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| 2 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Dark 2
4
***INAYAH
Je repose mon portable après avoir encore une fois essayé de joindre Shelby. Elle refuse toujours de prendre mes appels. Elle est même sérieuse cette femme ? Bon, je lui laisserai encore un peu de temps. Cette fille est autant rancunière qu'elle est géniale. C’est la seule amie que j’ai et elle me manque.
Je termine l’emballage des dix derniers colis à emballer et remonte à mon bureau. J'ouvre la porte et qui vois-je assise à ma place ?
— C’est impoli d'entrer de la sorte dans le bureau des gens, se plaint faussement Shelby en manipulant mon stylo personnalisé.
Je souris. Elle sourit.
— Tu mérites une bastonnade pour n'avoir pas pris mes appels, lui dis-je en allant vers elle.
— Je voulais te faire encore souffrir. Tu m'as manquée.
Nous nous enlaçons.
— Tu m’as aussi manquée.
— Je t'ai apporté ton plat préféré. Des sushis.
— Beurk ! Je déteste ça. C’est le tien plutôt.
— Oui je sais, rigole-t-elle en allant vers le salon.
Je la suis dans mon petit salon. Elle ouvre un paquet et me tend un énorme plat de Hamburger frites et des Wings. Nous mangeons, bavardons, sans revenir sur cette stupide dispute. Nous n'avons pas toujours besoin de revenir sur les choses. Des fois, il faut juste avancer. Ça a toujours été ainsi entre Shelby et moi. Nous savons nous comprendre sans les mots.
— Tu avais raison, à propos de Nick, affirme-t-elle en s'essuyant la bouche à l'aide d'un papier mouchoir.
— Comment ça ? fais-je en l’imitant.
— Il est venu me voir et m'a raconté toute son histoire qui m’a mise la tête à l'envers.
Elle prend un grand bol d'air et me fait le récit de l’histoire que je connais déjà. Je mime avec mon visage des expressions pour lui faire croire que je suis choquée.
— C’est dingue ça ! je m'exclame en mordant dans une frite.
— Je ne te le fais pas dire. Mais il m'a rassurée que maintenant tout est rentré dans l'ordre. Il ne doit plus rien à l'autre dealer. Son seul objectif maintenant c’est de récupérer sa fille avant qu'elle ne soit placée dans une famille d’accueil.
— Vous vous êtes donc remis ensemble ?
— Pas vraiment. Je lui ai demandé un temps de réflexion. Je ne sais pas si j’ai envie de m'engager dans tout ça.
— Mais il t'a bien dit qu’il avait réglé tous ses ennuis.
— Je sais. Mais... je ne sais pas si je suis prête à être la belle-mère d'une petite fille. En plus, sa mère est une toxico cinglée. Elle nous causera toujours des ennuis.
— Si Nick obtient sa garde exclusive, sa mère ne pourra rien.
Elle me regarde d'un air bizarre.
— Quoi ?
— Depuis quand tu es de son côté ? Tu devrais normalement jubiler. Je m'attendais à des ‘‘je te l'avais dit’’. Hum ?
— Je me suis juste rendue compte d’avoir été trop dure avec Nick. Tout le monde a droit à une seconde chance. Moi je suis bien la femme d’un mafieux, ça ne t’a pas empêchée de me prendre comme meilleure amie. Tu es même folle de moi.
— Tsuip ! fait-elle en tirant la bouche.
— Donne-lui une chance. Vous vous aimez, le reste n’est que détail.
— On verra.
Elle reste avec moi toute la journée et m'aide dans mon travail. Elle est maintenant la responsable de plusieurs grands supermarchés. Sa rigueur et ses bons rendus ont fini par payer. Elle a été remarquée par le grand patron qui lui a tout de suite offert cette grosse promotion. Sa vie a changé du tout au tout.
J’entre à la maison assez vite pour pouvoir préparer le dîner. Je prends plaisir à faire la cuisine pour Chris. C’est quasiment la seule chose que nous partageons, en dehors de ses dîners d’affaires, simplement sans faire semblant. Nous n’échangeons généralement pas de mot, mais ça reste un plaisir pour moi de partager ce moment avec lui. Ce n’est qu’à ces instants que je me sens proche de lui. Je m’arrange à toujours rentrer avant lui. Il est un homme très occupé. A peine il rentre qu'il se prépare à ressortir ou il s'enferme dans son bureau pour travailler toute la soirée. Alors les dîners, ce sont juste quelques minutes qu'il se prend pour relaxer un tant soit peu.
Je finis de prendre ma douche et je descends dans la... | 24 |
| 3 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Dark 2
3
***INAYAH
J’écoute et je regarde Shelby raconter ses déboires avec son mec. Depuis hier, elle n'est pas dans son assiette car Nick a encore mis une distance entre eux. Elle a donc tenu à venir déjeuner ce midi avec moi à mon bureau. Depuis son arrivée, elle ne fait que parler de ce type qui ne fait que jouer avec elle. C’est clair qu’il n'en a rien à foutre de cette relation et qu’il joue avec les sentiments de ma copine. J’essaie de le lui faire comprendre mais elle demeure aveugle. Disons, aveuglée par ses sentiments.
Shelby est d'une sensibilité déconcertante. Il en faut peu pour la toucher en plein cœur. C’est ce qui fait d’elle aussi une personne géniale car elle est toujours prompte à venir en aide aux gens, même à ceux qui ne le méritent.
Je continue de déguster mes frites pendant qu'elle continue de parler. Sincèrement, ça fait plus d'une trentaine de minutes que mon esprit a voyagé vers d'autres cieux.
— M’écoutes-tu ?
— Sincèrement ? Non !
— Mais je te raconte mes soucis et toi tu t’en fiches.
— Parce que je t’avais déjà prévenue depuis le début. Ce type se fout de ta gueule. Il n’en a rien à foutre de toi, tu comprends ?
— Mais tu es ma...
Elle est interrompue par la sonnerie de son portable. Je vois le petit nom d’amour que Shelby a attribué à Nick s’afficher sur l’écran. Elle se met à l’écart pour discuter. Par l’expression de son visage et sa gestuelle, je devine aisément qu’ils sont encore en train de se disputer. Elle revient, toute désemparée.
