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Front Anarchiste – Version Française

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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.

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🔶 La liberté s'est traduite par plusieurs tonnes de bombes sur Téhéran 10 minutes à peine après être sortie, j'ai entendu une énorme explosion. Un homme qui courait a crié : « La guerre ! Ils ont frappé la rue Jomhuri et la zone autour ! » J'ai changé d'itinéraire pour rejoindre la rue principale. Les débris d'un drone fumaient à côté d'une école. Les responsables de l'école ont ouvert les portes, et ont poussé les enfants dehors. Des centaines d’enfants, perdu·es, abandonné·es. Certain·es enseignant·es ont contenu la panique, tandis que les parents cherchaient frénétiquement leurs enfants. Ajoutez à cela des dizaines de gens qui fuient dans tous les sens, bagages à la main… Les feux tricolores hors d’usage, les voitures bloquées dans un embouteillage monstre. Certains partaient vers les hauteurs, d’autres au contraire vers l’aval, chacun espérant trouver là où il allait un endroit plus sûr ! Les lignes téléphoniques et Internet étaient coupées. Ce qui préoccupait la République Islamique, ce n’était pas les alertes, la mise en sécurité, le transport des personnes, les gamins perdus. Non, ce qui la préoccupait, c’était de couper les communications pour éviter l’embrasement de la population. Les forces anti-émeutes, les mêmes qui avaient récemment tué des milliers de personnes pendant les manifestations, ont envahi les rues de Téhéran avec tout leur arsenal, pour intimer aux gens de se disperser. A des gens piégés qui ne cherchaient que ça : fuir. Une gamine de 8 ans à peine m'a demandé si mon téléphone fonctionnait, pour appeler ses parents. J'avais du réseau mais pas d’Internet. On s’est mises dans un coin au calme et je lui ai donné mon téléphone. Rapidement, j’avais une petite dizaine de gamins qui faisaient la queue pour appeler leur famille. ---------------------------- Stop, on fait une pause. Laissez-moi vous décrire la scène : un vieil homme avait rapidement attaché des couvertures et des oreillers à sa moto, probablement pour fuir avec sa famille avec le seul moyen de transport qu’il a pu trouver. Soudain, il a levé les mains au ciel : « Dieu, merci ! Pardonnez mes doutes. Vraiment, « l'oppresseur n'atteindra aucun foyer ». » (Les tyrans échouent.) - Monsieur, que s'est-il passé ? Où ont-ils frappé ? - « Ils disent la Maison du Guide et la Présidence. » Des lycéens qui passaient scandaient « Mort au dictateur ! » en riant. Une fois que le dernier gamin avait appelé son père, ma ligne a été coupée. ---------------------------- Pas de taxi pour se rendre à un hôpital plus sûr ; j'ai marché jusqu'au métro le plus proche. Le train est arrivé, on était des centaines pour essayer de monter dedans et partir. A peine à bord, le train est reparti. J'ai vu une jeune femme entièrement voilée qui sanglotait. « Que s'est-il passé ? - Mes frères et sœurs travaillent dans l'industrie de la défense et les missiles. Ils ont été touchés par les frapppes. » Je lui ai posé la main sur l'épaule pour essayer de la réconforter. Je voulais paraître compatissante. Mais les crimes de la République Islamique m'ont non seulement volé ma vie, mais ont également érodé mon empathie et celle de notre société. Ils ont alimenté notre désir de vengeance. Voilée, famille de militaires ou de l’administration... Inconnue mais clairement, les signes ne trompaient pas : sûrement une partisane du régime. Au fond de moi, aucune pitié. Ces derniers jours, j'ai vu beaucoup de gens maudire les autres ou leurs familles pour des raisons politiques. L'Iran est rempli de haine. Comment allons-nous coexister ? [...]

