Front Anarchiste – Version Française
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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.
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Selon les données de Netblocks, la coupure d'internet a dépassé 190 heures maintenant.
Le site, qui documente les restrictions d'accès à Internet à travers le monde, a déclaré il y a un jour :
"Pendant ce temps, le manque d'informations en ligne a entraîné la montée en puissance des comptes pro-gouvernements, du faux contenu généré par IA et autres campagnes coordonnées."
Les mercenaires de Khamenei pétaradent dans les rues de plusieurs villes, avec leurs armes
Situation sécuritaire tendue à Mashhad où le gouvernement craint une résurgence de la révolution populaire.
Les images datent de la nuit de mardi 13 janvier 2026.
🔴 Enfin, comment les personnes à l'étranger peuvent-elles se tenir informées des événements en Iran et en Afghanistan ?
Nous fournissons des nouvelles et des informations en temps réel en persan. Nos correspondant·es sont en contact direct et physiquement présent·es dans les grandes villes iraniennes. À la fin de chaque journée, la plateforme d'information et de journalisme du Front anarchiste publie un rapport quotidien complet en persan.
En outre, nous publions quotidiennement des informations en italien, en espagnol (Argentine), en arabe, en anglais et, occasionnellement,
en allemand et en suédois [NdT : et quotidiennement en français depuisle début de l’année 2026]. Il existe également une plateforme pour les camarades des pays non persophones, avec notamment un groupe de coordination international. Nous recevons des nouvelles du monde entier et agissons en tant que force politique anarchiste pour apporter solidarité et soutien pendant les crises en cours.
En ce qui concerne l'Afghanistan et le Tadjikistan : nos camarades sont présent•es en Afghanistan, et nous avons également des camarades au Tadjikistan. Comme en Iran, nous nous engageons à la fois dans le travaild'information et dans l'action pratique dans ces régions.
Pour finir, nous cherchons à sensibiliser en continu les esprits libres de toutes tendances à travers le monde. Nous leur demandons de ne pas détourner les yeux des conditions spécifiques du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, en particulier de l'Iran et de l'Afghanistan, et de résister aux fausses informations, aux récits trompeurs et aux grands narratifs qui effacent de l’analyse politique les sociétés, leurs dynamiques et leurs revendications.
Nous appelons également à la solidarité et à la coopération mutuelle.
Nous luttons pour un monde où la liberté, l'égalité, la solidarité et l'entraide véritable sont une réalité, sans aucune forme de domination ou d'exploitation. Pour nous, l'anarchisme n'est pas seulement une théorie, c'est un mode de vie, un mode d'action et le processus de construction d'un monde libre de tout pouvoir, de toute répression et de tout mensonge.
⚫️ Une grande partie de votre couverture médiatique seconcentre sur la violence à l'égard des femmes. Considérez-vous cela comme faisant partie de la grève actuelle ?
Aujourd'hui, les femmes, les étudiants et les jeunes sont activement présents dans les rues. Ils constituaient les franges de la société au cœur du mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Par conséquent, oui, les grèves actuelles sont en phase avec les revendications du mouvement Mahsa et avec les luttes pour les droits des femmes. Nous pensons que ce mouvement, tout en préservant l'esprit de « Femme, Vie, Liberté », a également créé une opportunité pour des segments plus passifs et conservateurs de la société de se joindre à la lutte collective contre la République Islamique et de s'unir aux autres.
Notre principale préoccupation, au-delà de la lutte contre la République islamique criminelle, qui a tué plus de sept personnes dans notre région hier soir, est de lutter contre les courants royalistes qui ont infiltré le mouvement et exploitent la situation. Leurs tendances misogynes sont clairement visibles tant dans leur discours que dans leur pratique politique.
🔴 Quelle est la situation de l'anarchisme en Iran et en Afghanistan, et quels sont les défis auxquels sont confrontés les militants ?