— Il a rompu, lâche-t-elle dans un souffle et avec tristesse.
— L’enfoiré ! je lance en tapant ma table. Je voyais bien dans son jeu. Il t’a utilisée, t’a soutiré de l’argent et maintenant il rompt comme ça, sans aucune raison valable j’en suis certaine. Il voulait juste t’utiliser, sinon qu’il ne t’a jamais aimée. C’est un enfoiré de première. Un fils de...
— ÇA SUFFIT INAYAH, gueule-t-elle subitement. J’en ai marre de tout le temps t’entendre dire des méchancetés sur Nick.
— Oh ! Et tu oses encore le défendre après ce qu’il vient de te faire ?
— Que m’a-t-il fait ? Tu ne le connais pas. Moi si, et je peux t’assurer qu’il y a quelque chose qui le tracasse et qui l’oblige à rompre. Nick est quelqu’un de bien.
— Lol. La bonne blague, dis-je en sirotant mon jus.
— Ce n’est pas parce que tu es mariée à un mafieux, criminel et assassin que ça met tous les hommes dans le même sac que lui.
— Woh ! Doucement là !
— Non. J’en ai par-dessus la tête de ton attitude, continue-t-elle toute énervée en se levant. S’il y a bien quelqu’un ici qui se fait utiliser vulgairement par un homme, c’est bien toi. Tu es dans un mariage blanc et tu es amoureuse d’un homme qui n’a pas un minimum de respect pour toi. Il couche avec sa pute sous ton nez. Tu les entends gémir chaque soir et tu n’as pas assez de cran pour les remettre tous les deux à leurs places. Et c’est à moi, MOI, que tu veux faire la leçon ? Nick est et sera toujours mieux que Chris. C’est ce qui te fait mal en fait. Que moi j’aie trouvé un homme qui m’aime réellement et que toi tu sers juste de toutou au tien.
— Je ne te permets pas ! dis-je en me levant moi aussi.
— Dans ce cas, ferme-la sur ma vie. Je ne t’ai pas demandé de conseils donc garde-les pour toi.
— Tu ferais mieux de t’en aller avant que je ne te dise des choses qui dépasseront ma pensée.
— C’est mieux ainsi.
Elle ramasse son sac et part en claquant la porte de mon bureau. Je lance un tchip en me rasseyant. Je déteste la voir se faire manipuler par ce type mais elle est bornée comme fille. Elle ne voit pas le double jeu de son soi-disant mec. Je déteste encore plus notre dispute. Je déteste quand nous sommes en froid. Nous ne nous disputons presque jamais. C’est bien la première fois que nous en arrivons à nous gueuler dessus. Ce qu’elle m’a dit, elle me l’avait déjà dit il y a bien longtemps. Elle n’a fait que les redire avec des mots crus et en colère cette fois. Ce qui m’a blessée, c'est qu’elle a raison.
Je balaie du revers de la main ce qui vient de se passer et je me concentre sur mon Mon... | 17 |
| 4 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
~ MAYOLE
Je vis le bonheur absolu avec Ulrich. En deux mois de relation, Ulrich m’a apporté ce qu’aucun homme ne m’a jamais apporté. Il me traite avec délicatesse, tendresse et me couvre de cadeaux. Je rayonne plus que jamais au point de faire des jalouses. Les filles au salon qui ont osé critiquer notre relation ont été renvoyées. J’ai entendu deux d’entre elles dire avec certitude que je jalousais Rolande de son vivant, voilà pourquoi je n’ai pas hésité à récupérer tout ce qui était à elle. Je me fiche tellement de ce que les gens peuvent dire, mais il fallait que je les licencie pour servir de leçon aux autres.
Revenons à Ulrich et moi. Aujourd’hui nous partons voir la mère de Rolande pour lui annoncer notre relation pour ne pas qu’elle l’apprenne par les bruits de couloir. Ulrich a tenu à ce qu’on obtienne sa bénédiction. Il la respecte tellement qu’il ne veut rien faire qui puisse la blesser. Il a raison. Même si je n’en ai rien à cirer, je ne veux pas non plus qu’il y ait des obstacles à notre union.
Lorsque nous arrivons, après les premières nouvelles données, Ulrich me demande de les laisser seuls un instant. J’obéis sans toutefois aller loin. Je reste cachée dans un coin pour les écouter.
— Maman, tu sais à quel point j’ai aimé et continue d’aimer Rolande. Elle a laissé un grand vide en Maxence et moi. Mais vois-tu, depuis plusieurs mois, Mayole s’est totalement dévouée à nous et j’ai vu en elle des qualités qui...
— N’en dis pas plus. J’ai compris et pour tout dire, j’avais aussi remarqué son dévouement et votre rapprochement. Je ne sais pas comment prendre cette relation. Elle était la meilleure amie de ma fille.
— Raison pour laquelle je crois qu’elle fera une bonne mère pour Maxence. Il est déjà attaché à elle, et vice versa. Je ne veux pas plus tard prendre le risque de prendre une autre femme qui viendra me maltraiter l’enfant. Nous connaissons Mayole et elle a toujours été très loyale.
Maman baisse la tête de longues minutes puis la relève.
— Fais ce qui te semble bien pour le petit et toi. De toutes les façons, moi, rien ni personne ne pourra venir combler un quelconque vide laissé par mon unique enfant. Tout ce que je souhaite en ce moment, c’est que Rolande vienne se venger de la personne qui l’a tuée.
— Maman...
— Non, mon fils, n’essaye pas de me raisonner. Dieu m’a montré en songe l’âme de ma fille qui était dans un canari. J’ai pris trois jours de jeûne pour que son âme soit libérée et vienne punir son ou ses assassins. Dieu va me pardonner. Je ne suis pas prête à laisser pour moi à Dieu. Vengeance doit être faite.
L’entendre parler ainsi me donne froid dans le dos. Je sens une main se poser sur mon dos. Je sursaute et pousse un cri. Je me retourne et ne vois personne. Ulrich, qui a entendu mon cri, m’appelle. Je mets de l’ordre dans mon esprit et je vais les rejoindre. Maman nous donne sa bénédiction. Je pourrai enfin aller m’installer chez mon homme et notre fils. La prochaine étape, c’est de tomber enceinte pour sécuriser encore plus la relation, puis passer au mariage. Ulrich n’est pas pressé de passer devant le maire. Je finirai par le convaincre d’accélérer les choses quand je serai enceinte.
