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Dans sa lettre au gouverneur français en 1848, le Mulatre Durand Valantin avait dit que le système bancaire et monétaire est trop important pour laisser que l’esclave y ait accès, car il pourrait en profiter pour s’émanciper véritablement, ce qui serait la misère pour tout ceux qui incarnent le système esclavagiste. Pour lui, il fallait pour les Noirs, une monnaie qui ne soit pas véritablement une monnaie, une sous-monnaie qui pour s’épanouir, aurait encore besoin de la tutelle du maître, de Paris.
En 2020, 172 ans sont passés. Le nouveau Mulâtre n’est pas métis, c’est un Noir. Le nouveau Durand Valantin s’appelle Allassane Ouatara. Il veille à ce que les intérêts du maître soient soutenus et protégés partout sur le continent africain, où ils pourraient être menacés.
On avait déjà vu une scène pareille en 1963, lorsque les chefs d’Etat africains se rendent à Addis-Abeba pour construire la nouvelle fédération africaine avec un seul premier ministre pour toute l’Afrique. Ils étaient tous d’accord dans les réunions préparatoires conduites par le président ghanéen Kwame Krumah. Mais pour se rendre de Dakar à Addis-Abeba et de Abidjan à Addis-Abeba, les présidents de ces 2 pays, Senghor et Houphoet Boigny transitent par Paris où ils reçoivent des instructions pour empêcher la naissance d’une véritable fédération africaine. Et ces 2 là, les Durand Valantin de l’indépendance vont insister afin que dans la charte de la nouvelle Organisation de l’Unité Africaine il y a une phrase que Paris avait exigé : « l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ». Et comme la nouvelle monnaie commune des pays de la Cedeao ECO devenue mort-née avec l’intervention de Paris, Paris avait vidé l’OUA de sa force propulsive vers une vraie libération du continent. En maintenant les frontières héritées de la colonisation, il n’était plus possible avoir un seul Premier Ministre pour toute l’Afrique. Et chaque pays a dès lors été abandonné à lui-même. Exactement ce qui va se passer pour l’ECO.
Une question de taille reste : Pourquoi Paris ne veut pas lâcher l’Afrique ?
Réponse : parce que l’Afrique l’engraisse et garantit son développement. Prenons le plus emblématique des exemples : le Sénégal !
VOICI COMMENT LE SENEGAL A CONTRIBUE AU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL DE LA FRANCE
(à suivre dans la partie 3/4)
Jean-Paul Pougala
Genève le 11 Août 2020
-----------------------------
Extrait de "Comprendre l'histoire de l'Afrique" de Jean-Paul Pougala à lire sur www.pougala.net
| 2 | Le 29 juin 2019, tous les dirigeants de la CEDEAO adoptent le nom d'« eco » (sans accent) pour leur monnaie commune avec le lancement prévue en 2020, d’abord dans les pays de la Zmao, vue la force économique du Nigeria et sa capacité démontrée à gérer le Naira, pour laisser le temps aux pays du Franc CFA à couper les ponts avec Paris. Puisque tous les pays ont accepté aussi la condition non négociable pour le Nigeria, du fait que cette nouvelle monnaie ne sera liée à aucune autre monnaie en particulier. Et donc, ne dépendra d’aucune autre monnaie.
Le 23 août 2019, à Conakry, en Guinée, nous avons la tenue de la 42e session du Conseil de convergence de la Zone Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO) ; C’est ici qu’on a mis au point les phases préparatoires du lancement de la future monnaie de l'Afrique de l'Ouest, d’abord dans les pays Zmao.
Le 21 décembre 2019, au siège de la Cedeao à Abuja au Nigeria, les chefs d’État des 15 pays de CEDEAO adoptent le symbole de l’eco qui sera « EC », et le nom de la future Banque centrale de la Cedeao, qui devra siéger à Abuja, : la « Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest ».
