Vies des Saints
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Réflexion Pratique : Un chrétien qui se retrempe dans le souvenir de la passion du Sauveur, est capable de supporter sans défaillances les plus dures épreuves. Un sort malheureux, chrétiennement supporté, ouvre à l'âme le plus court chemin du ciel.
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9 Juillet : Sainte Véronique Giuliani, clarisse (1660-1727)
Sainte Véronique Giuliani eut une enfance tout extraordinaire: le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la Sainte Vierge, elle n'acceptait le lait de sa mère ou toute autre nourriture que deux fois et en petite quantité, prélude des grands jeûnes de sa vie. Six mois après sa naissance, elle s'échappa des bras de sa mère et alla d'un pas ferme, toute seule, vénérer un tableau attaché à la muraille et représentant le mystère du jour. À partir de ce moment, elle marcha sans le secours de personne. Un an après, accompagnant sa mère dans un magasin, elle dit d'une voix claire au marchand, qui trompait sur le poids: "Soyez juste, car Dieu vous voit."
À trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie. Quelques fois l'image de Marie portant Jésus devenait vivante, et, se détachant du cadre, descendait dans ses bras. Un matin qu'elle cueillait des fleurs pour orner l'image de Jésus et de Marie, Jésus lui dit: "Je suis la Fleur des champs." Charitable pour les indigents dès son bas âge, un jour elle donna une paire de souliers à un pauvre, et, quelques temps après, elle les vit aux pieds de la Sainte Vierge, tout éclatants de pierreries.
Elle fit, à douze ans, voeu de se consacrer à Dieu. Bientôt, recherchée par de brillants partis, elle répondit simplement: "C'est inutile, je serai religieuse." Elle entra à dix-sept ans chez les Clarisses. Elle ne connut point les essais de cette nouvelle vie, et se trouva dès le premier jour religieuse parfaite.
Sa grâce spéciale fut de porter en elle la ressemblance de Jésus crucifié, dont elle méditait sans cesse la Passion. Elle eut son couronnement d'épines, qui laissa des traces douloureuses et inguérissables sur sa tête; elle sentit, un jour de Vendredi saint, la douleur du crucifiement, et le Sauveur, lui apparaissant, laissa sur ses pieds, ses mains et sa poitrine, des stigmates tout saignants. Les grâces extraordinaires que reçut Véronique furent achetées au prix de grandes épreuves.
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Pensée Chrétienne : Trois conditions pour gagner des mérites
On vit plusieurs fois ce changer en belles roses les morceaux de pain que sainte Elisabeth portait aux pauvres dans un pli de son manteau. Nos moindres actions peuvent devenir des roses du paradis, des mérites pour l'éternité ; mais, pour cela, trois conditions sont requises. Pour qu'une action soit méritoire, il faut : 1° qu'en la faisant, nous soyons en état de grâce, car rien de ce qui est fait en état de péché mortel ne sera récompensé là-haut ; il faut : 2° que cette action soit agréable à Dieu ou du moins qu'elle ne soit pas contraire à sa volonté ; il faut : 3° que cette action soit faite pour lui, c'est-à-dire en vue de lui plaire ou pour le bien de notre âme ; car il ne saurait payer des actions faites uniquement pour le monde, pour la vanité, pour l'amour propre. Ayons donc soin de lui offrir toutes nos actions au moins le matin, dès notre réveil.
O Marie, trésorière du ciel, aidez-moi à amasser des trésors pour le ciel.
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Le combat spirituel, Lorenzo Scupoli.
Chapitre 36 : Que l'exercice de la vertu exige une application constante
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Tombeau de Sainte Elisabeth de Portugal, monastère Santa Clara-a-Nova à Coimbra (Portugal)
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Réflexion Pratique : Dieu ne manque jamais à ceux qui le craignent et le servent. Supportons patiemment nos épreuves : sa providence les fera tourner à notre profit.
