Alexis Haupt Philosophie
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Pensées philosophiques et citations de mes essais. https://youtube.com/@alexishaupt https://m.facebook.com/profile.php?id=100064690941845 http://www.alexishaupt.fr
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Méditation du jour :
Le cerveau est capable d’effectuer un grand nombre de traitements de manière inconsciente. Il peut, par exemple, analyser un problème, tester des solutions et même le résoudre sans que la conscience n’y participe directement.
Ces processus inconscients laissent des traces qui sont ensuite stockées et consolidées dans la mémoire. Plus tard, la conscience — qui n’a pas pris part au travail initial — peut accéder à cette mémoire et y « piocher » les résultats de ces traitements inconscients. C’est ainsi qu’elle prend soudainement conscience de ces éléments et a l’impression d’avoir compris ou résolu quelque chose par elle-même.
Ce phénomène explique aussi ce qu’on appelle l’intuition : la conscience pioche dans la mémoire, laquelle a intégré et conservé le travail réalisé par les processus inconscients du cerveau. L’intuition apparaît alors comme un sentiment soudain de compréhension ou de justesse, sans que l’on ait l’impression d’avoir raisonné étape par étape.
C’est particulièrement visible avec les problèmes mathématiques : une personne peut observer une équation ou un exercice sans le comprendre consciemment sur le moment. Pourtant, son cerveau continue à l’analyser, à faire des associations et à réfléchir inconsciemment. Ces réflexions inconscientes sont progressivement intégrées dans la mémoire. À un moment donné, la conscience accède à ces résultats stockés et éprouve alors le sentiment clair : « Ah ! J’ai compris ! » ou encore « Mon intuition me dit que c’est comme ça ».
En résumé, la conscience n’est pas toujours l’acteur principal de la compréhension. Elle est souvent celle qui prend connaissance, après coup, des solutions élaborées par les processus inconscients du cerveau, via la mémoire. L’intuition n’est donc pas magique : elle est simplement la façon dont ces résultats inconscients se manifestent à la conscience.
Ma seule certitude est que nous devons douter. Avec méthode et pour avancer, certes, mais douter quand même. Nous devons le faire au moins une fois pour toutes les informations qui parviennent à nos oreilles. Puis, après ce travail, nous devons nous forger une opinion tout en restant ouverts à un éventuel nouveau doute.Les médias ont un tel pouvoir de fabriquer l’opinion que la question se pose de savoir si ce ne serait pas là, entre autres, un de leurs objectifs. En d’autres mots, il incombe au citoyen de se demander si les puissances financières s’achètent les médias par passion de l’information ou par désir de la contrôler. Après s’être sincèrement posé ces questions, il nous incombe, face à chaque information reçue, de nous demander si le média que l’on suit souhaite nous informer ou nous orienter. Hélas, le complosophisme tente de faire passer cette prudente attitude pour du délire. Pire encore, il tente de faire passer le simple fait de poser des questions, de chercher les réponses ou de suspendre son jugement pour de la déviance. Au rythme où vont les choses, on peut craindre que le jour viendra où le simple fait de regarder à droite et à gauche avant de traverser la route relèvera du complotisme !