Le 21 décembre 2019, lors de sa visite à Abidjan, le président français Emmanuel Macron déclare :
"Nous avons décidé une réforme du franc CFA avec trois changements majeurs (…), dont le changement de nom" et "l’arrêt de la centralisation de 50 % des réserves au Trésor français".
« C’est en entendant votre jeunesse que j’ai voulu engager cette réforme. Le Franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres » conclut Emmanuel Macron.
Dans ces propos, il y a la principale reforme qui va échapper à tout le monde : Macron parle bien de « changement de nom ». Personne en ce moment là ne se doute que Paris a tout simplement décidé de faire un Hold-Up sur la monnaie africaine.
Par ce stratagème, Paris pense avoir neutralisé le Nigéria, qu’elle ne peut contrôler, pour mettre en avant ses pays satellite dans la Cedeao à commencer par la Cote d’Ivoire. Voici ce qu’écrit à ce sujet à 20 h45, la version en ligne du quotidien français Le Monde dans un article de ce même 21 decembre 2020 :
« Le Nigeria fait en revanche figure d’ogre terrifiant pour les quatorze autres états membres de la zone, puisque ce géant de la région représente à lui seul 60 % du PIB de la CEDEAO. L’idée développée par Paris et Abidjan est que les pays francophones, membres de l’UEMOA, soient « le socle de cette intégration monétaire sur laquelle pourront se greffer les pays anglophones ou lusophones de la région ».
Question : Comment 20% de l’économie de la Cedeao peut penser commander 80% ?
Réponse de Macron : En désignant avant les 80% Eco, la monnaie utilisée aujourd’hui par les 20%
C’est clair : Paris s’oppose à la future monnaie commune Ouest-Africaine indépendante de l’Euro et pilotée par le Nigéria et propose ni plus ni moins que d’appeler le Franc CFA l’ECO, quitte aux pays membres de la Zmao, d’y adhérer.
Le 16 janvier 2020, Le Nigeria et tous les pays de la Zmao réunis à Abuja protestent et dénoncent cette décision de Paris de remplacer le franc CFA par l'Éco, affirmant qu'elle n'était « pas conforme » au programme adopté quelques semaines plus tôt, par toute la Cedeao pour mettre en place une monnaie unique.
Le 31 janvier 2020, le président ivoirien Alassane Ouattara commente la réunion du 16 janviers 2020 à Abuja des pays de la Zmao qui ont contesté le coup de force de la France de vouloir prendre en otage la nouvelle monnaie, en disant que la majorité des pays de la Cedeao c’est-à-dire 8 pays, sur 15 utilisent déjà le Franc CFA et donc que c’est aux autres de la Zmoa de les rejoindre et non l’inverse. Plus précisément, il dit : «La majorité des pays n’a pas été à cette réunion. (En plus) Ce n’était pas une réunion des chefs d’Etat, mais de ministres et gouverneurs ». | 222 |
| 3 | Monsieur Durand et d’autres Mulâtres du Sénégal vont mener une violente fronde contre l’abolition de l’esclavage avec le slogan : « émancipation signifie la ruine des Sénégalais ». Ici le mot sénégalais était exclusivement pour les Signares (Mulâtres). Les noirs, considérés comme esclaves et les esclaves cités dans la comptabilité sous la voix de « Cheptel », c’est-à-dire du Bétail, n’ayant pas de citoyenneté.
L’abolition de l’esclavage avait été proclamée en 1848, mais dans le cas du Sénégal, il était précisé que les esclaves ne seraient libres qu’après que les esclavagistes aient reçu leurs indemnités de libération. Et comme il faudra plusieurs années pour que cela soit effectif. Durant ce temps, les esclavagistes mulâtres tentaient le tout pour le tout, pour faire modifier surtout l’article 7 qui disait que l’annonce était valable pour tous les territoires et colonies français.
Une pétition fut signée le 15 février 1849 par ces « sénégalais » de Saint-Louis ; elle porte 256 signatures apposées en arabe et en latin.
