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Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 2
3
***ALEXANDRA
â Oui je suis bien arrivĂ©e, rassurĂ©-je Travon Ă l'autre bout du fil.
â « Câest quoi ton programme ? »
Je pose ma valise sur le lit et commence Ă ranger mes affaires.
â Bof, câest ce soir que se tient le dĂźner dâaffaires. Demain il y aura aussi un dĂ©jeuner et je crois que câest tout. Je prendrai l'avion soit dans la soirĂ©e de demain ou le premier vol dâaprĂšs-demain.
â « Oui câest mieux. Tu ne devrais pas tarder lĂ -bas. AussitĂŽt que ça finit, tu rentres. »
Je roule les yeux. Je me laisse tomber sur le lit.
â Travon !
â « Tu prĂ©fĂšres que ce soit moi qui te le dise ou maman ? »
Je souris.
â ArrĂȘtez de me surveiller autant. Je suis une grande fille.
â « Tu le diras Ă ta mĂšre lorsquâelle tâappellera. Dâailleurs, la voici qui vient. »
A peine sa phrase terminĂ©e que jâentends ma mĂšre lui dire de lui passer le tĂ©lĂ©phone.
â « Coucou ma princesse. Ăa y est, tu es bien arrivĂ©e ? »
â Oui maman.
â « Dieu merci. Alors tu fais juste ce que tu as Ă faire et tu rentres Ă la maison. Nâessaie surtout pas de faire confiance Ă ces hommes qui seront aussi prĂ©sents Ă ces rencontres. Ils peuvent ĂȘtre de mauvaise foi avec les femmes. Si l'un tâembĂȘte tu me prĂ©viens et je lui rĂšgle son cas. Ne laisse personne tâapprocher de trop prĂšs. Tu dois... »
â Maman ! SoupirĂ©-je.
Je lâentends aussi soupirer de son cĂŽtĂ©.
â « Je suis dĂ©solĂ©e mon amour. Tu sais que je ne vous ai pas vu grandir alors dans ma tĂȘte vous ĂȘtes toujours les bĂ©bĂ©s que vous Ă©tiez lorsque je suis partie en prison. »
â Je sais maman et crois-moi jâadore ĂȘtre ton bĂ©bĂ©. Mais pour ce qui concerne le travail, jâaimerais que tu me voies comme la jeune femme mature que je suis. »
â « Je sais princesse. Je suis dĂ©solĂ©e. Ok tu as raison. Je ne te dirai plus quoi faire mais promets-moi que si tu te sens en danger d'une façon ou dâune autre tu me prĂ©viendras. »
â Je te le promets maman.
â « Ăa marche. Je tâaime mon cĆur. »
â Je tâaime aussi maman. Je vais te laisser maintenant. Jâai besoin de me reposer un peu avant de me rendre au dĂźner.
â « Bien. A plus ma chĂ©rie. »
â Bye maman !
Je raccroche le sourire aux lĂšvres. Jâai vraiment de la chance dâavoir une mĂšre comme elle. Je ne me lasse pas de ses attentions mais parfois jâai besoin de prendre des dĂ©cisions moi-mĂȘme comme une grande fille. Quand ce nâest pas ma mĂšre, ce sont mes frĂšres qui se transforment en chiens mĂ©chants pour veiller sur moi. Câest bon et chiant Ă la fois dâĂȘtre non seulement la seule fille de la famille mais en plus dâĂȘtre la derniĂšre-nĂ©e. JâespĂšre que ma mĂšre et Clinton feront un bĂ©bĂ© pour quâĂ mon tour, je joue le rĂŽle de grande sĆur.
Je me rends Ă la soirĂ©e aprĂšs mâĂȘtre trĂšs bien reposĂ©e. A ce diner je dois rencontrer des potentiels partenaires pour la boite. Je dois les convaincre de collaborer avec nous. AussitĂŽt, jâarrive Ă la soirĂ©e que je me mets dans le bain des prĂ©sentations et discussions. Certains, rien quâĂ lâentente de mon nom de famille, sâintĂ©ressent Ă notre boĂźte. Les hommes en face de moi semblent fascinĂ©s par mon Ă©loquence.
« Bonsoir. Désolé pour mon retard. »
Mes poils se hĂ©rissent sur tout mon corps. Non, ça ne peut pas ĂȘtre possible. Cette voix, ce parfum... Dieu, fais que ça ne soit pas lui. Le nouvel arrivant tire la chaise prĂšs de moi et sây asseoir. Je lĂšve les pupilles et lĂ , je sens la terre sâouvrir et mâengloutir. Samy est assis lĂ , juste Ă cĂŽtĂ© de moi, tout naturel et sans grande surprise sur le visage. A croire quâil savait que jâĂ©tais lĂ . Il faut que je parte dâici au risque de me liquĂ©fier sur place. Je pensais ne plus le revoir, en tout cas pas comme ça. Je devais ĂȘtre prĂ©parĂ©e Ă le revoir. Mais lĂ , il me tombe dessus comme ça.
â Bonsoir Xandra ! Me salue-t-il dâune voix empreinte de tendresse, exactement comme avant, quand il prononçait mon prĂ©nom.
â Bonsoir... Samuel !
Je bois une gorgĂ© de mon champagne pour faire passer cette boule dans ma gorge. Il se plonge dans la discussion comme si de rien nâĂ©tait pendant que moi je suffoque presque. A chaque fois quâil pose son regard sur moi, mes poils se...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 2
2
***MURIMA
â Bonne journĂ©e mon amour.
â Bonne journĂ©e Ă toi aussi mon cĆur.
Nous montons respectivement dans nos voitures et prenons le chemin de nos entreprises respectives. Jâai une journĂ©e chargĂ©e aujourdâhui, entre les rĂ©unions avec les employĂ©s et les rendez-vous dâaffaires. Dans la voiture, je prends dĂ©jĂ connaissance des diffĂ©rents dossiers Ă Ă©tudier pour ce jour. Une fois Ă destination, je me rends automatiquement dans la plus grande salle de rĂ©union oĂč tout le monde est dĂ©jĂ rĂ©uni. Travon prĂ©side dĂ©jĂ . Mon assistante dispose mes effets Ă ma place et tout le monde se lĂšve Ă mon entrĂ©e mais je leur fais signe de se rasseoir et de continuer. Travon me fait un rĂ©capitulatif de ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit en mon absence. Lui et sa sĆur sont assis de part et dâautre de moi. Will nâest pas encore arrivĂ©. A contrario de Travon qui est le Directeur GĂ©nĂ©ral Adjoint, ses frĂšres eux sont uniquement Directeurs de diffĂ©rents dĂ©partements. JâĂ©coute le dernier intervenant avant de prendre la parole.
â Donc en rĂ©sumĂ©, votre dĂ©partement connait un ralentissement ? DemandĂ©-je Ă lâemployĂ©.
â Oui Madame.
â Ok. Travon chĂ©ri, Ă quelle solution penses-tu ?
â Bah, je me suis dit que nous pourrions puiser un peu dans le compte pour financer des pubs et campagnes qui nous attireraient des vues et on pourrait faire une sorte de promotion sur nos produits.
â On fait donc ça. Je te charge de tout suivre de prĂšs.
â Câest compris maman.
Je me tourne maintenant vers Xandra qui est concentrée sur sa tablette.
â Toi de ton cĂŽtĂ© ça va Alexandra ?
â Oui maman. Jâattends que tu me confirmes qui ira en Suisse pour la rencontre des chefs dâentreprises dont nous avons reçu lâinvitation.
â Moi jâai dĂ©jĂ un voyage de prĂ©vu, intervient rapidement Travon.
â Tu iras donc reprĂ©senter la boite parce que moi je nâai pas la tĂȘte Ă voyager en ce moment, dis-je Ă Xandra. Câest pour quand dĂ©jĂ ?
â Dans deux jours, rĂ©pond-t-elle.
â JâespĂšre que ça ne te dĂ©range pas ?
â Non maman.
â Câest donc ok de ce cĂŽtĂ©. Mais pourquoi Will nâest toujours pas lĂ ?
â Il avait une rencontre ce matin, me rĂ©pond Travon.
â Ah oui jâavais oubliĂ©. Bon sâil nây a plus rien Ă ajouter, vous pouvez retourner Ă vos postes.
