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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan Dark 2 4 ***INAYAH Je repose mon portable aprĂšs avoir encore une fois essayĂ© de joindre Shelby. Elle refuse toujours de prendre mes appels. Elle est mĂȘme sĂ©rieuse cette femme ? Bon, je lui laisserai encore un peu de temps. Cette fille est autant rancuniĂšre qu'elle est gĂ©niale. C’est la seule amie que j’ai et elle me manque. Je termine l’emballage des dix derniers colis Ă  emballer et remonte Ă  mon bureau. J'ouvre la porte et qui vois-je assise Ă  ma place ? — C’est impoli d'entrer de la sorte dans le bureau des gens, se plaint faussement Shelby en manipulant mon stylo personnalisĂ©. Je souris. Elle sourit. — Tu mĂ©rites une bastonnade pour n'avoir pas pris mes appels, lui dis-je en allant vers elle. — Je voulais te faire encore souffrir. Tu m'as manquĂ©e. Nous nous enlaçons. — Tu m’as aussi manquĂ©e. — Je t'ai apportĂ© ton plat prĂ©fĂ©rĂ©. Des sushis. — Beurk ! Je dĂ©teste ça. C’est le tien plutĂŽt. — Oui je sais, rigole-t-elle en allant vers le salon. Je la suis dans mon petit salon. Elle ouvre un paquet et me tend un Ă©norme plat de Hamburger frites et des Wings. Nous mangeons, bavardons, sans revenir sur cette stupide dispute. Nous n'avons pas toujours besoin de revenir sur les choses. Des fois, il faut juste avancer. Ça a toujours Ă©tĂ© ainsi entre Shelby et moi. Nous savons nous comprendre sans les mots. — Tu avais raison, Ă  propos de Nick, affirme-t-elle en s'essuyant la bouche Ă  l'aide d'un papier mouchoir. — Comment ça ? fais-je en l’imitant. — Il est venu me voir et m'a racontĂ© toute son histoire qui m’a mise la tĂȘte Ă  l'envers. Elle prend un grand bol d'air et me fait le rĂ©cit de l’histoire que je connais dĂ©jĂ . Je mime avec mon visage des expressions pour lui faire croire que je suis choquĂ©e. — C’est dingue ça ! je m'exclame en mordant dans une frite. — Je ne te le fais pas dire. Mais il m'a rassurĂ©e que maintenant tout est rentrĂ© dans l'ordre. Il ne doit plus rien Ă  l'autre dealer. Son seul objectif maintenant c’est de rĂ©cupĂ©rer sa fille avant qu'elle ne soit placĂ©e dans une famille d’accueil. — Vous vous ĂȘtes donc remis ensemble ? — Pas vraiment. Je lui ai demandĂ© un temps de rĂ©flexion. Je ne sais pas si j’ai envie de m'engager dans tout ça. — Mais il t'a bien dit qu’il avait rĂ©glĂ© tous ses ennuis. — Je sais. Mais... je ne sais pas si je suis prĂȘte Ă  ĂȘtre la belle-mĂšre d'une petite fille. En plus, sa mĂšre est une toxico cinglĂ©e. Elle nous causera toujours des ennuis. — Si Nick obtient sa garde exclusive, sa mĂšre ne pourra rien. Elle me regarde d'un air bizarre. — Quoi ? — Depuis quand tu es de son cĂŽtĂ© ? Tu devrais normalement jubiler. Je m'attendais Ă  des ‘‘je te l'avais dit’’. Hum ? — Je me suis juste rendue compte d’avoir Ă©tĂ© trop dure avec Nick. Tout le monde a droit Ă  une seconde chance. Moi je suis bien la femme d’un mafieux, ça ne t’a pas empĂȘchĂ©e de me prendre comme meilleure amie. Tu es mĂȘme folle de moi. — Tsuip ! fait-elle en tirant la bouche. — Donne-lui une chance. Vous vous aimez, le reste n’est que dĂ©tail. — On verra. Elle reste avec moi toute la journĂ©e et m'aide dans mon travail. Elle est maintenant la responsable de plusieurs grands supermarchĂ©s. Sa rigueur et ses bons rendus ont fini par payer. Elle a Ă©tĂ© remarquĂ©e par le grand patron qui lui a tout de suite offert cette grosse promotion. Sa vie a changĂ© du tout au tout. J’entre Ă  la maison assez vite pour pouvoir prĂ©parer le dĂźner. Je prends plaisir Ă  faire la cuisine pour Chris. C’est quasiment la seule chose que nous partageons, en dehors de ses dĂźners d’affaires, simplement sans faire semblant. Nous n’échangeons gĂ©nĂ©ralement pas de mot, mais ça reste un plaisir pour moi de partager ce moment avec lui. Ce n’est qu’à ces instants que je me sens proche de lui. Je m’arrange Ă  toujours rentrer avant lui. Il est un homme trĂšs occupĂ©. A peine il rentre qu'il se prĂ©pare Ă  ressortir ou il s'enferme dans son bureau pour travailler toute la soirĂ©e. Alors les dĂźners, ce sont juste quelques minutes qu'il se prend pour relaxer un tant soit peu. Je finis de prendre ma douche et je descends dans la...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan Dark 2 3 ***INAYAH J’écoute et je regarde Shelby raconter ses dĂ©boires avec son mec. Depuis hier, elle n'est pas dans son assiette car Nick a encore mis une distance entre eux. Elle a donc tenu Ă  venir dĂ©jeuner ce midi avec moi Ă  mon bureau. Depuis son arrivĂ©e, elle ne fait que parler de ce type qui ne fait que jouer avec elle. C’est clair qu’il n'en a rien Ă  foutre de cette relation et qu’il joue avec les sentiments de ma copine. J’essaie de le lui faire comprendre mais elle demeure aveugle. Disons, aveuglĂ©e par ses sentiments. Shelby est d'une sensibilitĂ© dĂ©concertante. Il en faut peu pour la toucher en plein cƓur. C’est ce qui fait d’elle aussi une personne gĂ©niale car elle est toujours prompte Ă  venir en aide aux gens, mĂȘme Ă  ceux qui ne le mĂ©ritent. Je continue de dĂ©guster mes frites pendant qu'elle continue de parler. SincĂšrement, ça fait plus d'une trentaine de minutes que mon esprit a voyagĂ© vers d'autres cieux. — M’écoutes-tu ? — SincĂšrement ? Non ! — Mais je te raconte mes soucis et toi tu t’en fiches. — Parce que je t’avais dĂ©jĂ  prĂ©venue depuis le dĂ©but. Ce type se fout de ta gueule. Il n’en a rien Ă  foutre de toi, tu comprends ? — Mais tu es ma... Elle est interrompue par la sonnerie de son portable. Je vois le petit nom d’amour que Shelby a attribuĂ© Ă  Nick s’afficher sur l’écran. Elle se met Ă  l’écart pour discuter. Par l’expression de son visage et sa gestuelle, je devine aisĂ©ment qu’ils sont encore en train de se disputer. Elle revient, toute dĂ©semparĂ©e. — Il a rompu, lĂąche-t-elle dans un souffle et avec tristesse. — L’enfoirĂ© ! je lance en