Il me dépose chez moi et il part travailler. J’entre dans mon petit studio et je termine de ranger mes affaires. J’avais déjà entamé mon futur déménagement depuis hier, car j’étais persuadée que je parviendrais à mes fins. J’ouvre ma grande trousse de toilette que je pose sur l’une des valises et je vais dans ma salle de bain ramasser mes produits cosmétiques. Je prends un lot et quand je reviens, je retrouve la trousse fermée. Je tique. Je suis pourtant sûre de l’avoir ouverte. Ou je me trompe ? Je pose les produits que je tiens sur le lit, j’ouvre la trousse et range les produits. Je retourne dans la salle de bain ramasser le reste des produits et à mon retour, le sac est encore fermé. Mais c’est quoi ce truc qui m’arrive ? J’hallucine ou quoi ? Je dois être certainement fatiguée. Je finis de tout ranger et je commande un taxi. Je viendrai plus... | 16 |
| 5 | Layla Khamlichi (Instagram) | 10 |
| 6 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
~ MAYOLE
Rolande a eu encore plus de notoriété après le mariage. Les gens ont tellement adoré les différentes coiffures de la mariée du vendredi au dimanche que des femmes ont accouru en grand nombre pour réserver les mêmes pour leurs différentes occasions. Donc pour les deux mois à venir, Rolande est overbookée, de quoi m’enrager encore plus. Mais que diable a-t-elle de plus que moi pour avoir autant de succès ? Ok, je reconnais qu’elle est très douée et que contrairement à moi qui me suis fait former, pour elle c’est un don. Elle tresse depuis son bas âge et merveilleusement bien. Toutes les fois où nous avions postulé dans des salons de coiffure de luxe, elle a été choisie et moi non. On me disait que j’étais “moyenne” et qu’elles avaient besoin de quelqu’un de plus doué, donc elle. Je lui ai demandé de me former pour que je puisse la surpasser. Je suis devenue excellente, mais c’est encore elle qui touche les étoiles. Pourtant, le féticheur m’avait assuré qu’avec le travail qu’il a fait sur sa photo et sa robe, jamais elle ne réussirait. Même avec son mari, il m’a rassurée qu’il resterait misérable pour ne pas qu’il prenne soin de sa femme. Il s’est visiblement trompé. Ou plutôt, Rolande et sa mère ont beaucoup trop prié. Ça n’empêche pas le fait que j’ai pris grand plaisir à la regarder galérer comme pas possible. Toutes les portes lui étaient fermées, personne ne voulait l’embaucher, et quand quelqu’un l’osait, elle commettait une grosse erreur qui la faisait virer. Pendant ce temps, c’est moi qui lui donnais de quoi manger, elle et sa mère, avec mon boulot de tresseuse dans l’un des salons où on m’avait refoulée pour elle. Je dois la tuer pour être enfin en paix. Je n’en peux vraiment plus d’être la dernière de la classe.
— Bébé, j’ai pensé à un truc.
— Toi, quand tu m’appelles bébé, c’est qu’il y a une arnaque derrière.
— Non ce n’est pas une arnaque. Attends, je reviens.
Je regarde dehors qu’il n’y ait personne devant le bureau et je condamne la porte. Je reviens m’asseoir près d’elle dans le fauteuil.
— Voilà, j’ai beaucoup réfléchi à tout ce qui t’est arrivé ces dernières années et même dernièrement, à la veille du mariage, et je pense qu’on devrait consulter pour savoir qui est derrière tout cela et trouver une solution afin de ne plus les revivre.
— Consulter ?
— Oui, un voyant. Un féticheur.
— Que Dieu m’en garde. Je ne peux pas faire ça. Ma mère me tuerait. Je préfère encore voir le pasteur, même si j’ai déserté l’église.
— Je comprends ce que tu dis. Mais de toi à moi, est-ce que depuis que tu vas à l’église, le pasteur t’a déjà dit explicitement la source de ton problème ? Toujours il dit que ce sont tes ennemis, mais rien de précis. Bon, à part le premier prophète qui a voulu nous diviser en te disant que c’était moi ta sorcière.
J’ai envie d’éclater de rire en repensant à cet épisode. En effet, un homme de Dieu avait clairement révélé à Rolande durant une veillée de prière que c’était une certaine Mayole qui faisait le vampirisme sur elle. Elle avait aussitôt mis une distance entre nous, puis quand j’ai insisté pour savoir la raison, elle m’a craché le morceau. Mon Dieu, comme j’ai pleuré ce jour-là. Je me suis découvert un véritable talent de comédienne. J’ai tellement pleuré qu’elle s’en est voulue. Par la suite, j’ai inventé une histoire selon laquelle cet homme de Dieu m’avait fait des avances. Bref, je lui ai fait un retournement de cerveau. Heureusement que sa mère n’a jamais rien su de cette histoire, sinon ça aurait confirmé le rêve qu’elle avait fait sur moi dans lequel j’étais assise au centre d’un cercle de bougies rouges allumées. Elle avait pensé que ça signifiait que j’étais en danger alors que c’était moi le danger.
— Je ne te demande pas de sacrifier un humain ni de boire du sang d’un animal. Tu vas juste t’asseoir et écouter ce que le féticheur aura à te dire et il te donnera par la suite une solution qui mettra définitivement fin à toutes ces attaques. Tu n’en as pas marre de toutes ces bêtises ?
— Bien sûr que si, mais bon. Ce... | 14 |
| 7 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
IV/ À la vie à la mort.