Menaces, convocations, passages à tabac, menaces de mort, emprisonnement et violences sexuelles sont autant de réalités auxquelles les anarchistes ont été confrontés au cours des deux dernières années, et même avant cela. Au cours des cinq derniers mois seulement, deux de nos camarades ont été arrêtés et quatre autres ont été convoqués. Les conditions à l'intérieur de l'Iran sont extrêmement dangereuses pour nous.
À l'heure actuelle, l'un de nos camarades, membre du Front anarchiste, Afshin Heyratian, est emprisonné à la prison d'Evin. D'autres camarades anarchistes sont emprisonnés dans des prisons de la province de Yazd. Nous espérons que grâce à la lutte, nous pourrons libérer nos camarades et créer des conditions de sécurité pour nous-mêmes.
⚫️ Voyez-vous un risque d'intervention étrangère en Iran ?Quel en serait le résultat ?
Comme mentionné précédemment, les royalistes et les partisans de Reza Pahlavi sont profondément dépendants des puissances occidentales. Avec d'autres segments de l'opposition, ils ont créé les conditions dans lesquelles les gouvernements occidentaux, sous prétexte d'aider le peuple iranien, discutent ouvertement d'attaques militaires ou d’intervenir par procuration en Iran.Trump et Netanyahu ont menacé à plusieurs reprises l'Iran d'une action militaire, en particulier pendant les périodes de protestation active.
Nous saisissons cette occasion pour affirmer notre opposition absolue et inconditionnelle à toute occupation militaire ou intervention étrangère des États occidentaux en Iran, à quelque niveau et sous quelque forme que ce soit.
Tout comme nous étions présents pendant les douze jours du conflit entre l'Iran et Israël dans les domaines du reportage, de l'entraide et de la résistance à l'intérieur de l'Iran, nous insistons sur le fait que si une intervention étrangère se produit, nous sommes préparé·es et nous la combattrons.
Nous sommes une force locale, composée de réseaux horizontaux divers de militant·es anarchistes qui s'étaient précédemment organisé·es au sein de la Fédération de l'ère de l'anarchisme. Nous ne sommes pas de prime abord un groupe militarisé. Cependant, en fonction des développements futurs, nous pourrions adopter de nouvelles positions et nous préparer en conséquence.
Nous ne considérons pas que la société iranienne dans son ensemble soit favorable à une intervention étrangère.
Chaque fois que des manifestations éclatent en Iran, il s'empresse de s'en attribuer le mérite. S'il est vrai qu'il compte quelques partisans à l'intérieur du pays, la grande majorité de sa base réside à l'étranger. Au-delà des royalistes, des décennies de répression par la République islamique ont effectivement détruit toute possibilité de voir émerger d'autres forces d'opposition organisées à l'intérieur du pays.
⚫️Comment les manifestations sont-elles organisées et quels groupes cherchent à en tirer profit ?
Cette vague a commencé avec la fermeture des marchés en réponse à l'effondrement catastrophique du rial, à l'inflation extrême, à la hausse des taxes et à l'incapacité totale du régime à gérer la crise économique. Elle s'est rapidement transformée en une rage accumulée contre les structures du pouvoir dans leur globalité. Des slogans tels que « Mort à Khamenei » et « Basij, Sepah, Daech, vous êtes tous les mêmes » reflètent la profondeur de cette colère.
Les causes profondes sont l'effondrement économique total du régime, résultant de la corruption systémique, des dépenses militaires massives et des sanctions étrangères. Cependant, les sanctions ne sont surtout un prétexte utilisé par le régime pour justifier la répression.
L'organisation est largement horizontale et décentralisée :
elle passe par les réseaux sociaux, les appels locaux des commerçants du bazar et la propagation organique de la colère dans les rues, sans leader central ni parti directeur. C'est précisément là que réside sa force : une véritable auto-organisation par des gens ordinaires contre la domination.
