L'Afrique Et Le Monde
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Le Parc Monceau
Au cœur du 8e arrondissement de Paris, le Parc Monceau est bien plus qu'un jardin : c’est un havre où le temps suspend son vol, un refuge de verdure où la ville murmure ses plus belles promesses.
Sous l’ombre généreuse d'arbres centenaires : platanes majestueux, marronniers imposants et palmiers exotiques qui insufflent une touche presque méditerranéenne, le parc invite à la détente absolue. On y vient pour respirer, rêver et simplement vivre.
Les bancs verts, innombrables, se nichent çà et là, témoins silencieux de mille histoires : des romances discrètes, un esprit absorbé par sa lecture, des marathoniens torses nus, ou des amis partageant un pique-nique improvisé. Au milieu de ce monde, une âme solitaire, venue finir les dernières pages de "L'économie à venir" de Felwine Sarr et Gaël Giraud et rêvant d'un tel espace vert chez lui.
L’air y est chargé de poésie. Les allées serpentent entre des massifs de fleurs éclatantes, des rocailles romantiques et un petit pont enjambant un lac. Là, des canards sauvages glissent sur l'eau, comme sortis d’un tableau de Claude Monet.
Car c’est bien ici, dans cette lumière changeante et cette nature apprivoisée avec élégance, que l’œil du peintre impressionniste s’est nourri en 1878. Monet a su capturer cette atmosphère unique : le jeu des ombres sur la pelouse, les reflets dorés du soleil sur les feuillages, et la douceur presque irréelle de ces instants volés à la ville.
Ce parc montre que la densité urbaine n'est vivable que si elle est compensée par des havres de nature accessibles et hautement qualitatifs. C'est l'exemple de ce que devraient être les villes urbaines.
LE TRÉSOR DE LA RELECTURE & L'URGENCE D'AFROTOPIA
Quand un livre vous plaît, il faut le lire et le relire à plusieurs reprises, disait en substance l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop.
Et quelle vérité ! C’est dans la relecture que l’on découvre la véritable profondeur d’une œuvre, prouvant qu’un grand livre reste un trésor inestimable et inépuisable.
En replongeant dans Afrotopia (publié en 2016), l'essai magistral de l'écrivain et économiste sénégalais Felwine Sarr, les mots résonnent aujourd'hui avec une force encore plus vive.
Plus qu'une simple utopie, ce texte est une invitation gravée dans le présent : une urgence pour le continent africain à se réapproprier son destin, à décoloniser ses imaginaires et à habiter pleinement sa propre modernité. Une
« utopie active ».
Laissez-vous infuser par la puissance de cet extrait :
✨ « L'Afrique n'a personne à rattraper. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu'on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu'elle se sera choisi. Son statut de fille aînée de l'humanité requiert d'elle de s'extraire de la concurrence, de la compétition, de cet âge infantile où les nations se taisent pour savoir qui a le plus accumulé de richesses, de gadgets technologiques, de sensations fortes, de capacités de jouissance des biens et plaisirs de ce monde, et peu importe si cette course effrénée et irresponsable met en danger les conditions sociales et naturelles de la vie humaine. » ✨
Méditer ces mots, c'est comprendre que l'avenir ne se joue pas dans le rétroviseur des autres, mais dans la fidélité à sa propre trajectoire.
#Afrotopia #FelwineSarr #LitteratureAfricaine #UtopieActive #Relecture #Culture #Afrique
Vendredi 10 juillet 2026
Le droit constitutionnel est hélas souvent utilisé en Afrique comme une arme de stratégie politique à court terme plutôt que comme un bouclier de protection des droits sociaux.
L’ANC et le Pastef : de la transcendance idéologique à la querelle d’égos
Ce qui assure la pérennité de l’ANC en Afrique du Sud ne tient pas seulement à la conquête du pouvoir politique par Nelson Mandela, mais surtout à la transformation de ses revendications en droits juridiquement opposables.
