en janvier 2010 et condamnée à 15 ans de prison par le Tribunal Révolutionnaire de Téhéran. À compter de ce soir, jusqu'à aujourd'hui, elle n'a eu aucun jour de permission, ni familiale ni pour raison médicale. Deux de ses frères ont été exécutés, en 1981 et en 1984. Son cadet et sa cadette, Abdolreza et Roghieh, furent également exécuté•es lorsque des tueries de masse de l'été 1988.

"Les guerres du pouvoir ne libèrent jamais" Le sang des personnes sans défense tâche les mains des tyrans et des empires de la même façon. Dans le conflit déguisé en "intervention humanitaire" entre l'impérialisme global et les oppresseurs réactionnaires, ce sont toujours les gens ordinaires qui paient le lourd tribut de leur vie. Depuis le depuis du modèle de l’État-nation et des décennies avant cette guerre, le peuple d'Iran a été opprimé par le fascisme nationaliste et religieux : massacres de prisonnier•es politiques, terreur idéologique, oppression de genre, discrimination ethnique, assimilation culturelle et uner économie asphyxiée par les sanctions. Des dizaines de soulèvement, des rues des villes aux montagnes du Kurdistan, n'ont rencontré que des balles et des cellules de torture. Désormais, une pluie de bombes s'abat sur les maisons et les infrastructures pendant que la répression interne se resserre comme un nœud coulant sur notre cou. Ce n'est pas une libération. Chaque frappe militaire orchestrée par un État, même drapée dans une rhétorique de la "salvation", écrase celles et ceux qui n'ont pas le pouvoir, celles et ceux qui n'ont pas de voix. Arrêtez avec les récits officiels. Posez la seule question qui vaille : A QUI PROFITE CE MASSACRE ? Certains saluent les bombes des superpuissances par haine pour l'un des régimes ou par revanche contre l'autre, tandis que des deux côtés, des civil•es sont tué•es. C'est à ce sujet que Nietzsche nous alertait : "celui qui combat les monstres doit bien veiller à ne pas lui-même devenir un monstre. Et si vous contempler l'abysse un long moment, alors cette abysse vous contemple elle aussi en votre for intérieur." Quand la violence, même contre un pouvoir oppressif, se voit justifiée en dépit des conséquences humaines et des morts, la frontière entre libération et domination devient plus difficile à distinguer. Nous, anarchistes sur ce morceau de terre, rejetons TOUS les États et leur bellicisme. Les gouvernements autoritaires de toute forme utilisent n'importe quel prétexte pour menacer la vie des gens qu'ils prétendent protéger. Nous sommes depuis toujours et resterons opposés à cette logique du pouvoir qui transforme les vies humaines en instruments. Ce qu'il faut défendre, ce ne sont pas les guerres menées par les États ou les projets impérialistes, mais l'organisation inclusive de la société par les gens elles et eux-mêmes. Les formes de solidarité populaire et d'organisation horizontale des sociétés, formées volontairement contre toutes les formes de domination. Dans la géographie d'un Iran multi-ethnique, cela ne peut fonctionner qu'en se débarrassant du nationalisme extrême et du fascisme, pas de nos maisons, des systèmes d'acheminement de l'eau ou du réseau électrique. Construite des unions entre communautés ethniques pour empêcher le capitalisme de faire du "nationalisme" une nouvelle arme au service de sa répression. La libération exige de la solidarité humaine, l'auto-organisation des communautés et un rejet total de la hiérarchie. NON aux guerres entre États, OUI à la guerre sociale ! Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes ! Personne n'est libre tant que tout le monde ne l'est pas ! Ni Mollah ni roi ! Femme, Vie, Liberté !