C'est là toutefois que réside le danger. Des groupes d'opposition en exil, en particulier les royalistes alignés derrière Reza Pahlavi, sont entrés en scène et tentent de détourner ce soulèvement populaire. À travers des appels lancés depuis l'étranger, ils injectent des slogans tels que « Vive le Shah » dans le but d'orienter les manifestations vers la restauration d'une autre dictature héréditaire, celle qui a autrefois écrasé le peuple par le biais de la SAVAK et d'une répression sanglante, et qui cherche aujourd'hui à reprendre le pouvoir à coups de sourires diplomatiques et de promesses creuses.
Au-delà de ces groupes, les anarchistes, certains courants communistes, une partie des libéraux et des républicains soutiennent également ce mouvement et ont tout à gagner de la chute de la République Islamique.
Pendant ce temps, certaines factions de la République Islamique elle-même tentent de présenter ce soulèvement comme un mouvement prônant une simple réforme interne, afin de préserver le régime sous une forme modifiée.
🔴 Pourriez-vous vous présenter en tant que collectif : d'où venez-vous, quel est votre objectif, comment êtes-vous organisés ?
Le Front anarchiste est la forme la plus récente d'un cheminement qui a commencé en 2009. Un cheminement marqué par des hauts et des bas, depuis La Voix de l'anarchisme à la Fédération de l'ère de l'anarchisme. Aujourd'hui, avec une structure renouvelée qui rassemble des camarades expérimenté·es et de nouvelles forces, nous mettons à nouveau l'accent sur l'auto-organisation et la lutte radicale, tant pour diffuser nos idées et contribuer à la conscientisation politique que pour encourager et soutenir activement les luttes sur le terrain. Le Front anarchiste est fondé sur les principes de solidarité, d'anti-autoritarisme et de résistance acharnée contre toutes les formes de domination. Nous ne cherchons pas à réformer l'ordre existant, nous cherchons à le détruire, afin qu'il ne reste plus aucun pouvoir, aucune classe et aucune frontière. Notre lutte s'enracine dans les protestations et la résistance historiques des peuples de la région de l'Iran et de l'Afghanistan, tout en restant profondément liée au mouvement anarchiste mondial.
Bien que nous nous concentrions principalement sur l'Iran etl'Afghanistan, notre horizon dépasse largement les frontières.
Cet entretien a été réalisé et diffusé il y a 10 jours, le lundi 5 janvier 2025, avant la coupure quasi-totale d’Internet et alors que le mouvement de contestation gagnait encore en puissance en Iran. Il convient donc de le lire en ayant en tête que depuis, quasiment toutes les communications avec l’intérieur du pays sont coupées et qu’un véritable massacre est en cours, avec vraisemblablement plusieurs milliers de personnes tuées et plus encore arrêtées, blessées, menacées etc, par les différentes forces de répression du régime de la République Islamique.
Le traducteur glissera quelques notes (entre crochets et lamention NdT) au cours du texte pour tenir compte de ce décalage dans le temps, sans prétendre à l’actualiser réellement ni sans le dénaturer.
Pour lire le texte original en anglais et voir les images et les vidéos qui l’accompagnent : https://freedomnews.org.uk/2026/01/05/iran-general-strike-genuine-self-organisation-by-ordinary-people/
Anarchistes iraniens : le soulèvement est « une véritableauto-organisation par des gens ordinaires
5 janvier 2026
Entretien avec des membres du Front anarchiste, un collectif qui diffuse des informations sur les événements en Iran, en Afghanistan et au Tadjikistan
Par Gabriel Fonten
Le soulèvement en Iran dure depuis plus d'une semaine. Il nes'agit pas seulement d'une protestation économique, mais aussi d'une révolte pratique contre toute la logique du pouvoir étatique. Les gens ont perturbé le contrôle des rues, détruit les symboles de la répression et résisté aux balles. C'est précisément l'anarchie en action : la paralysie de la machine gouvernementale par le bas, sans qu'il soit nécessaire de la remplacer immédiatement par un nouveau pouvoir.
Le régime a réagi par des tirs tendus à balles réelles, des raids dans les hôpitaux et des arrestations massives, mais la répression a échoué jusqu'à présent. Des tactiques sporadiques et fluctuantes (incendie de voitures, destruction de caméras et blocage des voies d'approvisionnement) ont déplacé le pouvoir du centre vers la périphérie et créé un espace pour une véritable autogestion : dons massifs, défense des hôpitaux et diffusion directe d'informations sans intermédiaires.
