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Front Anarchiste – Version Française

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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.

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LOI MARTIALE IMPLICITE ET LA LOGIQUE DU POUVOIR EN IRAN ! Une perspective anarchiste sur la coupure d'Internet et la militari
LOI MARTIALE IMPLICITE ET LA LOGIQUE DU POUVOIR EN IRAN ! Une perspective anarchiste sur la coupure d'Internet et la militarisation de l'espace urbain Auteur : Hasse-Nima Golkar Des centaines d'heures de coupure totale et délibérée d'Internet, accompagnées du déploiement visible dans les rues et les quartiers des villes iraniennes de forces armées équipées de matériel militaire lourd, ont forgé une image qui, quoique n'en ayant pas officiellement l'appellation, possède en pratique beaucoup des caractéristiques de la "loi martiale" : contrôle des communications, mise en place d'une force coercition, et imposition d'un état d'urgence permanent. Cette situation n'est pas une déviation temporaire mais bien une manifestation crue de la logique de l’État moderne.

Les iranien•nes passent la frontière avec la Turquie pour accéder à Internet Associated Press rapporte qu'un certain nombre d
Les iranien•nes passent la frontière avec la Turquie pour accéder à Internet Associated Press rapporte qu'un certain nombre de citoyen•nes iranien•nes passent la frontière avec la Turquie pour accéder à Internet. Ils viennent dans la province de Van dans un contexte de coupures Internet et de répression sur les manifestant•es à l'intérieur des frontières de l'Iran. Selon la même dépêche, les passages de frontières de courte durée sont devenus un moyen pour ces iranien•nes d'avoir accès à l'information de l'extérieur alors que l'Internet est coupé. Les iranien•nes n'ont pas besoin de visa pour la Turquie et, de ce fait, les voyages très courts de l'autre côté de la frontière sont devenus une solution alternative pour celles et ceux qui vivent au nord-ouest du pays ou ont la possibilité de voyager plus loin. Certain•es déclarent financer leur voyage en vendant des produits bon marché en Iran, comme du thé ou des cigarettes, qui sont plus chers en Turquie. Plus de détails : https://l.euronews.com/ZPCu

Désastre humanitaire en Iran : 8000 personnes ont perdu la vue Un article choquant du Sunday Times a révélé de nouvelles dime
Désastre humanitaire en Iran : 8000 personnes ont perdu la vue Un article choquant du Sunday Times a révélé de nouvelles dimensions de violence contre les manifestant•es, la situation étant désormais sans précédent dans l'histoire récente. Un résumé des statistiques horrifiantes rapportées ici : au moins 8 000 manifestant•es ont perdu la vue en Iran suite à des tirs tendus dans les yeux. Environ 18 000 personnes sont mortes, et plus de 330 000 ont été blessées. A Téhéran, plus de 800 cas d'aveuglement par armes à feu ont été enregistrés. Les statistiques cliniques montre que le centre Noor d'ophtalmologie de Téhéran ont enregistré 7 000 cas de blessures aux yeux. Dr. Amir Paresta, directeur médical à Munich, souligne que les blessures à la tête, au cou et à la poitrine indiquent l'utilisation en tirs tendus volontaires d'armes de calibre militaire, provoquant ainsi des handicaps permanents. Les organisations des droits humains ont qualifié ces exactions d'exemples clairs de "crimes contre l'humanité".