tapant ma table. Je voyais bien dans son jeu. Il t’a utilisĂ©e, t’a soutirĂ© de l’argent et maintenant il rompt comme ça, sans aucune raison valable j’en suis certaine. Il voulait juste t’utiliser, sinon qu’il ne t’a jamais aimĂ©e. C’est un enfoirĂ© de premiĂšre. Un fils de... — ÇA SUFFIT INAYAH, gueule-t-elle subitement. J’en ai marre de tout le temps t’entendre dire des mĂ©chancetĂ©s sur Nick. — Oh ! Et tu oses encore le dĂ©fendre aprĂšs ce qu’il vient de te faire ? — Que m’a-t-il fait ? Tu ne le connais pas. Moi si, et je peux t’assurer qu’il y a quelque chose qui le tracasse et qui l’oblige Ă  rompre. Nick est quelqu’un de bien. — Lol. La bonne blague, dis-je en sirotant mon jus. — Ce n’est pas parce que tu es mariĂ©e Ă  un mafieux, criminel et assassin que ça met tous les hommes dans le mĂȘme sac que lui. — Woh ! Doucement lĂ  ! — Non. J’en ai par-dessus la tĂȘte de ton attitude, continue-t-elle toute Ă©nervĂ©e en se levant. S’il y a bien quelqu’un ici qui se fait utiliser vulgairement par un homme, c’est bien toi. Tu es dans un mariage blanc et tu es amoureuse d’un homme qui n’a pas un minimum de respect pour toi. Il couche avec sa pute sous ton nez. Tu les entends gĂ©mir chaque soir et tu n’as pas assez de cran pour les remettre tous les deux Ă  leurs places. Et c’est Ă  moi, MOI, que tu veux faire la leçon ? Nick est et sera toujours mieux que Chris. C’est ce qui te fait mal en fait. Que moi j’aie trouvĂ© un homme qui m’aime rĂ©ellement et que toi tu sers juste de toutou au tien. — Je ne te permets pas ! dis-je en me levant moi aussi. — Dans ce cas, ferme-la sur ma vie. Je ne t’ai pas demandĂ© de conseils donc garde-les pour toi. — Tu ferais mieux de t’en aller avant que je ne te dise des choses qui dĂ©passeront ma pensĂ©e. — C’est mieux ainsi. Elle ramasse son sac et part en claquant la porte de mon bureau. Je lance un tchip en me rasseyant. Je dĂ©teste la voir se faire manipuler par ce type mais elle est bornĂ©e comme fille. Elle ne voit pas le double jeu de son soi-disant mec. Je dĂ©teste encore plus notre dispute. Je dĂ©teste quand nous sommes en froid. Nous ne nous disputons presque jamais. C’est bien la premiĂšre fois que nous en arrivons Ă  nous gueuler dessus. Ce qu’elle m’a dit, elle me l’avait dĂ©jĂ  dit il y a bien longtemps. Elle n’a fait que les redire avec des mots crus et en colĂšre cette fois. Ce qui m’a blessĂ©e, c'est qu’elle a raison. Je balaie du revers de la main ce qui vient de se passer et je me concentre sur mon Mon...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ MAYOLE Je vis le bonheur absolu avec Ulrich. En deux mois de relation, Ulrich m’a apportĂ© ce qu’aucun homme ne m’a jamais apportĂ©. Il me traite avec dĂ©licatesse, tendresse et me couvre de cadeaux. Je rayonne plus que jamais au point de faire des jalouses. Les filles au salon qui ont osĂ© critiquer notre relation ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es. J’ai entendu deux d’entre elles dire avec certitude que je jalousais Rolande de son vivant, voilĂ  pourquoi je n’ai pas hĂ©sitĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer tout ce qui Ă©tait Ă  elle. Je me fiche tellement de ce que les gens peuvent dire, mais il fallait que je les licencie pour servir de leçon aux autres. Revenons Ă  Ulrich et moi. Aujourd’hui nous partons voir la mĂšre de Rolande pour lui annoncer notre relation pour ne pas qu’elle l’apprenne par les bruits de couloir. Ulrich a tenu Ă  ce qu’on obtienne sa bĂ©nĂ©diction. Il la respecte tellement qu’il ne veut rien faire qui puisse la blesser. Il a raison. MĂȘme si je n’en ai rien Ă  cirer, je ne veux pas non plus qu’il y ait des obstacles Ă  notre union. Lorsque nous arrivons, aprĂšs les premiĂšres nouvelles donnĂ©es, Ulrich me demande de les laisser seuls un instant. J’obĂ©is sans toutefois aller loin. Je reste cachĂ©e dans un coin pour les Ă©couter. — Maman, tu sais Ă  quel point j’ai aimĂ© et continue d’aimer Rolande. Elle a laissĂ© un grand vide en Maxence et moi. Mais vois-tu, depuis plusieurs mois, Mayole s’est totalement dĂ©vouĂ©e Ă  nous et j’ai vu en elle des qualitĂ©s qui... — N’en dis pas plus. J’ai compris et pour tout dire, j’avais aussi remarquĂ© son dĂ©vouement et votre rapprochement. Je ne sais pas comment prendre cette relation. Elle Ă©tait la meilleure amie de ma fille. — Raison pour laquelle je crois qu’elle fera une bonne mĂšre pour Maxence. Il est dĂ©jĂ  attachĂ© Ă  elle, et vice versa. Je ne veux pas plus tard prendre le risque de prendre une autre femme qui viendra me maltraiter l’enfant. Nous connaissons Mayole et elle a toujours Ă©tĂ© trĂšs loyale. Maman baisse la tĂȘte de longues minutes puis la relĂšve. — Fais ce qui te semble bien pour le petit et toi. De toutes les façons, moi, rien ni personne ne pourra venir combler un quelconque vide laissĂ© par mon unique enfant. Tout ce que je souhaite en ce moment, c’est que Rolande vienne se venger de la personne qui l’a tuĂ©e. — Maman... — Non, mon fils, n’essaye pas de me raisonner. Dieu m’a montrĂ© en songe l’ñme de ma fille qui Ă©tait dans un canari. J’ai pris trois jours de jeĂ»ne pour que son Ăąme soit libĂ©rĂ©e et vienne punir son ou ses assassins. Dieu va me pardonner. Je ne suis pas prĂȘte Ă  laisser pour moi Ă  Dieu. Vengeance doit ĂȘtre faite. L’entendre parler ainsi me donne froid dans le dos. Je sens une main se poser sur mon dos. Je sursaute et pousse un cri. Je me retourne et ne vois personne. Ulrich, qui a entendu mon cri, m’appelle. Je mets de l’ordre dans mon esprit et je vais les rejoindre. Maman nous donne sa bĂ©nĂ©diction. Je pourrai enfin aller m’installer chez mon homme et notre fils. La prochaine Ă©tape, c’est de tomber enceinte pour sĂ©curiser encore plus la relation, puis passer au mariage. Ulrich n’est pas pressĂ© de passer devant le maire. Je finirai par le convaincre d’accĂ©lĂ©rer les choses quand je serai enceinte. Il me dĂ©pose chez moi et il part travailler. J’entre dans mon petit studio et je termine de ranger mes affaires. J’avais dĂ©jĂ  entamĂ© mon futur dĂ©mĂ©nagement depuis hier, car j’étais persuadĂ©e que je parviendrais Ă  mes fins. J’ouvre ma grande trousse de toilette que je pose sur l’une des valises et je vais dans ma salle de bain ramasser mes produits cosmĂ©tiques. Je prends un lot et quand je reviens, je retrouve la trousse fermĂ©e. Je tique. Je suis pourtant sĂ»re de l’avoir ouverte. Ou je me trompe ? Je pose les produits que je tiens sur le lit, j’ouvre la trousse et range les produits. Je retourne dans la salle de bain ramasser le reste des produits et Ă  mon retour, le sac est encore fermĂ©. Mais c’est quoi ce truc qui m’arrive ? J’hallucine ou quoi ? Je dois ĂȘtre certainement fatiguĂ©e. Je finis de tout ranger et je commande un taxi. Je viendrai plus...