"Les guerres du pouvoir ne libèrent jamais" Le sang des personnes sans défense tâche les mains des tyrans et des empires de l
"Les guerres du pouvoir ne libèrent jamais" Le sang des personnes sans défense tâche les mains des tyrans et des empires de la même façon ➡️

⚠️ Alerte urgente à propos d'attaques sur les infrastructures en Iran Frapper des infrastructures vitales comme l'électricité, l'eau, le gaz et les voies de communication routières en Iran pourrait mener à une crise humanitaire majeure. Cette action ne fait pas que menacer la vie des civil•es mais leur coupe ou perturbe l'accès à des ressources vitales essentielles, comme l'eau, la nourriture, les soins médicaux et l'énergie. Dans une situation où les prisons et les installations similaires font face à de graves pénuries de nourriture et d'eau, toute attaque contre les infrastructures peut menacer des vies innocentes et créer une crise humanitaire généralisée. Il reste très peu de temps pour empêcher cette catastrophe et, si elle finit par arriver, les responsabilités humaines et politiques seront du côté de toutes les parties au conflit qui continuent cette guerre destructrice. Nous exigeons la cessation immédiate de toute guerre en cours et à venir, la fin des attaques sur les infrastructures et la protection des vies civiles.

Avec l'exécution d'Ali Fahim, le nombre de prisonniers politiques exécutés en à peine 8 jours a désormais atteint 10. Un des objectifs de l'usage de l'exécution comme outil de répression est de normaliser la violence et l'élimination. Ce qui était d'abord choquant et inacceptable devient peu à peu quelque chose d'ordinaire et même de tolérable. Ce changement crée les conditions d'une forme encore plus large et plus dure de répression pour les années futures. Nous ne devons pas laisser ces exécutions quotidiennes devenir normales. Ali Fahim, le manifestant exécuté aujourd'hui : " de 5h du matin, il bossait à la cuisine ou au café et après jusqu'à 10h du matin, il travaillait aussi sur sa mobylette pour le service de courrier Snapp ; les week-ends il avait aussi une échoppe de poterie." Ali Fahim, un des manifestant•es arrêté•es dans le mouvement de Dey (janvier 2026) et quatrième défendeur dans l'affaire de l'incendie de la base de Kaveh Basij, a été exécuté. Précédemment, les condamnations à mort d'Amir Hossein Hatami, Mohammad Amin Bigleri, et Shahin Vahidparast, les trois autres défendeurs dans cette affaire, ont déjà été exécutées. L'affaire de ces manifestant·es concernait l'attaque incendiaire sur la base de Kaveh Basij à l'est de Téhéran au soir du 8 janvier, à la suite de laquelle 7 personnes ont été arrêtées et condamnées à mort pour “moharebeh” (hostilité à Dieu). Maintenant Abolfazl Salehi Siyaushani, autre défendeur dans l'affaire, est également en danger de perdre la vie.

Avec l'exécution d'Ali Fahim, le nombre de prisonniers politiques exécutés en à peine 8 jours a désormais atteint 10. ➡️
Avec l'exécution d'Ali Fahim, le nombre de prisonniers politiques exécutés en à peine 8 jours a désormais atteint 10. ➡️

❗️Execution de deux prisonniers politiques supplémentaires Shahin Vahidparast (31 ans) et Mohammad Amin Bigleri (19 ans), qui figurent parmi les personnes arrêtées pendant les jours sanglantes du mouvement de Dey (janvier 2026), ont été exécutés. Le système judiciaire de la République Islamique a annoncé ce dimanche 5 avril au matin (16 Farvardin 1405) que Mohammad Amin Bigleri et Shahin Vahidparast, deux manifestants arrêtés pendant les journées sanglantes du mouvement de Dey 1404 (janvier 2026) qui avaient été condamnés dans un procès inéquitable dans l'affaire de l'incendie de la base Kaveh Basij sur la rue Damavand à Téhéran, ont été exécutés. Il y a deux jours, le jeune homme de 18 ans, Amir Hossein Hatami, condamné dans la même affaire, avait déjà été exécuté. Il y a plusieurs jours, cinq prisonniers des manifestations accusés dans cette affaire ont été retirés du quartier généraliste de la prison de Qezel Hesar et transférés vers un lieu inconnu pour l'exécution de leur peine. Les autres prisonniers concernés par ce transfert en vue d'être exécutés sont Abolfazl Salehi Siyaushani and Ali Fahim. Leur affaire a été instruite et jugée par la 15ème branche du Tribunal Révolutionnaire de Téhéran sous la présidence du juge Abolqasem Salavati, et leur peine capitale avait été prononcée le 8 février 2026 (18 Bahman). Dimanche 16 Farvardin 1405 (5 avril 2026)

