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Front Anarchiste – Version Française

Front Anarchiste – Version Française

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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.

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Déclaration de solidarité du Front anarchiste avec la résistance baloutche Chaque État se fonde sur la conquête. Chaque frontière est la cicatrice de la violence. Chaque prison, chaque poste de contrôle, chaque fichier de la police secrète existe pour rappeler aux gens ordinaires qui est censé obéir. Nous refusons. Notre solidarité est pour le peuple baloutche, non pour les partis, les politiciens, les gouvernements, les factions militaires ou ceux qui aspirent à devenir de nouveaux maîtres. Nous rejetons tout culte du chef et toute mythologie qui promet la libération par de nouvelles autorités. Aucun drapeau ne peut racheter la domination. Aucun gouvernement ne peut garantir la liberté. La lutte du peuple baloutche ne consiste pas à demander au pouvoir de devenir humain. C’est la lutte d’un peuple qui a subi des décennies de disparitions forcées, de tortures, d’exécutions, de militarisation, de censure et de punitions collectives, simplement parce qu’il a refusé de disparaître. Lorsqu’une femme qui marche aux côtés des familles des disparus est traitée de terroriste, l’État se dévoile de lui-même. Le pouvoir invente toujours le criminel dont il a besoin pour justifier sa violence. Chaque condamnation infligée à un dissident est un autre aveu de la peur qu’éprouve l’autorité face à ceux qui refusent l’obéissance. Mahrang Baloch est en prison parce que les États craignent la mémoire. Ils craignent les mères qui demandent où sont passés leurs enfants. Ils craignent les communautés qui s’organisent sans permission. Ils craignent les femmes qui refusent le silence. Ils craignent la solidarité, parce que la solidarité fragilise la domination. Le Pakistan n’est pas un cas unique. Ni l’Iran ni l’Afghanistan ne le sont non plus. Constitutions différentes, uniformes différents, drapeaux différents — et pourtant le même appareil de commandement. Diviser un peuple. Occuper sa terre. Criminaliser son existence. Faire disparaître celles et ceux qui s’organisent. Enfermer celles et ceux qui parlent. Appeler la résistance terrorisme. Appeler la domination paix. C’est la langue de tous les États. Nous la rejetons entièrement. Nous rejetons la fiction selon laquelle les gouvernements possèdent les territoires parce qu’ils disposent d’armées. Nous rejetons le mensonge selon lequel l’obéissance crée la légitimité. Nous rejetons chaque prison, chaque agence de renseignement, chaque régime de frontière, chaque disparition forcée, chaque exécution, chaque institution qui prétend avoir le droit de commander des vies humaines. La liberté ne naît jamais d’une négociation menée par ceux qui monopolisent le pouvoir. Elle naît chaque fois que les gens s’organisent horizontalement, se défendent les uns les autres, refusent la peur et bâtissent des relations au-delà de la domination. Notre solidarité ne peut pas être emprisonnée. Notre mémoire ne peut pas être effacée. Notre résistance ne peut pas être réduite au silence. Aucun État ne possède un peuple. Aucune autorité n’est sacrée. Personne n’est libre tant que la domination elle-même n’a pas été démantelée. Femme — Vie — Liberté ! Ni Dieu — Ni Maître — Ni État ! Front anarchiste (Iran et Afghanistan)

Mais il faut poser la question avec honnêteté : que signifie le prix Nobel pour une femme assise dans une cellule de la prison de Hudda ? D’un point de vue anarchiste, le Nobel est une institution ; une institution appartenant au même ordre mondial étatique, capitalocentré et eurocentré qui a souvent pactisé avec les mêmes puissances qui écrasent des peuples comme celui des Baloutches. Ce prix naît d’une fondation portant le nom de l’inventeur de la dynamite ; une institution qui a parfois été attribuée à des hommes politiques aux mains tachées de sang, et parfois à des militants ayant pris des risques, mais dont la reconnaissance a fini par être réduite à la consommation occidentale d’une prétendue « résistance orientale » — quelque chose que l’on peut condenser en un discours, une médaille, une photo commémorative, puis oublier. Le prix Nobel ne peut libérer personne de la prison de Hudda. Il ne peut pas arrêter une balle des forces de sécurité. Il n’apporte pas d’eau aux personnes qui, la nuit, cherchent dans le désert le corps de leurs enfants. La reconnaissance internationale peut, au mieux, offrir un bouclier temporaire, mais elle ne remplacera jamais une solidarité directe et concrète, de peuple à peuple. Mehrang, dans sa cellule, pense peut-être moins à une médaille Nobel qu’à celui ou celle qui demain apportera de l’eau aux mères des disparus, et non au fait que son nom soit lu à Stockholm. Il ne faut pas y voir de l’indifférence à l’égard de sa souffrance, mais une critique des structures qui transforment la reconnaissance en marchandise, une marchandise consommée dans les salles occidentales tandis que le sujet demeure derrière les barreaux. La véritable résistance baloutche ne naît pas dans les salons d’Oslo, mais dans les rues de Quetta, dans les marches des femmes avançant côte à côte, dans les mains des familles qui n’ont demandé l’autorisation d’aucune institution officielle avant d’élever la voix. Ce qui rend le mouvement de Mehrang anarchiste — non comme étiquette idéologique, mais par la manière dont il agit —, c’est qu’il n’a demandé l’autorisation à aucun centre de pouvoir. Ni à l’État pakistanais, ni aux partis nationalistes baloutches officiels, ni aux institutions internationales. Les femmes baloutches, souvent reléguées aux marges dans les structures traditionnelles, sont elles-mêmes passées au premier plan. Cela, en soi, est une révolte : révolte contre l’ordre patriarcal, révolte contre la domination militaire, révolte contre l’oubli mondial. La réclusion à perpétuité de Mehrang est une tentative de faire taire cette révolte. Mais chaque fois qu’un État emprisonne un corps, une idée demeure vivante et libre, et cette idée vit non sur le papier du Nobel, mais dans l’esprit de milliers de femmes et d’hommes baloutches qui n’acceptent plus le silence. Sin, aube

