Front Anarchiste – Version Française
Open in Telegram
link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.
Show moreThe country is not specifiedThe category is not specified
211
Subscribers
No data24 hours
No data7 days
No data30 days
Posts Archive
[Traduction automatique depuis le farsi, sans possibilité de vérification]
Ce soir, Kaboul a été la cible d'une attaque aérienne.
Le bruit de cette explosion était très fort.
Selon les habitants, l'intensité des attaques était élevée et « Kaboul a tremblé ».
[Note du traducteur : probablement une attaque par les forces pakistanaises, en conflit avec les Taliban sur des questions de sécurité des régions frontalières, pour le dire rapidement. C'est un conflit dont on a peu eu l'occasion de parler ici au vu de l'impact de la guerre d'agression israélo-étasunienne sur l'Iran mais qui n'est pas sans conséquence pour la population civile, à Kaboul notamment]
⚫️ Contribution d'une camarade de Téhéran face aux errements de la gauche occidentale
Ils supportent la dictature quand nos voix sont silenciées !
A bas le peuple en Iran ?
Je vous écris d'Iran, assise devant ma télé. Je regarde des manifestations pro-Hamas et pro-République Islamique, emmenées par des gens de gauche et des militant·es anti-guerre !
Les manifestant•es portent des drapeaux de la République Islamique et le régime en Iran se régale de nous montrer ses soutiens à l'international.
Peut-être que les manifestant•es pensent protester contre l'impérialisme ou contre Trump ou peut-être qu'ils pensent soutenir la Palestine ainsi.
Ce qui, je peux le dire, est une mauvaise compréhension grave.
Le drapeau que ces gens de gauche portent, ce n'est même pas un symbole largement adopté localement.
La société dans laquelle je vis est diverse et les musulman•es y vivent ensemble avec d'autres groupes. Donc un symbole spécifiquement islamique ne saurait être le symbole et l'étendard de la société locale. Il ne représente pas une partie énorme d'entre nous.
Ce symbole appartient avant tout au gouvernement chiite qui est un système totalitaire théocratique. Ce gouvernement tue et supprime les manifestant•es lorsque nous revendiquons nos droits fondamentaux.
Ici en Iran, nous n'avons pas de médias libres. Internet ne fonctionne pas en ce moment, ca fait dix jours que j'essaie de me connecter à l'Internet global pour voir ce qui se passe dans le monde !
Les télévisions par satellite sont réprimées par le gouvernement et seulement 1% de celles et ceux qui utilisent les réseaux sociaux en Iran ont accès à l'Internet international.
C'est ce régime islamique qui leur fournit cet accès ! Pour qu'ils soient la voix du système et qu'ils portent les mots que la République Islamique veut porter sur les réseaux sociaux pendant que l'immense majorité des gens normaux restent impossibles à joindre.
L'Iran est déconnecté et n'a ni la liberté ni les canaux pour s'exprimer !
Mes ami·es, mes frères et mes sœurs sont en prison et condamné•es à la peine de mort pour avoir demandé une vie meilleure. Pour avoir de la nourriture à mettre sur la table ou pour être ce qu'ielles sont ou pour défendre leurs idées.
Si vous êtes un•e membre de la communauté LGBT, vous risquez la peine de mort en Iran sous l'occupation de la République Islamique.
Et en même temps, certain•es gens de gauche, également membres de la communauté LGBT, utilisent leurs droits fondamentaux et leur liberté d'expression pour parler à notre place et soutenir le régime islamique quand il nous fait taire.
Tout cela pour montrer à quel point ielles détestent Trump et les conservateurs en Occident !
Vous appelez ça des manifestations humanitaires, n'est-ce pas ?
Bien sûr que non.
Je vois ces faux militant·es anti-impéralistes porter les photos des élèves décédé·es dans leurs manifestations. Ces élèves tué·es par Israël. Triste réalité de la guerre...
Mais ces militant·es ne font ainsi qu'ignorer les autres enfants qui ont été tué·es par la République Islamique au même moment.
Je me considère comme iranienne et j'aime etre considérée comme un être humain, pas comme un instrument politique dont on peut tirer des bénéfices politiciens.