Exécution de deux prisonniers politiques supplémentaires ➡️
Exécution de deux prisonniers politiques supplémentaires ➡️

Hossein Ghavi (Silavi), 28 ans, fils d'Adnan et résident de Zargan, au nord d'Ahvaz, est décédé après son arrestation par les
Hossein Ghavi (Silavi), 28 ans, fils d'Adnan et résident de Zargan, au nord d'Ahvaz, est décédé après son arrestation par les "Gardiens de la Révolution". Il aurait été arrêté sur son lieu de travail (un stand de thé) et accusé d'avoir filmé des zones bombardées et d'avoir communiqué avec des gens à l'extérieur du pays. Les sources locales signalent que le jeune homme aurait été torturé au cours de sa détention et y aurait trouvé la mort. Hossein Ghavi était paralysé de la jambe et, en tant qu'unique source de revenus de son foyer, il avait la responsabilité de ramener l'argent de son travail au stand de thé à la maison. Ce crime arrive alors que, en parallèle de la guerre et de l'ambiance sécuritaire, les vagues d'arrestations et de pressions sur les citoyen•nes ont augmenté.

Puisque nous sommes fondamentalement opposé•es aux guerres entre États et aux guerres impérialistes (aux guerres qui, en un mot, détruisent la vie des gens, l'environnement et la vie des enfants), nous condamnons cette guerre de la même façon que nous condamnons la guerre des États-Unis, d'Israël et de l'Iran. Notre position est cohérente : nous nous opposons à toutes les guerres sans exception. La destruction de la vie humaine et du monde naturel n'est jamais justifiée, ni pour le drapeau d'un État ni pour son idéologie. 1⃣4⃣ Le dilemme moral : si les troupes terrestres étasuniennes venaient à attaquer, les anarchistes iranien•nes devraient-ielles défendre leur pays ou rester neutres ? La guerre entre l'Iran, Israël et les États-Unis n'est pas la guerre de notre peuple. Les guerres que se mènent les États entre eux n'ont strictement rien à voir avec le peuple. Les États se font la guerre et finalement font la paix et, pendant ce temps là, ce sont les vies humaines, animales, les enfants et l'environnement qui sont détruits. Nous ne nous battons pas pour les États. Nous ne nous battons pas aux côtés de la République Islamique, quelles que soient les circonstances. Un régime qui a passé 47 ans à tuer nos camarades ne devient pas notre allié parce qu'une puissance étrangère l'attaque. Ce que nous défendons, ce sont nos communautés, notre peuple, nos vies, pas l’État, pas son drapeau, pas ses intérêts militaires. La distinction est importante. Et dans une situation où l'occupation terrestre signifierait un contrôle de la vie des iranien•nes ordinaires, nous défendrions nos communautés avec tous les moyens populaires et horizontaux disponibles, pas en tant que soldats d'un État mais en tant que gens du peuple défendant le peuple. 1⃣5⃣ Qu'est ce que les camarades occidentaux devraient toujours garder à l'esprit à propos de l'Iran ? Nous anarchistes nous sommes toujours tenus aux côtés des peuples du monde entier. Nous nous opposons aux gouvernements du monde entier sans exception. La vie et l'existence d'un peuple ne vaut jamais plus que la vie et l'existence d'un peuple dans un autre endroit du monde. Nous ne faisons pas de distinction entre les États. Nous sommes contre les guerres entre États sans exception. Mais souvenez-vous de ça, par dessus tout : le peuple d'Iran est sous les bombes étasuniennes et israéliennes. Il est sous les balles des mitrailleuses de la République Islamique. Il est dans les prisons de la République Islamique. Et dans le même temps, il souffre de la pauvreté, de la faim, du chômage et d'un blackout total d'Internet qui a créé d'énormes difficultés additionnelles pour tout le monde. Le peuple iranien supporte tout cela en même temps. Pas juste un truc. Tout ça. En même temps. Voilà ce que signifie la solidarité : garder en tête non pas des récits simplistes sur la libération ou le changement de régime mais ce que signifie réellement le poids de ce que vivent actuellement les gens ordinaires en Iran. Front Anarchiste, mars 2026