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Layla Khamlichi (Instagram)
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ MAYOLE Rolande a eu encore plus de notoriĂ©tĂ© aprĂšs le mariage. Les gens ont tellement adorĂ© les diffĂ©rentes coiffures de la mariĂ©e du vendredi au dimanche que des femmes ont accouru en grand nombre pour rĂ©server les mĂȘmes pour leurs diffĂ©rentes occasions. Donc pour les deux mois Ă  venir, Rolande est overbookĂ©e, de quoi m’enrager encore plus. Mais que diable a-t-elle de plus que moi pour avoir autant de succĂšs ? Ok, je reconnais qu’elle est trĂšs douĂ©e et que contrairement Ă  moi qui me suis fait former, pour elle c’est un don. Elle tresse depuis son bas Ăąge et merveilleusement bien. Toutes les fois oĂč nous avions postulĂ© dans des salons de coiffure de luxe, elle a Ă©tĂ© choisie et moi non. On me disait que j’étais “moyenne” et qu’elles avaient besoin de quelqu’un de plus douĂ©, donc elle. Je lui ai demandĂ© de me former pour que je puisse la surpasser. Je suis devenue excellente, mais c’est encore elle qui touche les Ă©toiles. Pourtant, le fĂ©ticheur m’avait assurĂ© qu’avec le travail qu’il a fait sur sa photo et sa robe, jamais elle ne rĂ©ussirait. MĂȘme avec son mari, il m’a rassurĂ©e qu’il resterait misĂ©rable pour ne pas qu’il prenne soin de sa femme. Il s’est visiblement trompĂ©. Ou plutĂŽt, Rolande et sa mĂšre ont beaucoup trop priĂ©. Ça n’empĂȘche pas le fait que j’ai pris grand plaisir Ă  la regarder galĂ©rer comme pas possible. Toutes les portes lui Ă©taient fermĂ©es, personne ne voulait l’embaucher, et quand quelqu’un l’osait, elle commettait une grosse erreur qui la faisait virer. Pendant ce temps, c’est moi qui lui donnais de quoi manger, elle et sa mĂšre, avec mon boulot de tresseuse dans l’un des salons oĂč on m’avait refoulĂ©e pour elle. Je dois la tuer pour ĂȘtre enfin en paix. Je n’en peux vraiment plus d’ĂȘtre la derniĂšre de la classe. — BĂ©bĂ©, j’ai pensĂ© Ă  un truc. — Toi, quand tu m’appelles bĂ©bĂ©, c’est qu’il y a une arnaque derriĂšre. — Non ce n’est pas une arnaque. Attends, je reviens. Je regarde dehors qu’il n’y ait personne devant le bureau et je condamne la porte. Je reviens m’asseoir prĂšs d’elle dans le fauteuil. — VoilĂ , j’ai beaucoup rĂ©flĂ©chi Ă  tout ce qui t’est arrivĂ© ces derniĂšres annĂ©es et mĂȘme derniĂšrement, Ă  la veille du mariage, et je pense qu’on devrait consulter pour savoir qui est derriĂšre tout cela et trouver une solution afin de ne plus les revivre. — Consulter ? — Oui, un voyant. Un fĂ©ticheur. — Que Dieu m’en garde. Je ne peux pas faire ça. Ma mĂšre me tuerait. Je prĂ©fĂšre encore voir le pasteur, mĂȘme si j’ai dĂ©sertĂ© l’église. — Je comprends ce que tu dis. Mais de toi Ă  moi, est-ce que depuis que tu vas Ă  l’église, le pasteur t’a dĂ©jĂ  dit explicitement la source de ton problĂšme ? Toujours il dit que ce sont tes ennemis, mais rien de prĂ©cis. Bon, Ă  part le premier prophĂšte qui a voulu nous diviser en te disant que c’était moi ta sorciĂšre. J’ai envie d’éclater de rire en repensant Ă  cet Ă©pisode. En effet, un homme de Dieu avait clairement rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Rolande durant une veillĂ©e de priĂšre que c’était une certaine Mayole qui faisait le vampirisme sur elle. Elle avait aussitĂŽt mis une distance entre nous, puis quand j’ai insistĂ© pour savoir la raison, elle m’a crachĂ© le morceau. Mon Dieu, comme j’ai pleurĂ© ce jour-lĂ . Je me suis dĂ©couvert un vĂ©ritable talent de comĂ©dienne. J’ai tellement pleurĂ© qu’elle s’en est voulue. Par la suite, j’ai inventĂ© une histoire selon laquelle cet homme de Dieu m’avait fait des avances. Bref, je lui ai fait un retournement de cerveau. Heureusement que sa mĂšre n’a jamais rien su de cette histoire, sinon ça aurait confirmĂ© le rĂȘve qu’elle avait fait sur moi dans lequel j’étais assise au centre d’un cercle de bougies rouges allumĂ©es. Elle avait pensĂ© que ça signifiait que j’étais en danger alors que c’était moi le danger. — Je ne te demande pas de sacrifier un humain ni de boire du sang d’un animal. Tu vas juste t’asseoir et Ă©couter ce que le fĂ©ticheur aura Ă  te dire et il te donnera par la suite une solution qui mettra dĂ©finitivement fin Ă  toutes ces attaques. Tu n’en as pas marre de toutes ces bĂȘtises ? — Bien sĂ»r que si, mais bon. Ce...