~ ROLANDE TAKAM
La paire de ciseaux en main, je coupe le ruban rouge attaché en nœud devant le grand magasin, annonçant ainsi son ouverture. Les cris et acclamations des personnes présentes me mettent les larmes aux yeux. Enfin, j’y suis arrivée. Après de longues années de souffrance, de prières, de cris à Dieu, de larmes versées et de sacrifices, ma vie se stabilise à tous les niveaux. D’abord, je me marie, ensuite je construis une petite villa pour ma mère parce que c’était mon premier souhait à réaliser sur ma liste de souhaits, et aujourd’hui j’ouvre mon magnifique salon de coiffure. Un grand salon de coiffure pour femmes, mais aussi d’esthétique, soit manucure, pédicure, soin du visage et make-up pour les mariages et autres événements importants. C’est un rêve de jeune fille qui se réalise. Ce salon, je l’ai pensé, rêvé, conçu, façonné dans ma tête avant de le réaliser.
— Maman, c’est trop joli.
Je me baisse pour soulever mon fils de quatre ans et rentre avec lui dans mes bras. Mon mari passe son bras autour de ma taille et m’embrasse la tempe.
— Je suis fier de toi.
— Merci, mon amour.
Le DJ augmente le volume de la musique pour mettre plus d’ambiance à la fête. Pour la dégustation, nous avons opté pour un cocktail debout. Pour l’occasion, j’ai fait une réduction sur les prix des perruques de l’ancien stock et pour le nouveau stock venu tout droit de l’usine, les prix sont plutôt abordables surtout pour leur qualité. Celles qui voudront une mise en beauté le pourront. Tout est disposé à les recevoir sous la surveillance de ma meilleure amie qui est comme la seconde patronne. C’est ma gérante. D’ailleurs, elle vient vers moi en dansant en me tendant une coupe de champagne. Je fais descendre mon fils qui court vers les petits fours, sous la surveillance de son père.
— Tu as réussi, ma belle, se réjouit-elle.
— Non, nous avons réussi.
Elle esquisse des pas de danse et je la suis. Elle a lutté à mes côtés, alors je peux dire que tout ceci est le fruit de notre acharnement, même si j’en suis principalement la concernée. Nous nous sommes rencontrées dans le premier salon de coiffure où j’ai débuté ma vie professionnelle et depuis, nous ne nous sommes plus lâchées. Nous nous enlaçons puis regardons la clientèle affluer. Certaines sont là juste pour la fête, d’autres y sont autant pour la fête que pour profiter des promotions. Si j’ai réussi à construire ce grand salon, c’est aussi grâce à ma grande clientèle. Je me suis déjà fait un nom. En ville comme sur les réseaux sociaux. Je fais partie des références dans tout le pays. Qui ne connaît pas “Rol’Hair and Beauty” ? Mon ancien salon refusait du monde alors je me suis acheté une petite parcelle sur laquelle j’ai commencé à construire petit à petit jusqu’à ce que ça donne ça deux ans plus tard.
L’ouverture est un succès du début à la fin. Les clientes sont retournées satisfaites et moi j’ai les pieds enflés à force d’être restée debout toute la journée à satisfaire tout le monde. Maintenant, je rentre me reposer auprès de ma petite famille. Mon mari met notre fils au lit dans sa chambre et me rejoint dans la nôtre où il me prend les pieds pour les masser afin de les soulager. Je soupire d’aise et me détends. Son massage se transforme en des caresses qui remontent vers ma cuisse. Je souris en gardant les yeux fermés.
— Monsieur, je suis sincèrement fatiguée, donc tu ne m’auras pas cette nuit.
— Le sexe fait disparaître toutes les fatigues du monde. Tu dormiras comme un bébé après.
J’éclate de rire et monsieur en profite pour se positionner sur moi et capturer mes lèvres. Je ne peux que me laisser délicatement malmener par cet homme si doux qui m’a montré que l’amour vrai existe. Il en a bavé avant que je n’accepte ses avances. Après, il a voulu qu’on vive ensemble, ce que j’ai refusé. Il n’était pas question que je vive en concubinage. J’ai entendu et vu tellement d’histoires catastrophiques avec ces histoires de concubinage que je ne voulais pas en faire partie. Il a respecté ma décision. Je... | 15 |
| 8 | Layla Khamlichi (Instagram) | 17 |
| 9 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Dark 2
2
***ALANA
— Alors, qu’a-t-il dit quand il l’a vu ?
— Il m’a demandé, avec beaucoup d’insistance, ce qu’il représentait pour moi.
— Et que lui as-tu répondu ?
— Que voulais-tu que je lui réponde ? Qu’il est juste un plan cul.
Inayah sourit.
— Ne dis pas ce que tu as en tête.
Elle lève les mains et m’apporte ensuite mon plat. Cette fille cuisine super bien. C’est pourquoi je prends un malin plaisir à venir plus tôt, manger avec elle avant de sortir avec Chris.
— Alors, tu me le présentes quand ? me demande Inayah en piquant dans son assiette.
— Je n’ai pas à te présenter mon plan cul.
— C’est ça, rigole-t-elle.
L’un des changements qu’il y a eu dans ma vie, c’est mon attachement à Inayah. Elle est d’une telle simplicité qu’il ne m’a pas été difficile d’y arriver. Elle est ce que je peux qualifier de la seule amie que j’ai. Pour moi qui ne suis pas bavarde, je le suis maintenant. Pas une grande bavarde, mais quand je suis avec elle, je parle beaucoup plus qu’avant.
— Chris a quand même mis du temps, tu ne trouves pas ? fais-je remarquer.
— C’est toujours comme ça quand il est avec sa Shana, me répond Inayah avec déception et jalousie.
— Je t’avais prévenue.
— Je le sais.
Chris apparait, seul.
— Elle est où Shana ? lui demandé-je.
— Elle est partie depuis plus de trente minutes.
— Ah, je vois.
— On y va !
Je remercie Inayah et suis mon frère. Je m’assieds près de lui sur le siège arrière. Il me briefe sur son rendez-vous de ce matin. C’est un rendez-vous d'affaires. Pour les affaires légales je veux dire. Pas les choses de l'ombre.
— Dis-moi, pourquoi fais-tu ce que tu fais avec Shana à la maison en sachant bien qu’Inayah, TA femme est présente ?
— Il se situe où le problème ? Je fais ce que je veux chez moi.
— Mais penses-tu à Inayah ?
— T’a-t-elle dit quelque chose à ce propos ?
— Non !
— Ça prouve donc qu'elle s'en fiche. Notre mariage c’est juste du pipo.