Notre deuil et les vies de nos enfants qui vivent ici, parmi nous, tout cela compte et a la même valeur. Ce ne sont pas des outils ou des histoires avec lesquels différent différents partis politiques peuvent faire du troc, marchander, vendre à la découpe et utiliser à leur guise afin de promouvoir leur agenda spécifique.
Les sionistes extrémistes ne viendront pas laver leurs crimes en s'appuyant sur l'attitude du régime et les soutiens du Hamas ne laveront pas les crimes de la République Islamique en partageant de fausses histoires pendant que l'Iran est maintenue dans le silence. Nous ne les laisserons pas faire.
Narrator.
⚠️ NOUVELLES D'IRAN ⚠️
Voici la situation à Téhéran et alentours :
Il y a deux jours, la situation à Téhéran était très mauvaise. Il y avait des bombardements intensifs et, en raison des munitions anti-bunkers, les maisons ont tremblé.
Mon ami•e de Karaj m'a aussi dit que la situation était très mauvaise là-bas.
Mais à Gilan et Mazandaran, c'est calme pour le moment.
Ils disent qu'ils ont transféré les programmes de la télévision d'Etat là-bas et qu'ils diffusent depuis le Nord de l'Iran.
⚠️ NOUVELLES D'UNE CAMARADE À TÉHÉRAN ⚠️
Comment une situation anormale peut-elle être considérée comme normale ?
Quand ces premières roquettes sont tombées sur Téhéran pendant la 2nde guerre israélo-iranienne, tout le monde était horrifié et cherchait à se sauver. Les gens couraient et se couraient les uns derrière les autres pour se sauver et celles de leurs proches.
Et là, j'ai aperçu un groupe de travailleureuses du BTP, qui ont simplement pris le temps de regarder alentour avant de se remettre à travailler dans le calme. Pourquoi ne fuyaient-ils pas ? Pourquoi n'avaient-ils peur ?
Voilà la réponse, à mon avis : ils avaient déjà dû faire face au désastre auparavant.
Une guerre, ca peut amener quoi ? La pauvreté ? Le risque de mourir ? Bien sûr, ce sont là des scénarios tout à fait possible. Mais c'est en fait exactement ce qui est déjà arrivé aux classes moins puissantes en Iran au cours des dernières années, du fait de la guerre économique.
Le danger, c'est la situation "normale" (au sens de celle qui préexiste déjà) pour les personnes les plus fragiles. La guerre ne fera qu'empirer la situation.
Leurs vies sont déjà une violence. Et cette violence est tellement répétitive qu'elle finit par être appeler la vie normale.
Le monde peut comprendre la douleur que la guerre charrie pour les gens. Mais à quel point paie-t-on attention à la violence que ces vies normales cause tous les jours partout dans le monde ?
Quand on casse la réalité en morceaux et qu'on observe la vérité pure, il est possible de comprendre que la situation est urgente pour des millions de personnes pendant les guerres conventionnelles mais aussi en dehors, et ce même en occident. Notre tâche est d'offrir à ces hommes et ces femmes coincé•es dans ces "vies normales" la possibilité de comprendre et de parler de leurs souffrances avec leurs propres mots.
Il arrive parfois que les maux soient moins visibles à force d'être répétitifs.
Narrator
C'est pour cela que nous continuons de souligner que le futur de la liberté en Iran ne réside ni dans la restauration de la monarchie ni dans la continuation d'autres formes de structures autoritaires, mais bien dans l'autogouvernement et des formes d'organisation sociale démocratique.
Selon nous, la libération du peuple en Iran ne peut pas être le résultat de projets imposés par des puissances étrangères. La liberté peut seulement émerger de la lutter et de la volonté des gens eux-mêmes, et chercher à instrumentaliser les mouvements sociaux pour les utiliser dans les rivalités inter-étatiques ne peut que provoquer des dommages dans la société.
🔹Y a-t-il autre chose que vous considérez que notre lectorat devrait savoir à propos de la situation en Iran ? Et y a-t-il des moyens particuliers d'apporter son soutien ?
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les gens en Iran ne sont pas de simples victimes de cette guerre. Au sein de la société iranienne, il y a plein de mouvements sociaux : les travailleuses et travailleurs, les femmes, les étudiant•es, les minorités nationales (communautés ethniques) et les militant•es anarchistes ; tout ce monde-là continue de résister et de s'organiser sous des conditions extrêmement difficiles. La société iranienne est complexe, multi-ethnique, dynamique et la lutte pour la liberté continue sous plein de formes différentes.