Ils sâexĂ©cutent tous. Je chemine avec Travon jusquâĂ mon bureau. Il mâexplique certains soucis quâil rencontre et ensemble nous trouvons des solutions. Jâadore travailler avec mes enfants. Nous nous comprenons mĂȘme sans nous parler. Au dĂ©but câĂ©tait un peu difficile parce que je les traitais comme des bĂ©bĂ©s. Je les empĂȘchais dâaller sur le terrain de peur quâil leur arrive quelque chose de mal. Surtout ma petite Alexandra. Ses frĂšres ont dĂ» me convaincre de la laisser prendre lâavion toute seule pour se rendre Ă un rendez-vous dâaffaire dans un autre pays. Mais ils mâont prouvĂ© quâils Ă©taient assez grands et matures pour gĂ©rer la boite avec ou sans moi. Je peux normalement prendra ma retraite et les laisser tout gĂ©rer mais la boite nâest pas encore Ă son beau fixe. Certes, elle sâest relevĂ©e de sa faillite et marche de bonnes roulettes mais jâen veux plus. Jâai une vision que je veux atteindre avant de me retirer. Cette entreprise, câest aussi une partie de moi et surtout lâhĂ©ritage de mes enfants et petits-enfants. Je ne peux donc pas laisser un travail inachevĂ© et aller vivre la belle vie.
â Tu as eu des nouvelles de papa cette semaine ? Me questionne mon fils.
â Depuis notre retour de CĂŽte dâIvoire, non. Câest silence radio. JâespĂšre seulement lâavoir convaincu de revenir lors de notre dernier Ă©change.
â Pourquoi veux-tu quâil rentre ?
â Comment ça pourquoi ? Il doit rentrer parce que toute sa famille est ici.
â Rien que pour ça ? Me sourit-il
Je sais oĂč il veut en venir. Je lĂšve les yeux au ciel.
â Tu nâavais pas du boulot Ă terminer ? Lui lancĂ©-je pour couper court Ă la discussion.
Il continue de sourire comme un débile et sort de mon bureau.
***ALEXANDRA
AprĂšs une dure journĂ©e de travail je suis toujours heureuse de rentrer chez moi, surtout pour retrouver mon petit bĂ©bĂ© dâamour Filou. Un caniche que jâai...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Tout Ă l'heure pour le chapitre 2
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 2
1
***AURELLE BOTY
La fiertĂ© que je lis dans les yeux de mes parents gonfle mon cĆur de joie. Enfin, je suis arrivĂ©e Ă les rendre non seulement fiers de moi, mais surtout Ă les sortir de la misĂšre dans laquelle notre famille a toujours vĂ©cu. Aujourdâhui, ils sont les stars de leurs familles, eux qui Ă©taient autrefois ridiculisĂ©s et pointĂ©s du doigt parce quâils n'avaient pas âârĂ©ussiââ comme leurs frĂšres et sĆurs. Pire, leurs enfants non plus ne sont arrivĂ©s loin.
Mes parents se sont toujours sacrifiĂ©s pour mes frĂšres et moi. Notre vie allait pour le mieux jusquâĂ ce que mon pĂšre soit obligĂ© dâarrĂȘter de travailler Ă cause d'un accident de travail qui lui a coĂ»tĂ© la moitiĂ© d'un bras. Ma mĂšre nâĂ©tant quâune simple mĂ©nagĂšre ne pouvait donc ĂȘtre la roue de secours de son Ă©poux. Mais tous les deux ont bataillĂ© entre les petits boulots pour que mes frĂšres et moi continuons les Ă©tudes. Câest ainsi que jâai eu vent d'un rĂ©seau pour migrer en Europe. Jâai bondi sur lâoccasion surtout que ma tante y vivait dĂ©jĂ . Dieu a conduit les choses et j'y suis arrivĂ©e. Une fois Ă Londres jâai dĂ» encore glaner pour m'en sortir parce que la situation de ma tante Ă©tait carrĂ©ment prĂ©caire contrairement Ă ce qu'elle nous faisait croire. Jâai enchaĂźnĂ© les petits boulots qui me permettaient juste de rapporter la bouffe chez ma tante. Puis un jour, Ă©tant Ă la caisse du supermarchĂ© oĂč jâĂ©tais plutĂŽt exploitĂ©e, beaucoup de boulot pour un salaire minable, je discutais avec DjĂ©nĂ©b qui Ă©tait une habituĂ©e du coin vu qu'elle y faisait les courses tout le temps pour la famille WILLAR. Je lui ai parlĂ© de mes problĂšmes et elle m'a proposĂ© ce nouveau job de servante qui, pour mon plus grand bonheur, m'offrait dix fois plus que ce que je gagnais au supermarchĂ©. Je pouvais enfin envoyer de l'argent ici en CĂŽte dâIvoire Ă ma famille. Puis une chose entraĂźnant une autre, aujourdâhui je reviens dans mon pays, dans ma famille, avec la tĂȘte haute. Toute la misĂšre que jâai vĂ©cue n'a pas Ă©tĂ© vaine. Jâai relevĂ© le visage de ma famille, de mes parents surtout. Et devinez quoi ? Je suis la premiĂšre fille de toute la grande famille de mon pĂšre Ă se faire doter et qui va bientĂŽt se marier. Toutes mes cousines qui nâont cessĂ© de nous narguer parce quâelles avaient tout ce que nous n'avions pas, se retrouvent pour certaines avec des enfants de pĂšres diffĂ©rents tandis que les autres servent juste de dĂ©cor et mĂ©nagĂšre chez des hommes qui ne se gĂȘnent pas pour les tromper, mĂȘme sous leur toit. Jâai compris que dans la vie, câest la fin de toute chose qui importe. Jâai commencĂ© misĂ©rable et aujourdâhui je vais intĂ©grer une grande famille. En plus de cela, jâai enfin pu terminer mes Ă©tudes comme je le souhaitais.
Ces trois derniĂšres annĂ©es ont Ă©tĂ© consacrĂ©es Ă mes Ă©tudes. Je voulais avoir mes diplĂŽmes avant de me marier. Will nâĂ©tait pas de cet avis mais jâai dĂ» le convaincre. Il voulait quâon se marie dans lâimmĂ©diat, ce qui Ă©tait tout Ă fait normal. Mais moi je voulais me sentir indĂ©pendante sur tous les plans. Jâai Ă©tĂ© diplĂŽmĂ©e il y a quatre mois, aujourdâhui je cĂ©lĂšbre ma dot et dans quelques mois nous ferons le mariage mais cette fois Ă Londres.
â Hééé ma fille, tu as relevĂ© notre visage oohh !!
Je regarde ma mĂšre avec bonheur. Elle est heureuse et je le suis aussi.
â Tes tantes ne cessent de me demander comment jâai fait pour que tu rĂ©ussisses de la sorte. Elles pensent que je suis allĂ©e voir un charlatan.
Elle éclate de rire.
â Dieu a relevĂ© notre visage par toi oh ma fille. Moi qui Ă©tais moquĂ©e, voici que tout le monde m'envie. Regarde mĂȘme la maison que ton mari nous a achetĂ©. Je n'arrive pas Ă y croire. Vraiment je ne cesse de louer Dieu.
Je lui souris avec Ă©motion. Comment ne pas se rĂ©jouir aprĂšs avoir tant souffert ? La premiĂšre action que Will a posĂ©e envers eux aprĂšs la prise de contact, câĂ©tait de leur acheter un duplex pour les faire sortir du taudis dans lequel ils Ă©taient. Moi avec mes Ă©conomies, jâai achetĂ© deux taxis que jâai mis aux noms de mes parents et Will mâa aussi aidĂ© Ă ouvrir un magasin...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 1
30
***DERRICK
Clinton se lĂšve et lui tire une chaise sur laquelle elle sâassoit. Je remarque un solitaire Ă son doigt. Câest quoi ce cinĂ©ma ?
â Attendez, câest une blague ? DemandĂ©-je dĂ©pitĂ©.
â Non Derrick, rĂ©pond Murima. Je vais refaire ma vie avec Clinton.
Je la fixe droit dans les yeux et malheureusement elle est sérieuse. Je me lÚve de mon siÚge.
â Pourrais-je te parler dans mon bureau un instant ?
Je sors sans attendre sa rĂ©ponse. Elle me rejoint dans mon bureau oĂč je ne fais que tourner en rond.
â Pourquoi Murima ? Je croyais que tu nous donnerais une chance.
â Pourquoi lâas-tu cru ?
â Parce que tu mâaimes comme je tâaime. Parce que nous avons trois enfants et un petit-fils. VoilĂ pourquoi je lâai cru.
â Et tu crois que câest suffisant ?
â Que veux-tu dâautre ? Dis-moi et je te le donne.
â La sĂ©curitĂ©.
â Pardon ? ButĂ©-je.
â La tranquillitĂ©, la paix du cĆur...
â Quâest-ce que tu racontes ?