🔷 [Ajout du traducteur :] Trouver une issue Ce niveau de répression sociale et politique, l'isolement vis-à-vis de la plupart des pays du monde, ainsi que les sanctions occidentales épuisantes menées par les États-Unis et certains pays européens, ont poussé la société iranienne, en particulier les citoyen·nes qui défendent la laïcité, à chercher une échappatoire : Depuis la révolution qui a renversé la monarchie, les partis de l’opposition se sont battus pour la liberté politique ; la République Islamique a arrêté, torturé et exécuté des milliers de personnes. Celles et ceux qui ont survécu ont été contraint·es de se repentir, de dénoncer leurs ancien·nes camarades, voire de participer à l'exécution d'autres personnes pour obtenir le pardon. Deux ans plus tard, il y a à peu près 30 ans, ils ont tué environ 200 manifestant·es pauvres qui protestaient contre la hausse des prix à Eslamshahr et Mashhad. Ils s'en sont ensuite pris aux intellectuel·les : certain·es ont été démembré·es dans leur propre maison, d'autres ont été jeté·es dans des ravins depuis des bus. D’autres enfin ont été exilé·es. C’est ce qui est arrivé à de nombreux·ses musicien·nes, et autres artistes. On leur a donné le choix : la prison, la mort ou l’exil. Il y a à peu près 25 ans, des étudiant·es qui manifestaient en faveur d'un journal réformiste dans un espace politique fermé ont été arrêté·es et torturé·es ; certain·es ont été raflé·es dans les rues ou dans les dortoirs et jeté·es depuis des passerelles. Des dizaines d'entre elles et eux ont été tué·es. Il y a à peu près 16 ans, des manifestant·es ont voulu mettre fin à la violence par le biais d'élections et de réformes. Des millions de personnes ont manifesté en silence à Téhéran pour soutenir un candidat réformiste, se contentant de se rassembler ou de marcher ensemble. Des arrestations massives et des meurtres ont suivi. La tristement célèbre prison de Kahrizak rappelle les tortures que ces manifestant·es ont endurées ; le candidat en question a été condamné à la détention à domicile à perpétuité. Il y a à peu près 10 ans, les Iranien·nes ont courageusement revendiqué une révolution fondamentale. Là encore, réprimé·es. Trois ans plus tard, un autre mouvement a fait 1 500 morts. Peu de temps après, le mouvement « Femme, vie, liberté » a contraint l’Etat à accepter certaines évolutions dans le mode de vie, mais au prix de centaines de morts et de personnes exécutées. Il y a un mois, les gens ont manifesté dans les rues pendant près d'un mois, jusqu'au début de la guerre justement, ce fameux samedi. Des milliers de manifestant·es ont été tué·es, des dizaines de milliers emprisonné·es. Après cela, de nombreux·ses Iranien·nes en ont conclu que sans armes et sans action armée, il était impossible de renverser la République islamique. Les États-Unis ont promis leur aide. Certain·nes Iranien·nes ont exigé de toute urgence des armes et une aide militaire, ne voyant pas d'autre solution... [...]