Ce qui importe le plus, c'est la solidarité internationale entre mouvements populaires, pas le soutien aux projets étatiques ou aux alternatives construites par en haut. Celles et ceux qui nous lisent hors d'Iran peuvent jouer un rôle important en amplifiant et en traduisant les voix indépendantes, en organisant des événements de solidarité et en aidant à rendre plus visibles les luttes sociales en Iran. Plus ces voix sont entendues, plus il devient difficile de les faire taire.
Nous sommes là. Nous continuons de nous organiser et de résister.
Ni Mollah ni Shah !
Femme, Vie, Liberté !
Dans ces conditions, les gens ont développé des méthodes comme la dispersion rapide dans les rues, l'organisation anonyme et l'entraide à l'échelle des quartiers. Dans certaines régions comme au Kurdistan ou au Baloutchistan, où il y a une histoire plus longue de résistance sociale, les communautés locales ont réussi dans certains cas à mieux se protéger. Mais dans les grandes villes, la répression a été extrêmement violente.
Le groupe le plus vulnérable reste celui des prisonniers politiques, particulièrement celles et ceux qui ont été arrêté•es pendant les manifestations récentes, qui sont détenu•es dans des conditions extrêmement dangereuses et continuent d'être sous la menace de peines lourdes voire même d'exécutions. L'expérience acquise dans la période montre que les réseaux locaux de solidarité sociale peuvent jouer un rôle important dans la défense sociale et la persistance de la résistance.
🔹La dernière fois qu'on a interviewé le Front Anarchiste, le gouvernement iranien avait complètement coupé Internet. Depuis, y a-a-t-il eu des changements significatifs dans vos capacités de communiquer et d'accéder à Internet ? Les gens sont-ils parvenus à contourner ces interdictions ?
Le gouvernement iranien continue à utiliser les coupures d'Internet ou les restrictions comme l'un de ses principaux outils de répression. Ces dernières années, quand Internet était largement coupé, ca coïncidait en général avec une répression violente et des tirs à balles réelles contre les manifestant•es. Avec l'éclatement de la guerre, les coupures d'Internet sont de nouveau utilisées à une grande échelle, ce qui prive des millions de personnes de communication numérique. Même avant la guerre, pendant les manifestations récentes, les restrictions d'Internet s'étaient intensifiées et prolongées plus que jamais auparavant. Cela avait permis d'interrompre les communications entre militant·es pendant plusieurs semaines.
Pour autant, les gens ont acquis une expérience significative et des compétences pour contourner ces restrictions. Des outils tels que les protocoles V2Ray et des applications comme Psiphon et Lantern sont largement utilisés et, quand une connexion est possible, Telegram reste une des plateformes de communication les plus importantes. L'Internet par satellite est aussi devenu important pour certain·es militant·es, même si l'accès à cette technologie reste limité.
En même temps, l'expérience de ces années a montré qu'aucun mouvement social ne peut se reposer uniquement sur Internet. Le ciment réel de tout mouvement social se construit dans les relations interpersonnelles, directes, la confiance mutuelle et les liens réels entre les personnes.
🔸 Vous avez alerté à propos de la menace que représentent les royalistes (qui ne sont qu'une petite minorité dans les manifestations) qui essaient de s'appuyer sur les mouvements pour s'en servir comme des tremplins pour leur propre mouvement. Dans quelle mesure penses-tu qu'ils ont réussi en la matière ?
Les courants monarchistes ont essayé de se présenter comme la seule et unique alternative politique en utilisant des plateformes médiatiques sous leur contrôle, avec le soutien de certains gouvernements étrangers. Reza Pahlavi et ses soutiens ont activement cherché à se positionner comme gouvernement de transition et ont reçu le soutien de médias persophones et de certains gouvernements occidentaux.
Cependant, leur base sociale à l'intérieur du pays est bien plus limitée que ne le laisse entendre leur présence médiatique. Beaucoup des gens qui ont participé aux protestations venaient dans la rue pour protester, en réalité, contre toutes les formes d'autoritarisme et ne croient pas que la solution soit le retour de la monarchie. En fait, une partie importante de la société iranienne comprend très bien que remplacer une forme d'autoritarisme par une autre n'est pas une solution.
