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Dans sa lettre au gouverneur français en 1848, le Mulatre Durand Valantin avait dit que le systĂšme bancaire et monĂ©taire est trop important pour laisser que lâesclave y ait accĂšs, car il pourrait en profiter pour sâĂ©manciper vĂ©ritablement, ce qui serait la misĂšre pour tout ceux qui incarnent le systĂšme esclavagiste. Pour lui, il fallait pour les Noirs, une monnaie qui ne soit pas vĂ©ritablement une monnaie, une sous-monnaie qui pour sâĂ©panouir, aurait encore besoin de la tutelle du maĂźtre, de Paris.
En 2020, 172 ans sont passĂ©s. Le nouveau MulĂątre nâest pas mĂ©tis, câest un Noir. Le nouveau Durand Valantin sâappelle Allassane Ouatara. Il veille Ă ce que les intĂ©rĂȘts du maĂźtre soient soutenus et protĂ©gĂ©s partout sur le continent africain, oĂč ils pourraient ĂȘtre menacĂ©s.
On avait dĂ©jĂ vu une scĂšne pareille en 1963, lorsque les chefs dâEtat africains se rendent Ă Addis-Abeba pour construire la nouvelle fĂ©dĂ©ration africaine avec un seul premier ministre pour toute lâAfrique. Ils Ă©taient tous dâaccord dans les rĂ©unions prĂ©paratoires conduites par le prĂ©sident ghanĂ©en Kwame Krumah. Mais pour se rendre de Dakar Ă Addis-Abeba et de Abidjan Ă Addis-Abeba, les prĂ©sidents de ces 2 pays, Senghor et Houphoet Boigny transitent par Paris oĂč ils reçoivent des instructions pour empĂȘcher la naissance dâune vĂ©ritable fĂ©dĂ©ration africaine. Et ces 2 lĂ , les Durand Valantin de lâindĂ©pendance vont insister afin que dans la charte de la nouvelle Organisation de lâUnitĂ© Africaine il y a une phrase que Paris avait exigĂ© : « lâintangibilitĂ© des frontiĂšres hĂ©ritĂ©es de la colonisation ». Et comme la nouvelle monnaie commune des pays de la Cedeao ECO devenue mort-nĂ©e avec lâintervention de Paris, Paris avait vidĂ© lâOUA de sa force propulsive vers une vraie libĂ©ration du continent. En maintenant les frontiĂšres hĂ©ritĂ©es de la colonisation, il nâĂ©tait plus possible avoir un seul Premier Ministre pour toute lâAfrique. Et chaque pays a dĂšs lors Ă©tĂ© abandonnĂ© Ă lui-mĂȘme. Exactement ce qui va se passer pour lâECO.
Une question de taille reste : Pourquoi Paris ne veut pas lĂącher lâAfrique ?
RĂ©ponse : parce que lâAfrique lâengraisse et garantit son dĂ©veloppement. Prenons le plus emblĂ©matique des exemples : le SĂ©nĂ©gal !
VOICI COMMENT LE SENEGAL A CONTRIBUE AU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL DE LA FRANCE
(Ă suivre dans la partie 3/4)
Jean-Paul Pougala
GenÚve le 11 Août 2020
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Extrait de "Comprendre l'histoire de l'Afrique" de Jean-Paul Pougala Ă lire sur www.pougala.net
Le 29 juin 2019, tous les dirigeants de la CEDEAO adoptent le nom d'« eco » (sans accent) pour leur monnaie commune avec le lancement prĂ©vue en 2020, dâabord dans les pays de la Zmao, vue la force Ă©conomique du Nigeria et sa capacitĂ© dĂ©montrĂ©e Ă gĂ©rer le Naira, pour laisser le temps aux pays du Franc CFA Ă couper les ponts avec Paris. Puisque tous les pays ont acceptĂ© aussi la condition non nĂ©gociable pour le Nigeria, du fait que cette nouvelle monnaie ne sera liĂ©e Ă aucune autre monnaie en particulier. Et donc, ne dĂ©pendra dâaucune autre monnaie.
Le 23 aoĂ»t 2019, Ă Conakry, en GuinĂ©e, nous avons la tenue de la 42e session du Conseil de convergence de la Zone MonĂ©taire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO) ; Câest ici quâon a mis au point les phases prĂ©paratoires du lancement de la future monnaie de l'Afrique de l'Ouest, dâabord dans les pays Zmao.
Le 21 dĂ©cembre 2019, au siĂšge de la Cedeao Ă Abuja au Nigeria, les chefs dâĂtat des 15 pays de CEDEAO adoptent le symbole de lâeco qui sera « EC », et le nom de la future Banque centrale de la Cedeao, qui devra siĂ©ger Ă Abuja, : la « Banque centrale de lâAfrique de lâOuest ».