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan IV/ À la vie Ă  la mort. ~ ROLANDE TAKAM La paire de ciseaux en main, je coupe le ruban rouge attachĂ© en nƓud devant le grand magasin, annonçant ainsi son ouverture. Les cris et acclamations des personnes prĂ©sentes me mettent les larmes aux yeux. Enfin, j’y suis arrivĂ©e. AprĂšs de longues annĂ©es de souffrance, de priĂšres, de cris Ă  Dieu, de larmes versĂ©es et de sacrifices, ma vie se stabilise Ă  tous les niveaux. D’abord, je me marie, ensuite je construis une petite villa pour ma mĂšre parce que c’était mon premier souhait Ă  rĂ©aliser sur ma liste de souhaits, et aujourd’hui j’ouvre mon magnifique salon de coiffure. Un grand salon de coiffure pour femmes, mais aussi d’esthĂ©tique, soit manucure, pĂ©dicure, soin du visage et make-up pour les mariages et autres Ă©vĂ©nements importants. C’est un rĂȘve de jeune fille qui se rĂ©alise. Ce salon, je l’ai pensĂ©, rĂȘvĂ©, conçu, façonnĂ© dans ma tĂȘte avant de le rĂ©aliser. — Maman, c’est trop joli. Je me baisse pour soulever mon fils de quatre ans et rentre avec lui dans mes bras. Mon mari passe son bras autour de ma taille et m’embrasse la tempe. — Je suis fier de toi. — Merci, mon amour. Le DJ augmente le volume de la musique pour mettre plus d’ambiance Ă  la fĂȘte. Pour la dĂ©gustation, nous avons optĂ© pour un cocktail debout. Pour l’occasion, j’ai fait une rĂ©duction sur les prix des perruques de l’ancien stock et pour le nouveau stock venu tout droit de l’usine, les prix sont plutĂŽt abordables surtout pour leur qualitĂ©. Celles qui voudront une mise en beautĂ© le pourront. Tout est disposĂ© Ă  les recevoir sous la surveillance de ma meilleure amie qui est comme la seconde patronne. C’est ma gĂ©rante. D’ailleurs, elle vient vers moi en dansant en me tendant une coupe de champagne. Je fais descendre mon fils qui court vers les petits fours, sous la surveillance de son pĂšre. — Tu as rĂ©ussi, ma belle, se rĂ©jouit-elle. — Non, nous avons rĂ©ussi. Elle esquisse des pas de danse et je la suis. Elle a luttĂ© Ă  mes cĂŽtĂ©s, alors je peux dire que tout ceci est le fruit de notre acharnement, mĂȘme si j’en suis principalement la concernĂ©e. Nous nous sommes rencontrĂ©es dans le premier salon de coiffure oĂč j’ai dĂ©butĂ© ma vie professionnelle et depuis, nous ne nous sommes plus lĂąchĂ©es. Nous nous enlaçons puis regardons la clientĂšle affluer. Certaines sont lĂ  juste pour la fĂȘte, d’autres y sont autant pour la fĂȘte que pour profiter des promotions. Si j’ai rĂ©ussi Ă  construire ce grand salon, c’est aussi grĂące Ă  ma grande clientĂšle. Je me suis dĂ©jĂ  fait un nom. En ville comme sur les rĂ©seaux sociaux. Je fais partie des rĂ©fĂ©rences dans tout le pays. Qui ne connaĂźt pas “Rol’Hair and Beauty” ? Mon ancien salon refusait du monde alors je me suis achetĂ© une petite parcelle sur laquelle j’ai commencĂ© Ă  construire petit Ă  petit jusqu’à ce que ça donne ça deux ans plus tard. L’ouverture est un succĂšs du dĂ©but Ă  la fin. Les clientes sont retournĂ©es satisfaites et moi j’ai les pieds enflĂ©s Ă  force d’ĂȘtre restĂ©e debout toute la journĂ©e Ă  satisfaire tout le monde. Maintenant, je rentre me reposer auprĂšs de ma petite famille. Mon mari met notre fils au lit dans sa chambre et me rejoint dans la nĂŽtre oĂč il me prend les pieds pour les masser afin de les soulager. Je soupire d’aise et me dĂ©tends. Son massage se transforme en des caresses qui remontent vers ma cuisse. Je souris en gardant les yeux fermĂ©s. — Monsieur, je suis sincĂšrement fatiguĂ©e, donc tu ne m’auras pas cette nuit. — Le sexe fait disparaĂźtre toutes les fatigues du monde. Tu dormiras comme un bĂ©bĂ© aprĂšs. J’éclate de rire et monsieur en profite pour se positionner sur moi et capturer mes lĂšvres. Je ne peux que me laisser dĂ©licatement malmener par cet homme si doux qui m’a montrĂ© que l’amour vrai existe. Il en a bavĂ© avant que je n’accepte ses avances. AprĂšs, il a voulu qu’on vive ensemble, ce que j’ai refusĂ©. Il n’était pas question que je vive en concubinage. J’ai entendu et vu tellement d’histoires catastrophiques avec ces histoires de concubinage que je ne voulais pas en faire partie. Il a respectĂ© ma dĂ©cision. Je...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan Dark 2 2 ***ALANA — Alors, qu’a-t-il dit quand il l’a vu ? — Il m’a demandĂ©, avec beaucoup d’insistance, ce qu’il reprĂ©sentait pour moi. — Et que lui as-tu rĂ©pondu ? — Que voulais-tu que je lui rĂ©ponde ? Qu’il est juste un plan cul. Inayah sourit. — Ne dis pas ce que tu as en tĂȘte. Elle lĂšve les mains et m’apporte ensuite mon plat. Cette fille cuisine super bien. C’est pourquoi je prends un malin plaisir Ă  venir plus tĂŽt, manger avec elle avant de sortir avec Chris. — Alors, tu me le prĂ©sentes quand ? me demande Inayah en piquant dans son assiette. — Je n’ai pas Ă  te prĂ©senter mon plan cul. — C’est ça, rigole-t-elle. L’un des changements qu’il y a eu dans ma vie, c’est mon attachement Ă  Inayah. Elle est d’une telle simplicitĂ© qu’il ne m’a pas Ă©tĂ© difficile d’y arriver. Elle est ce que je peux qualifier de la seule amie que j’ai. Pour moi qui ne suis pas bavarde, je le suis maintenant. Pas une grande bavarde, mais quand je suis avec elle, je parle beaucoup plus qu’avant. — Chris a quand mĂȘme mis du temps, tu ne trouves pas ? fais-je remarquer. — C’est toujours comme ça quand il est avec sa Shana, me rĂ©pond Inayah avec dĂ©ception et jalousie. — Je t’avais prĂ©venue. — Je le sais. Chris apparait, seul. — Elle est oĂč Shana ? lui demandĂ©-je. — Elle est partie depuis plus de trente minutes. — Ah, je vois. — On y va ! Je remercie Inayah et suis mon frĂšre. Je m’assieds prĂšs de lui sur le siĂšge arriĂšre. Il me briefe sur son rendez-vous de ce matin. C’est un rendez-vous d'affaires. Pour les affaires lĂ©gales je veux dire. Pas les choses de l'ombre. — Dis-moi, pourquoi fais-tu ce que tu fais avec Shana Ă  la maison en sachant bien qu’Inayah, TA femme est prĂ©sente ? — Il se situe oĂč le problĂšme ? Je fais ce que je veux chez moi. — Mais penses-tu Ă  Inayah ? — T’a-t-elle dit quelque chose Ă  ce propos ? — Non ! — Ça prouve donc qu'elle s'en fiche. Notre mariage c’est juste du pipo. — Tu ne t'es pas dit qu'elle pourrait ĂȘtre amoureuse de toi et dans ce cas elle souffrirait de ta liaison avec Shana ? — Aucune femme qui a vu un homme tuer n'en tombe amoureuse. A condition qu'elle soit elle-mĂȘme une meurtriĂšre. Ce qui est de loin le cas d'Inayah. Elle s'en fiche de ce que je peux faire. Moi je pense plutĂŽt qu'il fait tout ça pour pousser Inayah Ă  s’éloigner de lui. Il utilise