On ne peut pas fournir des informations qui pourraient permettre aux gens à l'intérieur du pays de limiter les dégâts pendant la guerre. La combinaison de la guerre, du blackout, de la répression et de l'effondrement économique a créé les conditions de crises multiples et simultanées qui étouffent toute possible réponse organisée. On fait ce qu'on peut. On informe. On documente. On communique quand la connectivité le permet. On maintient notre présence. Mais on ne va pas prétendre que ces conditions ne limitent pas énormément ce qu'il est possible de faire. 1⃣0⃣ Sur la disparition de Soheil Arabi Beaucoup d'anciens prisonnier•es politiques ont été arrêté•es sans aucune raison ces dernières semaines. Soheil Arabi, anarchosyndicaliste et athée, a disparu. A cause du blackout Internet, on ne sait pas dans quelle prison, dans quel cellule d'isolement et quelle torture il subit actuellement, sauf à ce qu'il soit transféré dans un quartier généraliste. Afshin Heyratian, issu d'une famille Baha'i mais lui-même athée, ancien prisonnier politique et anarchiste, a été arrêté peu avant le début des manifestations et est toujours en prison. Il ne lui a pas été permis de sortir sous caution, même de façon temporaire. Nous crions leur nom. Nous informons et nous tenons informés sur leur situation. Dans les conditions actuelles de blackout et de guerre, nous ne pouvons pas vérifier les détails. Cette incertitude est déjà en soi une forme de torture, pour elles et eux mais aussi pour toutes celles et tous ceux qui leur sont proches. 1⃣1⃣ Les autres dont nous vous demandons de vous souvenir Pendant le soulèvement Femme Vie Liberté de 2022 (Jin Jiyan Azadi/ Zan Zendegi Azadi), plus de 100 000 personnes ont été arrêtées et des procès ont été ouverts contre 90 000 d'entre elles et eux Pendant les manifestations de 2025-2026, au moins 50 000 personnes ont été arrêtées, dont des centaines d'enfants, et sont toujours emprisonnés ou sous la menace d'une exécution. Le nombre de gens sous une telle menace est actuellement très élevé. Et des dizaines de personnes supplémentaires sont arrêtées chaque jour. La liste des noms est trop longue pour être complétée. Chaque nom est une vie. Et chaque vie compte. Nous demandons aux camarades à l'international de maintenir la pression et de continuer à documenter, revendiquer, amplifier leurs voix. Ne laissez pas le blackout étouffer leurs voix dans l'oubli. 1⃣2⃣ A propos des minorités nationales. Séparatisme, autonomy, modèle du Rojava ou quelque chose d'autre ? Nous, anarchistes, sommes opposé•es à toute forme d'Etat et nous soutenons les sociétés et les peuples sans État. Nous préconisons l'autodétermination et l'auto-organisation populaire. Le modèle du Rojava peut etre très instructif et offre une bonne alternative aux visions étato-centrées : horizontale, fédérée, multi-ethnique, avec le vrai pouvoir dans les mains des communautés. Mais ce sera aux peuples qui vivent en Iran, avec leur langue, leur culture et leurs revendications spécifiques, de prendre leurs propres décisions en ce qui les concerne. Ce n'est pas à nous de décider à leur place ou de dessiner des solutions pour eux. Nous respectons leur décision. Voilà ce que nous savons : les revendications plurielles de la société iranienne dans toute sa diversité ne seront pas satisfaites sous un État centralisé, centralisation et fasciste qui insiste autant sur une langue unique, le despotisme individuel et la négation des identités humaines diverses. De tels gouvernements ne peuvent répondre aux besoins d'une société véritablement plurielle. Nous croyons en la liberté. Nous n'avons pas à dessiner les solutions pour personne. Nous soutenons leurs décisions, même si nous continuons à nous opposer à toute forme d'Etat et travaillons à la destruction des États, des frontières et de l'autoritarisme. 1⃣3⃣ Sur l'Ukraine et l'invasion russe L'impérialisme russe poursuit la restauration de son empire perdu. Il est engagé dans la conquête, l'occupation et la prise de territoires, et a initié une guerre dévastatrice pour cela.