⚠️ NOUVELLES D'UNE CAMARADE À TÉHÉRAN : Un compte-rendu de première main depuis la guerre visant à renverser la République islamique en s’appuyant sur la société iranienne affaiblie et ses rebelles. [Ajout du traducteur : texte publié dimanche 8 mars autour de 21h mais vraisemblablement finalisé plus tôt dans la semaine pour la majeure partie du texte] La guerre a de nouveau éclaté en Iran. Cette fois-ci, aux côtés d'Israël, les États-Unis ont également attaqué l'Iran sous le régime de la République Islamique. Ce texte contient mes observations et certaines de mes réflexions à ce sujet : 🔶 Voilà comment ça a commencé samedi dernier : Je me suis réveillée. J'ai pris une douche. J'ai enfilé des vêtements noirs et un foulard noir, puis j'ai mis un long imperméable par-dessus. Pourquoi je décris mes vêtements ? Parce que ce que j’avais choisi de porter ce jour-là, ces vêtements et ce foulard noirs, ce sont mes vêtements de manif, pour cacher mon visage et mon identité. On avait prévu de manifester à l'université. Si j'avais été identifiée et arrêtée, j'aurais pu être torturée, emprisonnée, exclue de l'université, voire exécutée. On manifestait contre le meurtre en masse des manifestant·es partout en Iran par la République Islamique tyrannique, sous le commandement d'Ali Khamenei. Divers groupes politiques aux slogans parfois contradictoires devaient se joindre à la manifestation. On s’attendait à des affrontements. La veille, j'ai rédigé un testament stipulant de ne pas acheter mon corps à la République islamique. Ils demandent des sommes astronomiques aux familles pour leur rendre les corps de leurs enfants assassinés. Un corps sans vie ne servirait à rien à personne de toute façon, autant me faire une tombe symbolique. Ce samedi-là, au lieu de porter le foulard comme un hijab sur mes cheveux, je l'ai noué autour de mon cou en mode tour de cou sombre ! Pourquoi c’est important ? Parce qu'avec ce tour de cou, je comptais bien résister au régime et à l’islamisme extrémiste ! Depuis un demi-siècle, la République islamique oblige les femmes iraniennes à se couvrir les cheveux conformément à la loi islamique, la charia, ce que je trouve idiot et injuste. Je ne couvre pas mes cheveux et je ne porte pas de foulard ; à la place, je m'attache un foulard autour du cou en cas d'urgence. Selon leur loi, ils peuvent me fouetter ou me condamner à une amende de plusieurs millions pour cela, comme la police islamique al-Khansaa de Daech. Après, j'ai été acheter une bouteille de jus de fruit et j'ai commencé à la boire dans la rue. Il restait encore plusieurs heures avant le rassemblement ; j'avais prévu de travailler un peu et de boire avant. Vous me direz : mais pourquoi mentionner cela dans un texte qui parle de la guerre ? Eh bien, parce que boire du jus en public, c’est un délit majeur ! On est en plein Ramadan en Iran. Les musulmans jeûnent ; moi aussi je jeûne parfois, même si je ne me considère plus comme croyante. Parmi mes ami·es, beaucoup de croyants jeûnent et pratiquent les rites musulmans ; on se respecte mutuellement dans nos choix de vie. Cela nous permet de rester proches malgré nos différences. Mais la République islamique n'a jamais eu – et n'a toujours pas – cette vision des choses. Ses dirigeants considèrent l'Iran comme une société monolithique, nécessairement islamique, et ils interdisent de manger ou de boire en public pendant le Ramadan. C’est puni par la loi, par des coups de fouet et de grosses amendes. Voilà, ça c’est le quotidien d'un·e citoyen·ne iranien·ne ordinaire : perpétuellement criminalisé·e et réprimé·e par le régime. On utilise des VPNs pour accéder à l'Internet mondial et notamment pour vous envoyer ce texte. Ça aussi, c’est puni par la loi. [...]

La seule véritable libération qui dure est celle construite d'en bas, à partir des réseaux horizontaux de solidarité, du refus d'accepter l'invisibilisation comme une condition inébranlable. En ce 8 mars, nous célébrons chacune des femmes afghanes qui les a defiés. Chacune des filles qui étudie à la lueur de la bougie dans une classe clandestine. Chaque femme qui a marché dans la rue en sachant qu'elle risquait d'être battue pour cela. Chaque femme qui a fait sortir son témoignage pour que le monde ne puisse pas dire qu'il ne savait pas. Chaque femme en exil qui garde la flamme de la lutte intacte là où elle est. Chaque femme qui vit encore en Afghanistan et continue le combat. Ils ont interdit leur visage. Ils ont interdit leur voix. Ils ont interdit leur éducation, leurs déplacements, leur existence. Mais ils ne peuvent pas interdire leur résistance. Jamais ils n'y arriveront. Pain, Travail, Liberté ! En dari: کار، نان، آزادی  En pashto: کار، ډوډۍ، ازادي  Éducation, Travail, Liberté !  En dari: تحصیل، کار، آزادی  En pashto: زده‌کړه، کار، ازادي  Femme, Vie, Liberté ! En dari: زن — زندگی — آزادی  En pashto: ښځه — ژوند — ازادي Front Anarchiste

