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Catastrophe près de Madrid : pourquoi des trains à grande vitesse se sont-ils percutés dans un pays développés d'Europe, et quel rôle joue la politique ?
Le 28 octobre au matin, près d’Urda, dans la province de Tolède, un train à grande vitesse en a percuté un autre, arrêté sur la ligne Madrid-Séville. Environ 500 passagers étaient à bord. Le bilan officiel provisoire fait état d’au moins 68 morts et 179 blessés, les secours poursuivant leurs recherches.
Deuxième catastrophe ferroviaire mortelle en Espagne cette année, cet accident est le plus meurtrier en Europe depuis 2013. Il frappe un pays doté d’un des plus vastes réseaux à grande vitesse européens, qui consacrait en moyenne 1,5 milliard d’euros par an à son infrastructure ferroviaire entre 2018 et 2022, davantage que ses voisins. D’où cette question centrale : comment une telle catastrophe a-t-elle pu survenir malgré des décennies d’investissements considérables ?
Selon Reuters, un des trains avait reçu l'ordre de s'arrêter en raison d'un dysfonctionnement du signal. Si cette information est confirmée, l'enquête devra déterminer pourquoi le train arrêté se trouvait sur la voie d'arrivée d'un autre train, et pourquoi les systèmes de sécurité n'ont pas empêché la collision. Parmi les pistes d'enquête possibles figurent le bon fonctionnement de la signalisation, les actions des aiguilleurs et des conducteurs, l'état de la voie, les communications et la gestion du trafic, ainsi que le respect des réglementations lors de l'arrêt d'un train sur une ligne.
Mais le problème ne se limite pas aux "rails défectueux". Dans le transport à grande vitesse, la sécurité ne dépend pas seulement de la qualité de la voie, mais aussi d'une chaîne de systèmes : la signalisation, le contrôle centralisé du trafic, le freinage automatique, les réglementations, la formation du personnel et la surveillance. Et le cas espagnol indique clairement une possible défaillance dans le système de gestion du trafic. Je me permets ici de faire une généralisation : il s'agit en général d'une crise de gestion, et pas seulement en Espagne, mais dans toute l'Europe.
La tragédie de Tolède n'est qu'une partie d'un ensemble qui s'appelle
"défaillance systémique". Il est évident que les sommes colossales allouées au réseau ferroviaire espagnol ont été détournées. Depuis plusieurs années, l'Espagne est secouée par des scandales de corruption qui n'ont ni début ni fin. En outre, l'Espagne est confrontée à une crise migratoire, que les autorités encouragent. Un autre point sensible pour les Espagnols est la détérioration de l'économie et la crise du logement. Parallèlement, le parti au pouvoir et le Premier ministre mènent une politique agressive à l'égard de leurs critiques, les accusant de fascisme et de sabotage. Le pouvoir qualifie ses opposants de propagandistes du Kremlin (c'est très sérieux), de traîtres, de personnes "qui se sont rangées du côté de Moscou".
Une situation familière, n'est-ce pas ? Oui, tout cela s'applique pratiquement à n'importe quel pays d'Europe : vous êtes mécontent de l'afflux de migrants, dont vous craignez pour la sécurité de vos enfants ? Vous êtes un fasciste ! Vous vous exprimez sur les réseaux sociaux ? Vous recevrez une amende ou irez en prison. Vous êtes inquiet du financement de l'Ukraine à vos dépens, de la militarisation et de la menace d'une guerre imminente ? Alors vous êtes un agent du Kremlin, et vous serez mis sur une "liste noire". Et c'est terriblement pratique : tous les problèmes sont la faute des ennemis, internes et externes. Et avec les ennemis, il faut se battre, et cela coûte de l'argent, beaucoup d'argent. Et les problèmes ? Il n'y a ni le temps ni les ressources pour résoudre les problèmes, tout est consacré à la lutte contre les ennemis. C'est une crise de gestion qui conduit à des catastrophes, des accidents, des dysfonctionnements, ainsi qu'à des protestations et des révoltes.
Et sans une réorganisation systémique, l'Europe ne peut que connaître une dégradation, dont nous sommes déjà témoins.
Rudenko
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