La femme que l’État n’a pas réussi à briser : Mehrang Baloch et une résistance au-delà des frontières et des prix Une femme née de l’absence Mehrang Baloch ne peut être séparée d’une histoire d’absences. Il y a des années, son père fut emprisonné dans la même prison de Hudda, à Quetta, où elle serait elle-même plus tard détenue, pour le seul fait d’avoir pris la parole en faveur des droits du peuple du Balochistan. Cette répétition, cet héritage amer transmis du père à la fille, montre que l’État pakistanais ne combat pas des individus isolés, mais une génération, une mémoire, une ligne ininterrompue de résistance. Mehrang a grandi parmi des milliers de Baloch disparus, parmi des familles qui portaient sur leur poitrine les photographies de leurs proches disparus et passaient des années assises dans la rue à ne demander qu’un corps, qu’une tombe certaine, qu’une réponse. C’est de ces absences qu’est né le Baloch Yakjehti Committee (BYC), non d’un parti ni d’une idéologie imposée d’en haut, mais de la douleur collective de femmes et d’hommes qui n’avaient plus rien à perdre sinon leur silence. Ce point de départ est essentiel. Il s’agissait d’un mouvement né non autour d’un leader charismatique au sens partisan, mais autour d’un réseau horizontal de familles en deuil. La longue marche de Turbat à Islamabad, les sit-in dans les rues, les rassemblements de femmes sur les places des villes : tout cela relevait d’une auto-organisation directe, en dehors des structures formelles du pouvoir, en dehors des partis parlementaires, et en dehors de la logique de l’État-nation, qui est lui-même l’artisan de l’effacement silencieux du peuple baloutche. À l’été 2024, après le détournement d’un train au Baloutchistan et la mort de dizaines de Baloutches dans les événements qui ont suivi, Mehrang tint une conférence de presse. Lors de cette intervention, elle ne défendit pas la violence et ne la justifia pas ; au contraire, elle souligna la nécessité de distinguer entre celui qui prend les armes et celui qui proteste pacifiquement. Or cette distinction, cette exigence de clarté morale, devint précisément la preuve utilisée contre elle. L’État pakistanais, qui a lui-même fait disparaître sans procès des milliers de Baloutches, prétend désormais détenir des preuves établissant qu’une docteure et militante des droits civiques aurait été impliquée dans la mort d’un membre des forces de sécurité pendant les manifestations de Gwadar. La logique sera familière à tout observateur impartial : lorsque les États ne parviennent pas à faire taire les voix dissidentes, ils les traduisent dans le langage du terrorisme. C’est la langue commune de tous les pouvoirs centralisés, d’Islamabad à Téhéran en passant par Washington. Le tribunal antiterroriste de Quetta a désormais, ces derniers jours, condamné à la réclusion à perpétuité quatre militants, parmi lesquels Mehrang Baloch, Sibghatullah Shahji, Balaach Qadir et Abubakar Kalanchi. Un verdict né non de la justice, mais de la peur d’un appareil militaro-sécuritaire face à une femme capable de faire descendre les gens dans la rue sans armes, sans parti et sans le soutien d’aucune superpuissance. La réclusion à perpétuité, ici, est plus qu’une peine juridique : c’est une tentative de transformer un corps vivant et parlant en une autre absence, en un autre nom sur une pancarte que les familles tiennent entre leurs mains. Et pourtant, l’histoire du Baloutchistan, de la réclusion à perpétuité de Nawab Nauroz Khan à la dissolution du gouvernement du Baloutchistan en 1973, a montré que la répression brutale n’étouffe pas la résistance ; au contraire, elle crée aussi les conditions de nouvelles formes de violence. Par ce verdict, l’État sème en réalité la graine même qu’il redoute. L’an dernier, Mehrang Baloch figurait parmi les nommées au prix Nobel de la paix ; auparavant, elle avait aussi été inscrite sur la liste des 100 femmes inspirantes de la BBC. Et c’est précisément cette visibilité internationale, a-t-elle dit elle-même, qui a accru les menaces contre sa vie.