â Toute ma vie nâa Ă©tĂ© quâun champ de bataille. Nous avions cru tout ce temps que câĂ©tait Ă cause de ma vie de junkie mais non, tout ça venait de ton cĂŽtĂ© et jamais Derrick, jamais tu nâas soupçonnĂ© quoi que ce soit et jamais tu nâas pu nous protĂ©ger les enfants et moi.
â Câest donc pour ça que tu me quittes pour un autre ? Ou est-ce parce que ma fortune a dĂ©gringolĂ©.
â ArrĂȘte avec tes Ăąneries. Tu sais trĂšs bien que je nâai jamais Ă©tĂ© ce genre de femme.
â ALORS QUOI ???
â IL EST TEMPS QUE JE PENSE A MES ENFANTS ET MOI, hurlĂ©-je Ă mon tour. Il y a maintenant un petit-enfant. Jamais tu ne pourras les protĂ©ger contre tes proches.
â CâĂ©tait avant.
â Tu as passĂ© toute ta vie prĂšs de ton pire ennemi et jamais tu nâas rien su des piĂšges quâil te tendait. Ce nâest pas maintenant quâil est dans lâombre que tu le verras opĂ©rer. Tu nâas mĂȘme jamais su que ta femme te faisait cocu alors que ça se voyait comme le bout du nez. MĂȘme ta mĂšre, tu ne lâas pas vu venir. Sans oublier ton ami le Commissaire. Nos vies sont toujours en danger et tant que nous serons ensemble, nous serons la cible des mĂ©chants. Je nâai plus la force de supporter la mauvaise Ă©ducation et les coups foireux de ta mĂšre, les Ćuvres de ton meilleur ami et ton ex-femme. Jâai besoin de paix.
â Tu vas donc les laisser gagner ?
â Tu ne comprends pas que câest aussi pour toi que je le fais ? Moi Ă tes cĂŽtĂ©s, ta vie sera toujours en danger de mort. La mienne et celle de nos enfants aussi.
Elle ferme les yeux.
â Je ne veux pas vivre avec la peur constante de vous perdre, ajoute-t-elle la voix tremblante. Je veux aussi ma part de bonheur.
Face Ă ses larmes je ne peux quâavoir le cĆur brisĂ©. Je nâai plus la force de retenir mes larmes. Toutes ses paroles sont vĂ©ridiques. Je nâai jamais su la protĂ©ger et toutes ces annĂ©es je lâai blĂąmĂ© en croyant que câĂ©tait son passĂ© la cause de notre sĂ©paration alors que tout venait de mon cĂŽtĂ©. Jâai toujours Ă©tĂ© aveuglĂ© par les miens. Je pensais pourtant tout recommencer avec elle et nos enfants. Je voulais sincĂšrement recoller les morceaux, rattraper mes erreurs et rĂ©parer les dĂ©gĂąts causĂ©s par Daniel. Mais ça se voit que Murima est Ă bout. Je nâai pas dâautre choix que de la laisser sâen aller. Je me rapproche dâelle et la prends dans mes bras. Tout son corps est pris de tremblement. Elle a vraiment besoin de souffler.
â Je te demande pardon pour tout ce que tu as subi par ma faute Murimami. SincĂšrement pardon.
Elle resserre ses bras autour de moi.
â Sache que je tâaimerai toujours et je serai toujours prĂ©sent pour toi.
â Je le sais, rĂ©pond-t-elle la gorge serrĂ©e.
Je prends sa tĂȘte en coupe.
â Tu me permets un baiser dâadieu.
Elle fait oui de la tĂȘte. Je capture ses lĂšvres dĂ©licatement pour me les imprĂ©gner une derniĂšre fois. Jây vais doucement de peur de trop vite devoir y mettre fin. Nos langues sâaiment encore et encore. Je mets fin au baiser malgrĂ© moi lorsque mon excitation se fait intense. Je pose un dernier baiser sur son front.
â Nâen veux pas Ă Clinton sâil te plaĂźt ! Il nâa rien contre toi.
â Je le sais. Câest moi qui ai Ă©tĂ© con de lui avoir donnĂ© la permission de te...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 1
29
***MURIMA
Nous sommes tous sous le choc. Daniel ? Le meilleur ami de la famille WILLAR ? Celui-lĂ mĂȘme que Derrick a toujours considĂ©rĂ© comme son frĂšre pour avoir grandi ensemble ? Non, ça ne peut ĂȘtre possible.
â Daniel ? S'Ă©tonne de nouveau Derrick ? Tu nous fais une farce ?
â Non mon trĂšs cher ami, dit-il en faisant tourner son arme. Je suis ton pire ennemi. Oui câest moi qui suis Ă la base de tous vos malheurs. Lâemprisonnement de Murima, les tentatives dâassassinats contre toi par arme ou par accident, la tentative de meurtre Ă©chouĂ© contre Imelda, lâemprisonnement et lâenlĂšvement de Will, la diffusion des sextape de Xandra, bref, tout ce que vous pouvez imaginer. Mais je plaide non coupable pour la chute dans les escaliers. Ăa câĂ©tait un coup de PĂ©tra.
Il jette au sol le corps de Josky et sâassoit Ă sa place.
â Des questions ? Demande-t-il le sourire aux lĂšvres.
â Pourquoi ? L'interroge Derrick la voix emprunte de douleur. Que tâavons-nous fait pour que tu nous en veuilles Ă ce point ?
â Eux rien, mais toi si.
â Quâai-je fais ?
â TU EXISTES, hurle-t-il. VoilĂ ce que tu as fait. Ta prĂ©sence Ă toujours Ă©tĂ© source de frustration dans ma vie. Depuis tout petit tu as toujours Ă©tĂ© celui qui avait tout ce qu'on pouvait rĂȘver. Tout ce dont JE rĂȘvais. Tu vivais dans lâopulence, tes dĂ©sirs Ă©taient des ordres, tu pouvais te payer les vacances que tu voulais, tu frĂ©quentais les meilleurs Ă©tablissements, tout le monde voulait se lier dâamitiĂ© avec toi, toutes les filles te tombaient aux pieds, mĂȘme lorsque tu n'avais pas de bonnes notes les profs sâarrangeaient en t'en donnant parce que tu Ă©tais le gosse du riche homme dâaffaires Emeric WILLAR.
â Toi aussi tu avais tous ces privilĂšges.
â UNIQUEMENT PARCE QUE TU ĂTAIS LĂ, hurle-t-il en se relevant d'un bond. Je vivais dans ton ombre. Nous partions dans les mĂȘmes Ă©coles uniquement parce que ton pĂšre sâĂ©tait engagĂ© Ă prendre en charge le fils de son meilleur ami. Il mâaidait juste parce que jâĂ©tais aussi ton meilleur ami. Tout tournait autour de toi. MĂȘme mes parents t'aiment plus que moi.
â Mais câest absurde Daniel.
Il fait des tours sur lui-mĂȘme.
â Oui câest absurde parce que ce nâĂ©tait pas toi qui Ă©tais toujours lĂ©guĂ© au second plan. J'avais droit Ă des vacances seulement quand toi tu le voulais et nous allions oĂč toi tu voulais. Toi, toi et toujours toi. J'en avais marre de toi. Le seul point oĂč jâĂ©tais meilleur que toi câĂ©tait dans les notes. J'ai toujours Ă©tĂ© plus intelligent que toi. MĂȘme aujourdâhui je le suis. Tes notes Ă©taient tout le temps infĂ©rieures aux miennes. Mais câĂ©tait avant que Murima n'entre en scĂšne et mâenlĂšve le seul plaisir que j'avais dâĂȘtre au-dessus de toi.
Il me regarde, un sourire en coin. Il sâapproche et glisse son arme sur ma joue. Je soulĂšve la tĂȘte.
â Tu m'as pris la seule femme que je nâai jamais aimĂ©. CâĂ©tait la goutte dâeau qui a fait dĂ©border le vase. Elle Ă©tait pourtant Ă moi.
â Ne raconte pas n'importe quoi. Murima n'a jamais Ă©tĂ© tienne.
â Elle allait lâĂȘtre si tu ne tâĂ©tais pas interposĂ©. Il a fallu que je te dise que je l'aimais pour que tu te rapproches d'elle.
â On ne peut compter le nombre de fille que tu as aimĂ©. Chaque jour il y en avait une. Tu Ă©tais un coureur de jupon jusquâĂ ce que tu mettes enceinte MĂ©lodie et que tu ne lâĂ©pouses.
â Qu'on ne m'oblige Ă lâĂ©pouser, rectificatif. Tu sais pertinemment que je ne l'ai jamais aimĂ©. Je l'ai juste Ă©pousĂ© Ă cause des parents.