Dire que ce n'est pas patriotique, c'est faire fi de 47 ans de résistance iranienne indépendante et la réduire à une manœuvre d'ingérence étrangère. C'est une analyse que nous rejetons tout à fait. Une petite remarque complémentaire sur la question du patriotisme (ajout a posteriori) : En tant qu'anarchistes, nous rejetons le concept de patriotisme en tant qu'il est lié aux États-nations, aux frontières et drapeaux. Les gens ne descendent pas dans la rue pour défendre leur patrie et son territoire, ils descendent dans la rue parce qu'ils ont faim, qu'ils sont opprimés, parce qu'ils en ont assez. Leur lutte n'appartient à aucun drapeau et ne sert aucun État. Elle leur appartient à elles et eux seulement. Notre solidarité ne va pas à l'Iran en tant qu'Etat. À aucun État d'ailleurs. Elle va aux travailleuses et aux travailleurs, aux femmes, aux prisonnier•es, aux pauvres, partout, tout le temps, sans exception et sans frontière. 7⃣ Sur les chiffres contestés des morts du mouvement de janvier Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Personne ne peut donner un chiffre exact. Cette impossibilité en soi est déjà un effet d'une politique d'Etat délibérée. Ce qui s'est passé est clair : des gens désarmés dans la rue ont été abattu•es par des armes lourdes, des mitrailleuses, des snipers et des milliers de personnes armées de matériel militaire. Toutes celles et tous ceux qui étaient dans la rue ont été tué•es, y compris des gens qui n'étaient pas dans les manifestations mais qui passaient par là pour leur vie quotidienne. Notre position est claire : on cite les chiffres minimum qui sont vérifiés, on reconnaît et fait connaître que les chiffres réels sont sensiblement plus élevés et on refuse à la fois la minimisation par le régime et les chiffres gonflés qu'on ne peut pas vérifier. La vérité, même incomplète, est plus puissante qu'un chiffre fantaisiste, même qui semble nous arranger. Ce qui ne fait pas débat en revanche, c'est l'échelle massive de la catastrophe et son caractère délibéré. 8⃣ Sur le narratif de la "guerre de libération" Une guerre de libération conduite par les États, ça n'existe pas. La guerre, c'est la destruction des êtres humains, de l'environnement et de la civilisation. Mais au cours du siècle passé, on a pu voir des gouvernements répressif, fascistes, totalitaires, être défaits par le résultat d'une guerre étrangère. Parce que les États ne font pas que la guerre à leur propre peuple, ils la mènent aussi les uns contre les autres, pour défendre leurs intérêts, idéologiques, matériels ou sécuritaires. Cette guerre n'est pas notre guerre. C'est une guerre entre Etats. Les États-Unis et Israël poursuivent leurs propres intérêts stratégiques : l'élimination des capacités balistiques de l'Iran, de sa capacité navale, de son programme nucléaire, de sa capacité à défier la domination israélienne et étasunienne dans la région. Aucun de ses objectifs ne comprend la liberté du peuple iranien. Les bombes le prouvent : plus de 1500 civil•es tué•es, des centaines d'enfants, des écoles détruites, des centres de soins frappés. Nous sommes opposés à cette guerre comme à la République Islamique. Ces deux positions sont cohérentes avec le même principe : nous sommes du côté du peuple, pas des États. 9⃣ Comment on se coordonne sous un blackout d'Internet ? Dans les conditions d'un blackout complet d'Internet et d'une répression généralisée, d'arrestations de masse, de bombes qui détruisent le pays, du chômage et de l'inflation galopante, c'est évidemment très difficile de faire quoi que ce soit. Personne ne peut surveiller la situation des prisonniers politiques. La communication entre groupes de résistance populaires s'est effondré. Les gens qui se trouvent dans les zones qui vont être frappées ne le savent pas la plupart du temps et ne peuvent pas se prévenir les uns les autres ni s'entraider. Les communications entre les iranien•nes hors du pays et leurs familles à l'intérieur sont coupées. Des millions d'iranien•nes de la diaspora n'ont aucune information sur leurs proches dans le pays.