Après l’échec des tentatives précédentes, le mollah Yaqoob Mujahid, ministre de la Défense des Talibans, est arrivé au Badakhshan jeudi matin, le 4 Saratan, puis s’est rendu dans le district de Jurm avec plus de quarante véhicules militaires. Le mollah Yaqoob est allé là-bas pour négocier, non pour réprimer. Cela, en soi, est un aveu. À ce moment-là, les Talibans ne peuvent pas, ou ne veulent pas, faire tomber Fatah par la force. Ils envoient donc le ministre de la Défense pour parler. Mais que signifie négocier dans la logique de cette crise ? Cela signifie que les deux camps se tiennent au bord de ce qu’ils redoutent. Fatah est dans la troisième phase de l’érosion de la domination. D’abord, le centre donne des ordres et tout le monde obéit. Puis le centre donne des ordres et certains tardent. Puis le centre donne des ordres et certains imposent des conditions. D’autres commandants du Nord observent pour voir si Fatah obtiendra des concessions ou sera écrasé. S’il obtient des concessions, le schéma se répétera. S’il est écrasé, le coût de la résistance sera pris en compte par tous, et dans les montagnes du Badakhshan ce coût est très lourd pour les Talibans. Cette analyse est juste. Les Talibans sont pris dans un très mauvais dilemme stratégique : S’ils apaisent Fatah par des concessions, dix autres commandants du Nord en tireront la leçon. S’ils répriment Fatah par la force, du sang coulera dans les montagnes du Badakhshan, où chaque vallée est un monde à part, et ils enseigneront malgré tout que la résistance est possible. Ici, la géographie est la première chose qui compte. Le Badakhshan n’est ni comme l’Helmand ni comme Kandahar. Ses montagnes sont abruptes, et seuls ceux qui y vivent connaissent vraiment Darwaz et Nasi. En mai dernier, les Talibans ont arrêté certains commandants liés à Fatah, dont Musa Kake. Dans un lieu pareil, un commandant local ne peut pas être dirigé depuis Kaboul ou Kandahar. Quand le Nord tombe, cela commence toujours par le Badakhshan ou cela passe par le Badakhshan. C’est un schéma historique. Si la résistance afghane des quatre-vingts dernières années a eu un axe septentrional, le Badakhshan en a été la porte : refuge, voie d’approvisionnement, terre trop coûteuse pour le centre. Au milieu de tout ce discours sur les mines et le pouvoir, il y a des gens qui ne relèvent ni de l’équation de Fatah ni de celle de Kandahar. Les Ismaéliens du Badakhshan dénoncent la pression croissante des Talibans et disent qu’on leur a demandé d’abandonner leur foi. Et Fatah lui-même a lancé cette campagne. Il se tient dans une posture de résistance, mais ses mains sont tachées du sang des minorités du Badakhshan. Dans cette lutte, ni Kandahar ni Fatah ne sont du côté du peuple. Tous deux se battent pour la terre et pour la richesse, tandis que les habitants du Badakhshan ne sont que le terrain sur lequel ils se déplacent, et non les acteurs de l’histoire. D’ici jeudi, le mollah Yaqoob apportera soit un accord fragile, que ni l’un ni l’autre camp ne respectera, soit il reviendra les mains vides, marquant le début de la phase suivante. Et lorsque la nouvelle de cet affrontement parviendra à Faryab, à Kunduz et à Baghlan, chaque commandant local du Nord se demandera une fois de plus s’il vaut vraiment la peine d’obéir à Kandahar. Voilà le sens du Badakhshan. Pas seulement une province. Une épreuve pour savoir si le pouvoir central est encore du pouvoir. Les Talibans ne sont pas un État. Ils sont une coalition qui marche déguisée en État. Et les coalitions, lorsque le butin s’épuise, commencent à se dévorer entre elles. Zargham