8 mars 🟣 Femmes afghanes : enfermées mais jamais soumises ⚫️ En cette journée internationale des femmes, les femmes et les filles afghanes vivent sous l'un des régimes d'apartheid de genre les plus totalitaires que le monde moderne ait jamais produit. Et pourtant, elles sont là. À résister. À prendre la parole, quand parler est devenu en délit. Les femmes afghanes n'ont jamais cessé de se battre. Bien avant les Taliban, elles ont vécu sous des cycles de guerre, d'invasion, de violence patriarcale qui visait à les effacer de la sphère publique. Occupation soviétique, seigneuries de guerre des Moujahidin, guerre civile, chaque chapitre a charrié son lot de nouvelles formes de brutalité contre le corps des femmes et contre leur liberté. Elles ont survécu à tout cela. Quand le premier régime Taliban a pris le pouvoir en 1996, il a construit un apartheid de genre total. Les femmes ont été bannies des écoles, du travail, de l'espace public. Elles n'avaient pas le droit de sortir de chez elles sans un référent masculin. Elles étaient frappées dans la rue pour avoir montré leur visage, pour un rire trop fort, pour exister sans permission. Pendant 5 ans, une génération entière de filles a grandi enfermée dans les maisons, leur futur volé par des hommes en armes et par le dogme patriarcal. Puis 2001. Les puissances occidentales sont arrivées avec leurs bombes et leurs promesses. Des écoles pour filles ont ouvertes. Des femmes sont entrées à l'université, au parlement, dans les cours de justice, les hôpitaux, les salles de rédaction. Ces gains étaient réels, pas le simple fait de la générosité des occupants mais surtout celui du courage et de la détermination des femmes afghanes elles-mêmes, qui ont pris chaque millimètre de chaque espace possible, sachant pertinemment qu'il était possible que cela leur soit repris du jour au lendemain. Et ça leur a été repris. En août 2021, les Taliban sont revenus. Les forces occidentales sont parties, laissant derrière elles non pas la libération mais une nouvelle prison. En quelques jours, tout s'est effondré. Les filles de plus de 12 ans ont été privées d'école. Les femmes bannies de la grande majorité des lieux de travail. Les universités ont complètement fermé leurs portes aux femmes. Les rues vidées de toute présence féminine. Les femmes afghanes ont vu disparaître 20 ans de luttes en l'espace de quelques semaines à peine. Depuis 2021, chaque mois, les Taliban sont allés plus loin. Les femmes ne peuvent plus voyager sans la présence d'un chaperon masculin. Elles ne peuvent pas se rendre dans les parcs, les bains publics, les salles de sport. Leurs voix ne peut pas être entendue par les hommes en dehors de leur famille. Les assistantes de vie/soin ont été interdites, ce qui laisse des millions de femmes sans accès à la santé et aux soins. Les filles nées après 2009 n'ont jamais connu un jour d'enseignement secondaire. Une génération entière est délibérément placée à l'isolement, maintenue dans l'illettrisme et l'obscurité, sous la chape de plomb d'un système patriarcal totalitaire qui traite les têtes et les corps des femmes comme des propriétés de l’État et de la famille. Et pourtant elles résistent. Des écoles clandestines s'organisent dans le secret. Les femmes enregistrent meurs témoignages et les font sortir au péril de leur vie. Les femmes afghanes en exil s'organisent, documentent la situation, et refusent que le monde oublie. En Afghanistan, les femmes sont sorties dans la rue avec des pancartes, même en sachant qu'elles seraient arrêtées et frappées. Elles le font malgré tout. La libération des femmes afghanes n'est pas venue des bombes américaines en 2021 et elle ne viendra d'aucune puissance étrangère. 20 ans d'occupation ont laissé derrière eux un État basé sur la corruption et la dépendance, qui s'est effondré au moment même où ses sponsors étrangers l'ont abandonné. La libération par en haut, que ce soit de Washington, de Moscou ou n'importe quelle  capitale, est forcément temporaire, conditionnelle, au service du libérateur plutôt que de la libérée.