La conséquence de tout cela sera qu’ils aient un plus grand poids dans la création de la Banque du Sénégal, qui allait devenir le fondement de toute l’économie du nouveau Sénégal sans esclaves, mais dans lequel, les Mulâtres resteront les maîtres, les patrons, les employeurs et les Noirs, continueront de rester des subordonnés, des employés, des exécutants.
LA FRANCE N’ACCEPTE PAS UNE AFRIQUE LIBRE
L’Afrique compte 5 zones économiques :
CEMAC, COMESA, CEDEAO, SADC, UMA
L’un des 5 s’appelle CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. C’est celle qui nous intéresse. C’est une organisation intergouvernementale créée à Lagos le 28 mai 1975 par le Traité de Lagos. Et son siège se trouve à Abuja, au Nigéria.
La Cédéao comprend 15 pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo Cap-Vert). Dont 8 pays francophones (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Togo), 5 pays anglophones (Gambie, Ghana, Liberia, Nigeria et Sierra Leone), et 2 pays lusophones (Cap-Vert et Guinée-Bissau).
La Cedeao compte 2 zones monétaires :
La Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA) composé de 7 pays : Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone
Et, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) composé de 8 pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo,
D’OU VIENT L’IDEE DE L’ECO ?
Au moment où l’Europe est en ébullition pour le lancement de leur monnaie unique, le 20 avril 2000, 5 pays d’Afrique de l’Ouest, Ghana, Nigeria, Guinée, Gambie et Sierra Leone se retrouvent au Nigéria pour créer la West African Monetary Zone, (WAMZ), en français : zone monétaire ouest-africaine (ZMOA). En 2009, ils décident de créer, l'Eco une monnaie commune à ces 5 pays, sur le modèle de l'euro de l'Union européenne, avec pour objectif de l’étendre un jour à tous les pays de la CEDEAO, notamment les pays francophones utilisant le Franc CFA.
En 2013, l’idée séduit les 8 pays de l’UEMOA qui s’invitent aux réunions et participent activement au lancement d’une telle monnaie unique. Ces derniers acceptent le timing déjà en cours : Puisque le Nigeria tout seul compte pour 70% de l’économie de toute la Cedeao et 50% de sa population, la Monnaie Eco sera d’abord lancée dans les pays de la Zmoa et garantie par le Nigeria qui accepte de mettre ses réserves en devises (35 milliards de dollars en 2019) au service de la nouvelle monnaie.
Mais le Nigéria pose 3 conditions essentielles pour porter un tel lourd fardeau : Tous les pays pour être acceptés dans l’Eco, devront au préalable respecter 3 conditions qu’on va appeler les critères de convergence. Ces critères sont : le déficit du pays doit être inférieur à 3 % du Produit intérieur brut (PIB), l’inflation doit être maîtrisée à moins de 10 %, et la dette publique doit être inférieure à 70 % du PIB. | 149 |
| 4 | « Les moeurs des esclaves et même des habitants libres, leurs habitudes de donner à leurs femmes tous ce qu’ils gagnent et possèdent feront longtemps encore obstacle à la réalisation complète du projet. Il faudra, pour atteindre ce but, qu’une retenue forcée sur le produit du travail des individus fût autorisée, par mesure exceptionnelle, et placée à la caisse d’épargne au nom des intéressés et encore, les habitudes fâcheuses, dont j’ai parlé, feraient-elles supporter, avec peine, ce seul moyen de forcer l’économie ».
Le gouverneur Baudin va plus loin :
Dans le numéro 50 du bulletin : "Gouvernement du Sénégal et dépendances", on pouvait lire le rapport général sur la situation politique de la colonie, du gouverneur Baudin daté du 12 février 1849, qui affirme que si on applique l'abolition de l'esclavage au Sénégal, cela rendrait pauvre de nombreux français. Il demande ni plus ni moins que son report. Voici ce qu'il écrit :
« Appliquer immédiatement au Sénégal et sans quelques modifications l’article 7 du décret d’émancipation serait la ruine de la colonie » et que dit cet article ?