📝 Badakhshan : là où l’émirat se ronge de l’intérieur (une analyse anarchiste de la fracture entre Kandahar et le Nord) Juma Khan Fatah est un commandant d’origine tadjike qui, après le retour des Talibans au pouvoir, a occupé le poste d’administrateur des cinq districts de Darwaz, dans le Badakhshan. Il combattait sur deux fronts : d’une main, il maniait l’épée ; de l’autre, il contrôlait la mine. Sa part des revenus issus de l’extraction de l’or et du lapis-lazuli au Badakhshan l’avait rendu l’un des commandants les plus riches de la province. C’est cette richesse qui a attiré la colère de Kandahar, et non sa foi. L’histoire de Fatah est une histoire de classe déguisée en affaire tribale. Un homme du Nord a bâti un petit empire à partir de sa propre structure locale, et désormais le centre tribal qui prétend être un État veut s’en emparer. Hibatullah Akhundzada et son entourage estiment que les Talibans doivent être gouvernés de manière centralisée et que tous les ordres doivent partir de Kandahar. À première vue, cette position paraît idéologique. En pratique, pourtant, il s’agit d’un projet tribal. Le schéma est clair : chaque fois que les dirigeants talibans de Kandahar veulent éloigner de leur base de pouvoir les commandants non pachtouns, ils les transfèrent à Zabul. Ce schéma avait déjà été appliqué à Qari Salahuddin Ayubi, le plus célèbre commandant taliban d’origine ouzbèke. Fatah a lui aussi été envoyé à Zabul. La cérémonie de présentation comme vice-gouverneur de Zabul s’est tenue en l’absence de tout haut responsable taliban. Ce silence portait un message clair : tu ne comptes plus. Mais Fatah n’a pas accepté ce message. Après son retour de Zabul, Fatah a désobéi à certains ordres de la direction et a adopté une attitude ouvertement défiatrice. Dans la logique hiérarchique talibane, cela frôle la rébellion. Fatah a affirmé qu’au district de Nasi, dans le Badakhshan, il dispose de 2 500 moudjahidines armés et pleinement équipés, et que ses forces dans les cinq districts de Darwaz atteignent entre 3 000 et 3 500 hommes, tandis que dans les provinces du Nord elles approchent les 10 000. Que ces chiffres soient réels ou non, leur message, lui, l’est : je reste maître chez moi. Qari Faseehuddin Fitrat, chef d’état-major des Talibans, s’est rendu en hélicoptère dans le district de Nasi et a proposé à Fatah deux postes, dont celui de chef de la police ou de chef du renseignement taliban dans le Badakhshan. Fatah a refusé ces offres et a averti que, si une action militaire était menée contre lui, il se défendrait. Cela signifie que Fatah ne veut ni se rendre ni faire sécession. Il veut rester là où il était : administrateur de Darwaz, avec une autorité locale, les mines et son propre réseau. Kandahar ne peut pas accepter cela, car l’accepter reviendrait à répéter le même schéma à Faryab, à Kunduz et à Takhar. La direction talibane a envoyé dans le Badakhshan une unité spéciale d’environ mille hommes afin de contenir les commandants locaux et de prendre le contrôle des mines d’or. Mais ces arrestations n’ont pas amené Fatah à se soumettre, car sa base est restée intacte. Écoutez bien, camarades : contenir les commandants et contrôler les mines apparaissent dans la même phrase. Ce n’est pas un hasard. Cette guerre ne porte pas sur la foi. Elle porte sur l’or. En outre, un convoi militaire de cinquante véhicules, dont des Humvee et des véhicules de transport, a été envoyé au Badakhshan pour arrêter Fatah. Dans ce convoi, seuls cinq véhicules provenaient de la division du Badakhshan ; les autres avaient été envoyés depuis d’autres régions. Ces détails sont importants : les Talibans locaux du Badakhshan n’étaient pas disposés à avancer. Ils ont dû faire venir des forces de l’extérieur. Cela signifie que la fracture ne se situe pas seulement au sommet, mais aussi dans les forces déployées sur le terrain. Abd al-Fattah, le frère de Fatah, a lui aussi fui avec des dizaines de ses hommes après le début de l’opération talibane.

Le football peut devenir un instrument de diversion de l’opinion publique, mais ce même football a aussi, à maintes reprises, servi de cadre pour mettre en lumière ces mêmes crises. Le problème n’est donc pas le football en lui-même, mais les rapports de pouvoir qui l’organisent et le dirigent. En Iran, cette question prend également une forme particulière. Pour une partie de la société, l’équipe qui porte le titre de « nationale » ne représente plus nécessairement l’identité collective du peuple iranien. Cette perception tient en partie aux attitudes peu empathiques, ou au silence, de certains joueurs face aux victimes de la répression à Dey et d’autres épisodes répressifs. À cela s’ajoutent aussi des critiques concernant les mécanismes injustes de sélection des joueurs, la gestion du football et le degré d’indépendance de cette institution vis-à-vis de l’establishment politique. Dans cette optique, une partie de la société établit une distinction entre la « sélection nationale » et l’« équipe du régime » ou l’« équipe des mollahs », et estime que représenter une nation ne se réduit pas au simple fait d’endosser le maillot du pays. L’identité d’une équipe ne se construit pas seulement à travers un drapeau et un hymne, mais aussi à travers le rapport moral et humain de ses joueurs à la société, leur solidarité avec le peuple et la manière dont ils affrontent la souffrance collective. Cette divergence de points de vue montre en elle-même que l’identité nationale dans le sport n’est pas quelque chose de fixe ou de prédéterminé, mais se redéfinit sans cesse dans l’interaction entre la société, les athlètes et les structures de pouvoir. En définitive, l’expérience historique du football montre que l’affirmation selon laquelle « le sport est séparé de la politique » relève davantage du slogan idéologique que de la réalité sociale. Le football est étroitement lié au pouvoir, à l’économie, aux médias, à la classe sociale, au genre, à l’identité et à la culture. Du choix des pays hôtes de la Coupe du monde aux droits des travailleurs, en passant par le racisme, la discrimination de genre, les sanctions, la propagande d’État et les protestations des supporters, tout montre que le football a toujours été politique. La question principale n’est donc pas de savoir si le football est politique, mais à qui profite cette politique, avec quels objectifs et contre qui. -Ravi