🎙Deuxième entretien avec le Front Anarchiste [Iran, Afghanistan, Tadjikistan] sur la répression et la résilience, la guerre dans la région et la coupure d'Internet
Par Gabriel Fonten
🔹Quand on s'est parlés la dernière fois pour Freedom, les manifestations en Iran étaient en pleine intensification et semblaient gagner rapidement tout le pays, mais la répression allait aussi en augmentant. Tu peux nous raconter ce qui s'est passé depuis et ce qu'a fait votre collectif ?
Depuis nos derniers échanges, la situation en Iran a changé du tout au tout, de manière violente et que l'on n'avait jamais vu jusque là. Les manifestations qui s'étaient répandues dans plein de villes pnt rencontré une répression particulièrement violente. Les forces de sécurité ont attaqué les manifestant•es à balles réelles ; il y a eu des milliers de mort•es et de blessé•es et des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées. Une chape de plomb sécuritaire a été imposée sur tout le pays. Il y a des informations, soutenues par des éléments de faits, qui indiquent que, dans la situation actuelle de guerre, certains détenu•es ont été transféré•es dans des lieux exposés aux raids aériens et se retrouvent, de fait, utilisé•es comme des boucliers humains.
Au beau milieu de tout ça, avant que le mouvement ait la possibilité de se réorganiser, il y a du nouveau : le 28 février 2026, d'importantes attaques militaires étasuniennes et israéliennes ont commencé contre l'Iran et ont frappé des centaines de cibles dans tout le pays. Divers haut commandants et des figures politiques de la République Islamique ont été tuées dans ces attaques et le pays est depuis lors toujours en état de guerre. La structure du pouvoir de la République Islamique doit faire face à une crise grave mais le futur politique du pays reste incertain et contesté.
Les forces étasuniennes et israéliennes ont pris pour cibles de nombreux sites en Iran et, dans ces attaques, outre les objectifs militaires, des civil•es sont mort•es également. En même temps, la République Islamique a utilisé ses capacités balistiques pour frapper différentes cibles dans toute la région. Ces affrontements menacent la vie des millions de personnes de la région et ce sont déjà des centaines de civil•es qui ont perdu la vie. Les expériences passées dans la région l'ont déjà démontré : une intervention étrangère n'amène rarement la véritable liberté et porte plutôt avec elle de nouvelles formes de domination, l'instabilité et des appétits géopolitiques aiguisés.
Dans ces conditions, nos activités en tant qu'anarchistes ont continué. Nous avons essayé d'empêcher que ces voix soient réduites au silence par la répression et la guerre, en documentant et en informant sur les événements, en publiant des communiqués, en construisant et en maintenant des réseaux de solidarité internationaux et en nous faisant caisse de résonance pour les voix des travailleurs et des travailleuses, des femmes et des différents secteurs de la société, à destination du monde extérieur. En même temps, nous avons mis un point d'honneur à étendre les discussions sur l'auto-organisation et l'organisation horizontale dans les quartiers, les lieux de travail et à l'université, et sur le rattachement de ces noyaux à des réseaux plus amples de solidarité sociale. Nous pensons que sans une telle base sociale, chacune des vagues de protestation reste exposée à na répression étatique.
🔸Les gens ont réussi à se défendre face à cette répression qu'ils et elles ont subi ?
Dans plein de cas, les personnes ont cherché à se défendre, par différents moyens : de la création de réseaux de solidarité pour prendre soin des blessé•es et venir en aide aux familles de détenu•es, jusqu'à différentes formes de résistance dans la rue. Cela dit, il faut rester réalistes : l'appareil répressif de la République Islamique est vaste et très bien organisé, ce qui rend difficile la défense collective.