Pour en savoir plus, nous avons envoyé quelques questions au Front anarchiste, un collectif qui diffuse des informations sur les événements en Iran, en Afghanistan et au Tadjikistan.
⚫️ Dans quelle mesure la population soutient-elle les grèves?
Le soutien aux grèves et aux manifestations radicales en Iran est extrêmement répandu. Sur les trente-deux provinces iraniennes, seules deux ou trois n'ont pas participé à ces grèves et manifestations. [NdT :entre temps, toutes les provinces ont finalement connu des manifestations et des actions de protestation]
🔴 Comment caractériseriez-vous la grève générale qui est en cours actuellement en Iran ? Qu'est-ce qui a provoqué cette grève ?
À l'heure actuelle, les grèves
et les manifestations se déroulent simultanément, et la situation connait une escalade rapide. Ce qui avait commencé comme une fermeture pacifique du Grand Bazar de Téhéran par les commerçants s’est transformé en violences après l'intervention des forces de sécurité. À partir de là, les manifestations se sont rapidement étendues à toutes les villes du pays. Au cœur de ces troubles se trouvent
une pression économique insupportable et une inflation galopante qui ont rendu la vie quotidienne impossible pour une grande partie de la société. Les premières grèves ont éclaté parmi les vendeurs de téléphones portables, poussés par le chaos des taux de change fluctuants et la flambée des prix des produits importés.
Ces manifestations sont entièrement spontanées et auto-organisées. Il n'y a pas de direction, pas de faction politique qui les dirige, ni de commandement central qui donne des ordres. C'est la colère qui monte directement des fondations de la société toute entière.
Dans le même temps, le fils de l'ancien roi d'Iran tente une nouvelle fois de tirer profit de la situation.
Nous transmettons ici une traduction (retravaillée à partir de l’outil Deepl) d’un entretien avec des membres d’Anarchist Front.
Cet entretien a été réalisé et diffusé il y a 10 jours, le lundi 5 janvier 2025. Texte original en anglais avec images et vidéos : https://freedomnews.org.uk/2026/01/05/iran-general-strike-genuine-self-organisation-by-ordinary-people/
Corps des personnes tuées par les forces répressives du régime de Khamenei au centre de médecine légale Kahrizak à Téhéran
• Victimisation de la classe ouvrière, des minorités ethniques et sexuelles, des réfugiés.
➡️ b) Chaos chronique
• Guerres civiles récurrentes.
• États défaillants.
• Mafias militaires et religieuses.
➡️ c) Horizon émancipateur (anarchiste-confédéraliste)
Inspiré par :
• Les communes du Rojava (nord et est de la Syrie).
• Le fédéralisme libertaire populaire.
• Les conseils ouvriers.
• L’économie coopérative et solidaire.
• L’abolition de l’État-nation.
• L’abolition des armées permanentes.
• Égalité des sexes.
• Autogestion écologique.
Ainsi :
• Un Iran sans État centralisé, avec un réseau de communes, de conseils démocratiques et de confédérations libres.
• Des frontières assouplies.
• Le remplacement des armées permanentes par l’autodéfense populaire.
• La socialisation des grands capitaux.
• La séparation complète de la religion et de l’État du pouvoir politico-social.
7⃣ Conclusion anarcho-syndicaliste
La question n’est pas seulement la « chute de la République islamique », mais aussi de savoir si le cycle historique « nouvelle répression → nouvel État → révolution → nouvel État »
sera brisé.
Car si de véritables conseils ne sont pas formés, si l’autodéfense populaire organisée est absente, si l’économie n’est pas autogérée, si la politique n’est pas horizontale, alors même si la « République islamique » tombe, seule la forme de domination et d’exploitation changera.