Médiavers, médiathéisme et complosophisme
https://amzn.eu/d/0ehwmL3U
L’inversion accusatoire qui consiste à taxer d’antiscience ceux qui doutent sur une question scientifique est aussi grave que honteuse. Celui qui doute ne croit ni qu’une chose est vraie ni qu’elle est fausse, il sait qu’il ne sait pas et investigue pour savoir. Il interroge, pense. À nouveau, douter, ou ce qui est pareil, penser, n’a rien d’une attitude délirante, bien au contraire. Comprenons-le et pratiquons un scepticisme contrôlé, doutons, investiguons, tirons nos conclusions tout en restant ouverts au doute, c’est-à-dire à la possibilité d’avoir tort.Après tout, c’est bien notre attitude lorsque nous traversons la route. Nous doutons, investiguons, puis avançons. Mais même lorsque la voie est libre, nous gardons dans un coin de notre esprit qu’une voiture, absente au moment où nous regardions, peut arriver en trombe. Ce scepticisme contrôlé ne nous empêche pas d’avancer, il nous demande seulement de douter, d’analyser, de nous faire notre propre avis tout en gardant à l’esprit que nous pouvons aussi avoir tort. Cette dernière étape qui consiste à rester ouverts quant à la possibilité de se tromper est importante et n’empêche pas de nous fonder sur un certain savoir, d’avancer dans la recherche de la connaissance ou d’avoir nos propres convictions. Elle nous rend capables de les remettre en question ou d’écouter sereinement ceux qui les remettent en question. On ne doute plus, mais on laisse la porte ouverte au doute. Les sceptiques doutaient de tout et en permanence. Descartes prônait le doute méthodique ; douter un temps pour se rapprocher de la vérité. Le scepticisme était pour lui le premier pas vers la connaissance. Une étape nécessaire, mais à dépasser pour se rapprocher de la vérité. C’était un « sceptique temporaire ». Je prône pour ma part un scepticisme contrôlé. C’est-à-dire le doute méthodique cartésien pour se rapprocher de la vérité : écouter, douter, investiguer, puis se faire sa propre opinion tout en gardant à l’esprit qu’elle est peut-être imparfaite. Autrement dit, je prône le doute cartésien comme méthode de recherche de la vérité, mais je ne ferme pas pour autant totalement la porte à un nouveau doute une fois que j’affirme avoir débusqué un savoir, une vérité. Procéder ainsi permet d’avancer avec un « bagage de connaissances » en restant ouvert à une critique de ces connaissances. Ma méthode diffère du scepticisme qui prône le doute comme fin en soi et affirme que la vérité est inaccessible, mais diffère également légèrement de celle de Descartes en cela que je refuse de fermer totalement la « machine à douter » au sujet des choses que je considère comme certaines après les avoir passées une fois sous le filtre du doute. Je ne crois pas que le savoir soit inaccessible, je dis que le premier de tous les savoirs est que nous ne sommes pas omniscients et qu’il faut donc ne jamais fermer la porte au doute concernant ce que l’on considère comme un acquis.Je vois le doute comme un outil, mieux, comme une expérience de pensée. À nouveau, le scepticisme contrôlé n’empêche pas de s’appuyer sur des connaissances, il n’est pas stérile quant à la quête du savoir ; il nous rappelle seulement de ne jamais oublier que nous ne sommes que des êtres humains limités, imparfaits, et donc non omniscients. Avec ce principe, nous ne doutons pas indéfiniment de tout, mais nous gardons dans un coin de notre tête que ce que nous tenons pour vrai ne l’est peut-être pas et nous nous tenons ainsi prêts à douter encore une fois, en tout état de cause. Cette méthode est le meilleur moyen pour traquer les éventuelles failles dans nos connaissances et pour remettre à jour notre logiciel de pensées, d’opinions et même l’état actuel de nos connaissances scientifiques. Descartes prône un doute temporaire, les sceptiques un doute permanent, je pense qu’il convient de trouver l’alchimie entre les deux : douter temporairement, méthodiquement de ses opinions, des récits, des dogmes, pour se rapprocher de la vérité, puis se faire son propre avis, sans pour autant s’interdire de le remettre en question un jour.