En intégrant ces principes dans la Constitution, l’ANC a fait passer son projet de libération d’un simple manifeste politique à un corpus de normes contraignantes, que les citoyens peuvent faire valoir devant la Cour constitutionnelle. Ce passage du politique au juridique constitue sans doute l’un des facteurs clés de sa longévité.
C’est aussi ce qui le distingue de nombreuses formations politiques africaines, davantage préoccupées par la conquête et la conservation du pouvoir que par l’ancrage durable de droits effectifs.
L’histoire de l’ANC, avant et après la fin de l’apartheid, demeure à cet égard très fascinante. C'est une expérience d'une richesse intellectuelle et politique inépuisable, à la fois un exemple de longévité organisationnelle et une illustration des difficultés qu'implique la préservation d'une cohérence idéologique dans la durée.
La Charte de la liberté de 1955 (The Freedom Charter) en est l’illustration la plus emblématique. Rédigée par l’ANC et ses alliés au sein de l’Alliance des Congrès, et adoptée lors du Congrès du Peuple à Kliptown (Soweto), elle constitue un texte fondateur.
À bien des égards, elle peut être rapprochée de grandes déclarations historiques comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la Charte de Kouroukan Fouga de 1236 ou encore la déclaration de Souleymane Baal. Toutes placent l’humain au cœur du projet politique.
Ce texte était d'une radicalité telle que le régime d’apartheid l’interdit immédiatement et fit arrêter 156 dirigeants, dont Nelson Mandela, pour haute trahison. Pourtant, elle a servi de socle idéologique à l’ANC pendant près de quarante ans. Mandela lui-même la considérait comme l’un des textes dont il était le plus fier dans son ouvrage autobiographique Un Long chemin vers la liberté (1994).
Cette solidité doctrinale de l'ANC contraste avec certaines dynamiques contemporaines en Afrique. Dans le cas du Pastef, le congrès de juin dernier à Diamniadio a davantage mis en scène un rapport de leadership d'Ousmane Sonko qu’une consolidation idéologique. C’est sans doute là un écueil. Or, l’expérience de l’ANC montre que la force d’un parti réside dans sa capacité à s’institutionnaliser au-delà de ses figures.
Un autre défi tient à la jeunesse du parti et à la centralité du leadership d’Ousmane Sonko dans son identité et sa mobilisation. Dans un système fortement présidentialiste, où le chef de l’État concentre l’essentiel du pouvoir, cette personnalisation peut fragiliser la structuration politique à long terme. Une friction entre la légitimité politique (détenue par Sonko au sein du Pastef) et la légitimité constitutionnelle (détenue par Diomaye à la présidence) a rendu le divorce inévitable.
Enfin, la Déclaration des droits de 1996 (The Bill of Rights) constitue l’aboutissement du projet de l’ANC. Issue des négociations de transition, elle inscrit dans la Constitution sud-africaine un ensemble de droits fondamentaux particulièrement avancés, incluant l’accès à l’eau, à la santé, au logement, à l’alimentation et à un environnement sain.
Inspirée directement de la Charte de 1955, elle illustre la cohérence d’un projet politique déployé sur plusieurs décennies.
À l’inverse, les évolutions institutionnelle au Sénégal, semblent davantage relever d’un rééquilibrage des pouvoirs que d’un approfondissement des droits. C'est là que le Pastef fait défaut. La révision constitutionnelle en cours ne s'inscrit pas dans une logique de progrès des droits des citoyens, mais s'apparente plutôt à une bataille technique pour assurer la prévalence du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif.
À la 66e minute, sortir Pape Guèye pour faire entrer Lamine Camara a privé l'équipe d'un profil indispensable. C'était le tournant du match. Habib Diarra, Idrissa Gana Guèye et Lamine Camara ont des qualités proches : intensité, percussion et volume de jeu. Pape Guèye, lui, apporte autre chose : il sait conserver le ballon, casser le rythme adverse et apporter de la maîtrise quand le match bascule.