Mais si des réseaux de solidarité horizontaux, des fédérations de conseils, l’autogestion de la production et une culture anti-autoritaire se développent, alors au sein même de cette catastrophe pourra naître le germe d’un Iran sans État, sans dirigeants, sans armée, sans capitalisme et sans patriarcat.
Pour conclure, rappelons-nous que dans ces temps douloureux et turbulents, la réflexion collective et la critique radicale de l’autorité constituent en elles-mêmes une forme de résistance anarchiste.
✊FEMME-VIE-LIBERTÉ !
Traduction : CNT-AIT
Texte à rétrouver également sur leur site :
https://cnt-ait.info/2026/01/15/20260114/
5⃣ Scénarios à court et moyen terme
Sur la base des données existantes et sans prétendre à une prédiction définitive, des scénarios peuvent être esquissés selon trois horizons temporels (court, moyen et long terme) et trois niveaux (politique, économique et social).
➡️ a) Politique – Court terme
• Scénario dominant : poursuite de la répression + manœuvres des puissances étrangères.
• Le gouvernement tente d’épuiser le mouvement par la violence pure et simple (arrestations, torture, aveux télévisés, exécutions), une forme de loi martiale cachée et des coupures de communication.
• Les fissures au sommet de la pyramide du pouvoir n’ont pas encore conduit à l’effondrement.
• En raison de l’incapacité des forces anarchistes et de gauche à s’organiser efficacement, les forces de droite (monarchistes, nationalistes militaires, libéraux pro-occidentaux) sont les plus organisées et les plus actives à l’étranger et, en partie, à l’intérieur du pays.
• Une attaque militaire directe des États-Unis et d’Israël est peu probable (mais possible) ; des guerres par procuration, des cyberguerres, des assassinats ciblés, des pressions économiques et un soutien des services de renseignement à l’opposition de droite sont plus probables.
• Le principal danger est le « vol de la révolution » par les forces fascistes et autoritaires, que ce soit sous la forme de généraux « sauveurs », de Reza Pahlavi ou d’un gouvernement technocratique de transition.
➡️ b) Économique – À court terme
• Perturbation des chaînes de production, grèves dispersées, nouvelle dévaluation de la monnaie et pénuries d’énergie et de nourriture dans certaines régions.
• Potentiel anarchiste : émergence de cellules d’entraide, distribution locale de nourriture et de médicaments, et réseaux de solidarité de quartier pour la survie, mais pas encore pour la gestion sociale.
➡️ c) Social – court terme
• Radicalisation des masses.
• Effondrement complet de la légitimité morale de la « République islamique ».
• Expansion de la solidarité horizontale au sein des familles, des quartiers, des milieux éducatifs et professionnels, sans pour autant former de réseaux autonomes nationaux ou de conseils stables.
➡️ Politique – Moyen terme
Trois voies possibles :
🔸Voie 1 :
• Effondrement/renversement par le haut grâce à une alliance entre les monarchistes, une partie des Gardiens de la révolution, l’armée et le soutien occidental.
• Formation d’un gouvernement de transition autoritaire.
• Reproduction du capitalisme : État, parlement, nationalisme, police militaire et de sécurité.
• Répression sévère des anarchistes et de toute l’opposition de gauche sous le prétexte de « rétablir l’ordre ».
🔹Voie 2 :
• Impasse de la « syrianisation » du pays :
o Fragmentation de facto par les milices.
o Intervention régionale.
o Catastrophe humanitaire.
🔸Voie 3 :
• Expansion de l’auto-organisation et de l’autogestion de masse (peu probable mais historiquement possible), création de réseaux fédéralistes horizontaux avec des conseils démocratiques dans les quartiers, les usines et les centres éducatifs.
➡️ Économique – Moyen terme
• Privatisation néolibérale à la manière forte, ou économie de rente de guerre.
• Dans un scénario émancipateur : expropriation des grands capitaux, économie coopérative et gestion de la production par des conseils.
➡️ Social – Moyen terme
• Crise de l’identité nationale.
• Fédéralisme et questions ethniques.
• Rôle des femmes et des jeunes dans la redéfinition des relations de pouvoir.