8 mars 🟣 Femmes afghanes : enfermées mais jamais soumises ⚫️ ➡️
8 mars 🟣 Femmes afghanes : enfermées mais jamais soumises ⚫️ ➡️

🟣 DES CELLULES À LA RUE : LES FEMMES IRANIENNES NE RENONCENT JAMAIS ! ⚫️ En cette journée internationale des femmes, l'Iran est sous les bombes et les femmes iraniennes sont, comme elles l'ont toujours été, au milieu du feu. Pas comme victimes, mais comme combattantes. Depuis les premiers jours de la République Islamique, les femmes ont été celles qui ont refusé. Quand Khomeini a imposé le port du hijab obligatoire en 1979, les femmes sont descendues dans les rues pendant des jours entiers. Depuis près de 50 ans, elles ont payé le prix de ce refus par la prison, les coups de fouet, la mort. Le régime a construit toute son architecture idéologique sur le contrôle du corps des femmes, de leurs déplacements, de leurs mouvements, de leurs voix. Et depuis 50 ans, les femmes s'attellent à détruire cette prison, pierre par pierre et mur par mur. Quand Mahsa Jina Amini a été tuée en septembre 2022, ce sont les femmes qui ont allumé la flamme qui est devenue ensuite le soulèvement Femme-Vie-Liberté. Pas parce qu'on leur a dit de le faire. Pas parce qu'un parti ou un leader leur en a donné la permission. Mais parce qu'elles brûlaient déjà depuis des années, des décennies, et que ce feu est finalement devenu visible aux yeux du monde. Cette flamme n'est pas morte. En décembre 2025 et en janvier 2026,  les femmes encore étaient en première ligne du soulèvement, à l'organiser, à le mener, à inspirer autour d'elles. Le régime a répondu avec la brutalité féroce qu'on lui connaît. Les femmes ont été frappées dans les rues. Tuées par balles. Agressées et violées en détention. Torturées dans les cellules. Certaines ont été tuées. Leur nom n'est peut-être pas encore connu pour le grand public mais nous le savons, nous les connaissons. Nous les portons avec nous, dans nos cœurs. Nous honorons chaque femme qui a donné sa vie durant ces semaines pour exiger rien de plus que le droit de vivre librement et avec dignité. Les prisons se sont remplies à nouveau de femmes qui ont osé se soulever. Aujourd'hui, alors que les bombes tombent sur les villes iraniennes, ces mêmes femmes sont maintenues en détention. Certaines ont été transférées vers des bases des "Gardiens de la Révolution", utilisées comme des boucliers humains. Leurs affaires sont précipitées dans les cours de justice dans le plus grand silence et sans qu'aucune communication ne soit possible dessus. Le risque d'exécutions massives est réel. Maintenant la guerre est venue s'ajouter à l'oppression. Les femmes à Téhéran, à Minab, dans les villes à travers tout l'Iran tentent de fournir un abri à leurs enfants pour les protéger des missiles quand leurs sœurs croupissent en prison. Elles prennent soin des blessé•es dans des hôpitaux endommagés. Elles documentent les atrocités depuis leur téléphone en se connectant à des VPNs illégaux. Elles gardent vivante la mémoire de la lutte dans ce moment des plus sombres. Nous le disons clairement : la libération des femmes iraniennes ne viendra pas des bombes étasuniennes ou des missiles israéliens. Elle ne viendra pas de la monarchie qui considérait les femmes comme des objets bien avant que la République Islamique ne les traite comme des pécheresses. Elle viendra, elle vient déjà, des femmes elles-mêmes. D'en bas. En ce 8 mars, nous honorons chaque femme iranienne qui a refusé. Chaque femme qui a brûlé son hijab. Chaque femme qui est descendue dans la rue. Chaque femme qui a été battue, torturée et agressée pour avoir osé revendiquer la liberté. Chaque femme qui a été tuée et dont le sang nourrit les graines de la lutte. Chaque femme qui est aujourd'hui enfermée. Chaque femme qui vit et qui continue de se battre. Elles n'attendent pas d'être libérées. Elles sont la libération. Ni Mollah Ni Shah ! Femme, Vie, Liberté ! Front Anarchiste