‼ UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES PAR LE RÉGIME DE KHAMENEI — PREUVES CONFIRMÉES‼ De plus en plus d'éléments prouvent que le régime de Khamenei utilise des agents chimiques contre les civils en prétendant utiliser du « gaz lacrymogène ». Jusqu'à présent, l'utilisation d'armes chimiques a été confirmée à Sabzevar, une ville de la province de Khorasan Razavi, dans le nord-est de l'Iran. Une survivante de ces attaques chimiques a rapporté que plus d'une semaine s'était écoulée depuis qu'elle avait participé à des manifestations à Niavaran, un quartier du nord de Téhéran, où elle avait été directement visée par ce que les autorités ont qualifié de gaz lacrymogène. Son corps n'est toujours pas revenu à la normale. Depuis plus d'une semaine, elle souffre d'une hypertension artérielle sévère, de tachycardie, de douleurs abdominales intenses, de maux de tête persistants et de vertiges, des symptômes qui vont bien au-delà des effets connus des agents classiques du maintien de l'ordre. Après un examen médical complet dans une clinique de Niavaran (au nord de Téhéran), un médecin a confirmé que de nombreux·ses patient·es présentaient des symptômes identiques. Selon le médecin, ces troubles sont causés par des substances chimiques illégales délibérément tirées sur les manifestants en prétendant qu'il s'agit de gaz lacrymogène, substances qui perturbent les fonctions physiologiques normales et pourraient causer des dommages durables. Il ne s'agit pas de contrôle des foules. Il s'agit d'une guerre chimique contre les civil·es. L'usage systématique d'agents chimiques dans les villes d'Iran, de Sabzevar dans le nord-est aux quartiers nord de Téhéran, constitue une violation du droit international et un crime contre l'humanité. Le silence permet ces crimes. Les documenter, les exposer et exprimer toute forme de solidarité sont des nécessités urgentes.

‼️ UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES PAR LE RÉGIME DE KHAMENEI — PREUVES CONFIRMÉES ‼️ Il ne s'agit pas de contrôle des foules. Il s'agit d'une guerre chimique contre les civil•es. Plus d'infos ⤵️

Le fait qu'Ali Khamenei ait admis avoir tué « plusieurs milliers de personnes » tout en rejetant la responsabilité sur des « ennemis extérieurs » est un schéma classique du pouvoir, car l'État se présente toujours comme la victime afin de justifier les massacres. Mais ce qui s'est passé et se passe encore dans les rues, les cimetières et les hôpitaux, c'est la guerre des États et des souverainetés contre la société, et la guerre des structures hiérarchiques contre les êtres humains vivants qui aspirent à la dignité. Prendre « l'argent des balles » aux familles des victimes est un symbole flagrant de la marchandisation de la mort dans un système qui transforme tout, même le corps d'un enfant, en source de revenus et en outil d'intimidation. C'est la logique fondamentale des systèmes imbriqués du capitalisme et de l’Etat, basée sur le profit, le contrôle et l'obéissance. Cependant, le chemin vers la liberté véritable ne passe ni par le remplacement d'un dirigeant par un autre, ni par le fait de placer ses espoirs dans des puissances mondiales qui font elles-mêmes partie du même ordre oppressif. La véritable libération des griffes sanglantes des États-nations prend forme dans l'auto-organisation horizontale (sans hiérarchies partisanes ni direction unique) et dans l'autogestion du peuple, dans les réseaux de solidarité et d'entraide, dans les conseils fédéralistes démocratiques, les comités locaux, les grèves des travailleuses et des travailleurs uni·es et les connexions transnationales ; là où le pouvoir n’est plus monopolisé et est rendu aux mains compétentes de la société elle-même. Ce qui se passe aujourd'hui en Iran est un cri contre toute forme de domination : religieuse, militaire, capitaliste et impérialiste. La solidarité mondiale directe avec le peuple, la dénonciation des mensonges et des tromperies des États, et le renforcement des voix indépendantes et horizontales en quête de liberté sont un devoir qui dépasse les frontières et les drapeaux. La liberté n'est pas un cadeau fait par un gouvernement, quel qu’il soit ; elle est le fruit d'une lutte continue, de l’entraide et de l’auto-gouvernement de celles et ceux qui ne veulent plus vivre sous la botte d'une quelconque autorité. Avec l'espoir que la voix de la vérité et la quête de liberté des opprimé·es seront entendues toujours plus clairement. ✊FEMME – VIE – LIBERTÉ !