Mais le véritable problème est plus profond. Comme la Côte d'Ivoire et la RDC avant elle, le Sénégal a souffert d'un déficit structurel en préparation mentale. Dans les moments de forte pression, la gestion des émotions, du stress et de l'environnement extra-sportif fait souvent la différence. Le football moderne ne se gagne plus seulement avec du talent et de la tactique ; il se gagne aussi dans les têtes.
Une canicule à Paris
Il fait chaud, si chaud à Paris.
Une chaleur de plomb, un air suffocant,
Où le soleil déverse l'odeur de sa fournaise,
Comme un cri de la Terre, une alerte urgente :
Protégez la nature avant qu'elle ne se taise.
Sous nos pas lourds, le goudron semble respirer,
Renvoyant le brasier dont il s'est abreuvé.
Moi, l'enfant de Kaolack ayant grandi en Casamance,
Je n'aurais jamais cru, dans ce Nord exilé,
Me plaindre un jour du feu de ma propre enfance.
Là-bas, la chaleur était une vieille amie.
Du labeur dans nos vastes champs aux salles de classe,
Sur la route du collège Amadou Mapathé Diagne,
Elle n'arrêtait personne, elle n'était qu'une trace,
Un décor familier que le courage accompagne.
Mais ici, le béton transforme la brûlure.
Elle force l'Occident à ouvrir enfin les yeux
Sur la soif du voisin, la fragilité de l'eau.
Ce soleil qui s'acharne, du plus haut de ses cieux,
Nous rappelle à l'exil... et au soin du berceau.
#canicule #paris #environnement
Dans les jardins de Versailles, une image m'intrigue. C'est celle d'Encelade. Ce géant de la mythologie grecque est représenté à moitié englouti sous un amas rocheux se débattant dans une posture désespérée pour se libérer du poids qui l'écrase, après sa révolte contre les dieux de l'Olympe.
Cest une figure vaincue. Il sort souvent de sa bouche un jet d'eau symbolisant son cri de douleur.
Sous Louis 14, cette scène avait aussi une signification politique : la victoire des dieux sur le géant rebelle était aussi synonyme de l'autorité du roi (soleil) triomphant du désordre et de la rébellion.
#AfriqueduSud : C'est un tournant historique dans la lutte contre le VIH. Plusieurs cliniques sud-africaines lancent officiellement la production et la distribution du Lénacapavir, un traitement préventif révolutionnaire sous forme d'injection administrée seulement deux fois par an, avec une efficacité qui frôle les 100 %.
#Somalie / États-Unis : Coup de théâtre dans les coulisses du football : Omar Artan, considéré comme le meilleur arbitre africain actuel, a été refoulé à son arrivée aux États-Unis où il devait officier pour le tournoi mondial.
#Nigeria : Le géant industriel Dangote continue de bousculer le secteur de l'énergie en Afrique de l'Est et de l'Ouest en augmentant la capacité de sa méga-raffinerie, atteignant désormais un rythme de 700 000 barils par jour.
#RDC (Province de l'Ituri) : L'inquiétude grandit face à une nouvelle flambée de l'épidémie d'Ebola. L'Union européenne vient d'allouer une aide d'urgence de 5 millions d'euros, alors que les projections sanitaires craignent que l'épidémie n'atteigne jusqu'à 20 000 cas dans la région si elle n'est pas rapidement contenue.
#RDC : La justice congolaise a alourdi les peines prononcées dans l'affaire très suivie du meurtre des deux experts de l'ONU, assassinés en 2017.
#Nigeria : Le groupe djihadiste Boko Haram a libéré près de 360 personnes (essentiellement des femmes et des enfants) qui avaient été enlevées plus tôt cette année dans le nord-est du pays. Les détails et les conditions de cette libération de masse restent encore flous du côté des autorités.
Sortie métro Rambuteau, face au Centre Georges Pompidou, un saltimbanque (artiste de rue) capte mon regard. Il manie son bâton en illusion de lévitation, dans une symphonie chorégraphique. Majestueux. Il y a là de la magie, ou du moins, un secret jalousement gardé. Serait-ce un défi lancé à la gravité ?