5⃣ Et si la plupart des iranien•nes veulent le retour du Shah ? Revenons en détail sur ce qui s'est passé. Les gens ont commencé à prendre la rue le 28 décembre 2026, sur leurs propres mots d'ordre, sans aucun appel d'aucun groupe d'opposition à l'extérieur du pays. Pendant 11 jours, les gens ont pris la rue sans aucun appel d'aucun courant de l'opposition en exil. Ce sont les organisations kurdes qui ont ensuite appelé à la grève générale le 8 janvier. Après ça, Reza Pahlavi a appelé ses partisans à participer aux manifestations le 8 et le 9 janvier. Son appel, après 11 jours de protestation indépendante, a fourni le prétexte pour le massacre de dizaines de milliers pendant ces deux jours. Le timing n'est pas anecdotique. Les monarchistes ont essayé de surfer sur la vague qui avait été jusque là entièrement auto-organisée et indépendante pour 11 jours, jusqu'à ce qu'ils interviennent. Selon diverses enquêtes d'opinion, les soutiens de ma restauration de la monarchie en Iran représenteraient environ 17% de la population. C'est pas négligeable. Ils ont une direction unifiée et de vrais avantages organisationnels. Mais 17%, ca ne fait pas une majorité et ce n'est pas représentatif du peuple iranien. Depuis le début des manifestations, diverses coalitions et congrès se sont formés dans tous les sens et de tous les côtés. À l'inverse, les rassemblements labellisés pahlavistes ne ressemblent que ses soutiens. Pahlavi représente les monarchistes, il ne représente pas le peuple iranien. 6⃣ Étant donné la menace d'attaques, peut-on dire que les manifestations étaient anti-patriotiques ? Ont-elles été provoquées par les sanctions ? La République Islamique est parvenue au pouvoir en 1979. Environ un mois plus tard, il y a eu des manifestations massives de femmes contre le port du voile obligatoire, le 8 mars, lors de la journée internationale des femmes. La même année, le mouvement populaire kurde a été écrasé par la force militaire. Dans les années 1980 et en 1988 notamment, des milliers de personnes ont été assassinés dans les prisons. Dans les années 1990, il y a eu des révoltes urbaines dans des dizaines de villes, toutes réprimées. Ensuite le mouvement étudiant de 1999. Puis 2009 et le mouvement vert. Et 2017, 2018, 2019, 2020, 2022 et 2025. Depuis 47 ans, les gens sont dans la rue, encore et encore : pour la liberté, contre la répression, contre la fraude électorale, contre la hausse des prix, contre la crise de l'eau délibérément provoquée par les "Gardiens de la Révolution" et leur mafia de la construction de barrages pour dévier le cours des rivières pour leurs industries militaires ou civiles énergivores en eau, contre le meurtre de Mahsa Jina Amini. La République Islamique a pillé les richesses du peuple iranien. Des dizaines de dirigeants ont quitté le pays les poches remplies de milliards de dollars. Le reste est investi dans les groupes proxy de la région, dans les dizaines de villes à missile souterraines et dans l'énergie nucléaire. Ils ont détruit l'environnement en Iran. Ils ont laissé la population dans la pauvreté. Les manifestations de January 2026 ont commencé parce que le cours du dollar avait été multiplié de façon exponentielle dans une période courte, ce qui rendait les biens complètement inaccessibles. Les gens sont descendus dans la rue à cause de la pression insupportable de la vie quotidienne, de la pauvreté, de la hausse des prix et de l'absence de liberté. C'est au-delà du gouvernement théocratique qui règne en Iran. Les gens sont descendus dans la rue d'elles et eux-mêmes, sans appel d'une quelconque opposition ou d'un gouvernement extérieur. Et ce pendant 11 jours. Après seulement, les monarchistes ont essayé de surfer la vague et Israël et les États-Unis ont essayé de capitaliser sur le mouvement. Mais initialement celui-ci avait bien été entièrement populaire et indépendant pendant 11 jours.