🎙 Deuxième entretien avec le Front Anarchiste [Iran, Afghanistan, Tadjikistan] sur la répression et la résilience, la guerre dans la région et la coupure d'Internet
Par Gabriel Fonten
Pour lire l'entretien directement en anglais : https://freedomnews.org.uk/2026/03/10/iranian-anarchists-we-continue-to-organise-and-resist/
Traduction en français à la suite ➡️
(Légende photo : "Nous ne voulons ni roi ni grand leader ; ni le mal, ni le pire"
Initialement publiée par Radical Graffiti)
🔴✌️En condamnation des attaques de missiles et de drones contre la région du Kurdistan par la République Islamique et en solidarité avec les luttes pour la liberté du Kurdistan et de l'Iran ⚫️
En ces jours où la République Islamique continue sa politique belliciste et de répression, et ses menaces contre les luttes pour la liberté à coups d'attaques de missiles et de drones sur le territoire de la Région du Kurdistan, nous, Front Anarchiste, ne pouvons considérer que le silence face à cette violence d'Etat est une politique acceptable.
Les attaques militaires de la République Islamique sont non seulement une menace contre le peuple de la Région du Kurdistan et ses forces politiques, mais cela fait partie de la même machine répressive qui, depuis des années, enferme, exécute et fait la guerre à la population en Iran et au Kurdistan. Cette violence d'Etat n'a pas de frontières, tout comme la lutte pour la liberté n'a pas de frontières.
Nous pensons que la liberté du peuple ne viendra pas des gouvernements et des pouvoirs centralisés, mais plutôt de la solidarité populaire, l'organisation horizontale et la résistance commune. C'est pour cela que nous appelons tou•tes les amoureux·ses de la liberté, les militant·es sociaux, les forces radicales, les anarchistes, les féministes, travailleureuses, étudiant·es et toute personne qui se bat contre toutes les formes de tyrannie et de domination à participer à l'action de protestation.
Montrons par notre présence à ce rassemblement que la voix de la résistance du peuple du Kurdistan et d'Iran fait écho dans le monde entier et qu'aucun pouvoir ne pourra la silencier.
⏰ 14 mars 2026, à 14h
📌 À Heumarkt, à Cologne, en Allemagne
[Ajout du traducteur : des rassemblements et manifestations sur des bases similaires ont lieu ailleurs dans le monde, notamment en France, comme à Paris notamment, vendredi 13 mars à 18h30 à Place des Fêtes, à l'appel du collectif Roja Paris, entre autres]
Non à la guerre impérialiste et au terrorisme d'Etat !
Non à la criminelle République Islamique au pouvoir en Iran !
Ni Mollah ni Shah !
Jin-Jiyan-Azadî! Femme, Vie, Liberté !
Front Anarchiste
🔴 En condamnation des attaques de missiles et de drones contre la région du Kurdistan par la République Islamique et en solidarité avec les luttes pour la liberté du Kurdistan et de l'Iran ⚫️
✌️Appel à manifester ce week-end, à Cologne (Allemagne) et ailleurs ➡️
#NoMullah #NoShah
#WomanLifeFreedom
#Interview #FreedomNews
#AnarchistFront #IranAfghanistan
https://freedomnews.org.uk/2026/03/10/iranian-anarchists-we-continue-to-organise-and-resist/
Nouvel entretien (en anglais) avec le Front Anarchiste, par FreedomNews. Traduction en français en cours. Ca parle de la guerre, du soulèvement de janvier, de l'importance des réseaux de solidarité locaux, de la coupure des télécommunications et des moyens de la contourner, du poids des courants royalistes dans la société iranienne et de la nécessité de faire entendre les voix multiples des mouvements sociaux en Iran pour qu'ils ne puissent pas/plus être silenciés.
Restez connecté-es, ca arrive en français dans la soirée ou demain au plus tard !
⚪️ Sur la mort de Saleh Muslim 🔵
Communiqué du Front Anarchiste
La mort de Saleh Muslim est une nouvelle qui attriste beaucoup de kurdes et tou•tes nos camarades qui luttent pour la liberté et la dignité humaine. Nous, Front Anarchiste, honorons sa mémoire comme l'une des personnalités influentes qui a consacré sa vie à la lutte contre l'oppression, pour le droit à l'autodétermination des peuples et pour la construction d'une société autogérée.
A un moment où les terroristes jihadistes et Daech menaçaient la vie des habitant•es de la région, la résistance du peuple du Rojava est devenue un symbole pour la résistance et la lutte face au fascisme. Saleh Muslim n'a pas fait que jouer un rôle important dans l'unité du peuple kurde, il a, comme d'autres à Afrin et Kobanê, perdu son fils de 20ans (le martyr Sherwan) sur la route de l'humanité et de la liberté.