Le 21 décembre 2019, lors de sa visite à Abidjan, le président français Emmanuel Macron déclare :
"Nous avons dĂ©cidĂ© une rĂ©forme du franc CFA avec trois changements majeurs (âŠ), dont le changement de nom" et "lâarrĂȘt de la centralisation de 50 % des rĂ©serves au TrĂ©sor français".
« Câest en entendant votre jeunesse que jâai voulu engager cette rĂ©forme. Le Franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux dĂ©bats sur la France en Afrique. Jâai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation quâelle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres » conclut Emmanuel Macron.
Dans ces propos, il y a la principale reforme qui va échapper à tout le monde : Macron parle bien de « changement de nom ». Personne en ce moment là ne se doute que Paris a tout simplement décidé de faire un Hold-Up sur la monnaie africaine.
Par ce stratagĂšme, Paris pense avoir neutralisĂ© le NigĂ©ria, quâelle ne peut contrĂŽler, pour mettre en avant ses pays satellite dans la Cedeao Ă commencer par la Cote dâIvoire. Voici ce quâĂ©crit Ă ce sujet Ă 20 h45, la version en ligne du quotidien français Le Monde dans un article de ce mĂȘme 21 decembre 2020 :
« Le Nigeria fait en revanche figure dâogre terrifiant pour les quatorze autres Ă©tats membres de la zone, puisque ce gĂ©ant de la rĂ©gion reprĂ©sente Ă lui seul 60 % du PIB de la CEDEAO. LâidĂ©e dĂ©veloppĂ©e par Paris et Abidjan est que les pays francophones, membres de lâUEMOA, soient « le socle de cette intĂ©gration monĂ©taire sur laquelle pourront se greffer les pays anglophones ou lusophones de la rĂ©gion ».
Question : Comment 20% de lâĂ©conomie de la Cedeao peut penser commander 80% ?
RĂ©ponse de Macron : En dĂ©signant avant les 80% Eco, la monnaie utilisĂ©e aujourdâhui par les 20%
Câest clair : Paris sâoppose Ă la future monnaie commune Ouest-Africaine indĂ©pendante de lâEuro et pilotĂ©e par le NigĂ©ria et propose ni plus ni moins que dâappeler le Franc CFA lâECO, quitte aux pays membres de la Zmao, dây adhĂ©rer.
Le 16 janvier 2020, Le Nigeria et tous les pays de la Zmao rĂ©unis Ă Abuja protestent et dĂ©noncent cette dĂ©cision de Paris de remplacer le franc CFA par l'Ăco, affirmant qu'elle n'Ă©tait « pas conforme » au programme adoptĂ© quelques semaines plus tĂŽt, par toute la Cedeao pour mettre en place une monnaie unique.
Le 31 janvier 2020, le prĂ©sident ivoirien Alassane Ouattara commente la rĂ©union du 16 janviers 2020 Ă Abuja des pays de la Zmao qui ont contestĂ© le coup de force de la France de vouloir prendre en otage la nouvelle monnaie, en disant que la majoritĂ© des pays de la Cedeao câest-Ă -dire 8 pays, sur 15 utilisent dĂ©jĂ le Franc CFA et donc que câest aux autres de la Zmoa de les rejoindre et non lâinverse. Plus prĂ©cisĂ©ment, il dit : «La majoritĂ© des pays nâa pas Ă©tĂ© Ă cette rĂ©union. (En plus) Ce nâĂ©tait pas une rĂ©union des chefs dâEtat, mais de ministres et gouverneurs ».
Monsieur Durand et dâautres MulĂątres du SĂ©nĂ©gal vont mener une violente fronde contre lâabolition de lâesclavage avec le slogan : « Ă©mancipation signifie la ruine des SĂ©nĂ©galais ». Ici le mot sĂ©nĂ©galais Ă©tait exclusivement pour les Signares (MulĂątres). Les noirs, considĂ©rĂ©s comme esclaves et les esclaves citĂ©s dans la comptabilitĂ© sous la voix de « Cheptel », câest-Ă -dire du BĂ©tail, nâayant pas de citoyennetĂ©.
Lâabolition de lâesclavage avait Ă©tĂ© proclamĂ©e en 1848, mais dans le cas du SĂ©nĂ©gal, il Ă©tait prĂ©cisĂ© que les esclaves ne seraient libres quâaprĂšs que les esclavagistes aient reçu leurs indemnitĂ©s de libĂ©ration. Et comme il faudra plusieurs annĂ©es pour que cela soit effectif. Durant ce temps, les esclavagistes mulĂątres tentaient le tout pour le tout, pour faire modifier surtout lâarticle 7 qui disait que lâannonce Ă©tait valable pour tous les territoires et colonies français.
