« Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au XXIᵉ siècle. »
François Mitterrand, 1957.
Cette phrase me revient aujourd’hui comme un boomerang. Elle n’a rien d’un slogan romantique. C’était un avertissement stratégique. Et la France, fidèle à elle-même, a préféré l’ignorer.
J’écris avec un mélange de tristesse et de lucidité. La France est un pays magnifique, riche d’une histoire culturelle immense. Mais elle traîne aussi un passé colonial d’une violence méthodique, longtemps maquillé sous le vernis du « progrès » et de la « mission civilisatrice ». La réalité est plus brute : esclavage industriel, pillage organisé, domination militaire et économique. Antoine Crozat et d’autres n’ont pas bâti des fortunes sur des contes de fées.
Quand je rappelle ces faits, documents et témoignages à l’appui, on me tombe dessus. Non pas parce que j’ai tort, mais parce que regarder la vérité en face demande du courage. Et ce courage manque cruellement dans le débat public français.
Coloniser n’a jamais été sauver
Coloniser, ce n’était pas aider. C’était soumettre. Derrière le mythe du colon bienveillant, il y a des villages rasés, des corps violentés, des enfances brisées. J’en ai déjà parlé, notamment de la stratégie cynique du colon et des violences sexuelles utilisées comme arme de domination.
Ce qui me glace, c’est la continuité. Aujourd’hui encore, dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, les scandales de pédocriminalité impliquent majoritairement des ressortissants occidentaux. Ce n’est pas une coïncidence. C’est une pathologie historique non traitée. Un impensé collectif qui se reproduit.
On ne guérit pas un système sans nommer ses crimes.
L’AES : une perte que l’Élysée minimise
Le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso n’est pas un simple revers diplomatique. C’est un séisme économique et géostratégique. Contrairement au discours officiel, ces pays pesaient lourd : uranium sous-évalué via Orano, ressources énergétiques, contrôle monétaire, influence régionale.
Pendant des décennies, la France a profité d’un modèle fondé sur la dette illégitime, la dépendance forcée et le pillage discret. Ce modèle s’effondre. Et Macron peut bien minimiser, les chiffres finiront par parler : chômage, désindustrialisation, fuite des cerveaux, tensions sociales. Le déclassement n’est plus une hypothèse, c’est une trajectoire. Le scénario « Portugal bis » n’est plus une provocation, c’est une alerte.
Il reste une issue — mais elle est exigeante
Si la France veut éviter la chute, elle doit changer de logiciel. Vraiment. Pas avec des éléments de langage, mais avec des actes structurants :
- Reconnaître officiellement la violence coloniale et esclavagiste, et engager des réparations à la hauteur des préjudices.
- Mettre fin aux jeux troubles : financements opaques, soutien à des régimes corrompus, ingérences déguisées.
- Construire des relations équilibrées, fondées sur le respect mutuel, le transfert réel de compétences et des partenariats économiques honnêtes.
Le « win-win » ne peut pas être un slogan quand l’un gagne toujours et l’autre survit.
Pourquoi j’écris
Je m’appuie sur des sources que les médias dominants préfèrent ignorer, et sur une mémoire ancestrale que l’Occident a tenté d’effacer. Je suis convaincu que de nombreuses vérités sur les peuples africains, leur histoire et leur potentiel ont été volontairement dissimulées. L’esclavage et les expériences raciales ne sont que la surface.
Aux Africains, je dis : la souveraineté commence par la vigilance. Alimentaire, économique, politique, scientifique. Privilégier le local, comprendre ce que l’on nous impose, reprendre la maîtrise de nos choix.
Ce billet, c’est aussi une présentation. Mon combat n’est pas la haine, mais l’équilibre. Dans un monde saturé de récits arrangés, je choisis la vérité, même quand elle dérange.
Si la France veut être sauvée, elle doit d’abord accepter de se regarder en face. Sans détour. Sans arrogance. Sans mensonge.
Et le temps presse.
Wasaya80