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8 Juillet : Sainte Élisabeth de Portugal, reine de Portugal (1271-1336)
Sainte Élisabeth reçut ce nom à son Baptême, en souvenir de sainte Élisabeth de Hongrie, sa tante. A l'âge de huit ans, elle récitait chaque jour l'office divin et conserva cette pratique jusqu'à sa mort; elle méprisait le luxe, fuyait les divertissements, soulageait les pauvres, multipliait ses jeûnes et menait une vie vraiment céleste. Toutes les oeuvres de piété d'Élisabeth étaient accompagnées de larmes que l'amour faisait monter de son coeur à ses yeux. Le temps que ses exercices religieux lui laissaient libre, elle aimait à l'employer à l'ornementation des autels ou aux vêtements des pauvres.
Élevée sur le trône de Portugal par son mariage avec Denys, roi de ce pays, elle fut d'une patience remarquable dans les épreuves qu'elle eut souvent à subir de la part de son mari, et ne lui montra jamais, en échange de ses procédés injustes, qu'une amabilité croissante, une douceur toute affectueuse et un dévouement sans bornes, qui finirent par triompher de ce coeur rebelle. Élisabeth est célèbre par le don que lui fit le Ciel de rétablir la paix entre les princes et les peuples.
Peu de Saintes ont montré tant de charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ; jamais aucun pauvre ne partait du palais sans avoir rien reçu; les monastères qu'elle savait dans le besoin recevaient abondamment le secours de ses aumônes; elle prenait les orphelins sous sa protection, dotait les jeunes filles indigentes, servait elle-même les malades.
Tous les vendredis de Carême, elle lavait les pieds à treize pauvres, et après les leur avoir baisés humblement, elle les faisait revêtir d'habits neufs. Le Jeudi saint, elle remplissait le même office près de treize femmes pauvres. Or, un jour qu'elle lavait les pieds à ces pauvres, il se trouva dans le nombre une femme qui avait au pied une plaie dont la mauvaise odeur était insupportable: la reine, malgré toutes les répugnances de la nature, prit ce pied infect, en pansa l'ulcère, le lava, l'essuya, le baisa et le guérit. Même miracle arriva en faveur d'un pauvre lépreux.
Un jour qu'elle portait dans les pans de sa robe de l'argent pour les pauvres, son mari lui demanda à voir ce qu'elle portait, et il fut émerveillé d'y voir des roses hors de saison. Après la mort du roi, elle voulait se retirer chez les Clarisses, mais on lui fit observer qu'elle ferait une meilleure oeuvre en continuant ses libéralités. Enfin, après une vie toute d'oeuvres héroïques, elle mourut en saluant la Très Sainte Vierge, qui lui apparut, accompagnée de sainte Claire et de quelques autres Saintes.
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Pensée Chrétienne : La danse
Quand les Saints et les Pères de l'Eglise parlent de la danse, c'est toujours pour la blâmer, jamais pour la louer. Qu'importe qu'un certain monde, aux allures chrétiennes, mêmes pieuses, l'autorise par ses exemples ! Cela prouve-t-il que ce monde-là ait raison contre toute l'Eglise et tous les Saints ? Cela prouve uniquement qu'une telle piété est fausse, et que ses accommodements sont détestables. Par conséquent, si vous justifiez la danse, vous faites mal ; si vous la permettez à vos jeunes gens, vous faites encore mal ; vous répondrez devant Dieu des innocences qui se perdront dans ce divertissement, inventé par l'enfer, et que votre faiblesse autorise. Inspirez à vos enfants l'horreur de la danse ; et, la première fois qu'ils vous demanderont une permission sur ce point, répondez-leur par un refus formel et définitif.
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Le combat spirituel, Lorenzo Scupoli.
Chapitre 35 : Des moyens d'acquérir les vertus, et comment nous devons nous appliquer à la même vertu durant un certain espace de temps
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Réflexion Pratique : Le don du ciel le plus précieux pour un peuple, c'est des grands saints : demandons-le pour notre pauvre patrie.