Une pétition fut signée le 15 février 1849 par ces « sénégalais » de Saint-Louis ; elle porte 256 signatures apposées en arabe et en latin.
La consĂ©quence de tout cela sera quâils aient un plus grand poids dans la crĂ©ation de la Banque du SĂ©nĂ©gal, qui allait devenir le fondement de toute lâĂ©conomie du nouveau SĂ©nĂ©gal sans esclaves, mais dans lequel, les MulĂątres resteront les maĂźtres, les patrons, les employeurs et les Noirs, continueront de rester des subordonnĂ©s, des employĂ©s, des exĂ©cutants.
LA FRANCE NâACCEPTE PAS UNE AFRIQUE LIBRE
LâAfrique compte 5 zones Ă©conomiques :
CEMAC, COMESA, CEDEAO, SADC, UMA
Lâun des 5 sâappelle CEDEAO, la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de l'Afrique de l'Ouest. Câest celle qui nous intĂ©resse. Câest une organisation intergouvernementale créée Ă Lagos le 28 mai 1975 par le TraitĂ© de Lagos. Et son siĂšge se trouve Ă Abuja, au NigĂ©ria.
La Cédéao comprend 15 pays (Bénin, Burkina Faso, CÎte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo Cap-Vert). Dont 8 pays francophones (Bénin, Burkina Faso, CÎte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Togo), 5 pays anglophones (Gambie, Ghana, Liberia, Nigeria et Sierra Leone), et 2 pays lusophones (Cap-Vert et Guinée-Bissau).
La Cedeao compte 2 zones monétaires :
La Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA) composé de 7 pays : Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone
Et, lâUnion Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine (UEMOA) composĂ© de 8 pays : BĂ©nin, Burkina Faso, CĂŽte d'Ivoire, GuinĂ©e-Bissau, Mali, Niger, SĂ©nĂ©gal, Togo,
DâOU VIENT LâIDEE DE LâECO ?
Au moment oĂč lâEurope est en Ă©bullition pour le lancement de leur monnaie unique, le 20 avril 2000, 5 pays dâAfrique de lâOuest, Ghana, Nigeria, GuinĂ©e, Gambie et Sierra Leone se retrouvent au NigĂ©ria pour crĂ©er la West African Monetary Zone, (WAMZ), en français : zone monĂ©taire ouest-africaine (ZMOA). En 2009, ils dĂ©cident de crĂ©er, l'Eco une monnaie commune Ă ces 5 pays, sur le modĂšle de l'euro de l'Union europĂ©enne, avec pour objectif de lâĂ©tendre un jour Ă tous les pays de la CEDEAO, notamment les pays francophones utilisant le Franc CFA.
En 2013, lâidĂ©e sĂ©duit les 8 pays de lâUEMOA qui sâinvitent aux rĂ©unions et participent activement au lancement dâune telle monnaie unique. Ces derniers acceptent le timing dĂ©jĂ en cours : Puisque le Nigeria tout seul compte pour 70% de lâĂ©conomie de toute la Cedeao et 50% de sa population, la Monnaie Eco sera dâabord lancĂ©e dans les pays de la Zmoa et garantie par le Nigeria qui accepte de mettre ses rĂ©serves en devises (35 milliards de dollars en 2019) au service de la nouvelle monnaie.
Mais le NigĂ©ria pose 3 conditions essentielles pour porter un tel lourd fardeau : Tous les pays pour ĂȘtre acceptĂ©s dans lâEco, devront au prĂ©alable respecter 3 conditions quâon va appeler les critĂšres de convergence. Ces critĂšres sont : le dĂ©ficit du pays doit ĂȘtre infĂ©rieur Ă 3 % du Produit intĂ©rieur brut (PIB), lâinflation doit ĂȘtre maĂźtrisĂ©e Ă moins de 10 %, et la dette publique doit ĂȘtre infĂ©rieure Ă 70 % du PIB.
« Les moeurs des esclaves et mĂȘme des habitants libres, leurs habitudes de donner Ă leurs femmes tous ce quâils gagnent et possĂšdent feront longtemps encore obstacle Ă la rĂ©alisation complĂšte du projet. Il faudra, pour atteindre ce but, quâune retenue forcĂ©e sur le produit du travail des individus fĂ»t autorisĂ©e, par mesure exceptionnelle, et placĂ©e Ă la caisse dâĂ©pargne au nom des intĂ©ressĂ©s et encore, les habitudes fĂącheuses, dont jâai parlĂ©, feraient-elles supporter, avec peine, ce seul moyen de forcer lâĂ©conomie ».