IRAN : SOUS COUVERT D’UNE LOI MARTIALE IMPLICITE, UN CRIME EXPLICITE CONTRE L’HUMANITÉ ! Auteur : Hasse-Nima Golkar D'après les informations provenant de certains réseaux sociaux, des médias grand public et des données fournies par des témoins oculaires à l'intérieur du pays concernant le récent soulèvement révolutionnaire du peuple pour obtenir « du pain et la liberté », qui se poursuit depuis le 28 décembre 2025 jusqu'à aujourd'hui, au moins 20 000 personnes — personnes âgées, jeunes et enfants — ont été tuées et ont disparu dans une bataille inégale contre un régime lourdement armé, doté d'armes militaires légères et lourdes, également appuyé par des milices fascistes islamo-chiites d'Irak et d'Afghanistan. Environ 360 000 personnes ont été blessées à des degrés divers, en particulier aux yeux, à la tête et à la poitrine, et ont subi des blessures graves. Le gouvernement islamique chiite qui règne sur le territoire iranien, comme par le passé, en recourant à une coupure totale des lignes de communication, notamment Internet et le téléphone, et récemment en brouillant les ondes satellites, dont « Starlink », pendant au moins une semaine, a réussi à atteindre ses objectifs fascistes, à savoir la répression sanglante du mouvement révolutionnaire du peuple. Selon ces mêmes informations, les responsables du cimetière, afin de remettre certains corps à leurs familles, ont exigé une somme de 700 000 tomans (environ 166 dollars américains) à titre de « compensation pour les balles ». Cependant, les autorités gouvernementales prétendent n’avoir jamais reçu cet argent. Le dictateur sanguinaire Ali Khamenei, leader de la République islamique, a admis pour la première fois dans son discours du samedi 17 janvier 2026 avoir tué « plusieurs milliers de personnes », mais comme à son habitude, il a sournoisement rejeté la responsabilité de ce massacre horrible sur les gouvernements occidentaux, en particulier les États-Unis et Israël. À l'heure actuelle, une sorte de loi martiale implicite a été instaurée en Iran, et l'accès à Internet est parfois impossible et parfois, pour seulement quelques minutes, extrêmement difficile. Selon certains témoins oculaires, des milliers de cadavres non identifiés ont été empilés dans les cimetières, et dans les ruelles et les rues de tout l'Iran, l'odeur du sang est perceptible. D'un point de vue anarchiste, ce qui est rapporté dans ces témoignages n'est pas simplement « le crime d'un gouvernement particulier », mais un exemple flagrant de la nature de tout État centralisé, de toute idéologie autoritaire et de toute structure hiérarchique de pouvoir qui se place au-dessus de la société et, en monopolisant les armes, les médias et la prétention à la vérité, transforme la vie de millions d'êtres humains en outils pour préserver et reproduire sa propre domination. L'État islamique qui gouverne l'Iran, comme tous les États, qu'ils soient religieux ou laïques, au moment où le peuple se soulève pour revendiquer ses besoins les plus fondamentaux, à savoir ici « le pain et la liberté », révèle son vrai visage, c'est-à-dire une « machine de violence organisée ». La coupure totale d'Internet, de Starlink, des téléphones et de tous les moyens de communication n'est pas seulement une tactique de sécurité, mais une tentative de rompre les liens horizontaux de solidarité et d'entraide entre les gens ; ces liens mêmes qui sont le fondement et la base de la véritable liberté, de l'égalité et de la justice.