• Montée possible des milices d’extrême droite ou formation de conseils populaires.
D’un point de vue anarchiste, la lutte principale n’est pas seulement contre le régime au pouvoir, mais contre la logique même de l’État-nation, des frontières, des armées, des dirigeants et de tout ce qui est considéré comme sacré.
6⃣ Scénarios régionaux à long terme (Moyen-Orient)
Trois horizons :
➡️ a) Nouvel ordre impérial
• Hégémonie militaire israélienne.
• États arabes sécuritaires.
• Iran post-islamique mais militaro-nationaliste.
2⃣ La possibilité d’une intervention militaire américaine et israélienne
À ce jour, aucune attaque militaire américaine ou israélienne à grande échelle contre les dirigeants iraniens n’a eu lieu. Cependant, le président américain Donald Trump a averti que des « mesures plus fortes » pourraient être prises si les meurtres/exécutions ou la répression sévère se poursuivaient. Certains analystes suggèrent que des options militaires, des cyberopérations, des pressions économiques ou des mesures indirectes sont à l’étude, mais aucune décision définitive concernant une attaque directe n’a encore été annoncée au moment où est rédigé cette analyse.
Les pays européens et les alliés des États-Unis ont généralement rejeté ou abordé avec prudence le militarisme direct, s’appuyant davantage sur les sanctions et les pressions politiques.
En réponse, le gouvernement iranien a menacé de riposter contre les forces et les intérêts américains et israéliens en cas d’attaque.
Par conséquent, bien que la possibilité d’une guerre directe entre les États-Unis et Israël contre la « République islamique » existe, elle n’est pas certaine à l’heure actuelle et reste principalement au niveau des menaces, des scénarios de pression maximale, de la guerre économique à grande échelle et des options militaires indirectes.
3⃣ Perspectives politiques de l’Iran à la lumière des développements actuels
À ce stade, plusieurs scénarios potentiels existent, mais aucun n’est certain :
➡️ a) Poursuite de la crise et répression sécuritaire et militaire
Le gouvernement iranien pourrait, avec l’aide des forces de sécurité telles que le Corps des gardiens de la révolution islamique et les Basijis, réprimer en grande partie les manifestations, mais à un coût humain et politique extrêmement élevé. La poursuite des coupures d’Internet et de téléphone, la répression et la pression internationale pourraient prolonger l’instabilité.
➡️ b) Crise politique et effondrement lent et progressif du système
Si des fractures plus profondes apparaissent au sein des forces de sécurité ou parmi les élites au pouvoir, la crise pourrait conduire à un effondrement structurel du système, considéré comme possible mais pas inévitable par les analystes.
➡️ c) Le rôle des acteurs extérieurs
Une intervention militaire directe est peu probable, mais la pression économique, les sanctions, les efforts diplomatiques et le soutien des médias [étrangers] pourraient jouer un rôle décisif. Le « soutien » politique de certains États (dont les États-Unis ou Israël) aux manifestations pourrait accroître la pression sur le gouvernement, mais ne conduirait pas nécessairement à un changement immédiat de régime.
4⃣ L’horizon politique en Iran
Divers mouvements sociaux dotés de structures horizontales (sans hiérarchies partisanes) ne se sont pas encore manifestés sous la forme d’une auto-organisation et d’une autogestion de la classe ouvrière (industrie, services, etc.). Les manifestations restent largement basées sur des rassemblements locaux et des actions de rue dispersées plutôt que sur des grèves coordonnées.
Si ces mouvements visent un changement structurel, ils nécessitent nécessairement la création de réseaux locaux et régionaux solides de syndicats et de conseils d’autogestion horizontaux et démocratiques, capables de mener à bien des projets concrets pour administrer la société après la crise. Sans ces institutions préexistantes, tout mouvement risque de s’essouffler rapidement ou d’être orienté vers des acteurs politiques de droite.