Effectivement, MĂ©lodie et lui avaient eu un moment de folie dans les toilettes du lycĂ©e, suite Ă quoi elle est tombĂ©e enceinte. Ses parents Ă elle ont exigĂ© quâil lâĂ©pouse et ça a Ă©tĂ© fait aprĂšs le Bac. Seulement aprĂšs la cĂ©lĂ©bration, elle a fait une fausse couche. Daniel ne pouvait pas la quitter alors ils ont vĂ©cu ainsi jusquâĂ ce que Samy naisse cinq mois aprĂšs William.
â Je voulais de Murima et tu le savais.
â Je n'en savais rien bordel. Et si tu Ă©tais tant amoureux d'elle pourquoi nâas-tu rien fait pour elle lorsquâelle sombrait dans la drogue ?
â Parce que je nâĂ©tais pas un gosse de...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 1
28
***DERRICK
Jâenchaine verre sur verre. Toute la nuit je nâai fait que ça. Je suis au bord du gouffre. Ma boite est en train de sombrer. Le pire câest que je suis impuissant face Ă cette situation. Je nâai rien vu venir sinon jâaurais pu au moins avoir le temps dâempĂȘcher ce chaos. Plus de la moitiĂ© de lâargent de lâentreprise a Ă©tĂ© dĂ©tournĂ© par ce type. Je lui faisais pourtant confiance. Depuis six ans que nous travaillons ensemble, jamais il nâavait fait quoi que ce soit contre moi ou la boite. Xender a toujours Ă©tĂ© rĂ©glo avec moi. Alors pourquoi maintenant ? Quâest-ce qui a changĂ© pour quâil en arrive lĂ ? Je nâarrive pas Ă y croire. Vider Cinq comptes. Je lui avais donnĂ© la procuration de pouvoir gĂ©rer les fonds de la boite en cas de besoin parce que je voulais me concentrer sur tout ce qui se passait dans ma famille. Les tragĂ©dies ne faisaient que sâenchainer. Il me fallait donc y voir plus clair. Mais cet homme en a profitĂ© pour me ruiner. Il ne reste plus grande chose et tous nos partenaires en 24h ont retirĂ© leurs collaborations. Je crains de mettre les clĂ©s sous les verrous si nous ne trouvons pas tout de suite une solution.
Travon entre dans mon bureau, tout aussi dĂ©braillĂ© que moi. Lui non plus nâest pas rentrĂ© chez lui et nâa pas non plus fermĂ© les yeux. Nous nâavons fait que travailler pour empĂȘcher tout autre dĂ©gĂąt. Par son regard, je devine quâil nâa pas de bonne nouvelle.
â Les... les employĂ©s demandent sâils auront leur paye parce que normalement cela aurait dĂ» ĂȘtre fait depuis trois jours.
Cet imbĂ©cile nâa pas versĂ© les salaires. Je vide mon verre.
â Si nous devons puiser dans les comptes restants, je crains quâil ne nous reste plus rien pour continuer lâaventure. Certains parlent dĂ©jĂ de dĂ©missionner. Il faut...
â JE NâAI PAS BESOIN DE SAVOIR LES HUMEURS DES EMPLOYĂS. JE VEUX UNE SOLUTION. MERDE A LA FIN !!!
â La seule solution câest de vendre nos parts Ă des potentiels actionnaires.
â Quarante pour cent des parts de cette boite est partagĂ© entre tes frĂšres et toi. Les 10% sont pour votre mĂšre et les 50 autres pour moi. Tu veux que je vende votre hĂ©ritage Ă des inconnus ?
â Si nous laissons la boite sombrer il nây aura plus dâhĂ©ritage papa. En plus ce ne sera pas dĂ©finitif. Lorsque tout ira bien nous pourrons de nouveau tout rĂ©cupĂ©rer.
â Je refuse de laisser des Ă©trangers venir diriger cette boite avec nous, gueulĂ©-je en tapant mon index sur la table. Tout ça, je lâai bĂąti tout seul, puis tu es arrivĂ© et ensemble nous lâavons plus dĂ©veloppĂ©. Je refuse de devoir demander lâaccord de qui que ce soit avant de faire quoi que ce soit dans la boite que jâai Ă©levĂ©e avec mon sang.
â Tu nâauras juste quâĂ vendre nos 40% Ă nous et tu gardes tes 50% pour garder la tĂȘte de MURRICK CORPORATION. Papa, il le faut. Câest notre seule chance.
Je sers les dents et je finis par faire valser mon verre et la bouteille.
â Jâai promis Ă votre mĂšre de lui donner une nouvelle vie et voici que je perds tout.
â Nous nâavons pas encore tout perdu papa. Il y a encore de lâespoir. Je vais te laisser rĂ©flĂ©chir. Mais nous nâavons pas assez de temps.
Il ressort de mon bureau. Ăa ne peut pas ĂȘtre possible ce qui mâarrive. Tout ce que jâai bĂąti va Ă lâeau en une seule journĂ©e. Je ne comprends toujours pas pourquoi Xender mâa fait un tel coup. Quelle mouche a bien pu le piquer ? Jâai fait tellement de sacrifice pour en arriver lĂ . Tellement de nuits blanches Ă rĂ©flĂ©chir aux stratĂ©gies de dĂ©veloppement. Jâen ai mĂȘme Ă©tĂ© malade plus dâune fois et câĂ©tait les enfants qui prenaient soin de moi. Tout ça pour quâun imbĂ©cile me prenne tout. Mais il ne va pas sâen sortir ainsi. Je vais le lui faire payer. OĂč quâil ait pu bien aller, je le ferai retrouver, ramener et emprisonner. Il ne sâen tirera pas facilement.
Jâignore mon portable qui ne cesse de sonner sur mon bureau. Mais au bout dâun moment, vu lâinsistance de ce numĂ©ro masquĂ©, je dĂ©cide de rĂ©pondre.
â Derrick WILLAR !!!
â « Alors on a le moral ? »
Un éclat de rire suit cette question. Je reconnais tout de suite la...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
Murima 1
27
***ALEXANDRA
Je nâai pas fermĂ© lâĆil de la nuit. Quand je suis rentrĂ©e, ils Ă©taient tous encore dans le salon avec un informaticien qui essayait de faire disparaitre les images scandaleuses de moi. Je pense quâils ne se sont pas rendus compte de mon absence. Je comprends quâelle a Ă©tĂ© la seule Ă sâen ĂȘtre rendue compte et a tout de suite devinĂ© oĂč jâĂ©tais. Je nâai fait que pleurer toute la nuit. Jâai non seulement tuĂ© un homme mais jâai aussi envoyĂ© une femme innocente en prison. Ce nâest pas ce que je voulais faire. Je voulais juste effrayer Tiger. Juste lui faire peur pour quâil retire ses publications. Mais tout a mal tournĂ© et je me retrouve avec du sang sur les mains.
Maintenant quâest-ce que je fais ?
Je me tais comme elle me lâa intimĂ© ou je raconte tout ? Dois-je aller me dĂ©noncer Ă la police ? Câest ce qui serait juste mais je ne veux pas aller en prison. Jâen ai trop peur. Je suis tellement perdue.
Le bruit de la porte en bas me fait sursauter. Je descends lentement voir ce qui se passe. Câest Will qui vient dâarriver.
â Papa, je nâai aucune nouvelle de maman depuis hier. Elle nâa pas dormi Ă la maison.
â Je sais, rĂ©pond mon pĂšre dâune voix lourde.
Travon et lui Ă©changent un regard. Je mâavance doucement et me cache derriĂšre le mur pour les observer.
â Que se passe-t-il ? SâinquiĂšte Will.
â Jâai reçu un appel tĂŽt ce matin de Franck. Votre mĂšre... a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e dans la nuit dâhier.
â ArrĂȘtĂ©e ? Comment ça arrĂȘtĂ©e ? et pourquoi ?
Mon pĂšre marque une pause.
â Pour meurtre. Elle aurait tuĂ© Tiger.
Un lourd silence se fait. Je jette un Ćil Ă la piĂšce. Will a la bouche grande ouverte comme sâil essayait de parler mais quâil nây arrivait pas. Travon se tient la tĂȘte.
â Elle... elle a tuĂ© Tiger ? RĂ©pĂšte Will dâune voix brisĂ©e.
â Câest ce que tout porte Ă croire selon les dires du Commissaire.
â Câest ce que tout porte Ă croire ? Mais diantre que fous-tu encore ici alors que maman est enfermĂ©e ? Je refuse de croire quâelle ait pu faire ça. Et, et si câĂ©tait le cas il y a forcĂ©ment une explication rationnelle. Papa, dis-moi ce quâelle risque ?
Mon pĂšre sâassoit, lâair complĂštement abattu.
â Vu son casier, je dirais la perpĂ©tuitĂ©.