Doute instinctif et scepticisme contrôlé
Le doute est naturel. D’une certaine façon, nous le pratiquons tous en permanence pour un tas de choses au quotidien sans forcément nous en rendre compte. Fréquemment dans les actes de tous les jours, nous suspendons notre jugement et investiguons. Cette posture intellectuelle est tellement naturelle qu’elle se fait souvent de manière non consciente, presque instinctive. On l’a par exemple lorsqu’on traverse la rue, on tourne la tête d’un côté puis de l’autre. En faisant cela, on intériorise le doute suivant « Peut-être qu’une voiture arrive, peut-être pas, tout ce que je sais, c’est qu’il me faut vérifier pour le savoir », puis on vérifie, on investigue en regardant des deux côtés. Cela se produit de manière extrêmement rapide dans le cerveau. En moins d’une seconde, l’esprit doute sans même conscientiser le doute. Cette suspension du jugement est naturelle, car celui qui s’apprête à traverser sait au fond de lui qu’il ignore si une voiture arrive ou pas. Intérioriser le savoir « Je ne sais pas » est ce qui l’a conduit à suspendre son jugement, à douter. Celui qui ne regarde pas quand il traverse, et ce, parce qu’il est dans la croyance, est fou. Croire à la présence ou à l’absence d’une voiture, sans investiguer, c’est bien le début de la folie. Il en va de même pour ce qui est de croire à des récits sans avoir suspendu son jugement. La majorité des humains de la planète ne sont pas fous, mais se comportent souvent comme tels. En effet, ils ne sont pas fous en ce sens qu’ils ne sont pas dans la croyance avant de traverser la rue et doutent et investiguent, mais ils se comportent comme des fous en refusant de le faire face au récit de l’autorité ou face à l’opinion de la majorité. Ils étouffent ainsi ce que leur cerveau fait naturellement : suspendre le jugement et investiguer.Revenons sur ce qu’il se passe dans le cerveau de notre piéton juste avant qu’il vérifie en tournant la tête à droite et à gauche. Une action mentale très importante se produit dans son esprit : il suspend son jugement. Il ne croit rien, ni qu’il y a une voiture ni qu’il n’y en a pas ; il ne croit rien, car il sait qu’il ne sait pas. Conscientisant son ignorance, il vérifie, il regarde à droite, à gauche, et enfin il traverse s’il constate qu’il n’y a pas de danger. Mais même lorsqu’il traverse, il garde dans un coin de son esprit qu’une voiture peut débouler à toute vitesse à l’angle de la rue, que la faible luminosité l’empêche de voir correctement le danger au loin, qu’un vélo peut arriver sans qu’il l’ait entendu, etc. L’attitude qui consiste à suspendre son jugement, à investiguer, puis à continuer de rester un minimum sur ses gardes après être arrivé à une conclusion porte un nom : la prudence. Mais pourquoi diable cette attitude est-elle assimilée à de la paranoïa quand il s’agit de vérifier une information médiatique, politique ou d’analyser une doxa ? Alors que tout le monde est parfaitement conscient que les mensonges politiques et médiatiques ont toujours existé, la posture intellectuelle consistant à être dans le doute vis-à-vis de ceux-ci relèverait du délire, de la paranoïa ? Comprenons-le, le paranoïaque n’est pas celui qui vérifie en tournant la tête avant de traverser la rue, mais celui qui refuse de traverser, car il est persuadé que des voitures veulent l’écraser. Face aux informations, le paranoïaque n’est pas celui qui suspend son jugement pour les analyser, mais celui qui est d’emblée certain qu’on lui ment. Regarder les informations en doutant, c’est-à-dire en intériorisant une fois l’idée « Ce qu’on me dit est peut-être vrai, peut-être pas, il me faut vérifier pour le savoir », et investiguer, ne relève pas de la paranoïa, mais de la prudence. Il s’agit d’un remède contre l’erreur, la précipitation et la manipulation. Si le doute est probablement le début de la sagesse, il est à coup sûr celui de la prudence. Le doute est l’inverse de la croyance. C’est en cela que le doute est l’attitude du scientifique.
