🛑Un Burkinabè au sommet du mont KILIMANDJARO : *JULIO LUCRECE BAZI*
Récit des derniers moments d'une ascension du plus haut sommet de l'Afrique :
Il était 23h quand les gars de l’ascension finale du jour ont débuté ! Moi j’étais prêt à 1h05 donc à 15h on s’y met !
Mon guide réveille un des porteurs pour suivre puis il prend une bouteille d’oxygène (en cas de cas, il sait ce qu’il fait).
En deux heures nous avons rattrapé et dépassé 60% de ceux qui sont partis à 23h alors qu’on allait à un rythme vraiment super modéré !
À 5100m d’altitude, je pensais que c’était la morve qui s’écoulait de mes narines ! Je touche, je saigne du nez 🥲
Moi : Eh eh, depuis quand ? J’essuie ça vite parce que s’il voit ça il m’a systématiquement reporté et on allait faire demi-tour !
À 5150m, j’ai le mal de montagne sévère qui se manifeste.
Voici comment il se manifeste :
1. Maux de tête intenses : Pression dans la tête, comme un étau qui serre.
2. Nausées et vomissements : L’oxygène réduit perturbe la digestion.
3. Difficulté à respirer : L’air devient plus rare, rendant chaque souffle plus difficile.
4. Fatigue extrême : Les muscles se fatiguent rapidement, même sans effort intense.
5. Vertiges et confusion : Problèmes de coordination et de concentration dus au manque d’oxygène.
6. Douleur thoracique : Stress sur les poumons et le cœur dû au manque d’oxygène.
Déjà une solution rapide à ça c’est boire de l’eau ! Donc je ne faisais que boire toutes les 20mn.
À 5300m, on voit une Chinoise qui agonise que les porteurs ont branché l’oxygène et ramené à 4675m où il y a un héliport pour que l’hélicoptère passe la chercher !
Un peu plus devant, un autre cas qu’on ramène 🥲 !
Moi, dans ma tête, genre mon tour vient ? Et puis je dis, non j’ai pas le choix que d’y arriver.
La dangerosité de l’ascension finale du Kili, c’est que si tu fais faux pas, tu glisses, ton corps ne sera pas retrouvé ! Et là moi j’avais le vertige et des hallucinations 🥲 Tchiaaaa faut voir l’exercice que je faisais 😂
Je me pose des questions du genre : comment s’appelle ta maman, et je réponds et je me corrige pour me rassurer que je n’hallucine pas.
À 5500 mètres environ, je manquais de souffle, narine wooo, bouche wooo, ça ne suffisait pas !
J’avais perdu l’usage de ma main droite (Congelée 🥲) je vous raconte pas la sensation 🥲 la douleur de ça !
Mes orteils aussi congelés 😅 j’avais super mal même à marcher.
Si tu te demandes pourquoi congeler, nous étions à -15 degrés.
Les rochers sur lesquels tu t’adosses, même pour quelques minutes, tu te colles facilement à cause de la rosée !
En vrai, c’est à ce moment que je me posais la question : Qui t’a envoyé ? 😂😂😂 j’étais à bout.
Chaque pas me rapprochait du but final mais j’en souffrais énormément !
Chaque 5mn mon guide me dit : Don’t Give-up Julio ! Et moi je le rassurais que ça allait !
À un moment il ne pouvait plus annuler car on était très avancé !
Pour m’encourager davantage, il me montre un point à côté et il me dit que si on arrive là-bas, on aura juste 30mn pour être au sommet 😂
Ce point-là, on a 2h pour le faire 😂😂
Moi j’étais de plus en plus KO 😭 j’en pouvais plus.
J’ai donné ma canne au guide de tenir pour que je puisse marcher, suivre puisque je vois double 🥲 vertiges.
Wallaye, que ça a été un combat ! Voilà le but, j’en peux plus, ma tête veut exploser ! La pression atmosphérique 😭.
Quelques temps après, après avoir traversé la couverture de glace au sommet, me voilà devant le panneau de félicitations !
J’ai tout juste 10mn là-bas pour ne pas geler !
Je fais des photos, vidéos, puis je fixe le drapeau à un ancien poteau qui servait d’antenne de relais.
Ça a été très vite et nous descendons 🤧. Si sur aucune photo je ne souriais, cest que j’avais mal et même très mal 🥲
De 1h à 7h donc 06h de marche.
Maintenant faut redescendre très vite car j’ai trébuché sur la glace, tombé 🥲 quand je me suis réveillé, j’étais épaulé par mon guide et le porteur 100m plus loin ! Cette affaire-là ! Tu meurs très facilement si tu n’es pas bien entouré.