Communiqué du Front Anarchiste à propos du 8 mars, journée internationale des femmes ➡️
Communiqué du Front Anarchiste à propos du 8 mars, journée internationale des femmes ➡️

🛑 Black-out digital, guerres impérialistes L'Iran est plongée dans l'obscurité digitale depuis plus de 120 heures, avec un taux de connectivité nationale qui s'est effondré à 1% des niveaux habituels depuis que les autorités ont imposé une coupure d'Internet généralisée. Il semble que les opérateurs téléphoniques menacent les utilisateurs ordinaires qui essaient de se connecter à l'Internet global de poursuites judiciaires, ne faisant que renforcer l'atmosphère orwellienne où tout contact avec le monde extérieur est analysé comme un crime. Au même moment, les mesures de connectivité au Nord de l'Irak (Kurdistan autonome ou Başûr) montrent que la connexion devient de plus en plus difficile depuis l'explosion du conflit le 28 février, avec des coupures liées à des défauts d'alimentation en électricité et à la mise en sécurité du personnel des exploitations d'hydrocarbures (principale source de production d'électricité). C'est aussi une des réalités de la guerre et de la répression que de couper tout accès à l'information. Ces éléments offrent un aperçu saisissant de ce que signifient ces guerres impérialistes sur le terrain : pas les contenus aseptisés des riches influenceureuses ou les fêtes des colons israéliens pour Pourim, mais bien la réalité quotidienne de civil•es qui affrontent la peur, la crainte constante des violences, des atrocités dans le noir numérique complet et l'impossibilité de joindre le reste du monde. C'est cela que nous essayons de montrer au monde depuis presque une semaine désormais.

Black-out digital, guerres impérialistes ➡️
Black-out digital, guerres impérialistes ➡️

Je suis Parwana, l'une des femmes d'Afghanistan. Nous approchons de la journée internationale des femmes. Il y a plus de 100 ans, les femmes se sont battues pour des droits, pour l'égalité et la liberté. Le 8 mars est devenue un symbole de la lutte des femmes, de leurs combats et de leur solidarité, à travers le monde entier. Malheureusement, aujourd'hui, devant les yeux du monde entier, les femmes afghanes brûlent dans le feu de l'oppression. On les efface de la société et on leur dénie leurs droits les plus élémentaires. Quatre ans et demi que les Taliban sont revenus et chaque jour, de nouvelles lois anti-femmes. Le 8 mars, souvenons nous des femmes oubliées d'Afghanistan, de Somalie, du Soudan, du Pakistan et d'autres pays. Tout comme les pionnières ont créé ce jour symbolique, ne laissez pas la chaîne de l'union des femmes et de leurs luttes se rompre dans le silence ou l'indifférence. Femme, Vie, Liberté

Pour celles et ceux qui parlent d'autres langues, le Front Anarchiste (Iran, Afghanistan, Tadjikistan) publie dans de nombreuses autres langues que le français, à commencer par le farsi. https://t.me/AnarchistFront A noter à ce sujet, un nouveau canal en indonésien : https://t.me/AnarchistFront_Indonisian Toutes les autres langues (notamment anglais, suédois, espagnol, italien, kurde sorani, arabe et plein d'autres encore) sont dans le premier message épinglé sur ce canal. Je signale, autour de la journée internationale des luttes des femmes (8 mars), une recherche en farsi/anglais/suédois (a minima) sur 10 femmes anarchistes à travers le monde, par Hasse-Nima Golkar. A retrouver notamment ici en anglais : https://t.me/AnarchistFront_English