"Ce que j’appelle moi-pensant est ce moi intérieur capable de poser des questions et de douter des réponses. Ce moi intérieur est chercheur de vérité et est inhérent à l’être humain en cela qu’il est présent en chaque enfant à l’état embryonnaire. Ce moi-pensant est aussi le moi qui doute. Revenons un instant sur l’importance de cette posture intellectuelle : le doute. Nous vivons une étrange époque où l’on tente de nous faire croire que douter relève du complotisme, c’est-à-dire du délire. N’est-ce pas paradoxal, pour ne pas dire orwellien ?Je retiens plutôt la pensée d’Aristote : « Le doute est le commencement de la sagesse. » Mais encore faut-il savoir ce que douter signifie. Nombre de gens assimilent à tort le doute à la négation. Il n’y a rien de plus inexact. Douter d’un récit ne veut pas dire croire qu’il est faux. Au contraire, douter c’est précisément refuser de croire. Le doute, c’est la prise de conscience de son incertitude et de son ignorance, et les accepter. Ainsi, tout l’art du doute consiste à ne pas précipiter son jugement devant un récit ou une information, c’est-à-dire être capable d’intérioriser l’idée : « Ce qu’on me dit est peut-être vrai, peut-être pas, je vais creuser avant d’approuver ou de réfuter. »Ce dont il est question ici, la suspension du jugement, est une véritable discipline à laquelle l’école prépare mal les élèves. Comprendre cela, c’est comprendre la crise de l’esprit critique qui frappe le monde des adultes ainsi que leur forte tendance à se réfugier aveuglément dans le récit de l’autorité. Tous les récits qui parviennent à nos oreilles doivent passer par un sas d’entrée. Ce sas, c’est le « doute méthodique ». Si les gens qui lisent ces lignes ne doivent retenir qu’une chose de cet essai, c’est celle-ci : doutez de tout discours, y compris du mien. Oui, l’attitude à adopter devant un récit quel qu’il soit n’est ni le rejet ni l’adhésion, mais le passage sous le filtre de l’esprit critique, en chercher les éventuelles failles. Et même après être parvenu à une conclusion personnelle, bref, même après avoir fait son devoir d’être pensant, il faut toujours garder dans un coin de son esprit que l’on n’est pas omniscient et que la conclusion à laquelle on est parvenu est peut-être vraie, peut-être erronée, peut-être lacunaire. En suivant cette méthode, on se tient prêt à remettre en question ses opinions à tout instant, on acquiert une façon d’être au monde qui nous permet de progresser dans la quête de la vérité et d’être ouvert au débat. Reconnaître que l’on n’est pas omniscient est la première étape pour finir par connaître quelque chose. Ainsi se forge la souveraineté intellectuelle.Résumons : douter témoigne d’une grande force intérieure. Aussi paradoxal que cela puisse paraître de prime abord, celui qui doute, c’est-à-dire celui qui suspend son jugement devant tout récit, est une personne pleine d’assurance. Pour douter d’une chose, il faut être confiant. Et l’expression maximale de la confiance en soi, c’est la capacité à douter de ses propres opinions. Mieux, à douter de soi-même à la manière de Descartes, se demander si on existe et arriver à la conclusion qu’on existe indubitablement en tant qu’être qui doute, qui pense, qui est conscient."
Médiavers, médiathéisme et complosophisme
"À propos des médias. Je tiens à rajouter un mot car ce sujet est d’une importance capitale. En effet, si celui qui possède les médias possède la mentalité populaire, alors celui qui possède les médias possède le pouvoir d’orienter, voir de piloter l’esprit des gens, et ce pour les faire voter de telle façon ou de telle autre. En d’autres termes, lecteur, celui qui possède les médias possèdera le pouvoir puisqu’il pourra faire en sorte que son candidat soit élu. Mais ce n’est pas tout. Ce sujet est très important pour une autre raison. Je soutiens que le pouvoir des médias est tellement important que ces derniers ont la capacité de faire vivre le peuple dans un monde « factice ». Et cela en prônant un récit médiatique contraire au réel. En effet, les médias font tellement la pluie et le beau temps, leurs propriétaires sont les maîtres du récit avec une. Si le récit historique est écrit par les vainqueurs, le récit médiatique, lui, est écrit par les puissants du moment telle force, qu'ils ont le pouvoir de faire vivre les peuples dans un monde "chimérique" : un monde où le récit n'est pas seulement différent du réel mais où il est totalement inventé."