Article 7
« Le principe ‘que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche’ est appliqué aux colonies et possessions de la République. »
Résultat des courses :
La loi du 11 juillet 1851 institue les banques coloniales, mais sans le Sénégal. Le décret du 8 décembre 1853 déclare finalement : « il est fondé au Sénégal une banque de prêt et d’escompte », La Banque du Sénégal était née.
Mais qui en était le propriétaire ?
Les anciens esclavagistes, grâce à l’argent de l’indemnisation, bien sûr.
Pour constituer le capital de la Banque du Sénégal, première banque d’un pays africain colonisé par la France, en dehors de la Banque de Madagascar, un huitième des indemnités d’esclavage était prélevé et attribué sous forme de certificat de prélèvement de rente avec 5 % d’intérêts annuels. Chaque ancien propriétaire d’esclaves devenait par ce biais, actionnaires des toutes premières banques coloniales en Afrique. Qui maintenaient une dépendance par rapport au Trésor français, exactement ce qui se passera lorsque la monnaie sera remplacée par le Franc CFA en 1945.
D’autres banques seront créées de la même manière, notamment la CBAO, grâce à l’actionnariat créé par les indemnités des anciens esclavagistes.
Et voilà expliqué comment depuis le décret du 8 décembre 1853, la France contrôle économiquement jusqu’à ce jour, 14 pays africains qui utilisent sa monnaie, le Franc CFA.
LE FRANC CFA, UNE IDEE DU MULATRE DURAND VALANTIN
A peine élu représentant de la colonie du Sénégal, M. Durand Valantin écrit au Commissaire de la République en novembre 1848 pour implorer que l’indemnité aux esclavagistes en échange de la libération de leurs captifs soit grande. Il exige au moins 500 F, contre les 300 Francs qui avaient été proposés. Il sera entendu et Ce montant passera à plus de 400 Francs pour chaque esclave libéré au Sénégal.
Dans cette lettre, il se plaint du fait que les Mulâtres ne sont pas suffisamment riches pour effectuer le travail du contrôle des Noirs qui leur est dédié. Il dit : « la misère est partout » et pour lui, la seule manière d’éviter que cette classe intermédiaire ne sombre dans la pauvreté après l’abolition de l’esclavage est « la création d’un papier monnaie qui n’aurait cours que dans la colonie ».
Là aussi, le député du Sénégal sera entendu et à l’acte de la création de la Banque du Sénégal où il est actionnaire, parce que possesseur d’esclaves, cette banque sera dotée de la faculté d’émettre des billets de banque, de la monnaie. Pour la première fois, une nouvelle monnaie a cours dans un territoire français, qui ne soit pas la même qu’en France même. Le Franc sénégalais était né. Il prendra ensuite son appellation finale des Francs des Colonies d’Afrique (Francs CFA) après la deuxième guerre mondiale. Et est encore en vigueur en 2020. | 135 |
| 5 | C’est cette dernière pensée qui nous intéresse le plus, à savoir que ce n’est pas pour la morale ou le bien-être de l’esclave qu’on a aboli l’esclavage, mais plutôt pour celui des esclavagistes blancs. Cette phrase de Tocqueville est passée inaperçue des africains, mais pas des blancs qu’ils la connaissent presque tous par cœur.
Ceci nous amène à revoir toute la dynamique de l’abolition de l’esclavage pompeusement célébrée comme l’épilogue d’une longue bataille pour la quête d’une certaine moralité, pour nous rendre compte qu’il ne s’agissait au final que d’un cirque, pour mener à bien la transition entre les déportations d’esclaves Noirs vers les Amériques et le fait de les utiliser désormais directement en Afrique et qui prendra plutôt le nom presque romantique de « colonisation ».