cette mĂ©thode pour Ă©viter qu'il ne se passe quoi que ce soit entre eux. Je connais cet homme comme la paume de mes mains. Mais je me retiens de le lui faire savoir au risque de me prendre une de ses foudres au visage. Je marche derriĂšre Chris jusqu’à la suite de son futur partenaire. Trois de nos hommes restent plantĂ©s devant, quant aux autres, ils sont dĂ©portĂ©s un peu partout dans l’hĂŽtel et devant. Je vois le partenaire de Chris jeter sur moi des coups d’Ɠil qui m’interpellent sur ses intentions. Je reste concentrĂ©e sur la conversation entre les deux hommes. Je joue parfois le rĂŽle de conseillĂšre auprĂšs de mon frĂšre. Je me dois donc d’ĂȘtre informĂ©e de tout. AprĂšs prĂšs de deux heures de conversation, ils y mettent fin avec une poignĂ©e de main. — Je peux avoir quelques minutes avec ton bras droit ? demande l’homme Ă  Chris. — Si vous voulez que notre accord tienne, Ă©vitez de regarder dans cette direction, l’avertit Chris sur un ton dur et un regard menaçant. Le visage de l’homme se dĂ©compose. Nous prenons congĂ© de lui sans perdre de temps. Lorsque nous sortons de l’ascenseur, nos hommes qui Ă©taient postĂ©s dans le hall se mettent en mouvement. Sur notre passage, les femmes sont en admiration devant la carrure imposante et pleine de charisme de Chris. Ce dernier n’y accorde aucune importance. Il fut un temps oĂč les gens le pensaient gay, dĂ» au fait de son indiffĂ©rence envers les femmes. Jamais aucune ne lui a fait de l’effet. Jamais aucune ne l’a marquĂ© au point de la prĂ©senter lui-mĂȘme au monde entier. Ses dĂ©funtes fiancĂ©es, eh bien elles ont essayĂ© et rĂ©sultat des courses, elles sont six pieds sous terre. Aucune femme n’est assez forte pour affronter le monde de Chris IVANOV. Un homme accoste Chris avant que...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan Dark 2 1 DEUX ANS PLUS TARD ***INAYAH IVANOV Une jambe aprĂšs l’autre, je descends de ma luxueuse Mercedes. La longue fente de ma robe met en valeur ma jambe soigneusement Ă©pilĂ©e et entretenue, tout comme le reste de mon corps. Mon garde du corps et chauffeur par moment, me tend sa main que je saisis pour mieux sortir du vĂ©hicule. Un passage de paume de main nĂ©gligĂ© sur ma robe pour la lisser et je traverse l’allĂ©e, ornĂ©e de fleurs, dans une dĂ©marche pleine d’assurance et de dangerositĂ©. Le bruit du choc de mes talons aiguilles sur le carrelage brise le silence de la nuit. Les deux hommes postĂ©s Ă  l'entrĂ©e ouvrent les deux grands battants, me cĂ©dant ainsi le passage. J'entre dans la grande salle, suivie de prĂšs par mes deux gros gardes du corps. Je fais juste quelques pas que je m’arrĂȘte, dans une posture qui peut susciter de la crainte chez n'importe qui. Toutes les tĂȘtes tournent vers moi et les yeux se braquent sur moi. Je remarque surtout les regards de ces dames. Les unes tueraient pour ĂȘtre Ă  ma place tandis que les autres me tueraient, moi, pour prendre ma place. Elles dĂ©sirent toutes ĂȘtre Ă  ma place. Elles veulent toutes ĂȘtre Mme Chris IVANOV. La femme du grand Dark. Le plus grand mafieux de l’AmĂ©rique entiĂšre. Je promĂšne lentement mon regard dans la salle pour repĂ©rer mon cher Ă©poux. Il a dĂ» me devancer parce que j'avais un boulot Ă  terminer avant de me rendre ici. Je repĂšre de loin ses deux iris d'un bleu Ă©lectrique. Ce regard qui ne laisse aucune femme indiffĂ©rente, est braquĂ© sur moi. Uniquement sur moi. Je me sens comme une Reine, je me sens intouchable et oui, effectivement, je suis intouchable. Aux cĂŽtĂ©s de cet homme, je suis intouchable. Rien que son nom sur moi fait trembler mes ennemis. Je marche lentement, assurĂ©ment, mais surtout sensuellement, vers mon homme. Je traverse la foule qui s'est divisĂ©e de part et d'autre. Ils me suivent tous du regard jusqu’à ce que j'arrive au niveau de Chris qui me tend la main. J'y pose la mienne et il me fait un baisemain. — Et voici mon Ă©pouse. Les hommes avec lui me dĂ©vorent littĂ©ralement du regard. — Madame ! me fait une rĂ©vĂ©rence l'un des hommes. Vous ĂȘtes beaucoup plus que ce qui se dit. — Et qu’est-ce qui se dit ? — Que le grand Dark s'est dĂ©gottĂ© la femme la plus splendide des États-Unis. Mais moi je dirai que vous ĂȘtes la perle la plus belle, prĂ©cieuse et rare qui puisse exister. — Humm ! Vous ĂȘtes beau parleur dis donc ! Chris pose sa main sur la chute de mes reins en signe de possession. Un geste qui ne passe pas inaperçu pour les autres. Et un geste qui me chauffe. Je respire profondĂ©ment. Cet homme a le chic pour me mettre dans tous mes Ă©tats. — Oh Dark, pas la peine de la tenir de la sorte. Personne ne te la piquera. — Personne n'oserait me piquer ce qui m’appartient, rĂ©plique-t-il de sa voix roque, pleine d’assurance et d’autoritĂ©. VoilĂ  qui est clair. Je reste prĂšs de Dark pendant qu’il discute affaire avec ces hommes. Je regarde mon mari discuter avec Ă©lĂ©gance et charisme et mon cƓur danse la salsa. Je prends plaisir, depuis deux ans Ă  le contempler. Chaque jour, je l'aime encore plus et ĂȘtre Ă  ses bras Ă  chaque sortie, me fait me sentir comme une Reine. Il me regarde, me fait un sourire en coin et rapporte son attention sur ses partenaires. Je pourrais passer toute la vie Ă  le regarder. Gab, mon principal garde du corps me sort de ma rĂȘverie. — Madame, vous ĂȘtes demandĂ©e. — Par qui ? Il me fait un signe de tĂȘte dans une direction. Je roule les yeux. — Encore ces bĂ©casses, je chuchote avant de m’excuser auprĂšs des hommes et de me rendre vers ces dames. Rien que des lĂ©cheuses de boots. Chacune d'elles veut me mettre de son cĂŽtĂ© en cassant du sucre sur le dos les unes des autres. De grosses hypocrites. Elles sont amies mais ennemies dans l'ombre. Je me fais violence pour rester trente minutes avec elles avant de retourner prĂšs de mon homme. Je me serais moins ennuyĂ©e si Alana Ă©tait prĂ©sente. Elle s’est chopĂ©e une grippe depuis trois jours. Je ne m’inquiĂšte cependant pas pour elle. Elle est de...