— Tu ne t'es pas dit qu'elle pourrait être amoureuse de toi et dans ce cas elle souffrirait de ta liaison avec Shana ?
— Aucune femme qui a vu un homme tuer n'en tombe amoureuse. A condition qu'elle soit elle-même une meurtrière. Ce qui est de loin le cas d'Inayah. Elle s'en fiche de ce que je peux faire.
Moi je pense plutôt qu'il fait tout ça pour pousser Inayah à s’éloigner de lui. Il utilise cette méthode pour éviter qu'il ne se passe quoi que ce soit entre eux. Je connais cet homme comme la paume de mes mains. Mais je me retiens de le lui faire savoir au risque de me prendre une de ses foudres au visage.
Je marche derrière Chris jusqu’à la suite de son futur partenaire. Trois de nos hommes restent plantés devant, quant aux autres, ils sont déportés un peu partout dans l’hôtel et devant. Je vois le partenaire de Chris jeter sur moi des coups d’œil qui m’interpellent sur ses intentions. Je reste concentrée sur la conversation entre les deux hommes. Je joue parfois le rôle de conseillère auprès de mon frère. Je me dois donc d’être informée de tout. Après près de deux heures de conversation, ils y mettent fin avec une poignée de main.
— Je peux avoir quelques minutes avec ton bras droit ? demande l’homme à Chris.
— Si vous voulez que notre accord tienne, évitez de regarder dans cette direction, l’avertit Chris sur un ton dur et un regard menaçant.
Le visage de l’homme se décompose. Nous prenons congé de lui sans perdre de temps. Lorsque nous sortons de l’ascenseur, nos hommes qui étaient postés dans le hall se mettent en mouvement. Sur notre passage, les femmes sont en admiration devant la carrure imposante et pleine de charisme de Chris. Ce dernier n’y accorde aucune importance. Il fut un temps où les gens le pensaient gay, dû au fait de son indifférence envers les femmes. Jamais aucune ne lui a fait de l’effet. Jamais aucune ne l’a marqué au point de la présenter lui-même au monde entier. Ses défuntes fiancées, eh bien elles ont essayé et résultat des courses, elles sont six pieds sous terre. Aucune femme n’est assez forte pour affronter le monde de Chris IVANOV.
Un homme accoste Chris avant que... | 19 |
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Dark 2
1
DEUX ANS PLUS TARD
***INAYAH IVANOV
Une jambe après l’autre, je descends de ma luxueuse Mercedes. La longue fente de ma robe met en valeur ma jambe soigneusement épilée et entretenue, tout comme le reste de mon corps. Mon garde du corps et chauffeur par moment, me tend sa main que je saisis pour mieux sortir du véhicule. Un passage de paume de main négligé sur ma robe pour la lisser et je traverse l’allée, ornée de fleurs, dans une démarche pleine d’assurance et de dangerosité. Le bruit du choc de mes talons aiguilles sur le carrelage brise le silence de la nuit. Les deux hommes postés à l'entrée ouvrent les deux grands battants, me cédant ainsi le passage. J'entre dans la grande salle, suivie de près par mes deux gros gardes du corps. Je fais juste quelques pas que je m’arrête, dans une posture qui peut susciter de la crainte chez n'importe qui. Toutes les têtes tournent vers moi et les yeux se braquent sur moi. Je remarque surtout les regards de ces dames. Les unes tueraient pour être à ma place tandis que les autres me tueraient, moi, pour prendre ma place. Elles désirent toutes être à ma place. Elles veulent toutes être Mme Chris IVANOV. La femme du grand Dark. Le plus grand mafieux de l’Amérique entière. Je promène lentement mon regard dans la salle pour repérer mon cher époux. Il a dû me devancer parce que j'avais un boulot à terminer avant de me rendre ici. Je repère de loin ses deux iris d'un bleu électrique. Ce regard qui ne laisse aucune femme indifférente, est braqué sur moi. Uniquement sur moi. Je me sens comme une Reine, je me sens intouchable et oui, effectivement, je suis intouchable. Aux côtés de cet homme, je suis intouchable. Rien que son nom sur moi fait trembler mes ennemis. Je marche lentement, assurément, mais surtout sensuellement, vers mon homme. Je traverse la foule qui s'est divisée de part et d'autre. Ils me suivent tous du regard jusqu’à ce que j'arrive au niveau de Chris qui me tend la main. J'y pose la mienne et il me fait un baisemain.
— Et voici mon épouse.
Les hommes avec lui me dévorent littéralement du regard.
— Madame ! me fait une révérence l'un des hommes. Vous êtes beaucoup plus que ce qui se dit.
— Et qu’est-ce qui se dit ?
— Que le grand Dark s'est dégotté la femme la plus splendide des États-Unis. Mais moi je dirai que vous êtes la perle la plus belle, précieuse et rare qui puisse exister.
— Humm ! Vous êtes beau parleur dis donc !
Chris pose sa main sur la chute de mes reins en signe de possession. Un geste qui ne passe pas inaperçu pour les autres. Et un geste qui me chauffe. Je respire profondément. Cet homme a le chic pour me mettre dans tous mes états.
— Oh Dark, pas la peine de la tenir de la sorte. Personne ne te la piquera.
— Personne n'oserait me piquer ce qui m’appartient, réplique-t-il de sa voix roque, pleine d’assurance et d’autorité.
Voilà qui est clair. Je reste près de Dark pendant qu’il discute affaire avec ces hommes. Je regarde mon mari discuter avec élégance et charisme et mon cœur danse la salsa. Je prends plaisir, depuis deux ans à le contempler. Chaque jour, je l'aime encore plus et être à ses bras à chaque sortie, me fait me sentir comme une Reine. Il me regarde, me fait un sourire en coin et rapporte son attention sur ses partenaires. Je pourrais passer toute la vie à le regarder.
Gab, mon principal garde du corps me sort de ma rêverie.
— Madame, vous êtes demandée.
— Par qui ?
Il me fait un signe de tête dans une direction. Je roule les yeux.
— Encore ces bécasses, je chuchote avant de m’excuser auprès des hommes et de me rendre vers ces dames.