En ce qui concerne le groupe Zanan-e 8 March : elles ne sont pas anarchistes. Elles sont maoïstes, liées au Parti Communiste d'Iran (M.L.M). Nous partageons avec ce groupe l'opposition à la République Islamique et une certaine communauté d'analyse sur les droits des femmes, mais elles représentent une tradition politique fondamentalement différente de la nôtre, organisée plutôt autour de la structure de parti, du concept d'avant-garde et de l'idéologie marxiste-léniniste-maoïste. Nous ne nous considérons pas comme des rivaux mais clairement, nous ne sommes pas du même courant idéologique. 3⃣ Quelle est la pire des situations, l'Iran ou l'Afghanistan ? L'Afghanistan est-il oublié ? Les deux situations sont catastrophiques mais les formes prises par ces catastrophes sont différentes et doivent être bien distinguées. En Iran actuellement, les gens doivent faire face à trois défis simultanés majeurs : l'extrême pauvreté, la répression généralisée et une guerre dévastatrice. L'intensité de la guerre en Iran est grave. Au moins 1500 civil•es sont mort•es, dont plus de 200 enfants. L'accès à l'Internet mondial est coupé depuis le 28 février. Les gens sont sous les bombes, les balles et l'effondrement économique, tout ça dans le même mouvement. En Afghanistan, les gens font face au moins à 5 défis simultanés : l'extrême pauvreté, l'expulsion massive des réfugié•es afghan•nes depuis l'Iran et le Pakistan, la répression, un conflit certes limité mais continu avec le Pakistan et l'exclusion totale sous la loi talibane des femmes et des filles de toute la sphère sociale, de l'éducation, du travail etc. En Afghanistan, nous n'avons pas encore de mouvement anarchiste au sens significatif du terme, seulement quelques camarades individuels à l'intérieur et à l'extérieur du pays. La situation de l'Afghanistan a complètement changé après le début de la guerre en Ukraine. L'attention internationale a basculé. L'Afghanistan a été jetée aux oubliettes, abandonné par les mêmes puissances occidentales qui avaient créé les conditions permettant le retour des Taliban. Plus d'utilité stratégique dans le flot de l'actualité, invisible dans le paysage médiatique mondial, en dépit de la catastrophe en cours pour 40 millions de gens qui vivent sous l'un des régimes d'apartheid genrée les plus totalitaires de l'histoire moderne. Nous refusons cette invisibilité. Les deux situations appellent de la solidarité. Aucune des deux n'est à hiérarchiser par rapport à l'autre quant à la situation humanitaire. Mais déjà, le fait que l'Afghanistan ait été oublié ainsi est en soi un acte politique et nous voulons qu'il soit nommé, compris et dénoncé comme tel. 4⃣ Comment le mouvement anarchiste a réagi au soulèvement de décembre-janvier ?  Nos camarades y ont-ils participé ? Évidemment, quand les gens sont dans la rue pour manifester, les anarchistes y sont aussi. Quand des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, des anarchistes figurent inévitablement parmi les personnes qui l'ont été. Nos camarades étaient présent•es et ont participé à organiser, documenter. Et certain•es ont été arrêté•es. Cela dit, après le massacre de dizaines de milliers de personnes, principalement les journées des 8 et 9 janvier 2026, les anarchistes et plein d'autres militant·es politiques ont décidé d'arrêter de participer aux manifestations de rue. Par parce que la lutte est finie mais parce que la forme que prenait la protestation à ce moment-là ne permettrait pas de renverser le gouvernement. Le régime a fait la démonstration qu'il est prêt à massacrer des dizaines de milliers de personnes en plus. Il a dit clairement que quiconque prendrait part aux manifestations de rue serait traité comme un ennemi et accueilli par des balles. La question à laquelle nous avons dû faire face n'est pas de savoir s'il faut résister ou pas mais plutôt de comment résister de façon efficace sans offrir davantage de corps à tuer au régime. Ce n'est pas évident de donner une réponse facile à cette question. Mais au moins, c'est une réponse honnête.