Notre lutte est aussi pour un monde dont Saleh Muslim est l'un des symboles : un monde dans lequel la liberté, la solidarité et l’autogestion des sociétés humaines remplacent toutes les formes d'autoritarismes, de domination et la guerre.
Un monde, une lutte !
Non à la guerre impérialiste et au terrorisme d'État !
Non à la criminelle République Islamique d'Iran !
Ni Mollah ni Shah !
Jin, Jiyan, Azadi ! Femme, Vie, Liberté !
Front Anarchiste, le 11 mars 2026
⚪️ Sur la mort de Saleh Muslim 🔵
Communiqué du Front Anarchiste du 11 mars 2026 ➡️
🏩 Établissements identifiés à Téhéran qui ont pu être totalement ou partiellement évacués :
1⃣ Pouponnière Ameneh
La plus vieille pouponnière, située dans le district 3 de Téhéran, près de la rue Valiasr. En raison de sa proximité avec des sites sensibles, ce centre a été complètement évacué dans les heures qui ont suivi le début des hostilités. Les nourrissons et nouveaux-nés ont été transférés vers les familles biologiques, des familles d'accueil temporaires ou d'autres établissements plus en sécurité. Selon les informations, l'évacuation a pu avoir lieu avant le début des attaques directes et aucun enfant n'a été blessé.
2⃣ Centre de soin et de protection sociale Horr
Ce centre, qui offrait des soins quotidiens aux bénéficiaires de l'aide sociale et aux personnes porteuses de handicap(s), a été complètement détruit au cours des attaques.
Toutefois, le personnel et les personnes bénéficiaires ont été évacuées en amont et aucun mort n'est à deplorer, pour autant qu'on le sache.
3⃣ Bureau de l'Aide Sociale Sheminarat
Un bâtiment administratif et de service situé dans le nord de Téhéran. Une partie des murs, le toit et les fenêtres sont endommagés mais les informations recueillies laissent penser que le personnel et les bénéficiaires avaient déjà été évacué•es ou replacé•es ailleurs.
4⃣ Centre de réhabilitation du Croissant Rouge (Téhéran)
Suite à des dommages importants causés par les attaques, tou•tes les patient•es et les bénéficiaires du centre ont été évacué•es et transféré•es vers d'autres établissements.
5⃣ Pouponnière Shobeir
Une partie importante du centre a été évacuée. Cela dit, 11 enfants qui ont besoin de soins médicaux spécialisés et d'une attention constante sont maintenu•es dans une aile sécurisée de l'établissement, sous supervision du personnel de l'organisation de l'Aide Sociale.
Nous appelons le public, les organisations humanitaires et les institutions internationales à porter attention de façon urgente à la situation de ces enfants en situation de vulnérabilité et à soutenir les efforts pour garantir leur sécurité, les soins médicaux, l'approvisionnement en nourriture et l'assistance psychologique dont ils ont besoin.
Pour plus d'informations, veuillez vous référer au site Internet de la radio Zamaneh.
www.radiozamaneh.com/881697
❗️Appel urgent pour soutenir les enfants sous les bombes❗️
Selon les informations publiées par Radio Zamaneh, la situation des enfants en orphelinat et des établissements de soin de l'Organisation de l'Aide Sociale est décrite comme particulièrement critique sous les conditions imposées par la guerre en cours. Des perturbations importantes liées à la guerre, bombardements répétés, interruptions dans les chaînes d'approvisionnement, forte augmentation des prix et déplacement massif de civil•es, ont provoqué de graves pénuries de personnel, de biens essentiels et de nourriture dans ces établissements.
Les enfants résidant dans ces centres sont souvent effrayé•es et psychologiquement très affecté•es pour les bombardements sur les villes. Le bruit constant des explosions et des raids aériens a entraînement détresse, panique et choc émotionnel.
