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Front Anarchiste – Version Française

Front Anarchiste – Version Française

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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.

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Les retraité•es affrontent les forces de sécurité au complexe pétrolier d'Ahvaz Aujourd'hui mardi 6 janvier 2026, les gardes de sécurité au bâtiment 3 du complexe pétrolier d'Ahvaz, en face du terminal Masjed Soleiman, ont attaqué les retraité•es et les employé•es qui manifestaient. Une vidéo que nous avons obtenue montre les forces de sécurité en train de frapper et de confisquer les téléphones portables de plusieurs retraité•es, qui ont été rendus par la suite. L'affrontement a eu lieu alors que les retraité•es protestaient pacifiquement contre la violation de leurs droits et le racket opéré par la régime sur le fonds de leur pension.

Ville de Machhad, nord-est de l'Iran: Alam al-Hoda, un membre conservateur du clergé iranien proche de Khamenei attaque les manifestant•es avec ses mercenaires à coups de gaz lacrymogène

Les forces de sécurité ont fermé l'hôpital alors qu'un coup de feu se fait entendre. Les manifestant•es crient : "Bisharaf!" (Lâche !) à l'attention de Khamenei. Les images proviennent de l'hôpital Sina dans le quartier Hasan Abad, à Téhéran, mardi 6 janvier.

(Aujourd'hui, 6 janvier 2025, journée) Les forces de police du régime ont utilisé du gaz lacrymogène à la station de métro 15 Khordad, près du bazar de Téhéran

(Message initial : 4 janvier 2026, après-midi) Après la répression largement répandue des manifestations populaires, le régim
(Message initial : 4 janvier 2026, après-midi) Après la répression largement répandue des manifestations populaires, le régime iranien a arrêté 40 manifestants et les a transférés à la prison d'Ahvaz pour leur rôle de premier plan dans les soulèvements récents. Selon les sources défendant les droits humains, lors des manifestations dans la ville d'Izeh, dans la province du Khuzestan, 80 personnes ont été arrêtées et mis en prison de haute sécurité, sans que leurs familles en aient été informées. La moitié de ces personnes sont des femmes. Les détenu•es ont été inculpé•es de "trouble à l'ordre public" et "d'agissements contraires à la sécurité nationale". Cette répression violente alors que tout le pays est touché par des manifestations contre les profondes crises économiques, politicales et sociales. Les affrontements ont mené à des coups de feu, des arrestations, de la torture, la détention jusqu'à présent de centaines de citoyen•nes et la mort de dizaines de personnes.

(Message original : 4 janvier 2026, après-midi) Vingt avocats iraniens ont publié un communiqué dénonçant les meurtres et les
(Message original : 4 janvier 2026, après-midi) Vingt avocats iraniens ont publié un communiqué dénonçant les meurtres et les blessures par armes à feu commis par les forces de sécurité de la République Islamique, notamment au Kurdistan oriental (Rojhilat). Le communiqué souligne que ces tirs sur les manifestants constituent une claire violation du droit à la vie et du droit de rassemblement pacifique, soit un crime grave selon la législation iranienne et les obligations internationales. Les avocats condamnent fermement cette répression, appellent à poursuivre en justice et à punir les responsables et déclarent les tribunaux comme le Tribunal Révolutionnaire et la Cour Cléricale Suprême illégitimes. Ils appellent les associations de barreaux et les institutions légales, qu'elles soient nationales ou internationales, à ne pas rester silencieuses face à ces violations largement répandues des droits du peuple iranien et à prendre des actions pour documenter, instruire et poursuivre en justice ces crimes.

(Message initial : 5 janvier 2026, soirée) La claque verbale d'une femme voilée aux oppresseurs : "N'êtes-vous pas des hommes ?". Et la confession d'un mercenaires du régime : "non, on n'en est pas."

(Message initial : 5 janvier 2026, soirée) Kushk, province d'Ispahan. Du gaz lacrymogène contre les femmes Dimanche 4 janvier, la ville de Kushk, située dans la province d'Ispahan, a connu un épisode brutal de violences. Les forces du gouvernement ont attaqué les manifestant•es, dont une grosse majorité de femmes, en les asphyxiant de gaz lacrymogène pour disperser la manifestation.