Rapport — Samedi 27 Dey 1404 (17 janvier 2026) Source : un camarade actuellement en Iran. Les grèves et les manifestations se poursuivent dans tout le pays. Aujourd'hui, nous avons eu le retour convergent de différents endroits que de nombreux et nombreuses médecins et infirmier·es qui avaient soigné des blessé·es ont été convoqué·es devant les tribunaux. Je ne dispose pas encore d'informations vérifiées sur l'issue de ces audiences, mais je vous tiendrai au courant dès que j'en aurai. Une forte présence sécuritaire et, de fait, la loi martiale sont toujours clairement en place dans beaucoup de grandes villes. En raison de la grave insécurité qui règne, les gens comptent largement sur leurs véhicules privés pour se déplacer et subvenir à leurs besoins quotidiens. L'atmosphère est tellement tendue et effrayante que les citoyen·nes se sentent constamment exposé·es à des contrôles arbitraires et à des fouilles corporelles invasives. D’après un reportage publié par une chaîne d'information sur Al-Monitor, des forces affiliées à Hashd al-Shaabi [paramilitaires pro-régime] sont postées sur des checkpoints, en particulier à Téhéran, Mashhad et Zahedan, ainsi que dans plusieurs autres villes pour lesquelles aucune confirmation fiable n'a encore été obtenue. À Téhéran, j'ai personnellement été témoin de leur présence sur les checkpoints. Hashd al-Shaabi est actuellement le seul groupe proxy [affilié au régime] à affronter activement les manifestant·es. Ils tirent à balles réelles directement sur les manifestant·es. Celles et ceux qui ne s'arrêtent pas aux points de contrôle ou qui montrent des signes d’agacement ou de résistance sont violemment passé·es à tabac. La ville est pleine de colère et de tension. Les gens conduisent de manière agressive. La patience des gens est à bout, et chaque rencontre devient de plus en plus violente et imprévisible. La nuit, des chants et des slogans résonnent dans les maisons. Des cris « Mort au dictateur » peuvent être entendus pendant une à deux heures, parfois par intermittence, parfois sans interruption. Par ailleurs, tard dans la nuit (après minuit), on entend encore des coups de feu.

Photo de sniper des Gardiens de la Révolution (IRGC) positionné sur le toit de la mairie d'Ispahan, pendant les manifestation
Photo de sniper des Gardiens de la Révolution (IRGC) positionné sur le toit de la mairie d'Ispahan, pendant les manifestations récentes

🔸Vendredi soir J'ai décidé de participer activement aux manifestations. Ils tuaient des gens et j'étais contre cela. Ca va bien au-dessus de toute conviction politique. Je suis un être humain et je voulais soutenir d'autres êtres humains qui affrontaient les balles à mains nues. Ce soir-là, je suis sortie et j'ai vu encore plus de gens se joindre aux manifestations. Je peux témoigner que j'ai vu des milliers de personnes dans les rues manifester contre le régime islamique. À un moment donné, j'ai vu des milliers de personnes marcher sur l'autoroute. Nous pouvions entendre des coups de feu. Il y avait des enfants et des adolescent·es en première ligne. J'ai crié : « Il faut bouger. C'est dangereux de continuer par là. » Mais ils et elles ne se sont pas arrêté·es et ont commencé à chanter l'hymne national et à crier « liberté ». J'ai quitté la foule et je me suis cachée dans une ruelle derrière un mur. Je peux vous certifier avoir vu des policiers en civil et le visage couvert tirer sur des personnes non armées, qui marchaient simplement. Lorsque la première ligne de ces centaines de personnes a été tuée, les autres ont continué à avancer et à chanter et crier. Et trois ou quatre rangées de cette foule de manifestant·es ont brutalement été tuées par des tirs. La police a repris la rue et a commencé à poursuivre celles et ceux qui tentaient de s'échapper. J'ai couru jusqu'à l'appartement où je vis. Je me suis cachée derrière un mur à l'entrée. La police essayait de me tuer. Ils tiraient sur la porte, au-dessus de la porte et sur les fenêtres. Je me suis tournée vers le mur et j'ai mis mes mains sur mon visage. Il n'y avait pas d'électricité, je ne pouvais donc pas voir les balles autour de moi. Et je ne pouvais pas bouger. Je vous assure qu’ils essayaient de me tuer alors que j’essayais de m’échapper. 🔹Le lendemain Je me suis rendue à l'hôpital. Beaucoup de gens avaient été aveuglé·es par des balles. Des centaines... Et je peux certifier que 120 personnes ont été tuées dans une seule région de l'est de l'Iran. Leurs âges variaient entre 12 et 27 ans. (Témoignage d'un responsable de l'hôpital) Les jours suivants, la police a attaqué des maisons et demandé aux gens d'acheter les corps des personnes qu'elle avait tuées à des prix exorbitants. 🔸Situation actuelle Au moment où j'écris ces lignes, l'accès à Internet est extrêmement limité et ce soir, tout ça va se reproduire car les gens vont à nouveau manifester. Les politiciens négocient le nombre exact de morts qu’il faut pour prendre des mesures. Et les monarchistes veulent que davantage de personnes soient tuées afin d'attirer l'attention et de réaliser l'unité politique [derrière eux]. Nous avons besoin de votre aide. S’il vous plait, arrêtez ce régime par tous les moyens possibles.