📝 Équipe nationale ou équipe des mollahs ? Coupe du monde ou catastrophe humanitaire et environnementale ? Que disent les anarchistes du football ? Dans une perspective anarchiste, le football peut être envisagé non seulement comme un phénomène sportif, mais aussi comme un phénomène social : un terrain de conflit autour du pouvoir, de l’identité, de la solidarité, du capital et de la résistance. Le football n’est ni intrinsèquement libérateur ni intrinsèquement répressif ; selon les rapports sociaux et politiques, il peut tout autant servir d’instrument de contrôle et de soumission que de support à la solidarité, à la résistance et à la création de nouveaux liens sociaux. C’est précisément cette dualité qui en a fait l’un des phénomènes culturels les plus importants du monde contemporain. Pour de nombreux anarchistes, le football est avant tout un rituel social. Des millions de personnes, quelles que soient leur langue, leur appartenance ethnique, leur classe sociale ou leur religion, éprouvent des émotions similaires dans un moment partagé. Joie, défaite, anxiété, espoir et solidarité se vivent ensemble dans les stades et dans la rue. Dans un monde où les êtres humains sont de plus en plus isolés et individualistes, le football demeure l’un des rares espaces qui rendent encore possible une expérience émotionnelle collective. Ces émotions, bien qu’elles puissent parfois conduire au fanatisme et à la violence des supporters, peuvent aussi jeter les bases de l’amitié, de la coopération et de vastes réseaux de solidarité. C’est pourquoi le football possède un fort potentiel pour façonner les mouvements sociaux et mobiliser le public. Dans différents pays, les supporters de clubs ont à plusieurs reprises joué un rôle dans des protestations antiautoritaires, dans les luttes contre le racisme, dans le soutien aux travailleurs, dans la défense des migrants et dans d’autres revendications sociales. Les tribunes des stades ne sont pas seulement des lieux d’encouragement ; elles peuvent aussi devenir des espaces d’expression de revendications politiques et sociales. Le football crée déjà, en soi, un immense réseau de relations humaines, de confiance mutuelle et d’identité collective, et c’est précisément cette caractéristique qui en fait un terrain propice à l’organisation et à l’action collective. Dans le même temps, les États, les grandes entreprises et le capital mondial exploitent eux aussi cette même capacité pour produire de la légitimité, du nationalisme, de la publicité et du profit. Ce qui était autrefois le jeu de tous est devenu aujourd’hui une industrie de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les clubs se sont transformés en entreprises économiques, les joueurs en actifs financiers et les supporters en consommateurs. D’un point de vue anarchiste, ce processus illustre la marchandisation de la culture et l’appropriation d’une expérience collective par le capital et les structures de pouvoir. La critique du football professionnel ne se limite pas à l’économie. L’organisation de la Coupe du monde et d’autres grands tournois implique une consommation massive de ressources naturelles, de vastes chantiers, des émissions élevées de gaz à effet de serre, des millions de voyages en avion et la production d’énormes quantités de déchets. Dans de nombreux cas, les stades construits pour ces événements restent inutilisés une fois les compétitions terminées, tandis que leurs coûts économiques et environnementaux pèsent sur la société. De ce point de vue, le football mondial, dans sa forme actuelle, appelle une critique sérieuse au regard de la justice climatique et de la durabilité environnementale. En même temps, une autre question se pose : l’enthousiasme suscité par le football contribue-t-il parfois à reléguer au second plan les crises humanitaires, les guerres, la répression et les désastres environnementaux ? La réponse n’est pas univoque.

Sardasht : la première ville au monde dont la population fut prise pour cible dans une attaque chimique. Trente-neuf ans se s
Sardasht : la première ville au monde dont la population fut prise pour cible dans une attaque chimique. Trente-neuf ans se sont écoulés depuis la tragédie de Sardasht, un crime qui révéla le vrai visage des régimes bellicistes et autoritaires. Le 28 juin 1987, le régime baasiste de l’Irak a bombardé une ville sans défense à l’aide de bombes chimiques. Les victimes de ce crime furent des femmes, des enfants et des personnes qui n’avaient joué aucun rôle dans le conflit. La tragédie de Sardasht est une tragédie historique profondément douloureuse ; elle montre que les gouvernements, pour préserver leur domination et leurs frontières, n’hésitent pas à recourir à des armes de destruction massive contre des civils. Nous n’oublierons jamais Sardasht

Au lieu d’elle, frappe mon cœur, afin que ce monde devienne une chanson ! À propos du soutien de Hussein Alizadeh à Parastoo Ahmadi À une époque où le débat sur les droits des femmes est intense et où se développent des conflits âprement polarisés entre misogynie et misandrie, Hussein Alizadeh s’est élevé contre une sentence injuste et inhumaine prononcée à l’encontre de la courageuse chanteuse Parastoo Ahmadi, engagée dans la recherche de justice. Un tribunal de Qom a condamné cette chanteuse à soixante-dix coups de fouet au motif qu’elle est une femme et qu’elle a chanté ; Hussein Alizadeh a annoncé qu’il était prêt à recevoir lui-même, à sa place, la punition. À mon sens, cette déclaration de disponibilité n’équivaut pas à une acceptation de la violence physique ; elle traduit plutôt la conscience que M. Alizadeh a rapporté la punition du corps et de l’esprit d’un autre être humain, sous l’oppression de genre, à l’ordre social et à la justice, et donc à sa propre vie et à son propre corps. Il ne considère pas cette question ni cette oppression comme quelque chose de purement féminin ou masculin, ni comme quelque chose qui relèverait de sa sphère personnelle. Il est attristé et indigné du fait qu’il ait longtemps bénéficié d’un privilège pour lequel une autre femme, en son lieu et place, est fouettée pour avoir simplement réclamé ce même privilège. En conséquence, il se met lui-même dans la position de devoir en payer un prix comparable. Il en va de même pour d’autres hommes qui, durant la lutte contre le port obligatoire du voile, ont porté un foulard en signe de solidarité, ou pour les étudiants en médecine de l’Université de Kaboul qui ne se sont pas rendus à leur cérémonie de remise de diplômes en soutien à la levée de l’interdiction faite aux femmes d’étudier. À ce stade, le corps humain dépasse les catégories du féminin et du masculin, et, dans l’imaginaire social, la société acquiert un corps unique, appelé à répondre face au fouet et à l’humiliation. Les êtres humains perçoivent l’ordre à une échelle plus vaste, et la question dépasse le problème privé d’autrui. Ils éprouvent de l’empathie les uns pour les autres et partagent le poids de la souffrance sociale ainsi que le coût du changement social. C’est un récit qui apparaît beaucoup moins souvent dans les lectures qui décrivent les femmes ou les hommes comme le grand mal face à l’autre. Autrement dit, ces récits ignorent les capacités et les potentialités humaines qui empêchent leur propre discours de se fissurer. Or, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de reconsidérer ces questions et de voir la situation autrement. Cette capacité est devant nous. -Hichi