Le décret du 27 avril 1848 officialise l’abolition de l’esclavage certes. Mais un décret ne signifie pas forcément qu’on va couper les chaînes des esclaves noirs le lendemain. En effet, ils devront attendre que leurs maîtres touchent d’abord les indemnités, avant d’espérer être libres.
La France, plus pauvre, ne pouvait pas verser les mêmes indemnités aux esclavagistes que l’Angleterre. Alors, beaucoup ont tout fait pour négocier ou son augmentation ou la non application du décret.
Ainsi, au Sénégal, les esclavagistes vont fabriquer les résultats d’une fausse pétition selon laquelle, les sénégalais dans leur majorité refuseraient l’abolition de l’esclavage et refuse leur émancipation.
Auguste Laurent François Baudin, né à Hoogstraten (Belgique) le 21 novembre 1800 et mort à Douai le 1er août 1877, est gouverneur colonial français en poste au Sénégal de 1848 à 1850.
Deux jours après la promulgation du décret d'abolition de l'esclavage, il écrit au Ministère de la Marine et des Colonies ceci :
« Je crois de mon devoir de vous faire remarquer que le bienfait de la caisse d’escompte proposée se fera particulièrement sentir dans la classe des traitants c'est-à-dire la plus malheureuse et celle qui va être la plus particulièrement frappée par l’émancipation »
Il dit que ce serait bien d’avoir une banque au Sénégal, mais il se posait principalement 2 problèmes aux Sénégal :
Jusque-là, à cause de l’esclavage en vigueur, et les esclavagistes n’ayant pas besoin de payer leurs ouvriers noirs, il n’y avait ni monnaie, ni banque. Maintenant qu’on devait libérer les esclaves, il fallait et une monnaie ne serait-ce que pour payer les anciens esclaves devenus salariés, mais aussi une banque pour gérer tout ça.
Mais il y a un problème qui angoisse tous les français du Sénégal : Si les noirs touchent à l’argent, ils pourront avoir la fâcheuse idée de le conserver, de l’accumuler et donc, de devenir un jour vraiment autonomes. Le Gouverneur français du Sénégal ira jusqu’à proposer qu’on retienne presque tout le salaire des anciens esclaves devenus libres, pour éviter qu’ils le remettent en entier à leurs épouses. Et on le sait, par définition, les femmes aiment épargner. Et si elles épargnent, demain le Noir risque d’avoir l’argent, pour se libérer définitivement. Et cela ne doit pas arriver.
Mais il y a pire : si on crée une banque, cela risque de contribuer au développement du Sénégal, c’est-à-dire, de tout le monde, y compris les Noirs. Mais une parade sera trouvée à ce problème : il y aura une banque oui, mais elle ne pourra financer que les activités d’exportation. En développant au Sénégal uniquement les produits d’exportation comme le café, le coton, le caoutchouc et les arachides, la France aurait la garantie que l’esclave aura toujours besoin d’elle.
Le 10 juin 1848, le nouveau Gouverneur du Sénégal, Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchâteau, écrit une Lettre au Ministre de la Marine et des Colonies, n° 233, dans laquelle il affirme plus précisément ceci : | 142 |
| 6 | VOICI COMMENT L’ARGENT DE L’INDEMNISATION DES ESCLAVAGISTES FRANÇAIS POUR LIBERER LEURS PROIES AFRICAINES A SURTOUT SERVI A CREER LE FRANC CFA, INSTRUMENT ENCORE EN 2024, DE SERVITUDE ECONOMIQUE DE 14 PAYS AFRICAINS.
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(extrait du livre " Comprendre l'histoire de l'Afrique" de Jean-Paul Pougala à lire sur www.pougala.net)
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Les faits :
En 1807, l’Angleterre décide d’interdire l’esclavage sur son sol. Mais il faudra attendre 1833, pour que la Chambre des Communes vote l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques et donc, interdisse les razzias et les déportations d’africains. Des navires de guerre sont alors dépêchés en patrouille dans les côtes de l’Afrique occidentale. Ils vont arraisonner les trafiquants français, portugais, néerlandais, espagnoles et libérer les esclaves qui s’y trouvent.