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ NOÉMIE Ça fait six mois qu’Alain s’est mis en couple avec cette femme. C’est douloureux, mais je m’y fais. Je garde la tĂȘte froide. Tout ira pour le mieux pour moi et mon bĂ©bĂ©. Je sais que tous mes sacrifices pour lui ne seront pas vains. Je ne compte pas non plus m’avouer vaincue. Je finirai par avoir le visage haut devant tous ceux qui m’ont ridiculisĂ©e. Je vais leur fermer le clapet. J’ai un plan qui marchera Ă  coup sĂ»r et me donnera la victoire sur tous ceux qui m’ont sous-estimĂ©e, Alain le premier. Cette femme va se mordre les doigts de m’avoir pris mon homme. Elle a tout fait pour le faire tomber dans ses filets et je compte le lui faire payer. Je frapperai au moment oĂč elle s’y attendra le moins. D’ailleurs, elle ne sait mĂȘme pas que je suis capable de faire quelque chose contre elle. Pour elle, je ne suis qu’une femme fragile. Elle tombera des nues. Je continue de lire la lettre Ă©crite Ă  l’ordinateur pour m’assurer que tout est parfait. J’appuie ensuite sur ‘‘envoyer’’ et j’appelle le destinataire. — Je viens de te faire parvenir le mail. « — Et c’est quoi la suite ? » — Je gĂšre. Tu te contenteras de faire ce que je dis. Le reste est sous contrĂŽle. La porte d’entrĂ©e de mon nouvel appartement s’ouvre. Je raccroche et referme mon ordinateur. Ma mĂšre entre et s’installe prĂšs de moi aprĂšs nous avoir embrassĂ©s, son petit-fils couchĂ© dans son berceau et moi. — Je suppose que ton type n’est pas lĂ  encore ? — Non, je rĂ©ponds en forçant un sourire. — Te consacre-t-il mĂȘme du temps ? L’argent vous a fait passer en second plan le bĂ©bĂ© et toi ? Ce n’est pas normal qu’il passe plus de temps Ă  travailler qu’à ĂȘtre avec toi. Je n’ai rien expliquĂ© Ă  ma mĂšre de ce qui se passe. MĂȘme pour la maison, j’ai dĂ» lui dire qu’il y avait des travaux Ă  faire, d’oĂč notre dĂ©mĂ©nagement. — C’est juste pour un moment. L’entreprise oĂč il bosse est dans une phase importante de son extension, donc ça leur demande Ă  tous deux fois plus de boulot et de temps. Une fois qu’ils auront rĂ©ussi, les choses reviendront Ă  la normale. De plus, il y a une grande promotion Ă  la clĂ©. Je prĂ©fĂšre lui donner cette explication pour Ă©viter les “on t’avait prĂ©venue”. Ils ne sauront jamais ce qui se passe et je compte trouver le moyen de sortir vainqueur de cette humiliation. ~ DAME HÉLÈNE KOUADIO Main dans la main comme les deux tourtereaux que nous sommes, nous arpentons les rayons du supermarchĂ© pour nos courses hebdomadaires. Nous choisissons ce dont nous avons besoin pour la semaine. Nous continuons d’avancer quand je vois l’ex-copine d’Alain venir dans notre direction sans nous remarquer. Alain non plus ne l’a pas encore vue. Je tourne sa tĂȘte et l’embrasse. Il se dĂ©gage bien assez vite avant que je puisse approfondir le baiser. — On avait dit que notre relation devait ĂȘtre secrĂšte, me reprend-il doucement. — J’en mourrais d’envie. Il tourne la tĂȘte et croise le regard de NoĂ©mie. Il sursaute. Quel faiblard dis donc ! Elle nous dĂ©visage tous les deux avant de nous contourner. Je sens Alain embarrassĂ©, si bien que nos courses se terminent dans le silence. Nous entrons et montons directement nous mettre au lit pour sa petite sieste. Je le rejoins, car moi aussi j’en ai besoin. Je me rĂ©veille deux heures en retard et je repense Ă  tout ce que j’ai pu faire pour avoir cet homme. Je vis un conte de fĂ©es. Alain est tellement attentionnĂ©, Ă  mes petits soins et s’inquiĂšte dĂšs qu’une petite grippe me titille les narines. Je crois que jamais aucun homme n’avait autant pris soin de moi. Je suis tellement heureuse avec lui que j’ai juste envie que ça continue toute la vie. Le seul hic, c’est qu’il refuse de venir vivre avec moi. Il ne vient qu’un Ă  deux jours parfois et retourne chez lui, dans la maison que je lui avais offerte. Il dit vouloir faire les choses doucement pour ĂȘtre sĂ»r de ne rien faire de travers. Mon plus grand souhait actuellement, c’est qu’il me fasse sa demande. Mais suis-je obligĂ©e d’attendre qu’il le fasse ? Depuis quelques jours, je me demande s’il ne serait pas mieux que moi je lui fasse la...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ NOÉMIE Trois mois sont passĂ©s depuis notre accident et plus rien n’est pareil Ă  la maison avec Alain. Je ne sais pas si c’est Ă  cause de toute cette tragĂ©die, mais il s’est plongĂ© dans une sorte de mutisme. Il n’est plus cet homme toujours de bonne humeur qui aimait me taquiner, me provoquer pour que je le poursuive comme des gamins. Je ne le vois plus sourire. Depuis trois mois, je n’ai pas entendu son rire. C’est comme si tout ceci avait disparu. Je lui avais demandĂ© ce qui n’allait pas. Il a juste parlĂ© de la fatigue engendrĂ©e par son boulot et les lourdes responsabilitĂ©s que lui confiait sa patronne. Je n’y ai pas cru et je n’y crois toujours pas, car ce n’est pas un homme Ă©puisĂ© que je vois. PlutĂŽt un homme dĂ©semparĂ©. Je le surprends parfois, le regard perdu dans le vide. Je m’inquiĂšte pour lui. Peut ĂȘtre est-il encore sous le choc et qu’il souffre de la perte de l’autre jumeau. Je lui ai pourtant dit que nous devrions nous rĂ©jouir de ce que nous en ayons encore un. J’ai juste l’impression de donner des conseils dans le vent. Si seulement j’avais le pouvoir de lire dans ses pensĂ©es. L’appel de ma mĂšre me sort de mes pensĂ©es. Elle m’informe qu’elle n’est pas loin de ma maison. J’enfile une robe et je me rends au salon. Alain ne s’est pas rendu au travail aujourd’hui, je ne sais pourquoi. Il m’a juste rĂ©pondu qu’il Ă©tait Ă©puisĂ©, mais je n’y crois toujours pas. Je vois la nouvelle servante faire rentrer dans la maison les colis rapportĂ©s par ma mĂšre qui est suivie d’une jeune fille. L’autre servante est rentrĂ©e en famille pour mieux se rĂ©tablir. Nous lui avons donnĂ© de