Le gouverneur Baudin va plus loin :
Dans le numéro 50 du bulletin : "Gouvernement du Sénégal et dépendances", on pouvait lire le rapport général sur la situation politique de la colonie, du gouverneur Baudin daté du 12 février 1849, qui affirme que si on applique l'abolition de l'esclavage au Sénégal, cela rendrait pauvre de nombreux français. Il demande ni plus ni moins que son report. Voici ce qu'il écrit :
« Appliquer immĂ©diatement au SĂ©nĂ©gal et sans quelques modifications lâarticle 7 du dĂ©cret dâĂ©mancipation serait la ruine de la colonie » et que dit cet article ?
Article 7
« Le principe âque le sol de la France affranchit l'esclave qui le toucheâ est appliquĂ© aux colonies et possessions de la RĂ©publique. »
Résultat des courses :
La loi du 11 juillet 1851 institue les banques coloniales, mais sans le SĂ©nĂ©gal. Le dĂ©cret du 8 dĂ©cembre 1853 dĂ©clare finalement : « il est fondĂ© au SĂ©nĂ©gal une banque de prĂȘt et dâescompte », La Banque du SĂ©nĂ©gal Ă©tait nĂ©e.
Mais qui en était le propriétaire ?
Les anciens esclavagistes, grĂące Ă lâargent de lâindemnisation, bien sĂ»r.
Pour constituer le capital de la Banque du SĂ©nĂ©gal, premiĂšre banque dâun pays africain colonisĂ© par la France, en dehors de la Banque de Madagascar, un huitiĂšme des indemnitĂ©s dâesclavage Ă©tait prĂ©levĂ© et attribuĂ© sous forme de certificat de prĂ©lĂšvement de rente avec 5 % dâintĂ©rĂȘts annuels. Chaque ancien propriĂ©taire dâesclaves devenait par ce biais, actionnaires des toutes premiĂšres banques coloniales en Afrique. Qui maintenaient une dĂ©pendance par rapport au TrĂ©sor français, exactement ce qui se passera lorsque la monnaie sera remplacĂ©e par le Franc CFA en 1945.
Dâautres banques seront créées de la mĂȘme maniĂšre, notamment la CBAO, grĂące Ă lâactionnariat créé par les indemnitĂ©s des anciens esclavagistes.
Et voilĂ expliquĂ© comment depuis le dĂ©cret du 8 dĂ©cembre 1853, la France contrĂŽle Ă©conomiquement jusquâĂ ce jour, 14 pays africains qui utilisent sa monnaie, le Franc CFA.
LE FRANC CFA, UNE IDEE DU MULATRE DURAND VALANTIN
A peine Ă©lu reprĂ©sentant de la colonie du SĂ©nĂ©gal, M. Durand Valantin Ă©crit au Commissaire de la RĂ©publique en novembre 1848 pour implorer que lâindemnitĂ© aux esclavagistes en Ă©change de la libĂ©ration de leurs captifs soit grande. Il exige au moins 500 F, contre les 300 Francs qui avaient Ă©tĂ© proposĂ©s. Il sera entendu et Ce montant passera Ă plus de 400 Francs pour chaque esclave libĂ©rĂ© au SĂ©nĂ©gal.
Dans cette lettre, il se plaint du fait que les MulĂątres ne sont pas suffisamment riches pour effectuer le travail du contrĂŽle des Noirs qui leur est dĂ©diĂ©. Il dit : « la misĂšre est partout » et pour lui, la seule maniĂšre dâĂ©viter que cette classe intermĂ©diaire ne sombre dans la pauvretĂ© aprĂšs lâabolition de lâesclavage est « la crĂ©ation dâun papier monnaie qui nâaurait cours que dans la colonie ».
LĂ aussi, le dĂ©putĂ© du SĂ©nĂ©gal sera entendu et Ă lâacte de la crĂ©ation de la Banque du SĂ©nĂ©gal oĂč il est actionnaire, parce que possesseur dâesclaves, cette banque sera dotĂ©e de la facultĂ© dâĂ©mettre des billets de banque, de la monnaie. Pour la premiĂšre fois, une nouvelle monnaie a cours dans un territoire français, qui ne soit pas la mĂȘme quâen France mĂȘme. Le Franc sĂ©nĂ©galais Ă©tait nĂ©. Il prendra ensuite son appellation finale des Francs des Colonies dâAfrique (Francs CFA) aprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale. Et est encore en vigueur en 2020.