23 ans après, en 1830, avec difficulté, c’est le tour de la France. Mais il faudra là aussi attendre 1848 pour que le gouvernement de la II° République, mette un terme à l’esclavage à travers le décret du 27 avril 1848 qui officialise l’abolition de l’esclavage..
Avant de vous montrer le lien entre le Franc CFA utilisé par 14 pays africains et l’argent pour indemniser les esclavagistes français lors de l’abolition de l’esclavage en France, voyons d’abord les propos tenus par les intellectuels français, qui ont pensé, structuré, organisé et aboli l’esclavage :
En 1781, 8 ans avant la Révolution française, dans « Réflexions sur l’esclavage des Nègres », Condorcet écrit :
« Réduire un homme à l’esclavage, l’acheter, le vendre, le retenir dans la servitude, ce sont de véritables crimes. L’esclavage est non seulement un crime, c’est une faute ».
En 1803, Jean-Baptiste Say écrit dans son « Traité d’économie politique » (Livre I, chapitre 19). ceci :
« les événements arrivés me donneraient trop d'avantages, si je voulais mettre en parallèle le déclin et les désastres des pays dont l'industrie se fonde sur l'esclavage, avec la prospérité de ceux où règnent des principes plus libéraux, principes qui gagnent journellement du terrain. (…) Il est si honteux de faire métier de voler ou de recéler des hommes, et de fonder son gain sur des souffrances, que personne n'ose prendre la défense de cet infâme trafic.»
Mais le plus intéressant penseur français de l’époque reste Alexis de Tocqueville. Comme l’Eglise Catholique, il est contre l’esclavage, mais l’esclavage contre toutes les autres races, sauf la race noire. Comme l’Eglise Catholique, il est contre le fait de réduire les Amérindiens en esclavage, mais il suggère qu’il faut aller chercher les africains pour le job.
Comme l’Eglise Catholique, toutes les autres races ont une âme, sauf les Noirs qui sont comparés à des animaux. Voici ce qu’il écrit dans son ouvrage « Democracy in America », dont le premier tome est publié en 1835, il affirme :
Page 359 : «You can set a Negro free, but you cannot make him otherwise than an alien to the European» (Vous pouvez déclarer un «Nègre» libre, mais vous ne pouvez pas le rendre autre chose qu’un étranger, un extra-terrestre, envers l’Européen).
Page 360 : «[…] and we are almost enclined to look upon him as being intermediate between man and the brutes»(…)(Et nous sommes presqu’enclins à le regarder [l’esclave] comme se situant entre l’homme et les brutes, et les animaux (…).
«The moderns, then, after they have abolished slavery, have three prejudices to contend against, which are less easy to attack… : the prejudice of the master, the prejudice of the race, and the prejudice of color». (...) Même après l’abolition de l’esclavage, les colons vont conserver trois préjudices contre l’esclave : le préjudice du maître, le préjudice de la race et le préjudice de la couleur.
«It is not for the good of the Negroes, but for that of the Whites, that measures are taken to abolish slavery in the United States» ( l’abolition de l’esclavage est faite non pour le bien-être des esclaves, mais plutôt pour celui des blancs). | 183 |
| 7 | Sekou, un copain de Yacouba et de Birahima est un autre personnage important. Birahima et Yacouba le rencontrent plusieurs fois et à chaque rendez-vous, il donne des informations sur le lieu de la tante. Ils sont dépendants de Sekou. Il les aide à trouver la tante | 542 |
| 8 | RESUMÉ DU ROMAN "ALLAH N'EST PAS OBLIGÉ " DE AHMADOU KOUROUMA.
Allah n'est pas obligé est un roman d'Ahmadou Kourouma publié le 12 août 2000 aux éditions du Seuil et ayant reçu le prix Renaudot la même année. Le livre reçoit également le prix Goncourt des Lycéens et le prix Amerigo-Vespucci.