Je pense, donc je légifère : Le Cogito citoyen
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Méditation du jour :
Le cerveau est capable d’effectuer un grand nombre de traitements de manière inconsciente. Il peut, par exemple, analyser un problème, tester des solutions et même le résoudre sans que la conscience n’y participe directement.Ces processus inconscients laissent des traces qui sont ensuite stockées et consolidées dans la mémoire. Plus tard, la conscience — qui n’a pas pris part au travail initial — peut accéder à cette mémoire et y « piocher » les résultats de ces traitements inconscients. C’est ainsi qu’elle prend soudainement conscience de ces éléments et a l’impression d’avoir compris ou résolu quelque chose par elle-même.Ce phénomène explique aussi ce qu’on appelle l’intuition : la conscience pioche dans la mémoire, laquelle a intégré et conservé le travail réalisé par les processus inconscients du cerveau. L’intuition apparaît alors comme un sentiment soudain de compréhension ou de justesse, sans que l’on ait l’impression d’avoir raisonné étape par étape.C’est particulièrement visible avec les problèmes mathématiques : une personne peut observer une équation ou un exercice sans le comprendre consciemment sur le moment. Pourtant, son cerveau continue à l’analyser, à faire des associations et à réfléchir inconsciemment. Ces réflexions inconscientes sont progressivement intégrées dans la mémoire. À un moment donné, la conscience accède à ces résultats stockés et éprouve alors le sentiment clair : « Ah ! J’ai compris ! » ou encore « Mon intuition me dit que c’est comme ça ».En résumé, la conscience n’est pas toujours l’acteur principal de la compréhension. Elle est souvent celle qui prend connaissance, après coup, des solutions élaborées par les processus inconscients du cerveau, via la mémoire. L’intuition n’est donc pas magique : elle est simplement la façon dont ces résultats inconscients se manifestent à la conscience.
Ma seule certitude est que nous devons douter. Avec méthode et pour avancer, certes, mais douter quand même. Nous devons le faire au moins une fois pour toutes les informations qui parviennent à nos oreilles. Puis, après ce travail, nous devons nous forger une opinion tout en restant ouverts à un éventuel nouveau doute.Les médias ont un tel pouvoir de fabriquer l’opinion que la question se pose de savoir si ce ne serait pas là, entre autres, un de leurs objectifs. En d’autres mots, il incombe au citoyen de se demander si les puissances financières s’achètent les médias par passion de l’information ou par désir de la contrôler. Après s’être sincèrement posé ces questions, il nous incombe, face à chaque information reçue, de nous demander si le média que l’on suit souhaite nous informer ou nous orienter. Hélas, le complosophisme tente de faire passer cette prudente attitude pour du délire. Pire encore, il tente de faire passer le simple fait de poser des questions, de chercher les réponses ou de suspendre son jugement pour de la déviance. Au rythme où vont les choses, on peut craindre que le jour viendra où le simple fait de regarder à droite et à gauche avant de traverser la route relèvera du complotisme !
Médiavers, médiathéisme et complosophisme
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L’inversion accusatoire qui consiste à taxer d’antiscience ceux qui doutent sur une question scientifique est aussi grave que honteuse. Celui qui doute ne croit ni qu’une chose est vraie ni qu’elle est fausse, il sait qu’il ne sait pas et investigue pour savoir. Il interroge, pense. À nouveau, douter, ou ce qui est pareil, penser, n’a rien d’une attitude délirante, bien au contraire. Comprenons-le et pratiquons un scepticisme contrôlé, doutons, investiguons, tirons nos conclusions tout en restant ouverts au doute, c’est-à-dire à la possibilité d’avoir tort.Après tout, c’est bien notre attitude lorsque nous traversons la route. Nous doutons, investiguons, puis avançons. Mais même lorsque la voie est libre, nous gardons dans un coin de notre esprit qu’une voiture, absente au moment où nous regardions, peut arriver en trombe. Ce scepticisme contrôlé ne nous empêche pas d’avancer, il nous demande seulement de douter, d’analyser, de nous faire notre propre avis tout en gardant à l’esprit que nous pouvons aussi avoir tort. Cette dernière étape qui consiste à rester ouverts quant à la possibilité de se tromper est importante et n’empêche pas de nous fonder sur un certain savoir, d’avancer dans la recherche de la connaissance ou d’avoir nos propres convictions. Elle nous rend capables de les remettre en question ou d’écouter sereinement ceux qui les remettent en question. On ne doute plus, mais on laisse la porte ouverte