Les combats en cours au Kordofan, les affrontements persistants dans le Nil Blanc et le Nil Bleu, le recours croissant aux drones, la destruction d’infrastructures vitales et l’aggravation des tensions régionales montrent tous que le Soudan est entré dans une longue guerre d’usure. Chaque jour, les coûts humains, sociaux et économiques deviennent plus lourds, tandis que l’espoir d’une stabilité durable s’éloigne davantage.

📝 Soudan : ce qui est visible et ce qui reste caché La guerre au Soudan ne peut pas être décrite simplement comme un conflit militaire entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Elle est le produit de décennies d’impasse politique, de pouvoir centralisé, de développement inégal, de divisions ethniques et religieuses, ainsi que de rivalités autour des ressources et du contrôle politique. Depuis l’indépendance du Soudan, les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à construire un système politique qui représente réellement les nombreuses communautés ethniques, religieuses et régionales du pays. Par conséquent, plusieurs régions marginalisées, notamment le Darfour, le Kordofan et le Nil Bleu, sont devenues des foyers de protestation, de résistance armée et de luttes pour le pouvoir. Les différences ethniques et religieuses ne sont pas la seule cause de cette guerre, mais elles se sont inscrites dans un système plus large d’exclusion politique et d’inégalité économique qui continue de produire de la violence et des conflits armés. Après l’effondrement de la transition politique à la suite de la chute du précédent gouvernement, les tensions entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide se sont transformées en guerre à grande échelle. Aujourd’hui, le conflit s’étend à presque tout le pays et se déroule simultanément sur plusieurs fronts. À l’heure actuelle, la région du Kordofan est devenue le principal théâtre des affrontements. De violents combats se poursuivent autour de Dilling, de Kadugli et de Babanusa, tandis que les deux camps cherchent à contrôler ces localités stratégiques. Ces villes ne sont pas seulement importantes pour des raisons militaires ; elles constituent aussi des axes de transport essentiels reliant le Soudan central au Darfour et aux régions méridionales du pays. Celui qui les contrôle obtient un avantage décisif dans le mouvement des troupes, des armes et des approvisionnements. Parallèlement, la nature de la guerre a changé. Le recours croissant aux drones a étendu le conflit au-delà des lignes de front. Les attaques de drones contre les ponts, les routes et les infrastructures de transport au Darfour et au Kordofan ont perturbé les couloirs humanitaires et coupé de nombreuses communautés de la nourriture, des médicaments et d’autres biens essentiels. Même la saison des pluies, qui réduisait traditionnellement les opérations militaires, n’apporte plus de répit, car la guerre par drones permet de poursuivre les attaques malgré des conditions météorologiques difficiles. Les combats ne se limitent pas au Kordofan. La situation sécuritaire demeure instable dans les États du Nil Blanc et du Nil Bleu, où les affrontements se poursuivent à Kurmuk, Geissan et Bau. L’existence de plusieurs fronts actifs montre que le Soudan ne fait plus face à un seul conflit militaire, mais à une guerre longue et complexe qui affaiblit les institutions politiques, l’économie et le tissu social du pays. Le conflit s’est également compliqué en raison de l’usage d’armes sophistiquées et du soutien extérieur continu apporté aux belligérants. Un tel niveau d’intensité serait difficile à maintenir sans assistance financière, militaire et logistique de la part d’acteurs extérieurs, ce qui rend les perspectives de paix encore plus incertaines. Dans le même temps, les tensions régionales augmentent. Les différends sécuritaires entre le Soudan et l’Éthiopie, ainsi que l’instabilité persistante le long de la frontière avec le Tchad, ont alimenté les craintes d’un débordement du conflit au-delà des frontières soudanaises, avec un risque d’instabilité plus large dans la Corne de l’Afrique et au Sahel. En définitive, le Soudan est confronté à une crise dont les racines plongent dans des décennies d’exclusion politique, de divisions ethniques et religieuses, de développement inégal et de lutte pour le pouvoir. La guerre actuelle n’est pas simplement un affrontement entre deux forces armées. Elle est le résultat de nombreuses crises non résolues accumulées au fil du temps.