Rien que des lécheuses de boots. Chacune d'elles veut me mettre de son côté en cassant du sucre sur le dos les unes des autres. De grosses hypocrites. Elles sont amies mais ennemies dans l'ombre. Je me fais violence pour rester trente minutes avec elles avant de retourner près de mon homme. Je me serais moins ennuyée si Alana était présente. Elle s’est chopée une grippe depuis trois jours. Je ne m’inquiète cependant pas pour elle. Elle est de... | 19 |
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~ NOÉMIE
Ça fait six mois qu’Alain s’est mis en couple avec cette femme. C’est douloureux, mais je m’y fais. Je garde la tête froide. Tout ira pour le mieux pour moi et mon bébé. Je sais que tous mes sacrifices pour lui ne seront pas vains. Je ne compte pas non plus m’avouer vaincue. Je finirai par avoir le visage haut devant tous ceux qui m’ont ridiculisée. Je vais leur fermer le clapet. J’ai un plan qui marchera à coup sûr et me donnera la victoire sur tous ceux qui m’ont sous-estimée, Alain le premier. Cette femme va se mordre les doigts de m’avoir pris mon homme. Elle a tout fait pour le faire tomber dans ses filets et je compte le lui faire payer. Je frapperai au moment où elle s’y attendra le moins. D’ailleurs, elle ne sait même pas que je suis capable de faire quelque chose contre elle. Pour elle, je ne suis qu’une femme fragile. Elle tombera des nues.
Je continue de lire la lettre écrite à l’ordinateur pour m’assurer que tout est parfait. J’appuie ensuite sur ‘‘envoyer’’ et j’appelle le destinataire.
— Je viens de te faire parvenir le mail.
« — Et c’est quoi la suite ? »
— Je gère. Tu te contenteras de faire ce que je dis. Le reste est sous contrôle.
La porte d’entrée de mon nouvel appartement s’ouvre. Je raccroche et referme mon ordinateur. Ma mère entre et s’installe près de moi après nous avoir embrassés, son petit-fils couché dans son berceau et moi.
— Je suppose que ton type n’est pas là encore ?
— Non, je réponds en forçant un sourire.
— Te consacre-t-il même du temps ? L’argent vous a fait passer en second plan le bébé et toi ? Ce n’est pas normal qu’il passe plus de temps à travailler qu’à être avec toi.
Je n’ai rien expliqué à ma mère de ce qui se passe. Même pour la maison, j’ai dû lui dire qu’il y avait des travaux à faire, d’où notre déménagement.
— C’est juste pour un moment. L’entreprise où il bosse est dans une phase importante de son extension, donc ça leur demande à tous deux fois plus de boulot et de temps. Une fois qu’ils auront réussi, les choses reviendront à la normale. De plus, il y a une grande promotion à la clé.
Je préfère lui donner cette explication pour éviter les “on t’avait prévenue”. Ils ne sauront jamais ce qui se passe et je compte trouver le moyen de sortir vainqueur de cette humiliation.
~ DAME HÉLÈNE KOUADIO
Main dans la main comme les deux tourtereaux que nous sommes, nous arpentons les rayons du supermarché pour nos courses hebdomadaires. Nous choisissons ce dont nous avons besoin pour la semaine. Nous continuons d’avancer quand je vois l’ex-copine d’Alain venir dans notre direction sans nous remarquer. Alain non plus ne l’a pas encore vue. Je tourne sa tête et l’embrasse. Il se dégage bien assez vite avant que je puisse approfondir le baiser.
— On avait dit que notre relation devait être secrète, me reprend-il doucement.
— J’en mourrais d’envie.
Il tourne la tête et croise le regard de Noémie. Il sursaute. Quel faiblard dis donc ! Elle nous dévisage tous les deux avant de nous contourner. Je sens Alain embarrassé, si bien que nos courses se terminent dans le silence. Nous entrons et montons directement nous mettre au lit pour sa petite sieste. Je le rejoins, car moi aussi j’en ai besoin.
Je me réveille deux heures en retard et je repense à tout ce que j’ai pu faire pour avoir cet homme. Je vis un conte de fées. Alain est tellement attentionné, à mes petits soins et s’inquiète dès qu’une petite grippe me titille les narines. Je crois que jamais aucun homme n’avait autant pris soin de moi. Je suis tellement heureuse avec lui que j’ai juste envie que ça continue toute la vie. Le seul hic, c’est qu’il refuse de venir vivre avec moi. Il ne vient qu’un à deux jours parfois et retourne chez lui, dans la maison que je lui avais offerte. Il dit vouloir faire les choses doucement pour être sûr de ne rien faire de travers. Mon plus grand souhait actuellement, c’est qu’il me fasse sa demande. Mais suis-je obligée d’attendre qu’il le fasse ? Depuis quelques jours, je me demande s’il ne serait pas mieux que moi je lui fasse la... | 19 |
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~ NOÉMIE
Trois mois sont passés depuis notre accident et plus rien n’est pareil à la maison avec Alain. Je ne sais pas si c’est à cause de toute cette tragédie, mais il s’est plongé dans une sorte de mutisme. Il n’est plus cet homme toujours de bonne humeur qui aimait me taquiner, me provoquer pour que je le poursuive comme des gamins. Je ne le vois plus sourire. Depuis trois mois, je n’ai pas entendu son rire. C’est comme si tout ceci avait disparu. Je lui avais demandé ce qui n’allait pas. Il a juste parlé de la fatigue engendrée par son boulot et les lourdes responsabilités que lui confiait sa patronne. Je n’y ai pas cru et je n’y crois toujours pas, car ce n’est pas un homme épuisé que je vois. Plutôt un homme désemparé. Je le surprends parfois, le regard perdu dans le vide. Je m’inquiète pour lui. Peut être est-il encore sous le choc et qu’il souffre de la perte de l’autre jumeau. Je lui ai pourtant dit que nous devrions nous réjouir de ce que nous en ayons encore un. J’ai juste l’impression de donner des conseils dans le vent. Si seulement j’avais le pouvoir de lire dans ses pensées.