Je ferme les yeux sous le choc et je couvre ma bouche de peur de lĂącher un cri. Will renverse un pot de fleur.
â Non, non papa ce nâest pas possible, pleure Will. Elle ne peut pas nous laisser de nouveau. Non !
â Je suis dĂ©solĂ© fiston.
â Non tu dois faire quelque chose. Tu ne peux pas la laisser partir en prison une deuxiĂšme fois. Papa tu as promis te racheter. Câest le moment.
â Jâattends Clinton et nos Avocats pour nous rendre au Commissariat avant son dĂ©ferrement.
Les vrombissements de plusieurs voitures me font remonter en courant. Je mâenferme dans ma chambre et lĂ jâĂ©clate en sanglot. Ma mĂšre va croupir en prison par ma faute. Je ne pourrais vivre avec un tel poids sur la conscience. Il faut que je parle. Il faut que je dise la vĂ©ritĂ©. Mais, si je parle, câest moi qui finirais ma vie en prison. Je ne veux pas vivre en prison. La prison ça dĂ©truit la vie. Il est difficile de se rĂ©insĂ©rer dans la sociĂ©tĂ© aprĂšs avoir fait la prison. On est stigmatisĂ©e. Je ne veux pas de cette vie.
Je me nettoie rapidement le visage quand un coup est frappé sur ma porte. Ma grand-mÚre entre par la suite.
â Ma petite chĂ©rie, viens lĂ !
Je la laisse me prendre dans mes bras. Je serre les dents pour ne pas pleurer mais câest plus fort que moi.
â Oh non ne pleure pas. Ton pĂšre mâa dit quâils avaient rĂ©ussi Ă faire disparaitre les vidĂ©os et photos. Tout va sâarranger.
Je mâen fiche de ça maintenant. Il y a plus grave.
â As-tu appris que cette femme avait tuĂ© Tiger ?
Je lui donne dos.
â Tu vois hein que jâavais raison Ă son sujet. Elle nâest rien dâautre quâune criminelle. On aurait pu rĂ©gler cette histoire autrement mais cette femme ne pouvait sâempĂȘcher de mettre encore notre nom dans la boue. Tu comprends pourquoi je dis de tâĂ©loigner dâelle ? Si la police ne lâavait pas prise la main dans le sac, tout pouvait te tomber dessus. Elle...
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Murima 1
26
***WILLIAM
â Will arrĂȘte ! Rigole Aurelle. Ta mĂšre est dans sa chambre.
â Elle prend sa douche, dis-je en glissant mes mains sous sa petite robe sexy qui mâa donnĂ© une Ă©rection dĂšs que je lâai vu.
Je continue de parsemer son cou de baiser en rapprochant encore plus mon érection de ses fesses.
â Will arrĂȘte, je dois terminer le cafĂ© de ta mĂšre.
â Mais vas-y, je ne tâen empĂȘche pas.
Je promĂšne mes doigts dans son dessous jusquâĂ sa fĂ©minitĂ©. Elle gĂ©mit.
â Warisse laisse cette fille travailler.
Je sursaute au son de la voix de ma mĂšre.
â Uya ndioynisse guĂ©wuvĂš mbate (Ne mâĂ©nerve pas sinon je vais te gifler).
Jâai compris cette phrase parce quâelle me la dit presque tout le temps. Je mets de lâordre dans la robe dâAurelle avant de mâĂ©loigner dâelle et de rejoindre ma mĂšre dans la salle Ă manger. Aurelle nous rejoint Ă son tour autour de la table aprĂšs y avoir disposĂ© le petit dĂ©jeuner. Ma mĂšre a exigĂ© quâelle mange toujours avec nous Ă table parce quâelle fait partie de la famille.
â Warisse quand est-ce que tu te prĂ©sentes Ă la famille dâAurelle ? Questionne ma mĂšre en badigeonnant son pain de beurre.
â Maman câest encore trop tĂŽt. Ăa fait juste un mois que nous sortons ensemble. Je suis encore en pĂ©riode dâessai.
â PĂ©riode dâessai et vous copuler chaque seconde comme des lapins ?
Aurelle rougie de honte.
â Maman ! Dis-je en souriant.
â Tu nâas pas intĂ©rĂȘt Ă enceinter lâenfant des gens sans avoir fait le minimum. Tu ne lâenceinte dâailleurs pas avant de lâavoir Ă©pousĂ©. Je ne veux pas dâhistoire avec les Ivoiriens.
Aurelle est de plus en plus mal Ă lâaise. Je lui caresse la main. Nous sommes sauvĂ©s par le retentissement de la sonnette. Je vais ouvrir la porte Ă Clinton qui doit accompagner ce matin maman Ă la clinique faire ses derniers examens. Son plĂątre lui a Ă©tĂ© retirĂ© il y a quelques jours. Il prend avec nous le petit dĂ©jeuner, aprĂšs quoi ma mĂšre et lui partent de la maison. Je me retourne vers Aurelle qui a toujours la tĂȘte baissĂ©e.
â Ăa te plairait que je me prĂ©sente Ă ta famille ?
â Je ne veux rien prĂ©cipiter. Nous commençons Ă peine Ă ...
Je relÚve son menton et pose délicatement un baiser sur ses lÚvres.
â Moi je suis prĂȘt Ă me prĂ©senter Ă ta famille parce que je nâai aucun doute que câest avec toi que je veux passer le reste de ma vie. Je ne suis plus prĂȘt Ă te lĂącher.
â Moi aussi je veux passer toute ma vie avec toi, mais...
Je lui impose silence en capturant ses lĂšvres. Je nous fais lever et je la soulĂšve. Elle enroule ses jambes autour de ma taille. Je nous conduis Ă ma chambre. Nous nous embrassons passionnĂ©ment allongĂ©s sur le lit. La sonnerie retentie de nouveau alors que je retire mon haut. Je continue sans mâen soucier.
â BĂ©bĂ© on sonne, me dit Aurelle.
â La personne finira par sâen aller.
Je lui retire sa robe quand on sonne de nouveau.
â Will !
Je soupire.
â Ok. Reste ici, je vais voir.
Je vais ouvrir en maudissant dĂ©jĂ la personne qui ose venir me dĂ©ranger Ă ce moment prĂ©cis. DĂšs que jâouvre la porte, PĂ©tra me saute dessus et capture mes lĂšvres. Je la repousse instantanĂ©ment.
â Oh non mais ça ne va pas ? Tu es malade ?
â Nous ne sommes plus obligĂ©s de nous cacher puisque tout le monde sait pour nous.
â Tu as encore le courage de me demander du sexe aprĂšs tout ce qui sâest passĂ© ? Tu es complĂštement tarĂ©e ma parole.
â Je suis folle de toi bĂ©bĂ©.
Elle me saute de nouveau dessus. Je la repousse une fois de plus.
â Will ? Qui est-ce ?
Pétra regarde par-dessus mon épaule.
â Oh ! Je vois que tu as ramenĂ© ta boniche.
Elle se décale sur le cÎté.
â Toi je te croyais plus intelligente mais apparemment non. Tu prĂ©fĂšres encore servir de vide couille Ă Will.
â Tu mâarrĂȘtes ça maintenant PĂ©tra, grognĂ©-je.
â Son truc ce sont les femmes mĂ»res comme moi, continue-t-elle sans gĂȘne. Tâa-t-il dit quâil y a un truc entre lui et moi et que jâĂ©tais mĂȘme enceinte de lui ? Mais sa connasse de mĂšre a provoquĂ© une fausse couche.
Je me tourne vers Aurelle dans lâoptique de mâexpliquer avant quâelle ne sâĂ©nerve de nouveau contre moi. Mais elle la...
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Murima 1
25
***DERRICK
Je ne fais que tourner en rond dans la clinique comme un lion en cage. Je suis Ă deux doigts de casser un truc si on ne me donne pas des nouvelles de Murima. Mais surtout si ce ne sont pas de bonnes nouvelles. Je ne m'en remettrai pas s'il lui arrivait quelque chose. Mon cĆur a manquĂ© s'arrĂȘter de battre lorsque je lâai vu dĂ©gringoler dans les escaliers. Mon Dieu quâest-ce qui ne va pas dans ma famille pour que nous enchaĂźnions drame sur drame ?
â Monsieur WILLAR, nous avons quelques questions Ă vous poser.
Je me tourne vers l'officier de police. Je lui explique ce qui sâest passĂ©.
â Vous nâavez pas vu son visage ou un indice qui pourrait nous aider ?
â Non. La maison Ă©tait faiblement Ă©clairĂ©e. Je sais juste qu'il sâagissait dâune femme.
â Pourquoi ne lâavez-vous pas maintenu puisque selon vos dires elle Ă©tait Ă portĂ©e de main.