Une autre personne a été décapitée. Les gens ont ramassé les morceaux et ont utilisé des glissières de sécurité en métal pour les transporter. Lui aussi était très jeune. Beaucoup de gens ont été aveuglés, handicapés et arrêtés. J'avais peur et j'étais en danger. J'ai fait tout mon possible pour sauver ces trois jeunes manifestants. Ils n'avaient que 19 ans. Je leur ai demandé pourquoi ils manifestaient. Ils ont répondu : « On est employés dans la restauration. On travaille 12 heures par jour et on ne gagne que 11 millions de tomans. On ne peut plus continuer à vivre ainsi. On va crever. On est obligés de voler de la nourriture au restaurant pour aider nos familles. On a vu d'autres jeunes manifestant·es mourir et on veut juste se battre pour la justice et la liberté. » Ils avaient reçu des balles dans les jambes et dans le dos, et cette nuit-là, nous sommes restés dans le froid de ce parking, pour essayer de survivre. Je pense souvent à eux. J’espère que j’aurais l’occasion de les voir à nouveau, en vie. 🔹Le lendemain matin Le lendemain matin, je suis sortie pour acheter du matériel de premiers secours, en cas d'urgence. Tous les magasins étaient fermés. Une femme m'a emmenée à la seule pharmacie ouverte ce jour-là. Elle m'a dit que son frère avait été blessé par balle et m'a demandé de l'aider et de continuer à lutter contre le régime. Quand je suis entrée dans la pharmacie, j'ai vu de nombreuses personnes blessées qui essayaient d'acheter du matériel de premiers secours. Le vendeur m'a dit : « On n’a rien. La seule chose que je peux vous donner, c'est un petit morceau de coton et des bandages. Rentrez chez vous et utilisez de l'eau salée et ça. » Je n'ai pas demandé plus. Et je suis rentrée.