Plus d'infos à la suite (en français) et sur www.radiozamaneh.com/881697 (en farsi)
🛑 La coupure des accès Internet en Iran est une violation claire de droits humains ! 📲
Texte accompagné d'une vidéo tournée dans les rues de Téhéran
Par Hasse-Nima Golkar, daté du 10 mars 2026
Selon un rapport de Netblocks, la coupure généralisée d'Internet, à travers tout l'Iran, continue et en est desormais à son 11ème jour [13ème jour, à l'heure où nous publions en français] consécutif. Après plus de 240 heures, les gens sont toujours privés d'accès à l'Internet global. Pour le dire autrement, depuis le début de l'année, les Iranien·nes ont passé près d'un tiers de l'année 2026 dans le noir digital complet, sans aucune possibilité de connexion à Internet. Cette coupure figure parmi les plus graves atteintes mondiales à l'accès à Internet imposées par des gouvernements et devient désormais la 2ème plus grosse coupure enregistrée en Iran après celle qui a suivi les manifestations de janvier 2026 [du 9 au 27 janvier].
Malgré les graves crises économiques et politiques, le gouvernement au pouvoir en Iran continue de propager son narratif de propagande sur une supposée "victoire contre l'impérialisme globale et le sionisme".
La guerre en cours, démarrée le 28 février 2026 (9 Esfand 1404) par les troupes armées israélo-étasuniennes avec le soutien franc des forces de droite et même monarcho-parafascistes guidées par Reza Pahlavi, fait des ravages. Elle n'apportera aucun bénéfice aux travailleurs et aux travailleuses d'Iran. Plutôt que d'apporter la liberté, l'égalité ou la justice sociale, ce conflit risque d'approfondir l'exploitation et le pillage des ressources humaines et naturelles du pays.
Une victoire pour le peuple d'Iran ne peut venir que de la défaite décisive et du renversement complet du régime capitaliste islamique actuel. Un tel changement doit émerger de conseils populaires démocratiques fédéraux construits sur l'auto-organisation horizontale, l’autogestion, la solidarité, la coopération mutuelle au sein du peuple et entre les individus eux-mêmes, pas d'une intervention ou d'une occupation militaire étrangère.
Cette petite vidéo, filmée le 10 mars 2026, montre bien la forme de loi martiale qui ne dit pas son nom qui s'st imposée à Téhéran et qui témoigne de la fébrilité des autorités face à un potentiel soulèvement de citoyen•nes prêt•es à manifester et à rompre l'ordre établi.
Ni Mollah, Ni Shah !
Femme, Vie, Liberté !
#NoMullah #NoShah
#WomanLifeFreedom
📨 Lettre de #Warishe_Moradi, combattante kurde, depuis la prison, pour la journée internationale des femmes (8 mars)
Quand on parle du 8 mars, c'est vrai que cette lutte a commencé aux États-Unis, avec des femmes qui refusaient de se soumettre et qui ont transformé les digues qui les contenaient en tremplins pour la vague qui continue de déferler chaque jour. Alors pour moi, cette journée, symbolique et desormais officialisée, revient à honorer ces luttes et à s'en souvenir. C'est le droit de se battre et de résister que les femmes ont visé pour enfin pouvoir atteindre leur accès aux droits humains. Nous sommes maintenant à l'ère où la lutte des femmes a atteint son apogée. Bien que ce combat a débuté hors du Moyen-Orient, les femmes kurdes sont désormais celles qui mènent ce combat. C'est une fierté pour nous toutes, et nous devons en faire une possibilité de chaque jour progresser sur ce plan.
Je peux expliquer la différence ainsi : on voit que récemment des pays puissants du Moyen-Orient ont créé Daech. Une force que tous redoutaient et qu'ils craignaient d'affronter. Même les mains qui avaient créé cette force dans leur intérêt n'arrivaient pas à la détruire. Mais elle a été détruite par les femmes et les combattant•es de la liberté kurdes. Cela prouve que lorsque les femmes s'unissent, que ce soit en s'organisant ou en redécouvrant une idée forgée dans plus 5 000 ans de captivité, elles peuvent faire trembler les murs que les femmes kurdes ont déjà abattus.
La différence maintenant, c'est que si la violence contre les femmes est mondiale, la lutte des femmes l'est également. Et comme je l'ai déjà dit, ce sont les femmes kurdes qui mènent fièrement ce combat.
Warishe Moradi
Non à la transmission héréditaire du pouvoir, du Shah comme du Mollah.
Mort à la monarchie absolue du Shah et du clergé !