â Jâai paniquĂ© quand Murima est tombĂ©e et mon premier rĂ©flexe Ă©tait d'aller voir comment elle allait. Cependant, jâai demandĂ© Ă ma gouvernante de rattraper la femme lorsquâelle prenait la fuite mais elle non plus n'a pu. Les choses se sont passĂ©es vraiment trĂšs vite. Mon unique prĂ©occupation câĂ©tait Murima.
â M. WILLAR, ça fait la seconde fois que des intrus entrent chez vous par effraction et cela sans que lâalarme de sĂ©curitĂ© ne soit dĂ©clenchĂ©e. Ne croyez-vous pas quâil y ait un complice Ă lâintĂ©rieur de chez vous ?
â Je n'en sais rien. Pour la premiĂšre fois peut-ĂȘtre mais pour cette fois non je ne crois pas. JâĂ©tais avec Murima dans mon appartement et DjĂ©nĂ©b la gouvernante Ă©tait dĂ©jĂ au lit.
â Jâaimerais mâentretenir avec celle-ci si vous le permettez.
â Je lui ai demandĂ© de rentrer Ă la maison nettoyer le sang avant que ma fille ne rentre. Je lui dirai de passer au poste demain.
â Bien. Merci pour votre disponibilitĂ©.
Je hoche juste la tĂȘte. Une voix qui sâĂ©lĂšve dans la piĂšce me fait tourner ma tĂȘte. Câest Will.
â Will ! L'appelĂ©-je alors quâil se rendait Ă lâaccueil.
â OĂč est ma mĂšre ? Demande-t-il en venant vers moi tout Ă©nervĂ©. Que lui as-tu fait ?
â Je nâai rien fait.
Il me pousse sur la poitrine. Clinton qui le suivait le retient.
â A chaque fois quâelle est avec toi il lui arrive un malheur.
â Will !
â S'il lui arrive quelque chose de grave je te le ferais payer Derrick.
Il fait un tour sur lui.
â Il faut que j'aille la voir.
Il fonce vers la salle dâurgence.
â Will non attend !
Il continu d'avancer sans m'écouter. Je fonce sur lui et je le stop de force.
â Calme-toi fiston ! On sâoccupe d'elle.
â Je dois la voir.
Il essaie de me dĂ©vier mais je le maintiens avec fermetĂ©. Il lutte. Clinton viens me prĂȘter main forte. Will continue de lutter en pleurant cette fois.
â Je veux la voir, hurle-t-il. Laissez-moi la voir.
Clinton et moi arrivons Ă le maĂźtriser. Nous le faisons asseoir dans un siĂšge.
â Calme-toi s'il te plaĂźt ! Lui dit Clinton. Ta mĂšre s'en sortira.
â Oui fiston. Elle est juste tombĂ©e dans les escaliers. Elle s'en sortira.
â Mais tu as du sang sur toi, me dit-il.
â Toi aussi tu as saignĂ© lorsqu'on t'a tirĂ© dessus mais tu es encore lĂ .
Il se passe la main nerveusement sur le visage. Je joins nos tĂȘtes.
â Elle va s'en sortir. Ne tâinquiĂšte pas. Ta mĂšre câest une dure Ă cuire.
Nous restons dans cette position jusquâĂ ce qu'il soit plus calme. Nous sommes sĂ©parĂ©s par la voix du Docteur. Will est le premier Ă se prĂ©cipiter sur lui.
â Comment va ma mĂšre ?
â Il y a eu plus de peur que de mal. Elle a une blessure Ă la tĂȘte et une jambe fracturĂ©e.
â Câest ce que vous appelez plus de peur que de mal ?
â Ăa aurait pu ĂȘtre pire. Elle aurait pu avoir un traumatisme crĂąnien, une perte de mĂ©moire, les cĂŽtes brisĂ©es et que sais-je encore. Câest une chance qu'elle s'en sorte avec juste deux lĂ©sions. Alors, elle gardera sa jambe dans un plĂątre durant un mois. Pour sa tĂȘte, nous lui avons mis un pansement. Elle doit aussi suivre un traitement pour faciliter son rĂ©tablissement.
â Merci Docteur, dis-je. Pourrait-ton la voir ?
â Vous allez devoir patienter qu'elle se rĂ©veille.
***MURIMA
AprĂšs...
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Murima 1
24
***PETRA
Je joue le tout pour le tout aujourdâhui avec Dame WILLAR. AprĂšs avoir passĂ© toute la journĂ©e dâhier Ă rĂ©flĂ©chir jâai fini par trouver une solution. Il me faut baratiner cette vielle. Je ne sais pas si Derrick a eu le temps de lui parler mais je dois faire en sorte quâelle soit de mon cĂŽtĂ© et pour ça jâai prĂ©parĂ© le speech parfait. Je la connais comme la paume de ma main. Elle est trĂšs facile Ă manipuler surtout lorsque câest en dĂ©faveur de cette Murima. Je dois juste choisir les mots quâil faut. Je me suis mĂȘme maquillĂ©e pour la circonstance. Je ressemble Ă une femme qui a pleurĂ© plusieurs jours. Aussi, jâai pris le soin dâeffacer de mon portable toutes mes vidĂ©os compromettantes. Jâaurais dĂ» le faire dĂšs lâinstant oĂč Murima a ouvert sa grande bouche mais je ne pensais pas que Derrick rĂ©agirait de la sorte. Jâaime faire des sextapes. Je prĂ©fĂšre regarder mes Ă©bats avec les hommes que de regarder ceux dâautres personnes. Je garde surtout mes vidĂ©os avec Will lorsque notre deal existait encore. Jâai dâailleurs supprimĂ© toutes les autres de mes appareils mais pas celles avec Will. Je les garde jalousement. Il nâest pas question que je renonce Ă lui. Juste aprĂšs avoir rĂ©glĂ© mes problĂšmes actuels, je me concentrerai sur lui.
Je mâeffondre en larmes lorsque je vois Dame WILLAR dĂ©bout dans son salon Ă me regarder venir vers elle. Je lui tombe dans ses bras en Ă©clatant en sanglot.
â Je nâarrive pas Ă croire ce qui mâarrive. Oh mon Dieu !
â Calme-toi ma chĂ©rie et raconte-moi ce qui ne va pas.
Nous nous asseyons et je lui raconte ce qui sâest passĂ© mais avec ma version en me faisant passer pour la victime.
â Cette femme a tout manigancĂ© pour me sĂ©parer de Derrick et lui bĂȘtement il est tombĂ© dans le panneau.
â Je ne comprends vraiment pas le pouvoir que cette femme a sur mon fils. Il suffit quâelle ouvre la bouche pour quâil perde sa raison.
â Je nâen reviens pas quâil ait pu croire que moi et Will... Je nâose mĂȘme pas y penser. Câest trop dĂ©gueulasse.
â Ne tâinquiĂšte pas ma chĂ©rie, je vais rĂ©gler ça. Tu ne signes aucun papier de divorce. Tant que je serais vivante tu ne divorceras pas de mon fils, encore moins pour que cette femme prenne ta place.
â Je lâaime tellement si tu savais, dis-je en reprenant les pleurs.
â Oh viens-lĂ ma belle.
Elle me prend de nouveau dans ses bras. Je ne lui ai mĂȘme pas fait tout mon speech quâelle est dĂ©jĂ tombĂ©e dans ma poche. Il suffit juste de quelques larmes et le tour est jouĂ©. Fallait la voir me consoler Ă la clinique lorsque jâai perdu le bĂ©bĂ©. Mais lĂ par contre jâavais vraiment mal parce que je venais de perdre le seul lien quâil y allait avoir entre Will et moi, et tout ça encore Ă cause de cette garce. Mais je ne vais pas laisser ça passer. Il est clair quâelle va me le payer. Je vais lui en faire voir des couleurs. Je ne vais pas non plus faire de cadeau Ă Derrick. Je sais dĂ©jĂ quâil ne va pas me donner de chance. Je veux juste rester dans les bonnes grĂąces de Dame WILLAR dans le seul but de profiter encore de ses milliards mais surtout pour quâelle continue de mener la vie dure Ă Murima.
Nous sommes interrompus par Alexandra. Je me nettoie le visage.
â Je suis dĂ©solĂ©e de vous avoir dĂ©rangĂ©, sâexcuse-t-elle.
â Non ma chĂ©rie tu ne nous dĂ©ranges pas, la rassure sa grand-mĂšre. Ăa tombe dâailleurs bien que tu sois venue pour voir par toi-mĂȘme les dĂ©gĂąts de cette femme Murima.
Elle sâassoit. Dame WILLAR ne perd pas de temps Ă enchainer.