Je ne voulais pas me joindre à eux à ce moment-là, parce que je ne le soutiens pas, ni lui ni les monarchistes. Mais j'entendais les voix. Les voitures klaxonnaient et les gens criaient « À bas le dictateur », « À bas Khamenei ». On pouvait les entendre très clairement. J'habite à côté d'une grande rue et d'une autoroute à Téhéran, je m'en suis donc rapidement rendu compte. J'ai envoyé un message à un·e ami·e : « Il se passe quelque chose ici » J'ai vérifié le réseau et je n'ai pas pu envoyer le message. Je ne pouvais ni passer d'appels téléphoniques ni envoyer de messages. Télévision éteinte et satellite déconnecté. J'ai couru vers la fenêtre, j'ai ouvert la porte du balcon et j'ai commencé à observer la scène d'en haut. Un groupe de leaders de la manifestation a tenté de mettre le feu à des poubelles afin de créer une zone de sécurité et d'arrêter les voitures. Une femme parmi les leaders est venue en dessous de mon balcon et a crié « Vive le roi », me demandant de répéter. Je ne l'ai pas fait. Elle a crié à nouveau : « Répétez « À bas le dictateur » ». Et j'ai crié en retour et répété. Je voulais vraiment les soutenir, mais le seul problème était que je ne voulais pas rejoindre les monarchistes. Les leaders ont rapidement quitté les lieux et les habitant·es sont resté·es pour continuer l’action de protestation. Je suis descendu dans la rue. Ce que j'ai vu était vraiment incroyable : des centaines de personnes de mon quartier manifestaient. Il y avait devant mes yeux des familles, des enfants, des personnes âgées et, bien sûr, un grand nombre d'adolescent·es et de jeunes qui manifestaient et se battaient dans la rue. Je me suis demandé où était la police du régime. Avant, elle arrivait plus tôt. Quelqu'un est arrivé à moto et a répondu à ma question : « Les gars, le commissariat de notre quartier est débordé. Les manifestant·es sont partout. » J'étais vraiment surprise et, bien sûr, très heureuse. J’ai rejoint la foule et j'ai essayé de lancer mes propres mots d’ordre. Je répétais ce que je voulais dire et demandais aux autres de crier ce que nous avions en commun. Les gens voulaient la liberté, la laïcité et une vie normale, et certains d'entre eux pensaient que les monarchistes pouvaient leur offrir cela. C'est pourquoi ils criaient « Vive le roi ». Nous étions là, les voitures nous soutenaient, et j'ai pensé que c'était la fin du régime islamique. C'était très intéressant. Je voyais des personnes âgées que je connaissais et que je n'aurais pas qualifiées de rebelles ou de révolutionnaires en temps normal. Mais cette nuit-là, elles changeaient le gouvernement, et j'étais plus hésitante qu'elles. 🔸Trois garçons courent vers moi Soudain, trois garçons ont couru vers moi et m'ont demandé de les aider à se rendre dans une autre ville. Évidemment, je ne pouvais pas les emmener dans une autre ville cette nuit-là. C'était impossible, alors je leur ai demandé si la police les poursuivait. Ils m'ont répondu que oui. Donc je les ai aidés. Nous avons couru ensemble et nous nous sommes caché·es dans un parking du quartier. Je les ai emmenés en lieu sûr. Certains voisins nous ont donné de la nourriture et des vêtements, d'autres avaient peur de nous aider. Ils sont restés avec moi cette nuit-là et sont partis le lendemain. Ils étaient blessés par balle et nous avons essayé d'arrêter le saignement, mais nous ne pouvions pas les emmener à l'hôpital car le gouvernement était là pour nous tuer. Lorsque nous sommes arrivés au parking, les coups de feu ont commencé et les personnes qui étaient avec nous ont été tuées. Quelqu'un m'a raconté ce qui s'était passé dehors pendant ces quelques minutes : « J'ai vu un jeune homme, il avait été touché à la tête et au cou. Son cerveau était détruit et des morceaux de cerveau étaient par terre. Une vieille femme a utilisé son foulard pour envelopper le cerveau et les morceaux et les a emportés en lieu sûr. » Bien sûr, le garçon était mort, mais elle voulait sauver le corps.