(Message initial : 5 janvier 2026, après-midi) Un manifestant est assis sur un étal de marché près d'un feu de circulation à Téhéran. Il a été blessé par des coups de feu de la police anti-émeute. Aujourd'hui lundi 5 janvier, au 9ème jour du soulèvement dans tout le pays, les mercenaires loyaux à Khamenei ont commis un nouveau crime : un courageux petit commerçant du bazar qui prenait part aux manifestations dans la zone de Cheragh Bargh, à Téhéra, a été sérieusement blessé par des coups de feu des forces de répression.

(Message initial : 5 janvier 2026, milieu de journée) Manifestations à Téhéran : la marche commence sur la rue Cheragh Bargh Une vidéo postée en ligne montre qu'aujourd'hui, lundi 5 janvier, 9ème jour de manifestations à travers tout le pays, une marche a commencé sur la rue Cheragh Bargh, au cœur de Téhéran.

(Message initial : 4 décembre, soirée) Téhéran, quartier de Nazi Abad. Les gens crient : "Mort à Khameini ! Honte à lui !" (Marg bar Khāmenei! Bisharaf!)

(Message initial : 4 janvier 2026, début d'après-midi) Téhéran - Les étudiant•es à l'université Tarbiat Modares crient : "Basiji dégage !" Les Basijis sont une force paramilitaires fondée en novembre 1979 par ordre de Ayatollah Ruhollah Khomeini.

(Message initial : 4 janvier 2026, matin) Attaque du régime sur les civils à Malekshahi (province d'Ilam) Images diffusées dimanche 4 janvier, de Malekshahi dans la province d'Ilam, qui montrent les mercenaires de la République Islamique ouvrir directement le feu sur des civils désarmés qui manifestent, laissant derrière eux un bain de sang et une scène de terreur.

(Message initial, 4 janvier 2026 matin) Douilles de fusil et gaz lacrymogènes tirés par les forces du régime et les troupes paramilitaires près du centre commercial Aladdin à Téhéran

Histoire d’une partie du mouvement anarchiste au Moyen-Orient Près de seize années d’activité anarchiste ininterrompue dans la géographie de l’Iran et de l’Afghanistan témoignent d’un effort persistant pour reconstruire une tradition libertaire réprimée au cœur de l’un des terrains de pouvoir les plus brutaux du Moyen-Orient ; une tradition dont les racines en Iran remontent à plus d’un siècle. Dans les années tumultueuses qui ont suivi la Révolution constitutionnelle, Mirzadeh Eshqi peut être considéré comme l’une des premières figures à introduire des thèmes anarchistes dans l’espace politique iranien, avec un esprit clairement anti-autoritaire, anti-monarchique et opposé à la centralisation du pouvoir, à travers la littérature, le théâtre et le journalisme ; un homme qui cherchait la liberté non pas dans le cadre de l’État, mais dans la destruction des fondements du despotisme, et qui en a payé le prix de sa vie. Dans les décennies suivantes, en particulier dans les années précédant la révolution de 1979, les tendances anarchistes, quoique dispersées, étaient présentes sous la forme de publications clandestines, de traductions des œuvres de Bakounine, Kropotkine et Malatesta, ainsi que de petits cercles intellectuels dans certaines grandes villes d’Iran. Ce courant fut frappé à la fois par la répression du gouvernement Pahlavi et par la marginalisation imposée par l’hégémonie de la gauche étatiste et des islamistes après la révolution. Après des décennies de silence forcé, la tradition anarchiste retrouva un souffle dans l’exil et en marge, et ce parcours entra finalement dans une nouvelle phase le 15 août 2009 avec la formation de « La Voix de l’Anarchisme » en tant que noyau reconstruit hors des frontières iraniennes. Cet effort se poursuivit entre 2011 et 2014 avec une réorganisation sous le nom de « Réseau anarchiste », tandis qu’en 2013, le média « L’Ère de l’Anarchisme » commença à fonctionner comme le bras théorique et propagandiste de ce courant. L’articulation de ce processus avec la géographie afghane à partir de 2015 lui donna une nouvelle dimension et en fit un projet transfrontalier ; un projet qui atteignit une étape d’intégration organisationnelle en 2018 avec la création de « L’Union des Anarchistes d’Afghanistan et d’Iran », puis un niveau supérieur de cohésion en 2020 avec la formation de la « Fédération de l’Ère de l’Anarchisme ». Avec l’intensification de la répression, les changements des équilibres régionaux et les impasses structurelles, la nécessité d’une réorganisation politique et organisationnelle fondamentale apparut, conduisant finalement, le 30 avril 2025, à la proclamation du « Front anarchiste » en tant que nouvelle forme d’auto-organisation révolutionnaire centrée sur l’Iran, l’Afghanistan et leur espace environnant. Ce front, en mettant en place un vaste réseau médiatique multilingue, a porté le discours anti-autoritaire, égalitaire et libérateur au-delà des frontières ethniques et nationales. Tout cela se produit alors que l’Iran et l’Afghanistan traversent l’une des périodes les plus sombres de leur histoire contemporaine en matière de répression politique : en Iran, les vagues d’arrestations, les condamnations lourdes, le contrôle généralisé de l’espace numérique et la criminalisation de toute organisation indépendante ont atteint un niveau sans précédent ; en Afghanistan, le régime taliban maintient la société dans un état d’oppression totale par l’élimination complète des femmes de la vie sociale, la répression des médias, l’emprisonnement, la torture et les exécutions. Dans un tel contexte, le Front anarchiste n’est pas seulement une organisation politique, mais la continuité historique d’une tradition libertaire réprimée — une continuité qui, de Mirzadeh Eshqi et des publications clandestines d’avant 1979 jusqu’à aujourd’hui, sous des formes diverses, s’est toujours dressée contre l’État, le capital et la domination. Le fait même que cette continuité subsiste est en soi le signe que la possibilité de liberté demeure vivante au cœur des répressions les plus sévères.