â Cette femme qui est ta mĂšre nâest rien quâune plaie pour cette famille. Câest pour te mettre en garde que je tâai convoquĂ© ce matin. Tu dois faire attention Ă elle. Cette femme nâa jamais aimĂ© votre pĂšre, ni mĂȘme vous. Si tu savais le nombre de chose quâelle a faite lorsque vous Ă©tiez gosses. Câest sa faute Ă elle si William se drogue. Elle lui en donnait. Elle trompait aussi sans cesse votre pĂšre, mĂȘme jusque dans leur lit conjugal. Câest pour son amant quâelle est allĂ©e en prison parce quâils dealaient ensemble et ont mĂȘme abattu un agent de police. Aujourdâhui encore elle crĂ©e...
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Murima 1
23
***DERRICK
Les derniers mots de Murima sifflent en Ă©cho dans mes oreilles. Je ne peux pas y croire. PĂ©tra et Will ensemble ? Non ça ne peut pas ĂȘtre vrai.
â Derrick jâai mal, hurle de nouveau PĂ©tra.
Jâai du mal Ă faire quoi que ce soit. Mais ça se voit quâelle a vraiment mal.
â Dani sâil te plaĂźt conduis-lĂ Ă lâhĂŽpital.
â Ok.
Il la relĂšve et ils sortent tous deux. Je reste avec Travon et Xandra qui nâont jusque-lĂ pas dit un mot. Ils sont encore sous le choc.
â Les enfants...
â Câest vrai tout ce quâelle a dit papa ? Entame Travon.
Je mâassieds.
â Oui. Murima est votre mĂšre.
â Et est-ce vrai quâelle Ă©tait une junkie ? Demande cette fois Alexandra.
â Oui ! Elle Ă©tait en prison toutes ces annĂ©es. Jâai voulu vous protĂ©ger en vous disant quâelle Ă©tait morte. Je vous demande pardon.
â Tu as trĂšs bien fait papa, continue Xandra. Mamie avait donc raison tout ce temps de me mettre en garde contre cette femme. Je ne veux pas dâune droguĂ©e comme mĂšre.
â Xandra ne dis pas...
Elle sort de la piÚce. Je regarde Travon qui me dévisage.
â Fiston...
â Donc tout ce temps, elle Ă©tait lĂ , prĂšs de nous et tu ne nous as rien dit.
â Jâai... jâai dĂ©connĂ© mais je...
â Garde tes explications.
Il sort Ă son tour. Je reste seul dans le salon, assis dans ce dĂ©sordre que Murima a laissĂ©. Partout oĂč cette femme passe elle laisse le chaos. LĂ je suis entre mon fils qui me dĂ©teste de lui avoir menti et mon autre fils qui aurait couchĂ© avec ma femme. Jâai envie de croire que cette histoire nâest que pure invention de Murima mais tellement dâĂ©lĂ©ments lui donne raison comme par exemple que Will sâen prenne Ă PĂ©tra Ă un diner en lâaccusant dâavoir manigancĂ© contre Aurelle et par la suite Murima qui la passe aussi Ă tabac. Ce soir aussi jâai lu la crainte dans le regard de PĂ©tra. Elle nâa quand mĂȘme pas pu me faire ça ? Avec mon propre fils. Et lui, comment a-t-il osĂ© coucher avec ma femme ?
Je me sers un verre. Jâai lâimpression dâĂȘtre Ă chaque fois un pantin dans ma propre vie. Ces femmes qui mâutilisent Ă leur guise. Je les traite comme des reines et en retour elles me cocufient. Je dois entendre la version de Will avant de prendre une dĂ©cision. Mais si la version de Murima est avĂ©rĂ©e, il nâest pas question que je reste mariĂ© Ă PĂ©tra.
â Derrick !!
Oh non pas ma mĂšre. Je nâai pas envie quâelle en rajoute une couche. Elle dĂ©boule toute Ă©nervĂ©e.
â Combien de fois tâai-je dit de faire dĂ©gager cette Africaine de ta maison ? Aujourdâhui elle a foutu le bordel dans la famille.
â Maman sâil te plaĂźt ! Fais-je en grimaçant.
â PĂ©tra mâa appelĂ© en pleurs. Elle saigne alors quâelle est enceinte, tout ça par la faute de cette vagabonde. Will a Ă©tĂ© embarquĂ© devant tous tes invitĂ©s. Que vont-ils dire de la famille ? Notre nom risque dâĂȘtre trainĂ© dans la boue.
Je quitte la piĂšce pendant quâelle continue de parler. Je nâai pas la tĂȘte à ça en ce moment. Jâai juste besoin dâĂȘtre seul afin de rĂ©flĂ©chir Ă tĂȘte posĂ©e. Je monte mâenfermer Ă double tour dans mon appartement. Jây verrai un peu plus mieux la tĂȘte reposĂ©e.
Je me prĂ©pare ce matin pour le commissariat. Je vais faire sortir Will et avoir une discussion avec lui sur sa supposĂ©e relation avec PĂ©tra. Jâai besoin de savoir. En plus je crois que jây suis allĂ© un peu fort en demandant quâon lâenferme. JâĂ©tais en colĂšre que lâhistoire avec sa mĂšre se reproduise. Je devrais peut-ĂȘtre essayer dây voir un peu plus clair dans cette histoire. Un mĂȘme scĂ©nario qui se rĂ©pĂšte ? Soit câest la vie qui nous joue un tour, soit quelquâun joue Ă nous tourner en bourrique.
La maison est vide. Il ne reste que Xandra et DjĂ©nĂ©b. Travon sâest installĂ© dans un appartement avec sa femme. Murima nâa pas passĂ© la nuit ici. Normal, je lâai mise Ă la porte. Je ne sais plus comment me comporter avec cette femme. Câest fou comme je peux basculer dâune seconde Ă lâautre de lâamour Ă la haine. Elle me met le cerveau Ă lâenvers. Je suis Ă©puisĂ© de tous ces drames Ă nâen point finir.
Je me rends dans le bureau de mon ami Franck Ă qui jâai confiĂ© Will.
â Alors quoi de neuf ?
â...
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Murima 1
22
***TRAVON
Je rĂ©cupĂšre les documents dont jâai besoin et je sors de ma chambre. En descendant les marches je tombe sur tante MĂ©lodie, la femme de notre oncle Daniel, qui les entamait.
â Bonjour ma tante, la saluĂ©-je, surpris de la voir ici Ă cette heure de la matinĂ©e.
â Bonjour Travon. Je ne te savais pas Ă la maison.
â Je faisais juste un tour rapide. Je retourne Ă la clinique. Toi que fais-tu ici ? Il nây a personne. Enfin, en dehors de DjĂ©nĂ©b.
â Ah ! JâĂ©tais venu voir Murima pour lui demander la recette dâun plat quâelle nous avait servi des jours en arriĂšre.
â Ah ok. Elle est Ă la clinique mais je crois quâelle doit ĂȘtre en chemin maintenant pour la maison.
â Je vais donc lâattendre. Mais est-ce que Xandra est dans sa chambre ?
â Non. Sortie avec Samy.
â Ah oui jâai oubliĂ©. Je vais donc attendre Murima dans le jardin. Je nâai pas grande chose Ă faire de ma journĂ©e. Jâirai voir Imelda aprĂšs ici.
â Ok. A plus.
Je la laisse et je fonce dans ma voiture. De retour Ă la clinique je retrouve Maxence le frĂšre ainĂ© dâImelda qui vit et exerce aux Etats-Unis comme Avocat. Il est arrivĂ© hier et il a tout de suite pris le dossier de sa sĆur en main. Il travaille avec lâAvocat de notre famille qui est lui aussi trĂšs compĂ©tent. Je crois quâil revient dâailleurs du tribunal. Il arrĂȘte de rigoler avec sa sĆur quand il remarque ma prĂ©sence. Nous nous saluons dâune poignĂ©e de main. Lui et moi ne nous sommes vus quâune seule fois et câĂ©tait le jour de notre mariage avec sa sĆur. Il a fait un aller-retour juste pour la soutenir.
â Alors quelles sont les nouvelles du tribunal ? Lui demandĂ©-je.
â Une enquĂȘte plus approfondie sera faite. Avec les arguments que lâautre Avocat et moi avions avancĂ©s il ne pouvait en ĂȘtre autrement. DĂ©jĂ , rien ne prouve que câĂ©tait Imelda qui dĂ©tenait lâarme chez elle. Câest tellement rĂ©curant de voir des flics qui posent eux-mĂȘmes des objets incriminants. Aussi il nây avait pas ses empruntes sur lâarme. Faut dire que son Ă©tat de santĂ© actuelle a aussi jouĂ© en notre faveur. On ne peut mettre en prison une femme qui vient de perdre son bĂ©bĂ© et qui plus est trĂšs faible, surtout quâil nây a pas de preuve tangible. Sans oublier que les flics lâavaient aussi un peu secouĂ© malgrĂ© sa coopĂ©ration.