Selon cette résolution, la notification électronique a la même valeur juridique que la notification physique, et une personne ne peut prétendre n'avoir pas reçu de notification que si elle dispose d'une excuse valable ; pour une personne n'ayant pas pu accéder à une notification en raison de la coupure de sa carte SIM, cette coupure devrait légalement être considérée comme une excuse valable — mais en pratique, cela peut créer des difficultés pour la personne concernée, notamment le fait que la charge de prouver que la carte SIM était coupée incombe à l'individu lui-même. » La coupure d'une carte SIM constitue une violation des principes inscrits dans la Constitution, explique l'avocat : « Le fondement le plus important permettant de considérer cet acte comme une violation des droits des citoyens est l'article 22 de la Constitution, auquel l'article 570 du Code pénal islamique confère également une force exécutoire. Cet article dispose que l'un des droits des citoyens protégés contre toute atteinte est le droit de propriété — et la carte SIM, à cet égard, est également protégée. Par conséquent, ce droit ne peut être retiré à une personne que par une décision de justice rendue par une autorité judiciaire compétente. Bien entendu, nous avons constaté qu'à diverses occasions, des actes sont commis en violation de la Constitution. » 🔗 https://t.me/emtedadnet/107524

📝 LA COUPURE DES CARTES SIM : UNE VIOLATION DE LA CONSTITUTION Les témoignages de citoyens qui, sans aucune notification, ont perdu l'accès à leurs lignes téléphoniques mobiles : cartes SIM placées sur liste noire / lignes coupées en silence ✍️ Emtedad — Mohammad Hossein Mousavi :: Vous ne recevez plus votre code de vérification, votre connexion internet est coupée, vous n'avez aucun moyen d'appeler qui que ce soit, vous ne pouvez plus accéder aux plateformes gouvernementales, même acheter un permis de circulation ou payer une simple facture devient impossible, commander un taxi via une application ou faire des achats sur un site marchand devient un obstacle majeur, vos collègues et vos amis ne peuvent plus vous joindre, votre travail en souffre, vos cartes bancaires ne fonctionnent plus que dans les distributeurs automatiques, vos communications dépendent désormais des lignes téléphoniques d'autres personnes — et malgré tout cela, vous ne savez même pas ce que vous devez faire, ni où vous adresser, pour faire lever cette restriction. C'est la réalité vécue par un nombre indéterminé de citoyens iraniens ces derniers mois — des personnes qui se sont réveillées un matin pour découvrir que leur carte SIM avait été désactivée. Posséder une carte SIM téléphonique est une part importante des droits individuels et sociaux d'une personne. Dans le monde d'aujourd'hui, l'identité d'un citoyen est liée à sa carte SIM plus encore qu'à ses papiers d'identité. Les personnes utilisent leur carte SIM pour gérer leurs relations personnelles, leur accès à l'emploi, leurs activités sociales et leurs affaires juridiques — et désactiver la carte SIM revient à couper l'accès à tout cela. Mohammad Asadi, avocat et juriste, affirme que cette pratique « viole des droits inscrits dans la Constitution ». Plusieurs citoyens ayant vécu cette expérience ont raconté à Emtedad les problèmes que cette coupure soudaine leur a causés. Emtedad a déployé d'importants efforts pour s'entretenir avec les autorités compétentes, mais sans succès. Une recherche sur les sites d'actualités n'a par ailleurs révélé aucune déclaration émanant des institutions concernées. Mohammad Asadi, l'avocat et juriste au fait de ces blocages, déclare à Emtedad que couper l'accès à une carte SIM sans décision judiciaire n'est pas légal : « L'opérateur de télécommunications dispose d'un règlement interne selon lequel, en présence de documents suffisants, une ligne utilisée pour passer des appels malveillants peut être bloquée. En dehors de ce cas, sans ordonnance judiciaire fondée sur une décision de justice, il n'existe aucun moyen de couper l'accès d'une personne. Un juge ne dispose pas non plus de la liberté de désactiver la carte SIM de quelqu'un quand il le souhaite — il doit exister des motifs juridiques suffisants. » Il ajoute que, si cette mesure était censée constituer une peine principale à l'encontre d'un contrevenant, elle n'aurait aucun fondement légal : « Selon la loi, un comportement délictueux peut entraîner une peine principale et une peine complémentaire. Une peine principale implique la privation d'un droit social ; une peine complémentaire est celle qu'une autorité judiciaire impose pour renforcer l'effet de la sanction. L'article 25 du Code pénal islamique prévoit qu'un juge puisse prononcer une décision complémentaire — telle qu'une interdiction concernant certains services sociaux, comme une interdiction de conduire ou l'usage d'un chéquier. Mais je ne me souviens d'aucune infraction prévue par la loi pour laquelle la coupure d'une carte SIM serait prévue comme peine principale. » Concernant l'impact de la coupure de la carte SIM sur l'accès d'une personne aux notifications judiciaires, Asadi se réfère au « Règlement relatif à l'utilisation des systèmes informatiques ou de télécommunications » : « En 1395 [2016-2017], une résolution sur l'utilisation des systèmes informatisés au sein de la magistrature a été adoptée.

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IL A DÉFENDU LES ENFANTS TRAVAILLEURS. AUJOURD'HUI, OÙ EST-IL ? SOYEZ LA VOIX D'AFSHIN HEYRATIAN. Il s'est levé pour défendre les enfants travailleurs. Aujourd'hui, le régime l'a enfermé derrière les barreaux. Son silence forcé ne doit pas devenir notre silence. LIBÉREZ AFSHIN HEYRATIAN.