quoi s’ouvrir un commerce. De l’autre cĂŽtĂ©, l’accident a eu un petit point positif : ma mĂšre est revenue Ă  de meilleurs sentiments. Enfin, pas Ă  propos de ma relation avec Alain, mais par rapport Ă  moi. DĂšs l’instant oĂč ils ont appris pour l’accident, papa et elle sont rapidement rentrĂ©s et depuis, maman est tous les jours Ă  mes cĂŽtĂ©s. J’ai bien dit tous les jours. C’était d’abord le cas quand j’étais hospitalisĂ©e avec le bĂ©bĂ© en couveuse, puis ça a continuĂ© mĂȘme aprĂšs notre retour Ă  la maison. Ils ont voulu que je vienne rester chez eux pour mieux prendre soin de moi, mais j’ai catĂ©goriquement refusĂ©. Je ne voulais pas ĂȘtre dans un endroit oĂč les tensions seraient palpables, surtout que papa a mis toute la responsabilitĂ© du drame sur Alain au point de lui mettre un poing au visage. Il n’aurait donc pas Ă©tĂ© le bienvenu chez mes parents, quand bien mĂȘme il serait venu voir son fils. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© rester chez nous pour ĂȘtre plus Ă  mon aise. Ma mĂšre passe ses journĂ©es ici et j’avoue que ça me fait Ă©normĂ©ment de bien, mĂȘme si je leur en veux encore pour ce qu’ils ont dit la derniĂšre fois que nous avons discutĂ© de ma relation avec Alain. La pilule a du mal Ă  passer. — Comment tu vas, ma chĂ©rie ? Tu as bonne mine aujourd’hui. — Merci, maman. J’ai eu un peu plus de temps pour me reposer. — Je t’ai pris une nounou spĂ©cialisĂ©e pour gĂ©rer uniquement le bĂ©bĂ©, ainsi, l’autre pourra s’occuper du mĂ©nage et de la cuisine. Tu ne dois toucher Ă  rien. — Merci. — Quand toi et le bĂ©bĂ© irez beaucoup mieux, on discutera de ta relation avec Alain. Bien que je reste sur ma position, je n’ai pas d’autre choix que de m’aligner sur ta dĂ©cision, car je veux ĂȘtre Ă  tes cĂŽtĂ©s afin de m’assurer que rien ne t’arrive et que cet homme te traite comme la reine que tu es. — (Émue) Vraiment merci, maman. Tu n’imagines pas Ă  quel point ça me soulage de t’avoir Ă  mes cĂŽtĂ©s. Je t’aime tellement. Je me penche dans ses bras et elle me serre contre elle. — On verra comment convaincre ton pĂšre ensemble. Je me sens tellement soulagĂ©e d’avoir enfin mon acolyte avec moi. Celle-lĂ  mĂȘme qui m’a toujours aidĂ©e et couverte dans mes petits coups foireux. Je sais qu’avec elle, mon pĂšre finira par pencher de notre cĂŽtĂ©. La sonnerie de la maison met fin Ă  notre Ă©treinte. La servante va voir qui est Ă  la porte et revient avec la patronne d’Alain, Madame HĂ©lĂšne KOUADIO. Je me lĂšve pour la recevoir et lui faire les bises. — Soyez la bienvenue, madame....
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ NOÉMIE Je suis encore sous le choc depuis notre derniĂšre entrevue avec mes parents il y a un mois. Je ne les savais pas si sĂ©vĂšres, si prompts Ă  rejeter les gens. Je me dis que mĂȘme si on n’est pas d’accord avec le choix de conjoint de son enfant, par amour pour lui on peut nĂ©anmoins faire des concessions et rester en retrait sans cesser de donner des conseils et d’intervenir en cas de besoin. Mais non, les miens ont prĂ©fĂ©rĂ© me rejeter complĂštement et ils osent me dire de revenir quand mon homme et moi serons millionnaires. C’est donc ça le bonheur pour eux ? Juste ĂȘtre millionnaire ? Et que dire de ces millionnaires malheureux parce qu’ils n’ont aucune famille avec qui jouir de ces millions ? Pour moi les deux vont de pair. Il ne faut pas minimiser l’un au profit de l’autre. Je sais que Alain et moi nous finirons par toucher le sommet, mais ça ne se fera pas du jour au lendemain. Il nous faudra certainement plusieurs annĂ©es. C’est donc injuste qu’ils nous demandent pareille chose. Je me souviens encore des paroles de ma mĂšre hier lorsque je l’ai appelĂ©e pour encore essayer de lui faire entendre raison. Elle m’a lĂąchĂ© : « — Comme tu te crois adulte et responsable, dĂ©brouille-toi toute seule pour avoir ton hĂ©ritage que tu lĂ©gueras Ă  tes enfants. Tant que tu resteras avec ce "rieneux", n’espĂšre rien de nous. » Cette phrase m’a profondĂ©ment blessĂ©e en plus des autres dĂ©jĂ  entendues. Elle m’a rĂ©voltĂ©e Ă  tel point que j’ai dĂ©cidĂ© de rester dans mon petit univers que je suis en train de bĂątir. Je n’irai plus vers mes parents, je ne tenterai plus rien. Ils savent que j’ai toujours Ă©tĂ© une enfant obĂ©issante. Que je ne leur ai jamais tenu tĂȘte, alors pour une fois que je le fais parce que je suis certaine de mon choix, ils devraient essayer de me comprendre et m’entourer pour s’assurer que je ne me cogne pas contre le mur. Ils m’ont rejetĂ©e sans sourciller alors je vais continuer ma route et assumer les consĂ©quences. Je vais moi aussi chercher du boulot aprĂšs mon accouchement, comme ça, Ă  nous deux, Alain et moi, nous pourrions agrandir notre patrimoine. Ma grossesse de sept mois Ă©tant maintenant sans risque, je peux aller oĂč je veux et faire ce que je veux sans mettre la vie du bĂ©bĂ© en danger. Alors aujourd’hui, j’ai dĂ©cidĂ© de faire les courses pour le bĂ©bĂ©. Dans d’autres circonstances, je serais entourĂ©e de mes copines, mais elles aussi m’ont tournĂ© le dos parce que j’ai choisi un pauvre. On continue de me narguer en ville et dans les groupes WhatsApp auxquels j’appartenais auparavant. On m’a bannie parce que je ne fais plus partie de “La Ligue des hĂ©ritiers”. Rien Ă  foutre de leur groupe de toutes façons. Quelqu’un m’a suivie une fois jusqu’à notre ancienne maison dans ce quartier prĂ©caire puis m’a filmĂ©e pour le balancer sur tous les rĂ©seaux avec pour lĂ©gende : “Comment on peut abandonner une vie de princesse pour de la merde Ă  cause d’un mec qui n’en vaut pas la peine ?”