Couronnes et turbans sont les deux faces d'une même pièce
Crédits image
🔷 La guerre humanitaire, ça n’existe pas
Suis arrivée à l’hôpital. Le ciel de Téhéran rempli d'avions de chasse. Une femme et son fils blottis contre un mur. Me suis réfugiée au sous-sol d’un centre commercial, dans l’hypermarché. Les gens se sont précipités sur les bouteilles d'eau, les lampes de poche, les conserves, le pain, les pommes de terre... Les rayons se sont rapidement vidés. Pharmacie bondée.
L'hôpital me paraissait plus sûr. Pas le cas : bombardé tout autour, les fenêtres ont tremblé et se sont brisées. Ce jour-là, la maison de Khamenei a été bombardée ; des agent·es de la voirie ont été blessé·es.
Une femme pleurait et criait : « Mon fils ! C’était qu’un ingénieur de pont naval ! Ils l’ont tué ! ». Plusieurs étudiant·es sont mort·es dans l’onde de choc.
La guerre utilise des armes destructrices et meurtrières contre des vies humaines. Rien de ce qui détruit la vie ne peut être humanitaire.
Aucune guerre dans l'histoire ne l'a été. La guerre des Alliés contre l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale ne l'était pas, quand bien même des millions de dissident·es, de Roms, de Juif·ves et d'opposant·es à l'empire japonais y ont vu un espoir et une échappatoire.
🔶 « Nous ne bombarderons pas les zones résidentielles »
Un pilote israélien a déclaré à la télévision de l'opposition iranienne : « Peuple iranien, nous ne vous bombarderons pas. Levez-vous au bon moment, coupez vous-mêmes la tête du serpent. »
C'est vrai : la plupart des cibles ne sont pas résidentielles. De vastes zones résidentielles ont reçu des avertissements d'évacuation.
Pourtant, les commandants et les forces armées de la République islamique se sont cachés dans des maisons, des écoles et des zones résidentielles pour se protéger et augmenter les coûts pour Israël.
Aucun média d'État n'a jamais annoncé d'avertissements d'évacuation. Ils se réjouissent des morts civiles.
Malgré tout, beaucoup ont fait confiance au fait que les civil·es n’étaient pas ciblé·es et sont resté·es chez elles et eux, dans les grandes villes. Avec des réserves alimentaires reconstituées, aucun signe de famine n'est encore visible.
Les bombardements ont coupé l'électricité, le gaz et l'eau dans certaines zones, mais le service a été rapidement rétabli. Le pire : des hausses de prix extrêmes sur tout, des coupures d'Internet, une surveillance de masse.
Je galère plus de 12 heures par jour pour avoir accès à Internet, souvent sans succès.
🔷 Eurêka ! Le dictateur est mort
Il y a quelques nuits, la télévision par satellite a annoncé : « Ali Khamenei est mort ». Les gens ont scandé des slogans et ont célébré la nouvelle. La télévision d'État l'a confirmé le lendemain matin. Les partisans du dictateur (qui n'ont jamais pleuré ses innombrables crimes) ont pleuré sa mort, regrettant son sourire. Moi, j’ai souri à sa place. Pas sa fin idéale, cela dit. La guerre. Pas de procès, écrasé par les tonnes de bombes étasuniennes.
Quelques jours plus tard, ses partisans se sont rassemblés dans les rues pour manifester leur soutien et pleurer leur chef. Mais pas seulement ! Ils étaient armés ou protégés par des soldats masqués. Les voisins observaient depuis leurs fenêtres ; ils étaient en minorité. Ils parlaient de jihad, menaçaient de tuer leurs opposants et d'autres citoyens. Ils traitaient les laïc·ques de « soldats sionistes ».
Soudain, un homme armé a pointé un laser vers notre immeuble et a tiré. On ne faisait que regarder, sans scander de slogans, mais ils ont tiré.
Pas assez de fans de dictateurs à leur goût, j’imagine !
Alors, on le redit encore une fois : « Mort au dictateur et à son monde ! Vive la liberté ! »
🔶 Aujourd'hui
Je galère à me connecter et à envoyer ça. Les explosions des frappes aériennes israéliennes résonnent. Je remplace les carreaux cassés à la maison rapidement, sans laisser de traces ni de trous. On répare et on nettoie rapidement, pour éviter de se faire identifier.
Le harcèlement pourrait s'intensifier. On continuera à résister à la barbarie sous toutes ses formes.
Narrator