TITRE
Le titre est un raccourci de l'affirmation qui rappelle qu'«Allah n'est pas obligé d'être juste dans toutes ses choses ici-bas», phrase qui revient comme un leitmotiv dans l'œuvre.
RÉSUMÉ
Dans ce roman il s'agit de la malédiction d'une mère qui s'abat sur son enfant . Birahima le personnage principal de cette œuvre s'est mis du côté de son entourage pour se moquer de sa mère . Sa mère MA qui a subi les conséquences d'une excision . MA la Mère de birahima et bon nombres de filles devaient être excisées , après l'excision les ancêtres de la forêt devait récupérer la plus belle fille pour en faire un sacrifice . La Mère de birahima devait être celle qu'on devait sacrifier vu la beauté de cette fille l'exciseuse à du travailler pour sauver la vie de cette fille ( MA) et en contre partie MA devait marier le fils de l'exciseuse ,une chose que les villageois n'acceptent pas tout simplement le fils de l'exciseuse est un cafri ( qui ne pratique pas les cinq prières islamique par jour) l'exciseuse lance un sors à MA qui se concrétise par une grossesse plaie sur sa jambe . Son entourage parlais d'elle en tant qu'une sorcière qui mange dans sa plaie . Birahima son propre fils , le fils de ses entrailles se met du côté de son entourage et abandonne sa mère dans cette souffrance MA meurt avec gros sur le cœur cette malédiction va suivre birahima tout au long de la civile .
Birahima a une douzaine d’années et vit à Togobala, en Côte d'Ivoire. C’est un enfant des rues comme il le dit lui-même, « un enfant de la rue sans peur ni reproche ». Après la mort de sa mère, infirme, on lui conseille d’aller retrouver sa tante au Liberia. Personne ne se dévoue pour l’accompagner mis à part Yacouba « le bandit boiteux, le multiplicateur des billets de banque, le féticheur musulman ». Les voilà donc sur la route du Liberia. Très vite, ils se font enrôler dans différentes factions, où Birahima devient enfant soldat avec tout ce que cela entraîne : drogue, meurtres, viols… Yacouba arrive facilement à se faire une place de féticheur auprès des bandits, très croyants. D'aventures en aventures, Birahima et Yacouba vont traverser la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia et enfin la Côte d'Ivoire.
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Birahima (un Malinké) est un enfant noir de dix ou de douze ans. Il ne le sait pas exactement. Il parle aussi le malinké mais il «se fout» des coutumes du village. Il est musulman et ses parents sont morts. Comme il a fait du mal à sa mère (il l’a accusée d’être une sorcière), il est maudit. Birahima parle mal le français, il utilise beaucoup de gros mots et il ignore la grammaire, les conjugaisons etc. (Mais il possède quatre dictionnaires.) Il a quitté l’école très tôt du coup, ses perspectives d’avenir ne sont pas très brillantes. Même des études universitaires ne garantissent pas de poste. Birahima n’a pas assez de connaissances mais il comprend bien les civilisés. Il n’empêche qu’il est insolent et incorrect. Quand il était enfant-soldat, il prenait des drogues et il a tué des innocents. Maintenant, Birahima est poursuivi par les esprits des innocents qu’il a tués. A mon avis, Birahima est un garçon vaillant. Il subit de nombreuses épreuves, malgré tout, il ne pleure pas. Il vit l’enfer.