L’appel de ma mère me sort de mes pensées. Elle m’informe qu’elle n’est pas loin de ma maison. J’enfile une robe et je me rends au salon. Alain ne s’est pas rendu au travail aujourd’hui, je ne sais pourquoi. Il m’a juste répondu qu’il était épuisé, mais je n’y crois toujours pas. Je vois la nouvelle servante faire rentrer dans la maison les colis rapportés par ma mère qui est suivie d’une jeune fille. L’autre servante est rentrée en famille pour mieux se rétablir. Nous lui avons donné de quoi s’ouvrir un commerce. De l’autre côté, l’accident a eu un petit point positif : ma mère est revenue à de meilleurs sentiments. Enfin, pas à propos de ma relation avec Alain, mais par rapport à moi. Dès l’instant où ils ont appris pour l’accident, papa et elle sont rapidement rentrés et depuis, maman est tous les jours à mes côtés. J’ai bien dit tous les jours. C’était d’abord le cas quand j’étais hospitalisée avec le bébé en couveuse, puis ça a continué même après notre retour à la maison. Ils ont voulu que je vienne rester chez eux pour mieux prendre soin de moi, mais j’ai catégoriquement refusé. Je ne voulais pas être dans un endroit où les tensions seraient palpables, surtout que papa a mis toute la responsabilité du drame sur Alain au point de lui mettre un poing au visage. Il n’aurait donc pas été le bienvenu chez mes parents, quand bien même il serait venu voir son fils. J’ai préféré rester chez nous pour être plus à mon aise.
Ma mère passe ses journées ici et j’avoue que ça me fait énormément de bien, même si je leur en veux encore pour ce qu’ils ont dit la dernière fois que nous avons discuté de ma relation avec Alain. La pilule a du mal à passer.
— Comment tu vas, ma chérie ? Tu as bonne mine aujourd’hui.
— Merci, maman. J’ai eu un peu plus de temps pour me reposer.
— Je t’ai pris une nounou spécialisée pour gérer uniquement le bébé, ainsi, l’autre pourra s’occuper du ménage et de la cuisine. Tu ne dois toucher à rien.
— Merci.
— Quand toi et le bébé irez beaucoup mieux, on discutera de ta relation avec Alain. Bien que je reste sur ma position, je n’ai pas d’autre choix que de m’aligner sur ta décision, car je veux être à tes côtés afin de m’assurer que rien ne t’arrive et que cet homme te traite comme la reine que tu es.
— (Émue) Vraiment merci, maman. Tu n’imagines pas à quel point ça me soulage de t’avoir à mes côtés. Je t’aime tellement.
Je me penche dans ses bras et elle me serre contre elle.
— On verra comment convaincre ton père ensemble.
Je me sens tellement soulagée d’avoir enfin mon acolyte avec moi. Celle-là même qui m’a toujours aidée et couverte dans mes petits coups foireux. Je sais qu’avec elle, mon père finira par pencher de notre côté.
La sonnerie de la maison met fin à notre étreinte. La servante va voir qui est à la porte et revient avec la patronne d’Alain, Madame Hélène KOUADIO. Je me lève pour la recevoir et lui faire les bises.
— Soyez la bienvenue, madame.... | 18 |
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~ NOÉMIE
Je suis encore sous le choc depuis notre dernière entrevue avec mes parents il y a un mois. Je ne les savais pas si sévères, si prompts à rejeter les gens. Je me dis que même si on n’est pas d’accord avec le choix de conjoint de son enfant, par amour pour lui on peut néanmoins faire des concessions et rester en retrait sans cesser de donner des conseils et d’intervenir en cas de besoin. Mais non, les miens ont préféré me rejeter complètement et ils osent me dire de revenir quand mon homme et moi serons millionnaires. C’est donc ça le bonheur pour eux ? Juste être millionnaire ? Et que dire de ces millionnaires malheureux parce qu’ils n’ont aucune famille avec qui jouir de ces millions ? Pour moi les deux vont de pair. Il ne faut pas minimiser l’un au profit de l’autre. Je sais que Alain et moi nous finirons par toucher le sommet, mais ça ne se fera pas du jour au lendemain. Il nous faudra certainement plusieurs années. C’est donc injuste qu’ils nous demandent pareille chose. Je me souviens encore des paroles de ma mère hier lorsque je l’ai appelée pour encore essayer de lui faire entendre raison. Elle m’a lâché : « — Comme tu te crois adulte et responsable, débrouille-toi toute seule pour avoir ton héritage que tu légueras à tes enfants. Tant que tu resteras avec ce "rieneux", n’espère rien de nous. »
Cette phrase m’a profondément blessée en plus des autres déjà entendues. Elle m’a révoltée à tel point que j’ai décidé de rester dans mon petit univers que je suis en train de bâtir. Je n’irai plus vers mes parents, je ne tenterai plus rien. Ils savent que j’ai toujours été une enfant obéissante. Que je ne leur ai jamais tenu tête, alors pour une fois que je le fais parce que je suis certaine de mon choix, ils devraient essayer de me comprendre et m’entourer pour s’assurer que je ne me cogne pas contre le mur. Ils m’ont rejetée sans sourciller alors je vais continuer ma route et assumer les conséquences. Je vais moi aussi chercher du boulot après mon accouchement, comme ça, à nous deux, Alain et moi, nous pourrions agrandir notre patrimoine.
Ma grossesse de sept mois étant maintenant sans risque, je peux aller où je veux et faire ce que je veux sans mettre la vie du bébé en danger. Alors aujourd’hui, j’ai décidé de faire les courses pour le bébé. Dans d’autres circonstances, je serais entourée de mes copines, mais elles aussi m’ont tourné le dos parce que j’ai choisi un pauvre. On continue de me narguer en ville et dans les groupes WhatsApp auxquels j’appartenais auparavant. On m’a bannie parce que je ne fais plus partie de “La Ligue des héritiers”. Rien à foutre de leur groupe de toutes façons. Quelqu’un m’a suivie une fois jusqu’à notre ancienne maison dans ce quartier précaire puis m’a filmée pour le balancer sur tous les réseaux avec pour légende : “Comment on peut abandonner une vie de princesse pour de la merde à cause d’un mec qui n’en vaut pas la peine ?”. Les commentaires étaient sanglants. On m’a traitée de tous les noms d’oiseaux, des connaissances comme des inconnus. J’ai été la risée de tous durant plusieurs semaines. J’en ai morflé, mais je m’en suis remise. Il n’est plus question que je reparle à ces débiles qui m’ont servi d’amis dans le passé. Je n’en veux d’ailleurs plus dans ma vie. Ce sont tous des hypocrites. J’ai 28 ans et j’ai redéfini mes priorités et l’amitié n’en fait pas partie.