Câest cette derniĂšre pensĂ©e qui nous intĂ©resse le plus, Ă savoir que ce nâest pas pour la morale ou le bien-ĂȘtre de lâesclave quâon a aboli lâesclavage, mais plutĂŽt pour celui des esclavagistes blancs. Cette phrase de Tocqueville est passĂ©e inaperçue des africains, mais pas des blancs quâils la connaissent presque tous par cĆur.
Ceci nous amĂšne Ă revoir toute la dynamique de lâabolition de lâesclavage pompeusement cĂ©lĂ©brĂ©e comme lâĂ©pilogue dâune longue bataille pour la quĂȘte dâune certaine moralitĂ©, pour nous rendre compte quâil ne sâagissait au final que dâun cirque, pour mener Ă bien la transition entre les dĂ©portations dâesclaves Noirs vers les AmĂ©riques et le fait de les utiliser dĂ©sormais directement en Afrique et qui prendra plutĂŽt le nom presque romantique de « colonisation ».
Le dĂ©cret du 27 avril 1848 officialise lâabolition de lâesclavage certes. Mais un dĂ©cret ne signifie pas forcĂ©ment quâon va couper les chaĂźnes des esclaves noirs le lendemain. En effet, ils devront attendre que leurs maĂźtres touchent dâabord les indemnitĂ©s, avant dâespĂ©rer ĂȘtre libres.
La France, plus pauvre, ne pouvait pas verser les mĂȘmes indemnitĂ©s aux esclavagistes que lâAngleterre. Alors, beaucoup ont tout fait pour nĂ©gocier ou son augmentation ou la non application du dĂ©cret.
Ainsi, au SĂ©nĂ©gal, les esclavagistes vont fabriquer les rĂ©sultats dâune fausse pĂ©tition selon laquelle, les sĂ©nĂ©galais dans leur majoritĂ© refuseraient lâabolition de lâesclavage et refuse leur Ă©mancipation.
Auguste Laurent François Baudin, né à Hoogstraten (Belgique) le 21 novembre 1800 et mort à Douai le 1er août 1877, est gouverneur colonial français en poste au Sénégal de 1848 à 1850.
Deux jours aprÚs la promulgation du décret d'abolition de l'esclavage, il écrit au MinistÚre de la Marine et des Colonies ceci :
« Je crois de mon devoir de vous faire remarquer que le bienfait de la caisse dâescompte proposĂ©e se fera particuliĂšrement sentir dans la classe des traitants c'est-Ă -dire la plus malheureuse et celle qui va ĂȘtre la plus particuliĂšrement frappĂ©e par lâĂ©mancipation »
Il dit que ce serait bien dâavoir une banque au SĂ©nĂ©gal, mais il se posait principalement 2 problĂšmes aux SĂ©nĂ©gal :
Jusque-lĂ , Ă cause de lâesclavage en vigueur, et les esclavagistes nâayant pas besoin de payer leurs ouvriers noirs, il nây avait ni monnaie, ni banque. Maintenant quâon devait libĂ©rer les esclaves, il fallait et une monnaie ne serait-ce que pour payer les anciens esclaves devenus salariĂ©s, mais aussi une banque pour gĂ©rer tout ça.
Mais il y a un problĂšme qui angoisse tous les français du SĂ©nĂ©gal : Si les noirs touchent Ă lâargent, ils pourront avoir la fĂącheuse idĂ©e de le conserver, de lâaccumuler et donc, de devenir un jour vraiment autonomes. Le Gouverneur français du SĂ©nĂ©gal ira jusquâĂ proposer quâon retienne presque tout le salaire des anciens esclaves devenus libres, pour Ă©viter quâils le remettent en entier Ă leurs Ă©pouses. Et on le sait, par dĂ©finition, les femmes aiment Ă©pargner. Et si elles Ă©pargnent, demain le Noir risque dâavoir lâargent, pour se libĂ©rer dĂ©finitivement. Et cela ne doit pas arriver.
Mais il y a pire : si on crĂ©e une banque, cela risque de contribuer au dĂ©veloppement du SĂ©nĂ©gal, câest-Ă -dire, de tout le monde, y compris les Noirs. Mais une parade sera trouvĂ©e Ă ce problĂšme : il y aura une banque oui, mais elle ne pourra financer que les activitĂ©s dâexportation. En dĂ©veloppant au SĂ©nĂ©gal uniquement les produits dâexportation comme le cafĂ©, le coton, le caoutchouc et les arachides, la France aurait la garantie que lâesclave aura toujours besoin dâelle.