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7 Juillet : Saint Cyrille et saint Méthode, apôtres des Slaves (IXe siècle)
Jusqu'à ces derniers temps, saint Cyrille et saint Méthode n'étaient honorés qu'en certains lieux, surtout aux divers pays slaves qu'ils avaient évangélisés et à Rome. Le pape Léon XIII étendit leur culte à toute l'Église, et leur fête est fixée au 7 juillet.
Ces deux nobles frères, nés à Thessalonique, allèrent s'instruire à Constantinople. Après de profondes études, Méthode se fit moine; Cyrille reçut de l'impératrice Théodora la mission de christianiser certains peuples voisins de la Grèce; de là, il fut appelé avec son frère à l'évangélisation de la Moravie, où leur zèle produisit des merveilles de conversions. Ils traduisirent la Bible en langue slave, langue qui leur doit sa formation régulière.
Leur renommée les fit appeler à Rome par le pape Nicolas Ier; ils y arrivèrent porteurs des reliques du Pape saint Clément Ier, que Cyrille avait découvertes dans la Chersonèse. Revenus à leur apostolat, ils furent accusés d'employer la langue slave dans les cérémonies liturgiques; mais ils se défendirent victorieusement auprès du pape Adrien II.
Cyrille étant mort à Rome, dans la force de l'âge, eut son tombeau auprès de celui de saint Clément; son frère retourna encore vers ses chers Slaves et évangélisa la Pannonie, la Bulgarie, la Dalmatie, la Carinthie. Accusé de nouveau à Rome, il se justifia si bien qu'il revint à son apostolat revêtu du caractère épiscopal. Après avoir prêché l'Évangile à la Bohême et à la Pologne, il alla mourir en Moravie, chargé de mérites et de gloire.
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Pensée Chrétienne : Est-ce pour Dieu que je travaille ?
Je fais mon devoir sans désirer l'approbation ou la reconnaissance des hommes ; si je ne me trouble pas quand mes bonnes œuvres n'ont pas le succès désiré ; si je suis aussi content de voir le bien opéré par d'autres que par moi-même, alors oui, c'est pour Dieu que je travaille. Et lorsque, en agissant ainsi pour plaire à Dieu, nous recevons des louanges, que les tentations de vanité ne nous mettent point en peine ; n'omettons pas de faire le bien par crainte de ces tentations. Ayons même l'intention de donner le bon exemple et disons : À Dieu en soit toute la gloire.
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Le combat spirituel, Lorenzo Scupoli.
Chapitre 34 : Qu'il faut acquérir les vertus peu à peu, en s'y exerçant graduellement et sans vouloir les pratiquer toutes à la fois
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Châsse de Sainte Maria Goretti, sanctuaire Notre-Dame-des-Grâces à Nettuno (Italie)
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Réflexion Pratique : S'oublier soi-même jusque dans les bras de la mort, ce roi des épouvantements, pour plaider la cause des déshérités de la terre : quel spectacle et quelle charité ! Admirons nos saints, et soyons fiers de notre foi qui produit de telles merveilles.
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6 Juillet : Sainte Maria Goretti, vierge et martyre (1890-1902)
Maria naquit dans le petit village de Corinaldo, le 16 octobre 1890, troisième d'une famille de sept enfants. En 1899, son père, cultivateur pauvre, déménagea dans une ferme au bord de la Méditerranée, près de Nettuno. Il mourut peu de temps après, laissant six enfants à nourrir.
Assunta, son épouse, décida de continuer la rude tâche à peine commencée et confia la garde des petits à Maria, âgée alors que de neuf ans. La petite fille d'une maturité précoce devint très vite une parfaite ménagère. Le jour de la Fête-Dieu, elle communia pour la première fois avec une ferveur angélique. Elle s'appliquait avec délices à la récitation quotidienne du chapelet. Maria Goretti ne put apprendre à lire, car la pauvreté et l'éloignement du village l'empêchèrent de fréquenter l'école.
La pieuse enfant ne tint cependant aucun compte des difficultés et des distances à parcourir lorsqu'il s'agissait de recevoir Jésus dans le Saint Sacrement. «Je puis à peine attendre le moment où demain j'irai à la communion», dit-elle l'après-midi même où elle allait sceller de son sang sa fidélité à l'Epoux des vierges.