⛔️ Condamnation du ciblage d'écoles et de places publiques Selon ce que rapportent les médias internationaux et les organisations des droits humains, une partie conséquente des récentes attaques ont visé des militaires de haut rang ainsi que des responsables du système de sécurité au sein de la structure du régime de la République Islamique d'Iran. Cependant, la durée réalité de la guerre, c'est que même quand les cibles sont prétendument "militaires", les civil•es en sont toujours aussi victimes. Ces derniers jours, des écoles et des centres médicaux ont aussi été touchés par des roquettes et des frappes aériennes. Peut-être s'agit-il d'erreurs humaines, de renseignements incorrects ou simplement de mépris pour les vies civiles dans une situation de guerre. Mais pour une famille qui perd son enfant, la raison importe peu. Le résultat est le même : les vies humaines sont perdues. Selon des chiffres publiés par des sources internationales, des centaines de civil•es ont été tué•es en Iran. En Israël et dans d'autres pays de la région, des civil•es aussi sont mort•es. Derrière chaque chiffre, chaque nombre, des vies, des histoires, tout un monde. Nous ne soutenons aucun gouvernement, aucune armée, aucun bloc de pouvoir dans cette guerre. Nous nous tenons aux côtés du peuple. Nous sommes solidaires des enfants qui ont perdu la vie à Minab. Nous sommes aux côtés des infirmier•es qui travaillent dans les hôpitaux touchés. Aux côtés des familles qui se réveillent la nuit au son des explosions. La guerre, même quand elle se pare des prétextes de la "sécurité" ou de la "dissuasion", ne fait que menacer in fine la vie des gens ordinaires. Les structures de pouvoir peuvent être reconstruites mais les vies perdues ne reviennent jamais. Nous exigeons : 🔸une protection complète des civil•es sous le droit international humanitaire 🔹des enquêtes indépendantes au sujet des attaques menées sur des places publiques 🔸l'arrêt immédiat des attaques qui menacent les vies civiles 🔹que chaque partie belligérante rende des comptes et soit tenue responsable des conséquences de ses actions. Notre solidarité n'a pas de frontières ! Les vies humaines n'ont pas de patrie ! Les enfants ne sont pas des cibles, jamais. Les hôpitaux ne sont pas des champs de bataille. Nous portons dans nos cœurs des jours où les gens de la région pourront vivre sans la crainte de la tyrannie, des missiles et des sanctions. Nous portons dans nos cœurs l'aube de la liberté pour les iraniennes et les iraniens en cette nouvelle année perse (Nowruz). Front Anarchiste.

Communiqué du Front Anarchiste ⛔️ Condamnation du ciblage d'écoles et de places publiques ➡️
Communiqué du Front Anarchiste ⛔️ Condamnation du ciblage d'écoles et de places publiques ➡️