Le 10 juin 1848, le nouveau Gouverneur du Sénégal, Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchùteau, écrit une Lettre au Ministre de la Marine et des Colonies, n° 233, dans laquelle il affirme plus précisément ceci :
VOICI COMMENT LâARGENT DE LâINDEMNISATION DES ESCLAVAGISTES FRANĂAIS POUR LIBERER LEURS PROIES AFRICAINES A SURTOUT SERVI A CREER LE FRANC CFA, INSTRUMENT ENCORE EN 2024, DE SERVITUDE ECONOMIQUE DE 14 PAYS AFRICAINS.
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(extrait du livre " Comprendre l'histoire de l'Afrique" de Jean-Paul Pougala Ă lire sur www.pougala.net)
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Les faits :
En 1807, lâAngleterre dĂ©cide dâinterdire lâesclavage sur son sol. Mais il faudra attendre 1833, pour que la Chambre des Communes vote lâabolition de lâesclavage dans les colonies britanniques et donc, interdisse les razzias et les dĂ©portations dâafricains. Des navires de guerre sont alors dĂ©pĂȘchĂ©s en patrouille dans les cĂŽtes de lâAfrique occidentale. Ils vont arraisonner les trafiquants français, portugais, nĂ©erlandais, espagnoles et libĂ©rer les esclaves qui sây trouvent.
23 ans aprĂšs, en 1830, avec difficultĂ©, câest le tour de la France. Mais il faudra lĂ aussi attendre 1848 pour que le gouvernement de la II° RĂ©publique, mette un terme Ă lâesclavage Ă travers le dĂ©cret du 27 avril 1848 qui officialise lâabolition de lâesclavage..
Avant de vous montrer le lien entre le Franc CFA utilisĂ© par 14 pays africains et lâargent pour indemniser les esclavagistes français lors de lâabolition de lâesclavage en France, voyons dâabord les propos tenus par les intellectuels français, qui ont pensĂ©, structurĂ©, organisĂ© et aboli lâesclavage :
En 1781, 8 ans avant la RĂ©volution française, dans « RĂ©flexions sur lâesclavage des NĂšgres », Condorcet Ă©crit :
« RĂ©duire un homme Ă lâesclavage, lâacheter, le vendre, le retenir dans la servitude, ce sont de vĂ©ritables crimes. Lâesclavage est non seulement un crime, câest une faute ».
En 1803, Jean-Baptiste Say Ă©crit dans son « TraitĂ© dâĂ©conomie politique » (Livre I, chapitre 19). ceci :
« les Ă©vĂ©nements arrivĂ©s me donneraient trop d'avantages, si je voulais mettre en parallĂšle le dĂ©clin et les dĂ©sastres des pays dont l'industrie se fonde sur l'esclavage, avec la prospĂ©ritĂ© de ceux oĂč rĂšgnent des principes plus libĂ©raux, principes qui gagnent journellement du terrain. (âŠ) Il est si honteux de faire mĂ©tier de voler ou de recĂ©ler des hommes, et de fonder son gain sur des souffrances, que personne n'ose prendre la dĂ©fense de cet infĂąme trafic.»
Mais le plus intĂ©ressant penseur français de lâĂ©poque reste Alexis de Tocqueville. Comme lâEglise Catholique, il est contre lâesclavage, mais lâesclavage contre toutes les autres races, sauf la race noire. Comme lâEglise Catholique, il est contre le fait de rĂ©duire les AmĂ©rindiens en esclavage, mais il suggĂšre quâil faut aller chercher les africains pour le job.
Comme lâEglise Catholique, toutes les autres races ont une Ăąme, sauf les Noirs qui sont comparĂ©s Ă des animaux. Voici ce quâil Ă©crit dans son ouvrage « Democracy in America », dont le premier tome est publiĂ© en 1835, il affirme :
Page 359 : «You can set a Negro free, but you cannot make him otherwise than an alien to the European» (Vous pouvez dĂ©clarer un «NĂšgre» libre, mais vous ne pouvez pas le rendre autre chose quâun Ă©tranger, un extra-terrestre, envers lâEuropĂ©en).
Page 360 : «[âŠ] and we are almost enclined to look upon him as being intermediate between man and the brutes»(âŠ)(Et nous sommes presquâenclins Ă le regarder [lâesclave] comme se situant entre lâhomme et les brutes, et les animaux (âŠ).
«The moderns, then, after they have abolished slavery, have three prejudices to contend against, which are less easy to attack⊠: the prejudice of the master, the prejudice of the race, and the prejudice of color». (...) MĂȘme aprĂšs lâabolition de lâesclavage, les colons vont conserver trois prĂ©judices contre lâesclave : le prĂ©judice du maĂźtre, le prĂ©judice de la race et le prĂ©judice de la couleur.