â Waho ! Fais-je soulagĂ©. Vraiment merci. Tu mâenlĂšves un Ă©norme poids sur la poitrine. Elle est donc innocentĂ©e ?
â Pour le moment oui mais elle demeure le suspect numĂ©ro un. Elle ne doit aussi pas quitter le pays.
â Ok ça marche.
â Bon je retourne Ă la maison me reposer un peu. Je nâai pas fermĂ© lâĆil depuis que je suis lĂ .
â Encore merci !
Je lui serre encore la main. Il embrasse sa sĆur et nous laisse tous les deux. Je rejoins ma femme sur son lit. Je lâembrasse langoureusement.
â Je suis tellement heureux maintenant que tu ne retourneras pas en cellule.
â Moi aussi.
Je pose ma main sur son ventre.
â Je suis vraiment dĂ©solĂ© pour ce qui est arrivĂ©. Tout ça câest entiĂšrement...
â Chuutt ! Mâintime-t-elle le silence en posant son doigt sur mes lĂšvres. ArrĂȘte de culpabiliser mon amour. Nous avons perdu un bĂ©bĂ© mais le deuxiĂšme est encore lĂ et en bonne santĂ©. Nous devons nous rĂ©jouir pour lui sinon il se sentira dĂ©laissĂ©.
Je souris.
â Tâas raison.
Je pose un baiser sur son ventre et je reçois un coup de pied. Je regarde Imelda qui éclate de rire.
â Il a commencĂ© Ă me donner des coups de pied depuis ce matin.
â Je crois quâil veut nous dire que lui il est encore lĂ .
â Ouais.
Je pose un baiser sur son front. Jâavais pĂ©tĂ© un cĂąble il y a deux jours lorsque le Docteur nous avons annoncĂ© la perte du bĂ©bĂ© sans mĂȘme attendre quâil finisse de parler. Il a Ă©tĂ© obligĂ© de presque hurler quâen fait câĂ©tait une grossesse gĂ©mellaire et que lâautre Ă©tait encore en vie. Je nâen revenais pas de cette chance. Mes larmes ont tari illico mĂȘme si jâavais quand mĂȘme mal dâavoir perdu un bĂ©bĂ©. Jâen aurai eu deux.
â Je tâaime tellement ma puce. Je te promets que tu nâiras pas en prison.
â Oh, mĂȘme si toi tu ne fais rien je compte sur les compĂ©tences de ma mĂšre.
JâĂ©clate de...
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Murima 1
21
***PETRA
â Que se passe-t-il ? Jâai cru entendre des coups feu dans mon sommeil.
Toutes nos tĂȘtes tournent dans la mĂȘme direction. Je manque de mâĂ©vanouir quand je vois Imelda apparaitre avec Murima. Câest quoi ça ? Tous sont autant surpris que moi. Travon court prendre sa femme dans ses bras et lâembrasse Ă lui couper le souffle. Will entre dans leur chambre.
â Mais... si toi tu es ici... qui est... qui est couchĂ© dans votre lit... baignant dans son sang ? DemandĂ©-je en bagayant.
Will ressort et lĂąche un soupir.
â Câest Debby !
Câest quoi ces conneries ?
***TRAVON
Je mâattrape la tĂȘte. Je suis soulagĂ© mais en mĂȘme temps navrĂ©. Mon Dieu pourquoi a-t-il fallut quâelle sâincruste dans ma chambre conjugale ?
â Attend mais que faisait-elle lĂ ? Demande PĂ©tra toute rouge.
â Elle sâĂ©tait pointĂ©e ce soir au diner disant quâelle nâen pouvait plus dâĂȘtre seule chez elle et exigeait de passer la nuit ici, expliquĂ©-je. Jâai essayĂ© de lui faire entendre raison sans succĂšs. Mais ce que je ne comprends pas câest comment elle sâest trouvĂ©e dans mon lit.
Je regarde ma femme.
â Je tâai pourtant laissĂ© dans la chambre avant dâaller mâenfermer dans mon bureau.
â Oui. AprĂšs notre dispute jâai dĂ©cidĂ© dâaller aussi perdre du temps dans la chambre de Murima oĂč jâai fini par mâendormir. Câest peut-ĂȘtre Ă ce moment quâelle a profitĂ© pour se faufiler dans notre chambre. Oh mon Dieu câest horrible !
Je la prends dans mes bras. Je suis tellement heureux que ce ne soit pas elle dans ce lit. Jâai cru mourir quand jâai vu ce corps de femme allongĂ© sous les draps et dans du sang. Nous descendons tous dans le grand salon et mon pĂšre appelle la police. Deux voitures et une ambulance sâemmĂšnent une heure de temps aprĂšs. Nous leur expliquons la situation et ils commencent leur travaille. Le corps de Debby sort sur un brancard cachĂ© sous un drap blanc. Mon cĆur se serre Ă cette image. Deux vies se sont Ă©teintes en mĂȘme temps. Jâai perdu un de mes enfants. Je prends ma femme encore dans mes bras. Un flic revient vers nous.
â Alors, il sâagit dâun cambriolage qui a mal tournĂ©. Certains objets ont disparu. Mais ce que je nâarrive pas Ă comprendre câest pourquoi le cambrioleur a tirĂ© sur une femme qui dormais dans son lit ?
â Peut-ĂȘtre quâelle a vu son visage en ouvrant subitement les yeux, pense PĂ©tra.
â Peut-ĂȘtre bien. Nous allons mener une enquĂȘte. Nous allons tous vous interroger sĂ©parĂ©ment. Il y a-t-il des camĂ©ras de sĂ©curitĂ© ?
â Juste Ă lâentrĂ©e de la maison. Sur la grille, rĂ©pond mon pĂšre.
â Ok. Jâaurais besoin de voir les enregistrements. DĂšs demain vous pourrez Ă tour de rĂŽle passer au poste.
Ils prennent tous congé de nous. Imelda éclate en sanglot en se touchant son ventre qui est maintenant visible.
â Oh mon Dieu ! Ăa aurait pu ĂȘtre moi. Je serais morte Ă lâheure quâil est. Câest affreux.
Je la serre dans mes bras.
â Je suis lĂ ma puce. Rien ne tâarrivera.
â Je ne peux pas dormir dans cette chambre Travon. Une femme est morte dans mon lit.
â Nous changerons de chambre.
â Non, me repousse-t-elle. Je ne veux plus rester dans cette maison. Tu te rends compte que ça aurait pu ĂȘtre moi ? Mon Dieu ! Mon bĂ©bĂ© !
Elle sâattrape le ventre. Murima lâaide Ă sâasseoir avant de se tourner vers moi.
â Elle devrait sâĂ©loigner un peu, suggĂšre Murima. Chez ses parents peut-ĂȘtre.
Je regarde ma femme, je revois lâimage du corps sans vie dans mon lit et je suis de nouveau pris dâhorreur. Elle nâa pas besoin dâĂȘtre secouĂ©e en ce moment. Je mâaccroupis devant elle.
â Tu vas rester un moment chez tes parents.
Elle fait oui de la tĂȘte. Je pose un baiser sur son front et la prends dans mes bras.
AprĂšs le commissariat oĂč nous nous sommes rendus pour faire notre dĂ©position, je conduis Imelda chez ses parents. Elle a lâair toujours autant effrayĂ©. Je lui prends la main en conduisant. Elle a dĂ©cidĂ© de rester pour une Ă deux semaines le temps pour elle dâoublier. Par contre, je reste perplexe devant cette situation. Câest bien la premiĂšre fois que la maison se fait cambriolĂ©e. Cela nâĂ©tait jamais...
Chroniques de Mona Lys | Abidjan Abidjan
SITUATION 1 :
Ton fils de 17 ans se fait
sexue*llement et physiquement
agre*sser par ses camarades de classe. Tu dĂ©cides de lui rendre justice toi-mĂȘme en tu*ant les agresseurs car leurs parents sont au-dessus de la loi.
Plus tard, tu reçois un message anonyme qui te dit : Je sais ce que tu as fait. 50 millions en échange de mon silence.
Tu en as les moyens car tu as hérité des biens de tes riches parents. Tu finis par découvrir que le maßtre chanteur n'est autre que la maßtresse de ton mari en complicité avec celui-ci.
Mais ils ne savent pas que tu as tout dĂ©couvert đđ
Que feras-tu ???????
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#TrĂšs_BientĂŽt đ