Bombardement de la ville de Téhéran, au troisième jour d' attaques militaires aériennes intenses menées conjointement par les États-Unis et Israël Rapport du 2 mars 2026 Par Hasse-Nima Golkar Le secrétaire à la défense étasunien Pete Hegseth a déclaré aujourd'hui, entre autres choses, dans une dépêche que "l'opération contre l'Iran est menée sous les ordres directs de Donald Trump... il ne s'agit pas d'une guerre sans fin pour établir la démocratie ou un changement de régime, mais plutôt d'une opération ciblée visant à anéantir les capacités navales, balistiques et autres infrastructures de sécurité... Les attaques étasuniennes sont menées de façon précise et extensive..." Cela dit, les faits démontrent plutôt, jusqu'à présent, qu'outre la destruction d'une partie des infrastructures militaro-sécuritaires et des corps gouvernementaux du régime islamo-chiite fasciste toujours en place en Iran, un nombre important de gens ordinaires et d'enfants ont aussi été tué•es ou blessé•es du fait de la destruction de bâtiments d'habitation ou d'enseignement primaire. Dans le système capitaliste impérialiste, le fait de faire éclater ou survenir des guerres destructrices et dévastatrices constitue une source importante de revenu commercial et financier, notamment pour les industries de l'armement et de la défense. En effet, la paix ne leur est pas vraiment profitable. @netblocks: "La coupure d'Internet en Iran a désormais dépassé 60 heures, laissant la population de près de 90 millions de personnes hors de toute capacité de communication en pleine situation de guerre. Les coupures sont une tactique récurrente du régime, dont la dernière occurrence remonte à janvier et a duré plusieurs semaines, permettant de dissimuler de graves violations des droits humains." ### Cri du vidéaste pendant le bombardement : "Le bâtiment a tremblé. Les salauds, trois roquettes à la suite, vous avez vu ça ?! Alors qu'il n'y a personne dans les maisons, tout le monde est parti. Ca vient, ca vient, ca vient... là, vous voyez ? Ca vient, ca vient, ca vient ! Le missile vient de par ici, de la gauche. Ca vient, ca vient ! Ca vient d'ici, ca vient d'ici !" Ni Mollah, ni Shah ! Femme, Vie, Liberté ! #NoMullah #NoShah #Woman_Life_Freedom

Bombardement de la ville de Téhéran, au troisième jour d' attaques militaires aériennes intenses menées conjointement par les
Bombardement de la ville de Téhéran, au troisième jour d' attaques militaires aériennes intenses menées conjointement par les États-Unis et Israël Rapport du 2 mars 2026 Par Hasse-Nima Golkar ➡️

🏴 Communiqué du Groupe Anarchiste au Soudan 🚩 Nous suivons avec inquiétude l'escalade d'attitudes criminelles des régimes internationaux entre Israël, les États-Unis et l'Iran. En réalité, ce conflit est plus profond que la représentation qui en est faite dans les médias ; c'est une tentative de traîner la région entière dans une guerre sans queue ni tête dans laquelle les peuples seront les victimes de régimes autoritaires et de tentatives des impérialismes globaux d'imposer leurs nouvelles façons de dominer. C'est le droit des peuples que de changer leur propre système politique, pas celui d'autres États de le faire pour renforcer leurs alliances. Ce que les États-Unis recherchent dans cette région, c'est un nouvel allié qui facilitera l'exploitation des ressources, le contrôle des peuples et l'écrasement des mouvements de résistance. La résistance à l'impérialisme sous une dictature n'est ni plus ni moins qu'une autre forme de dictature. Si nous condamnons le régime fasciste iranien et affirmons notre solidarité avec les peuples qui luttent pour leur liberté, nous affirmons que l'intervention israélienne dans la région et ses conséquences ne reviennent qu'à remplacer la dictature iranienne par la dictature étasunienne. De notre position compliquée, au moment où une guerre sans aucun sens fait rage, soutenue par les mêmes alliances que celles où s'impliquent l'Iran et les États-Unis, notre groupe rejette fermement le contrôle des peuples au prétexte de leur apporter la liberté. Les peuples peuvent prendre leur liberté ; personne ne la leur donnera. Nous appelons les camarades à travers le monde à s'unir autour de nos camarades en Iran et au Liban. A nos camarades au Liban et en Iran, nous leur disons qu'en dépit de notre situation difficile, nous suivons les évolutions de la situation chez vous. Nos cœurs sont avec vous et nos foyers vous sont ouverts, si vous en avez besoin. Nous ferons tout notre possible pour coopérer avec vous. Vive la lutte du mouvement de libération à travers le monde ! Non à la guerre impérialiste !