🏴 CONTRE TOUS LES ÉTATS, CONTRE LEURS GUERRES ! 🚩 Réponses aux questions du camarade Maciej Augustyn, depuis la Pologne 1⃣ A quoi ressemble le mouvement anarchiste en Iran ? C'est plutôt un mouvement marginal, concentré dans les villes étudiantes ? Et quel rôle joue la diaspora là-dedans ? Le mouvement anarchiste en Iran est jeune. C'est seulement ces dernières années que l'anarchisme est devenue, dans la région du monde appelée Iran, un mouvement au véritable sens du terme. C'est aussi seulement ces dernières années que certains livres anarchistes ont pu être traduits officiellement et ont reçu autorisation pour être publiés en Iran. Cela dit, le mouvement est plus étendu que vous ne pourriez le croire de l'extérieur. Selon les petites enquêtes qu'on a pu mener sur Twitter et Telegram, il y aurait une présence anarchiste dans les 31 provinces d'Iran, dans de très petites villes comme dans les grandes métropoles, dans tout le pays. Le mouvement est partout, quoique pas toujours de façon visible. En raison de la répression féroce dans le pays, le mouvement anarchiste agit de façon la plus décentralisée possible. Cette décentralisation n'est pas une faiblesse, c'est une stratégie de survie. Nous sommes la seule organisation anarchiste avec environ 17 ans d'activité continue organisée. Nous avons commencé le 15 août 2009, hors d'Iran, sous le nom "Voix de l'Anarchisme". De 2011 à 2014, nous nous sommes réorganisés sous le nom de "Réseau Anarchiste". À partir de 2013, nous avons commencé à éditer le site Internet Asranarshism [ère anarchiste]. Après avoir été rejoint•es par des camarades d'Afghanistan en 2015, nous avons joint toutes nos activités au sein du collectif Asranarshism. En 2018, avec deux autres organisations anarchistes, une en Iran et une en Afghanistan, nous avons fondé l'Union des Anarchistes d'Iran et d'Afghanistan. En 2020, cette organisation est devenue membre de la Fédération de l'Ère Anarchiste. À la mi-avril 2025, la fédération a été dissoute. Nous avons conservé ses pages en archives, autant pour garder trace de notre histoire que pour s'assurer que personne n'utiliserait ce nom mais ces outils sont désormais inactifs. Depuis le 30 avril 2025, nous opérons sous le nom de Front Anarchiste, avec une focale assumée sur la région du monde qui regroupe l'Iran, l'Afghanistan et leurs alentours. Nous n'avons pas vocation à étendre notre force organisationnelle au sens conventionnel institutionnel. Nous. Nous concentrons sur la qualité et la profondeur de notre structuration, pas sur le fait de grossir. En ce qui concerne la diaspora : notre situation est très différente de la plupart des forces d'opposition iraniennes, dont les principales implantations sont généralement situées hors du pays. Dans notre cas, les racines de notre organisation et l'implantation première est à l'intérieur de l'Iran. En dehors, le nombre des anarchistes est encore plutôt faible. 2⃣ La Fédération de l'Ère Anarchiste et le groupe Zanan-e 8 March, c'est quoi ? Des groupes rivaux ou c'est le même courant idéologique ? Comme on l'a expliqué juste avant, la Fédération de l'Ère Anarchiste n'existe plus, elle a été dissoute en avril 2025. La majorité des camarades qui y étaient actif•ves s'organisent désormais au sein du Front Anarchiste. Le Front Anarchiste a une structure de coalition composée de diverses tendances anarchistes. Nous travaillons avec tous les courants de l'anarchisme, à l'exception de ceux qui mélangent l'anarchisme avec le pacifisme, le nationalisme, la religion ou le capitalisme. Notre collaboration avec les anarchistes d'Afghanistan a commencé en 2015. Trois groupes (dont un d'Afghanistan) ont fondé l'Union des Anarchistes d'Iran et d'Afghanistan en 2018. Les camarades afghan•nes ont pris part au Front Anarchiste depuis son premier jour. Il y a aussi des camarades d'autres régions du monde qui sont membres du Front Anarchiste.