Yacouba est un grand monsieur, un hadji, qui est marié avec plusieurWi femmes. Il est très riche et poursuivplusieurWiolice parce qu’il a exporté des kolatiers. Après la grève qui l’a ruiné, il s’est fui au Ghana. Là, Yacouba a commencé à vendre des voitures avec des criminels et il est devenu receleur. Il est venu au village de Birahima mais on ne doit pas le dire. On doit l’appeler Tiécoura. Après, il accompagne Birahima pour le Liberia. Au Liberia, Yacouba a travaillé pour les chefs des organisations. Il fabriquait des fétiches. | 505 |
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| 10 | QCM sur LES COURANTS LITTERAIRES
1. Parmi ces courants littéraires, seuls deux sont lyriques. Lesquels ?
a. humanisme
b. négritude
c. réalisme
2. Parmi ces auteurs, qui appartient au mouvement naturaliste ?
a. Guy de Maupassant
b. Stendhal
c. Emile Zola
3. Parmi ces courants littéraires, seuls deux ne sont pas engagés. Lesquels ?
a. Parnasse
b. Humanisme
c. Romantisme lyrique
4. Le parnasse est opposé
a. au romantisme
b. au réalisme
c. au classicisme
5. Quels sont les courants littéraires qui prennent soin de la langue française bien écrite ?
a. le classicisme
b. le parnasse
c. l’humanisme
6. Quel est le courant littéraire qui est apparu durant la seconde moitié du XIXème siècle ?
a. le romantisme
b. le parnasse
c. la négritude
7. De la bouche de quel auteur ces propos seraient-ils sortis : « j’aurais voulu aplatir le monde d’un coup de ma plume en forgeant des fictions utiles » ?
a. d’un écrivain négro-africain
b. d’un naturaliste ou d’un réaliste
c. d’un romantique engagé
8. Quel est celui qui s’adonne à une telle production artistique : « il coupe les phrases, attache les rimes, s’attarde auprès des mots comme un jardinier auprès des plantes » ?
a. un romantique
b. un humaniste
c. un parnassien
9. Quel est le courant littéraire qui emploie tous les genres littéraires ?
a. le romantisme
b. le réalisme
c. le parnasse
10. Quels sont les courants littéraires dont l’œuvre ne s’est pas exposée à la censure ?
a. la négritude
b. le réalisme
c. le romantisme | 429 |
| 11 | Regarde cette publication de Guz_gospel_beat And Mix :PRAISE AND WORSHIP MIX 02
Dans le style anglo saxon
Us gospel in, niaja worship in, hillsong united and bethel gospel music in... 2h30 (250 MO) ☝🏽😎😎😎
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| 12 | La seconde guerre mondiale | 582 |
| 13 | Texte: Silence de l'Évangile
Nous dormons avec des anges rouges qui nous montrent le désert sans minuscules et et sans les doux réveils désolés. Nous dormons. Une aile nous brise, évasion, nous avons des roues plus vieilles que les plumes envolées, perdues, pour explorer les cimetières de la lenteur, la seule luxure.
La bouteille que nous entourons des linges de nos blessures ne résiste à aucune envie. Prenons les cœurs, les cerveaux, les muscles de la rage, prenons les fleurs invisibles des blêmes jeunes filles et des enfants noués, prenons la main de la mémoire, fermons les yeux du souvenir, une théorie d'arbres délivrés par les voleurs nous frappe et nous divise, tous les morceaux sont bons. Qui les rassemblera: la terreur, la souffrance ou le dégoût ?
Dormons, mes frères. Le chapitre inexplicable est devenu incompréhensible. Des géants passent en exaltant des plaintes terribles, des plaintes de géant, des plaintes comme l'aube veut en pousser, l'aube qui ne peut plus se plaindre, depuis le temps, mes frères, depuis le temps.
Paul Eluard, ''Silence de l'Évangile'' in Capitale de la douleur 1926, Gallimard.
Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez si vous le voulez bien, en étant attentif aux termes employés, aux figures de style, aux champs lexicaux etc montrer comment le poète exprime la souffrance de l'humanité ainsi que l'endormissement du peuple. S'il vous plaît besoin de l'introduction, plan du commentaire et conclusion | 651 |
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| 19 | CANEVAS DE RAPPORT DU 1er Conseil d'enseig.docx | 867 |
| 20 | Cours de Géo 4e.docx | 796 |