Les Serenelli, proches voisins de la famille Goretti, étaient des gens serviables et honnêtes, mais leur fils Alessandro se laissait entraîner par des camarades corrompus et des lectures pernicieuses. Il venait aider la famille Goretti pour des travaux agricoles trop pénibles. Maria l'accueillait, reconnaissante, trop pure pour se méfier. Ce jeune homme ne tarda pas à lui tenir des propos abjects, en lui défendant de les répéter. Sans bien comprendre le péril qui la menaçait et craignant d'être en faute, Maria avoua tout à sa mère. Avertie d'un danger qu'elle ignorait, elle promit de ne jamais céder.
Alessandro Serenelli devenait de plus en plus pressant, mais prudente, l'adolescente s'esquivait le plus possible de sa présence. Furieux de cette sourde résistance, le jeune homme guettait le départ de la mère pour pouvoir réaliser ses desseins pervers.
L'occasion tant attendue se présenta le matin du 6 juillet. Alessandro se précipita brutalement sur Maria, alors seule et sans défense. Brandissant sous ses yeux un poinçon dont la lame acérée mesurait 24 centimètres, il lui fit cette menace: «Si tu ne cèdes pas, je vais te tuer!» La jeune chrétienne s'écria: «Non! c'est un péché, Dieu le défend! Vous iriez en enfer!» Déchaîné par la passion, n'obéissant plus qu'à son instinct, l'assassin se jette sur sa proie et la laboure de quatorze coups de poinçon.
Lorsqu'Assunta est mise au courant du drame, Maria git mourante à l'hôpital de Nettuno. Le prêtre au chevet de la martyre, lui rappelle la mort de Jésus en croix, le coup de lance et la conversion du bon larron: «Et toi, Maria, pardonnes-tu? lui demanda-t-il. -- Oh, oui! murmura sans hésitation la douce victime, pour l'amour de Jésus, qu'il vienne avec moi au Paradis.» Les dernières paroles que la Sainte prononça au milieu d'atroces douleurs, furent celles-ci: «Que fais-tu Alessandro? Tu vas en enfer!» et comme elle se détournait dans un ultime effort, son coeur cessa de battre.
Le 24 juin 1950, le pape Pie XII canonisait Maria Goretti, martyre à douze ans pour avoir défendu sa pureté jusqu'à la mort. Dans son allocution, le Saint-Père déclarait: «Elle est le fruit mûr d'une famille où l'on a prié tous les jours, où les enfants furent élevés dans la crainte du Seigneur, l'obéissance aux parents, la sincérité et la pudeur, où ils furent habitués à se contenter de peu, toujours disposés à aider aux travaux des champs et à la maison, où les conditions naturelles de vie et l'atmosphère religieuse qui les entouraient les aidaient puissamment à s'unir à Dieu et à croître en vertu. Elle n'était ni ignorante, ni insensible, ni froide, mais elle avait la force d'âme des vierges et des martyrs, cette force d'âme qui est à la fois la protection et le fruit de la virginité.»
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Pensée Chrétienne : Je serai vite oublié
Quand vous mourrez, vos parents seront d'abord bien affligés ; mais ils se consoleront bientôt, en se voyant héritiers d'une part de vos biens ; et, dans cette même chambre où vous aurez expiré, où vous aurez été jugé par Jésus-Christ, bientôt on mangera, on jouera, on rira comme auparavant ; on y dansera peut-être ! et votre âme, où sera-t-elle ?
Seigneur, à quoi bon vous offenser pour plaire à un monde qui m'oubliera si vite ? Non, je ne veux plus résister à votre appel ; qui sait si cette méditation n'est pas le dernier que vous me faites entendre ? Marie, obtenez-moi la grâce de ne m'attacher qu'à Dieu seul.
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Le combat spirituel, Lorenzo Scupoli.
Chapitre 33 : Quelques avis pour surmonter les passions mauvaises et pour avancer dans la vertu