Un récit de ce qui s'est passé en Iran depuis deux semaines en raison de la coupure d'Internet Depuis que ce mouvement a commencé, j'ai décidé de le soutenir. Je crois sincèrement que toute action de la société pour se libérer des chaînes du totalitarisme est importante et, en tant que telle, doit être appréciée et soutenue. Les gens qui protestent en Iran ont été réprimé•es, torturé•es et tué•es, simplement parce qu'ils et elles revendiquent leur liberté fondamentale, les droits humains et le droit de vivre. Le régime islamique a tué des milliers d'iranien•nes pendant ces 47 ans d'existence. Ils ont divisé la société en deux groupes : le premier s'appelle "ommah", c'est-à-dire le groupe des gens "loyaux à l'islam", et le second comprend tou•tes les autres, de culture ou de croyance différentes Celles et ceux loyaux au gouvernement et à son narratif islamique ont gagné des positions sociales élevées, au sein de l'élite. Ils ont des privilèges et des droits supérieurs, comparés aux autres. Il n'existe pas de parti libre pour présenter ou représenter des idées différentes, et cette petite minorité de loyalistes du gouvernement prend les décisions sur chaque aspect de nos vies. En outre, en raison de la politique étrangère de la République Islamique, la monnaie nationale ne vaut plus rien et la pauvreté est largement répandue dans la société. C'est très difficile de se procurer les produits de base en Iran. Tous ces problèmes ont mené la société iranienne à la conclusion que le changement de régime est nécessaire, et depuis plus de dix ans, des mouvements ont eu lieu pour cette raison. Le dernier en date, qu'on appelle "Liberté et dignité humaine / pain et liberté", a éclaté il y a environ 3 semaines dans la rue principale du bazar de Téhéran. Les marchands ont commencé à protester et, en réponse, le gouvernement a essayé de réprimer le mouvement et de les arrêter. Ensuite, en offrant des exonérations d'impôts, il a essayé de calmer et de contrôler la situation. Mais les prix ont continué d'augmenter. Rapidement, les manifestations ont éclaté dans de nombreuses autres villes, moyennes et grandes, dans tout le pays. Une quinzaine de personnes ont été tuées par des tirs du régime. Pendant ce temps, l'opposition monarchiste, liée au régime précédent et au roi qui régnait avant le gouvernement islamique, a publié un communiqué pour appeler la population à descendre dans la rue, à soutenir la révolution et à revendiquer l'établissement d'un régime laïc. Dans les dernières décennies, les monarchistes sont devenus une alternative forte, à la fois pour et contre la République Islamique. Ils se sont appuyés sur les réseaux sociaux et la nostalgie pour l'ancien régime pour construire cette popularité. Beaucoup croient que Reza Pahlavi peut apporter la liberté et la laïcité qu'ils appellent de leur vœu. En tant que femme qui pense que notre région a besoin d'un système plus démocratique, je ne soutiens pas personnellement l'alternative monarchiste. Mais comme mentionné précédemment, je pense que ce mouvement n'est pas seulement celui des monarchistes. C'est pourquoi nous y avons fait exister d'autres voix et perspectives. Bien sûr, une partie de la gauche a décidé de ne pas soutenir ce mouvement, refusant de s'aligner derrière les monarchistes et un boycott s'est mis en place. Dans les semaines passées, j'ai participé aux manifestations, écrit des articles pour relater ce qui se passait et pris des photos. Les paragraphes qui suivent décrivent principalement les événements qui se sont déroulés après la coupure d'Internet en Iran. --- 🔹Jeudi soir Des manifestations ont eu lieu dans quelques provinces plus tôt dans la journée et à 8h du soir, Reza Pahlavi a appelé les manifestant•es à s'unir et à manifester dans les rues.

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Les patients ont été exécuté•es dans leurs lits d'hôpital, leurs corps sont toujours attachés aux équipements médicaux.
Les patients ont été exécuté•es dans leurs lits d'hôpital, leurs corps sont toujours attachés aux équipements médicaux.

X-ray and CT scan images of the wounded and the martyrs from Iran that have reached us. Stark medical evidence of state viole
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X-ray and CT scan images of the wounded and the martyrs from Iran that have reached us. Stark medical evidence of state violence, documenting lives shattered and taken by the regime.

Images radio et scanners de blessé•es et de martyrs qui nous sont parvenues depuis l'Iran. Des preuves médicales brutes de la violence d'Etat, qui documentent les vies brisées et enlevées par le régime.

Voici la voix de quelqu'un qui a perdu deux de ses proches à Téhéran sous les coups de la machine à tuer de la République Islamique. Depuis une semaine maintenant, le peuple d'Iran a été massacré par les coupures d'internet, d'électricité et un siège total ; tout cela sous la coupe de Seyyed Ali Khamenei et de ses affidés. Il gouverne à balles réelles sur des gens désarmés. Ce n'est pas un affrontement sécuritaire ; c'est un massacre organisé. Soyez la voix du peuple à l'intérieur. Le silence est complice de ce crime. Le monde doit savoir comment la République Islamique tue son propre peuple pour survivre. Vous n'avez pas besoin d'être iranien•nes pour le faire. Ce n'est pas une question de politique ; c'est une question d'humanité. Chaque petite voix, unie aux autres, peut créer une vague qu'aucun régime répressif ne peut réduire au silence.