. Les commentaires Ă©taient sanglants. On m’a traitĂ©e de tous les noms d’oiseaux, des connaissances comme des inconnus. J’ai Ă©tĂ© la risĂ©e de tous durant plusieurs semaines. J’en ai morflĂ©, mais je m’en suis remise. Il n’est plus question que je reparle Ă  ces dĂ©biles qui m’ont servi d’amis dans le passĂ©. Je n’en veux d’ailleurs plus dans ma vie. Ce sont tous des hypocrites. J’ai 28 ans et j’ai redĂ©fini mes prioritĂ©s et l’amitiĂ© n’en fait pas partie. Je ramasse presque tout ce que je vois dans le magasin. Les articles de bĂ©bĂ© sont tous aussi mignons les uns que les autres. Je veux prendre tout ce qui pourrait aller Ă  mes garçons. Parlant de ça, Alain est fou de joie d’en avoir deux. Il a lui-mĂȘme commandĂ© les berceaux des bĂ©bĂ©s et les a montĂ©s dans notre chambre. Il y a une chambre rĂ©servĂ©e pour eux, mais Alain refuse que ses enfants dorment loin de lui. Il veut les garder prĂšs de lui et avoir un Ɠil sur eux. Quand ils seront plus grands, ils iront dans leur chambre avec la nounou que nous engagerons le moment venu. Pour l’instant, je vais me dĂ©brouiller avec la servante que nous avons embauchĂ©e pour m’aider...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan ~ NOÉMIE Ce matin, je reçois la visite de ma mĂšre chez moi Ă  la maison. Durant ma premiĂšre annĂ©e de vie avec Alain, elle n’a jamais voulu venir me voir ici. Elle n’a jamais voulu me voir tout court, de peur d’attiser la colĂšre de mon pĂšre qui lui impose de couper tout contact avec moi. Elle ne voulait jamais prendre les appels alors j’ai aussi coupĂ© les ponts. Mais aujourd’hui, c’est diffĂ©rent. J’ai besoin d’elle. J’aurais pu demeurer dans mon coin s’il ne s’agissait que de moi et Alain, mais il y a un bĂ©bĂ© maintenant et nous avons besoin d’un coup de pouce. Ma mĂšre entre dans la maison avec hĂ©sitation en regardant partout avec mĂ©fiance et dĂ©dain. J’ai pour interdiction de trop bouger alors j’ai prĂ©fĂ©rĂ© qu’elle vienne vers moi. — Comment peux-tu accepter de vivre dans ce taudis ? — Installe-toi, maman. Elle s’assoit avec hĂ©sitation. — Je suis vraiment déçue que tu aies choisi cette vie minable Ă  tous ces privilĂšges que tu avais. Que veux-tu ? — Je voudrais que tu convainques papa de trouver du boulot Ă  Alain. Il est trĂšs intelligent et a de trĂšs grandes compĂ©tences. — Il ne le fera pas. — Mais comment veux-tu qu’il arrive Ă  bien prendre soin de moi si personne ne lui donne un coup de main ? Il a juste besoin d’un bon job pour sortir la tĂȘte de l’eau. — NoĂ©mie, vous nous avez montrĂ© que vous Ă©tiez grands et que vous pouviez vous dĂ©brouiller tout seuls, alors faites-le sans nous emmerder. S’il voulait rĂ©ellement se sortir la tĂȘte de l’eau, il aurait dĂ» accepter les dix millions que ton pĂšre lui avait proposĂ©s pour te quitter. — Ça prouve qu’il tient rĂ©ellement Ă  moi, non ? — Ça prouve juste qu’il est bĂȘte. Et aussi qu’il voulait se servir de toi pour gagner beaucoup plus. Cet homme ne t’aime pas. Il n’en veut qu’à ton hĂ©ritage. — Maman, s’il te plaĂźt, restons sur le sujet. Nous avons besoin d’une stabilitĂ© financiĂšre pour mettre notre futur bĂ©bĂ© Ă  l’aise. — Futur quoi ? — Je suis enceinte. Elle blĂȘmit. Je la vois partager entre la confusion, la joie et la dĂ©ception. — Je, je ne sais quoi dire. Normalement cette nouvelle devait ĂȘtre la meilleure de toutes, mais vu les circonstances, je crains que ça ne mette plus d’huile sur le feu. Tu vas donner une descendance Ă  ce moins que rien ? Je lĂšve mes yeux au ciel. Son portable sonne. Elle y jette un coup d’Ɠil rapide. — C’est ton pĂšre. Je dois y aller. Nous avons un rendez-vous Ă  honorer avec un ministre. Je lui ferai part de tout ceci et je te donnerai sa rĂ©ponse. — Merci, maman. Puis-je avoir quelque chose Ă  mettre sur moi, s’il te plaĂźt ? — Mais merde, reviens Ă  la maison. — À condition que vous acceptiez notre relation. Elle soupire et secoue la tĂȘte. Elle glisse la main dans son sac Ă  main et sort un billet de 10 000 F CFA qu’elle me tend. — C’est tout ? Tu pourrais quand mĂȘme me donner plus. — Tu veux que je te nourrisse alors que tu as dĂ©libĂ©rĂ©ment tournĂ© le dos Ă  ta famille ? Tu es malade. Tchrrrr... n’importe quoi ! Elle part sans se retourner. Alain a intĂ©rĂȘt Ă  rĂ©ussir pour que nous puissions avoir la victoire dans ce combat, sinon ça sera une grande humiliation pour moi. Je ne peux plus travailler Ă  cause des risques autour de ma grossesse. — Seigneur, je m’en remets Ă  toi. Tu es le seul sur qui je peux compter en ces moments difficiles. Tu dois agir sinon je suis fichue. AprĂšs cette priĂšre, je me laisse entraĂźner dans les bras de MorphĂ©e. Quand je me rĂ©veille Ă  17 heures, je vois un message de ma mĂšre. Je m’empresse de le lire, espĂ©rant une bonne nouvelle. « — Ton pĂšre m’a interdit de te reparler et il n’est pas question qu’il vous aide d’une maniĂšre ou d’une autre. Il ajoute que tant que tu seras avec cet homme, tu seras dĂ©shĂ©ritĂ©e. » Je jette mon portable sur le lit et je me recouche, la dĂ©ception dans le cƓur. Quand est-ce que nous parviendrons Ă  devenir riches pour faire accepter notre relation Ă  mes parents ? — Seigneur, agis, putain ! QUELQUES MOIS PLUS TARD ~ ALAIN Il est 18 heures et tout ce que j’ai en poche, c’est 500 F CFA. Aujourd’hui les gens ont Ă©tĂ© moins gĂ©nĂ©reux. Les gens estiment...
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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan Exercice pour les SĂ©nĂ©galais et les GuinĂ©ens 😀😀 La prochaine histoire sera un mĂ©lange de vous donc j'ai besoin de votre aide. Exercice 1: J'ai besoin des plus beaux prĂ©noms filles et garçons de chez vous.MĂȘme si c'est en langue. Exercice 2 : J'ai besoin des expressions de chez vous. Expression qu'on utilise quand on se dispute, quand on est fĂąchĂ©, ou pour insulter. En langue ou en français. Exercice 3 : Proposez-moi d'autres expressions. Peu importe lesquels. P.S : Merci de prĂ©ciser les pays et aussi les significations dans les rĂ©ponses. P.S 2: Pardonnez, lisez bien les exercices et rĂ©pondez bien oh.
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Layla Khamlichi (Instagram)
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