En général, toute transformation révolutionnaire et émergence de nouveaux mouvements sociaux qui ne se doterait pas de structures collectives horizontales et de réseaux de communication stables — en particulier, compte tenu du rôle complexe des puissances étrangères et des structures de sécurité nationales — ne permettra pas d’obtenir une victoire définitive et finale.
Une perspective politico-analytique sur l’Iran d’un point de vue anarcho-syndicaliste
Par Hasse-Nima Golkar, militant anarchosyndicaliste d’origine iranienne
Le mouvement révolutionnaire du peuple iranien, qui a repris le 28 décembre 2025, s’est heurté à la violence incroyable de l’État islamo-fasciste qui règne sur le territoire iranien. On estime que ce crime horrible a fait jusqu’à présent au moins 12 000 morts parmi les adultes et les enfants, et il est probable que le nombre de victimes soit bien plus élevé.
La réalité est que, d’une part, le peuple sans défense et les mains nues ne peut pas affronter un régime armé jusqu’aux dents et, d’autre part, les forces politiques de gauche, en raison du rythme extrêmement rapide et accéléré du mouvement révolutionnaire actuel, ont pris beaucoup de retard dans l’organisation radicale et pratique de la classe ouvrière et des autres couches sociales opprimées, et n’ont malheureusement pas été en mesure jusqu’à présent de mener une action efficace.
Les forces politiques de droite, en particulier les monarchistes et les partisans violents et ouvertement fascistes de « Reza Pahlavi », sont devenues très actives, et afin de s’emparer du pouvoir, il est possible que, d’une part, grâce à une alliance avec certaines parties de l’armée – les Gardiens de la révolution – et les réformistes, et d’autre part grâce à l’aide politico-militaire des forces occidentales, notamment des États-Unis, Israël et certains gouvernements européens, ils pourraient réussir à « renverser » la République islamique.
Bien sûr, nous savons que la situation au Moyen-Orient, y compris en Iran, est extrêmement complexe et qu’il est presque impossible, voire extrêmement difficile, de prédire l’avenir proche. Néanmoins, sur la base des données disponibles à ce jour, pouvons-nous affirmer :
1. Une guerre entre les États-Unis et Israël contre le gouvernement islamique aura-t-elle lieu ?
2. Une perspective politique est-elle possible pour l’Iran et le Moyen-Orient ?
En ce qui concerne le mouvement de protestation qui traverse tout l’Iran, de nombreux rapports et analyses ont été publiés qui donnent une image plus claire de la situation actuelle et des développements futurs possibles, même s’il est presque impossible à l’heure actuelle de faire des prévisions précises sur l’avenir de l’Iran et du Moyen-Orient.
1⃣ La réalité des manifestations et de la répression
Depuis fin décembre 2025, des manifestations nationales ont commencé et se sont jusqu’à présent étendues à l’ensemble des 31 provinces, certaines régions étant confrontées à une violence sécuritaire et militaire extrêmement sévère.
Les médias internationaux et les réseaux sociaux font état de plusieurs milliers de morts, entre 3 000 et 15 000 personnes (adultes et enfants), et de dizaines de milliers de détenus. Cependant, les chiffres exacts restent inconnus et invérifiables en raison d’une coupure totale d’Internet, d’une censure sévère et d’informations contradictoires, bien que des tentatives soient faites pour diffuser des informations via les communications par satellite.
Le gouvernement iranien a jusqu’à présent poursuivi sa répression brutale en accusant les manifestants d’être des « terroristes » et en alléguant une ingérence étrangère, notamment en tirant directement sur eux, en utilisant des balles réelles et en prévoyant des procès et des exécutions accélérées.
Outre les manifestations généralisées pour protester contre la situation économique et politique, des rapports font état de blessures graves, notamment des blessures aux yeux et à la tête causées par des balles réelles.
Mise à jour : les données sur le réseau montrent que l' #Iran est entré dans son 7ème jour consécutif de coupure quasi-totale de tout moyen de communication, depuis l'incident il y a maintenant plus de 145 heures. Cette coupure est parmi les plus longues jamais enregistrées et continue de couper plus de 90 millions d'iranien•nes du monde extérieur.