Vive la liberté, et solidarité avec les camarades au-delà des frontières Nous assistons à une escalade alarmante de la répression contre les chercheur·euses, les militant·es sociaux·ales et les dissident·es politiques en Iran. Les arrestations se multiplient, et l’atmosphère à l’intérieur du pays est devenue profondément dangereuse pour quiconque cherche la vérité, la justice ou un changement social. Le camarade Afshin Heiratian, militant social et politique aux convictions anarchistes, fait partie des dernièr·es à avoir été arrêté·es — l’un·e des dizaines de camarades emprisonné·es au cours des deux dernières semaines. On parle de plus de 30 000 arrestations depuis le début de la guerre des douze jours. Nous devons faire entendre nos voix au-delà des frontières de l’Iran. Partager l’information, sensibiliser, relayer nos messages n’est pas seulement un acte de solidarité : c’est une forme de protection. Chaque mot diffusé augmente le coût politique et social de la répression pour le régime islamique, et nous aide à rester visibles, relié·es, et vivant·es dans notre lutte pour la liberté, l’égalité et la justice. Liberté pour Afshin et pour tou·tes les prisonnier·es politiques dans le monde !

Arrestation d’Afshin Heiratian Le mardi 11 novembre 2025, Afshin Heiratian, anarchiste engagé notamment dans des projets de l
Arrestation d’Afshin Heiratian Le mardi 11 novembre 2025, Afshin Heiratian, anarchiste engagé notamment dans des projets de lutte contre le travail des enfants, a été arrêté à Téhéran à la suite d’une perquisition à son domicile, durant laquelle ses effets personnels ont été saisis. Il a été placé en détention par le ministère du Renseignement et transféré devant la 33ᵉ chambre du parquet public de Téhéran. Aucune information n’a pour l’instant été communiquée sur son état de santé ni sur les charges retenues contre lui. Afshin Heiratian avait déjà été emprisonné plusieurs années par le passé pour ses convictions politiques.

Ahmad Baledi, 20 ans, s’est immolé pour dénoncer la misère et l’injustice Ahmad Baledi avait 20 ans. Il vivait à Ahvaz, dans
Ahmad Baledi, 20 ans, s’est immolé pour dénoncer la misère et l’injustice Ahmad Baledi avait 20 ans. Il vivait à Ahvaz, dans le sud de l’Iran, là où la misère se mêle à la corruption la plus crasse. Tout est parti du kiosque familial, seul gagne-pain du foyer. La mairie a voulu le saisir, sous prétexte administratif. Ahmad s’y est opposé. En retour, il a été insulté, frappé et humilié par les agents municipaux. Face à cette violence et à l’injustice, Ahmad a choisi de s’immoler, geste désespéré d’un jeune homme qu’on a poussé au bout. Ce n’était pas un “acte isolé”, mais un cri de révolte contre un système qui broie les pauvres et réduit les vies à néant. Quelques agents ont été brièvement arrêtés, avant d’être relâchés. Personne n’a été tenu pour responsable. Les vrais coupables, eux, continuent de gérer la ville, bien assis dans leurs bureaux. Aujourd’hui, Ahmad est mort à l’hôpital. Il a été tué par un système pourri qui préfère brûler ses enfants plutôt que d’admettre sa honte.