Je ramasse presque tout ce que je vois dans le magasin. Les articles de bébé sont tous aussi mignons les uns que les autres. Je veux prendre tout ce qui pourrait aller à mes garçons. Parlant de ça, Alain est fou de joie d’en avoir deux. Il a lui-même commandé les berceaux des bébés et les a montés dans notre chambre. Il y a une chambre réservée pour eux, mais Alain refuse que ses enfants dorment loin de lui. Il veut les garder près de lui et avoir un œil sur eux. Quand ils seront plus grands, ils iront dans leur chambre avec la nounou que nous engagerons le moment venu. Pour l’instant, je vais me débrouiller avec la servante que nous avons embauchée pour m’aider... | 22 |
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~ NOÉMIE
Ce matin, je reçois la visite de ma mère chez moi à la maison. Durant ma première année de vie avec Alain, elle n’a jamais voulu venir me voir ici. Elle n’a jamais voulu me voir tout court, de peur d’attiser la colère de mon père qui lui impose de couper tout contact avec moi. Elle ne voulait jamais prendre les appels alors j’ai aussi coupé les ponts. Mais aujourd’hui, c’est différent. J’ai besoin d’elle. J’aurais pu demeurer dans mon coin s’il ne s’agissait que de moi et Alain, mais il y a un bébé maintenant et nous avons besoin d’un coup de pouce.
Ma mère entre dans la maison avec hésitation en regardant partout avec méfiance et dédain. J’ai pour interdiction de trop bouger alors j’ai préféré qu’elle vienne vers moi.
— Comment peux-tu accepter de vivre dans ce taudis ?
— Installe-toi, maman.
Elle s’assoit avec hésitation.
— Je suis vraiment déçue que tu aies choisi cette vie minable à tous ces privilèges que tu avais. Que veux-tu ?
— Je voudrais que tu convainques papa de trouver du boulot à Alain. Il est très intelligent et a de très grandes compétences.
— Il ne le fera pas.
— Mais comment veux-tu qu’il arrive à bien prendre soin de moi si personne ne lui donne un coup de main ? Il a juste besoin d’un bon job pour sortir la tête de l’eau.
— Noémie, vous nous avez montré que vous étiez grands et que vous pouviez vous débrouiller tout seuls, alors faites-le sans nous emmerder. S’il voulait réellement se sortir la tête de l’eau, il aurait dû accepter les dix millions que ton père lui avait proposés pour te quitter.
— Ça prouve qu’il tient réellement à moi, non ?
— Ça prouve juste qu’il est bête. Et aussi qu’il voulait se servir de toi pour gagner beaucoup plus. Cet homme ne t’aime pas. Il n’en veut qu’à ton héritage.
— Maman, s’il te plaît, restons sur le sujet. Nous avons besoin d’une stabilité financière pour mettre notre futur bébé à l’aise.
— Futur quoi ?
— Je suis enceinte.
Elle blêmit. Je la vois partager entre la confusion, la joie et la déception.
— Je, je ne sais quoi dire. Normalement cette nouvelle devait être la meilleure de toutes, mais vu les circonstances, je crains que ça ne mette plus d’huile sur le feu. Tu vas donner une descendance à ce moins que rien ?
Je lève mes yeux au ciel. Son portable sonne. Elle y jette un coup d’œil rapide.
— C’est ton père. Je dois y aller. Nous avons un rendez-vous à honorer avec un ministre. Je lui ferai part de tout ceci et je te donnerai sa réponse.
— Merci, maman. Puis-je avoir quelque chose à mettre sur moi, s’il te plaît ?
— Mais merde, reviens à la maison.
— À condition que vous acceptiez notre relation.
Elle soupire et secoue la tête. Elle glisse la main dans son sac à main et sort un billet de 10 000 F CFA qu’elle me tend.
— C’est tout ? Tu pourrais quand même me donner plus.
— Tu veux que je te nourrisse alors que tu as délibérément tourné le dos à ta famille ? Tu es malade. Tchrrrr... n’importe quoi !
Elle part sans se retourner. Alain a intérêt à réussir pour que nous puissions avoir la victoire dans ce combat, sinon ça sera une grande humiliation pour moi. Je ne peux plus travailler à cause des risques autour de ma grossesse.
— Seigneur, je m’en remets à toi. Tu es le seul sur qui je peux compter en ces moments difficiles. Tu dois agir sinon je suis fichue.
Après cette prière, je me laisse entraîner dans les bras de Morphée. Quand je me réveille à 17 heures, je vois un message de ma mère. Je m’empresse de le lire, espérant une bonne nouvelle.
« — Ton père m’a interdit de te reparler et il n’est pas question qu’il vous aide d’une manière ou d’une autre. Il ajoute que tant que tu seras avec cet homme, tu seras déshéritée. »
Je jette mon portable sur le lit et je me recouche, la déception dans le cœur. Quand est-ce que nous parviendrons à devenir riches pour faire accepter notre relation à mes parents ?
— Seigneur, agis, putain !
QUELQUES MOIS PLUS TARD
~ ALAIN
Il est 18 heures et tout ce que j’ai en poche, c’est 500 F CFA. Aujourd’hui les gens ont été moins généreux. Les gens estiment... | 17 |
| 19 | Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Exercice pour les Sénégalais et les Guinéens 😀😀 La prochaine histoire sera un mélange de vous donc j'ai besoin de votre aide.
Exercice 1: J'ai besoin des plus beaux prénoms filles et garçons de chez vous.Même si c'est en langue.
Exercice 2 : J'ai besoin des expressions de chez vous. Expression qu'on utilise quand on se dispute, quand on est fâché, ou pour insulter. En langue ou en français.
Exercice 3 : Proposez-moi d'autres expressions. Peu importe lesquels.
P.S : Merci de préciser les pays et aussi les significations dans les réponses.
P.S 2: Pardonnez, lisez bien les exercices et répondez bien oh. | 21 |
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