«It is not for the good of the Negroes, but for that of the Whites, that measures are taken to abolish slavery in the United States» ( lâabolition de lâesclavage est faite non pour le bien-ĂȘtre des esclaves, mais plutĂŽt pour celui des blancs).
Sekou, un copain de Yacouba et de Birahima est un autre personnage important. Birahima et Yacouba le rencontrent plusieurs fois et à chaque rendez-vous, il donne des informations sur le lieu de la tante. Ils sont dépendants de Sekou. Il les aide à trouver la tante
RESUMĂ DU ROMAN "ALLAH N'EST PAS OBLIGĂ " DE AHMADOU KOUROUMA.
Allah n'est pas obligĂ© est un roman d'Ahmadou Kourouma publiĂ© le 12 aoĂ»t 2000 aux Ă©ditions du Seuil et ayant reçu le prix Renaudot la mĂȘme annĂ©e. Le livre reçoit Ă©galement le prix Goncourt des LycĂ©ens et le prix Amerigo-Vespucci.
TITRE
Le titre est un raccourci de l'affirmation qui rappelle qu'«Allah n'est pas obligĂ© d'ĂȘtre juste dans toutes ses choses ici-bas», phrase qui revient comme un leitmotiv dans l'Ćuvre.
RĂSUMĂ
Dans ce roman il s'agit de la malĂ©diction d'une mĂšre qui s'abat sur son enfant . Birahima le personnage principal de cette Ćuvre s'est mis du cĂŽtĂ© de son entourage pour se moquer de sa mĂšre . Sa mĂšre MA qui a subi les consĂ©quences d'une excision . MA la MĂšre de birahima et bon nombres de filles devaient ĂȘtre excisĂ©es , aprĂšs l'excision les ancĂȘtres de la forĂȘt devait rĂ©cupĂ©rer la plus belle fille pour en faire un sacrifice . La MĂšre de birahima devait ĂȘtre celle qu'on devait sacrifier vu la beautĂ© de cette fille l'exciseuse Ă du travailler pour sauver la vie de cette fille ( MA) et en contre partie MA devait marier le fils de l'exciseuse ,une chose que les villageois n'acceptent pas tout simplement le fils de l'exciseuse est un cafri ( qui ne pratique pas les cinq priĂšres islamique par jour) l'exciseuse lance un sors Ă MA qui se concrĂ©tise par une grossesse plaie sur sa jambe . Son entourage parlais d'elle en tant qu'une sorciĂšre qui mange dans sa plaie . Birahima son propre fils , le fils de ses entrailles se met du cĂŽtĂ© de son entourage et abandonne sa mĂšre dans cette souffrance MA meurt avec gros sur le cĆur cette malĂ©diction va suivre birahima tout au long de la civile .
Birahima a une douzaine dâannĂ©es et vit Ă Togobala, en CĂŽte d'Ivoire. Câest un enfant des rues comme il le dit lui-mĂȘme, « un enfant de la rue sans peur ni reproche ». AprĂšs la mort de sa mĂšre, infirme, on lui conseille dâaller retrouver sa tante au Liberia. Personne ne se dĂ©voue pour lâaccompagner mis Ă part Yacouba « le bandit boiteux, le multiplicateur des billets de banque, le fĂ©ticheur musulman ». Les voilĂ donc sur la route du Liberia. TrĂšs vite, ils se font enrĂŽler dans diffĂ©rentes factions, oĂč Birahima devient enfant soldat avec tout ce que cela entraĂźne : drogue, meurtres, viols⊠Yacouba arrive facilement Ă se faire une place de fĂ©ticheur auprĂšs des bandits, trĂšs croyants. D'aventures en aventures, Birahima et Yacouba vont traverser la GuinĂ©e, la Sierra Leone, le Liberia et enfin la CĂŽte d'Ivoire.
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Birahima (un MalinkĂ©) est un enfant noir de dix ou de douze ans. Il ne le sait pas exactement. Il parle aussi le malinkĂ© mais il «se fout» des coutumes du village. Il est musulman et ses parents sont morts. Comme il a fait du mal Ă sa mĂšre (il lâa accusĂ©e dâĂȘtre une sorciĂšre), il est maudit. Birahima parle mal le français, il utilise beaucoup de gros mots et il ignore la grammaire, les conjugaisons etc. (Mais il possĂšde quatre dictionnaires.) Il a quittĂ© lâĂ©cole trĂšs tĂŽt du coup, ses perspectives dâavenir ne sont pas trĂšs brillantes. MĂȘme des Ă©tudes universitaires ne garantissent pas de poste. Birahima nâa pas assez de connaissances mais il comprend bien les civilisĂ©s. Il nâempĂȘche quâil est insolent et incorrect. Quand il Ă©tait enfant-soldat, il prenait des drogues et il a tuĂ© des innocents. Maintenant, Birahima est poursuivi par les esprits des innocents quâil a tuĂ©s. A mon avis, Birahima est un garçon vaillant. Il subit de nombreuses Ă©preuves, malgrĂ© tout, il ne pleure pas. Il vit lâenfer.