Aucune infrastructure ne doit non plus se transformer en instrument de monopole ou de contrôle. Les ressources médiatiques, techniques ou financières, si elles existent à quelque niveau que ce soit, sont utilisées de manière indépendante et volontaire par les individus et les groupes, dans le cadre de projets spécifiques, sans créer de propriété ni de centralité. F) Médias et communication Cette assemblée ne possède ni média central ni canal unique ; elle est plutôt représentée par l'intermédiaire d'un réseau de sites web, de médias personnels et collectifs, de réseaux sociaux et de communications directes entre les individus et les groupes participant à l'assemblée. Chaque participant peut, dans la limite de ses propres moyens, rendre compte des activités et des projets auxquels il prend part. G) Reconnaissance et sécurité Cette assemblée se forme sur la base de l'ouverture et de la participation étendue, mais elle n'ignore pas pour autant la réalité des désaccords et des questions de sécurité. La reconnaissance mutuelle est un processus graduel et réticulaire. Il n'existe aucun mécanisme centralisé pour approuver ou exclure des individus, et la confiance se construit par l'interaction et l'expérience partagée, et non par des décisions centralisées ou des votes. H) Nature de l'assemblée Cette assemblée n'est pas elle-même un acteur politique, ne représente aucun individu ni groupe, et n'adopte aucune position unique. Elle constitue plutôt un espace ouvert permettant l'activisme — un espace dans lequel différentes forces peuvent se trouver mutuellement, dialoguer et, si elles le souhaitent, former des formes de coopération spécifiques et fondées sur des projets. Conclusion Cette proposition constitue une tentative de dépasser les limites du modèle coalitionnel et de créer une infrastructure sociale de coopération volontaire entre des forces plurielles. L'objectif n'est pas de reproduire des coalitions fermées, mais de créer un espace ouvert, réticulaire et fondé sur des projets pour la reconnaissance, la coopération et l'action commune ; un espace où les désaccords ne sont ni éliminés ni dissimulés, mais reconnus et gérés dans le cadre de formes de coopération spécifiques. « Un Collectif d'Anarchistes »

COALITION OU ASSEMBLÉE ? Introduction : Les coalitions ne sont fondamentalement pas en mesure de répondre à la situation politique actuelle de la société iranienne et de l'opposition, et elles ne parviennent pas à englober la majorité des forces de l'opposition, ni à être inclusives. Nous recherchons un modèle de coopération capable d'englober la majorité de l'opposition et de revêtir un caractère inclusif — or, les coalitions ne possèdent pas ces caractéristiques. Toute coalition qui se forme est inévitablement façonnée par des conditions politiques limitées et spécifiques, et ne correspond pas pleinement à la réalité plurielle et fragmentée de la société politique iranienne. C'est pourquoi, plutôt que de reproduire le modèle de la coalition, cette proposition met l'accent sur l'« Assemblée des Épris de Liberté » comme solution alternative — un modèle bien plus ouvert, plus démocratique et plus inclusif, qui n'empêche aucune force d'y participer. Par conséquent, l'Assemblée des Épris de Liberté, avec les explications générales qui suivront, constitue une tentative d'offrir une alternative aux coalitions existantes, ainsi qu'une réponse aux limites et aux échecs des précédentes expériences coalitionnelles — expériences qui ont soit conduit au retrait d'une partie des forces, soit simplement échoué à générer la continuité et l'inclusivité nécessaires. De ce point de vue, les coalitions ne suffisent pas en tant que solution fondamentale à la situation actuelle ; ce qui est nécessaire, en revanche, est la formation d'une assemblée ouverte et étendue des forces éprises de liberté. A) Nature de la proposition Cette assemblée n'est ni une coalition, ni un front politique, ni un parti, et ne possède ni statuts, ni règlement, ni accord contraignant. Elle n'a pas non plus d'adhésion fermée ou définie, et il n'existe aucune précondition idéologique pour y entrer. Aucune ligne de démarcation préétablie n'est définie pour exclure ou admettre des forces. B) Objectif L'objectif de cette assemblée n'est pas l'unification des forces, mais plutôt l'accroissement de la capacité d'action collective parmi des forces dispersées, l'accroissement de la reconnaissance mutuelle entre individus et groupes, la possibilité de former des projets communs et, en fin de compte, l'accroissement de l'efficacité de l'action politique et sociale au sein de l'opposition plurielle. Ces objectifs ne sont pas contraignants et sont définis le long d'un spectre allant du minimum au maximum, de sorte que même une reconnaissance mutuelle minimale entre quelques groupes peut être considérée comme une réalisation valable. C) Logique de la coopération La coopération, dans ce cadre, n'est ni idéologique ni uniforme, ne repose pas non plus sur un accord complet, et ne se forme ni par la contrainte ni par le vote ; elle se forme plutôt sur la base de la reconnaissance mutuelle, de la confiance progressive et du libre choix pour chaque projet spécifique. Chaque projet est indépendant et ne concerne que les participants à ce projet particulier. D) Centralité du projet et indépendance Les formes de coopération sont définies sur une base projet par projet. Tout individu ou groupe peut prendre part à un projet et non à un autre. Le nombre de participants à chaque projet n'est pas fixe, et chaque projet possède sa propre identité indépendante. Aucun projet ne représente l'assemblée dans son ensemble. Les déclarations, actions et activités sont également indépendantes et ne concernent que les signataires et les participants de ce cas particulier. E) Décentralisation du pouvoir Cette assemblée se forme de manière consciente afin d'empêcher la concentration du pouvoir. Par conséquent, il n'existe en son sein ni direction centrale, ni porte-parole unique, ni structure de décision centralisée.