Yacouba est un grand monsieur, un hadji, qui est mariĂ© avec plusieurWi femmes. Il est trĂšs riche et poursuivplusieurWiolice parce quâil a exportĂ© des kolatiers. AprĂšs la grĂšve qui lâa ruinĂ©, il sâest fui au Ghana. LĂ , Yacouba a commencĂ© Ă vendre des voitures avec des criminels et il est devenu receleur. Il est venu au village de Birahima mais on ne doit pas le dire. On doit lâappeler TiĂ©coura. AprĂšs, il accompagne Birahima pour le Liberia. Au Liberia, Yacouba a travaillĂ© pour les chefs des organisations. Il fabriquait des fĂ©tiches.
QCM sur LES COURANTS LITTERAIRES
1. Parmi ces courants littéraires, seuls deux sont lyriques. Lesquels ?
a. humanisme
b. négritude
c. réalisme
2. Parmi ces auteurs, qui appartient au mouvement naturaliste ?
a. Guy de Maupassant
b. Stendhal
c. Emile Zola
3. Parmi ces courants littéraires, seuls deux ne sont pas engagés. Lesquels ?
a. Parnasse
b. Humanisme
c. Romantisme lyrique
4. Le parnasse est opposé
a. au romantisme
b. au réalisme
c. au classicisme
5. Quels sont les courants littéraires qui prennent soin de la langue française bien écrite ?
a. le classicisme
b. le parnasse
c. lâhumanisme
6. Quel est le courant littéraire qui est apparu durant la seconde moitié du XIXÚme siÚcle ?
a. le romantisme
b. le parnasse
c. la négritude
7. De la bouche de quel auteur ces propos seraient-ils sortis : « jâaurais voulu aplatir le monde dâun coup de ma plume en forgeant des fictions utiles » ?
a. dâun Ă©crivain nĂ©gro-africain
b. dâun naturaliste ou dâun rĂ©aliste
c. dâun romantique engagĂ©
8. Quel est celui qui sâadonne Ă une telle production artistique : « il coupe les phrases, attache les rimes, sâattarde auprĂšs des mots comme un jardinier auprĂšs des plantes » ?
a. un romantique
b. un humaniste
c. un parnassien
9. Quel est le courant littéraire qui emploie tous les genres littéraires ?
a. le romantisme
b. le réalisme
c. le parnasse
10. Quels sont les courants littĂ©raires dont lâĆuvre ne sâest pas exposĂ©e Ă la censure ?
a. la négritude
b. le réalisme
c. le romantisme
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Dans le style anglo saxon
Us gospel in, niaja worship in, hillsong united and bethel gospel music in... 2h30 (250 MO) âđœđđđ
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Texte: Silence de l'Ăvangile
Nous dormons avec des anges rouges qui nous montrent le désert sans minuscules et et sans les doux réveils désolés. Nous dormons. Une aile nous brise, évasion, nous avons des roues plus vieilles que les plumes envolées, perdues, pour explorer les cimetiÚres de la lenteur, la seule luxure.
La bouteille que nous entourons des linges de nos blessures ne rĂ©siste Ă aucune envie. Prenons les cĆurs, les cerveaux, les muscles de la rage, prenons les fleurs invisibles des blĂȘmes jeunes filles et des enfants nouĂ©s, prenons la main de la mĂ©moire, fermons les yeux du souvenir, une thĂ©orie d'arbres dĂ©livrĂ©s par les voleurs nous frappe et nous divise, tous les morceaux sont bons. Qui les rassemblera: la terreur, la souffrance ou le dĂ©goĂ»t ?
Dormons, mes frÚres. Le chapitre inexplicable est devenu incompréhensible. Des géants passent en exaltant des plaintes terribles, des plaintes de géant, des plaintes comme l'aube veut en pousser, l'aube qui ne peut plus se plaindre, depuis le temps, mes frÚres, depuis le temps.
Paul Eluard, ''Silence de l'Ăvangile'' in Capitale de la douleur 1926, Gallimard.
Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez si vous le voulez bien, en étant attentif aux termes employés, aux figures de style, aux champs lexicaux etc montrer comment le poÚte exprime la souffrance de l'humanité ainsi que l'endormissement du peuple. S'il vous plaßt besoin de l'introduction, plan du commentaire et conclusion
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