au doute. Les sceptiques doutaient de tout et en permanence. Descartes prônait le doute méthodique ; douter un temps pour se rapprocher de la vérité. Le scepticisme était pour lui le premier pas vers la connaissance. Une étape nécessaire, mais à dépasser pour se rapprocher de la vérité. C’était un « sceptique temporaire ». Je prône pour ma part un scepticisme contrôlé. C’est-à-dire le doute méthodique cartésien pour se rapprocher de la vérité : écouter, douter, investiguer, puis se faire sa propre opinion tout en gardant à l’esprit qu’elle est peut-être imparfaite. Autrement dit, je prône le doute cartésien comme méthode de recherche de la vérité, mais je ne ferme pas pour autant totalement la porte à un nouveau doute une fois que j’affirme avoir débusqué un savoir, une vérité. Procéder ainsi permet d’avancer avec un « bagage de connaissances » en restant ouvert à une critique de ces connaissances. Ma méthode diffère du scepticisme qui prône le doute comme fin en soi et affirme que la vérité est inaccessible, mais diffère également légèrement de celle de Descartes en cela que je refuse de fermer totalement la « machine à douter » au sujet des choses que je considère comme certaines après les avoir passées une fois sous le filtre du doute. Je ne crois pas que le savoir soit inaccessible, je dis que le premier de tous les savoirs est que nous ne sommes pas omniscients et qu’il faut donc ne jamais fermer la porte au doute concernant ce que l’on considère comme un acquis.Je vois le doute comme un outil, mieux, comme une expérience de pensée. À nouveau, le scepticisme contrôlé n’empêche pas de s’appuyer sur des connaissances, il n’est pas stérile quant à la quête du savoir ; il nous rappelle seulement de ne jamais oublier que nous ne sommes que des êtres humains limités, imparfaits, et donc non omniscients. Avec ce principe, nous ne doutons pas indéfiniment de tout, mais nous gardons dans un coin de notre tête que ce que nous tenons pour vrai ne l’est peut-être pas et nous nous tenons ainsi prêts à douter encore une fois, en tout état de cause. Cette méthode est le meilleur moyen pour traquer les éventuelles failles dans nos connaissances et pour remettre à jour notre logiciel de pensées, d’opinions et même l’état actuel de nos connaissances scientifiques. Descartes prône un doute temporaire, les sceptiques un doute permanent, je pense qu’il convient de trouver l’alchimie entre les deux : douter temporairement, méthodiquement de ses opinions, des récits, des dogmes, pour se rapprocher de la vérité, puis se faire son propre avis, sans pour autant s’interdire de le remettre en question un jour.
Doute instinctif et scepticisme contrôlé
Le doute est naturel. D’une certaine façon, nous le pratiquons tous en permanence pour un tas de choses au quotidien sans forcément nous en rendre compte. Fréquemment dans les actes de tous les jours, nous suspendons notre jugement et investiguons. Cette posture intellectuelle est tellement naturelle qu’elle se fait souvent de manière non consciente, presque instinctive. On l’a par exemple lorsqu’on traverse la rue, on tourne la tête d’un côté puis de l’autre. En faisant cela, on intériorise le doute suivant « Peut-être qu’une voiture arrive, peut-être pas, tout ce que je sais, c’est qu’il me faut vérifier pour le savoir », puis on vérifie, on investigue en regardant des deux côtés. Cela se produit de manière extrêmement rapide dans le cerveau. En moins d’une seconde, l’esprit doute sans même conscientiser le doute. Cette suspension du jugement est naturelle, car celui qui s’apprête à traverser sait au fond de lui qu’il ignore si une voiture arrive ou pas. Intérioriser le savoir « Je ne sais pas » est ce qui l’a conduit à suspendre son jugement, à douter. Celui qui ne regarde pas quand il traverse, et ce, parce qu’il est dans la croyance, est fou. Croire à la présence ou à l’absence d’une voiture, sans investiguer, c’est bien le début de la folie. Il en va de même pour ce qui est de croire à des récits sans avoir suspendu son jugement. La majorité des humains de la planète ne sont pas fous, mais se comportent souvent comme tels. En effet, ils ne sont pas fous en ce sens qu’ils ne sont pas dans la croyance avant de traverser la rue et doutent et investiguent, mais ils se comportent comme des fous en refusant de le faire face au récit de l’autorité ou face à l’opinion de la majorité. Ils étouffent ainsi ce que leur cerveau fait naturellement : suspendre le jugement et investiguer.Revenons sur ce qu’il se passe dans le cerveau de notre piéton juste avant qu’il vérifie en tournant la tête à droite et à gauche. Une action mentale très importante se produit dans son esprit : il suspend son jugement. Il ne croit rien, ni qu’il y a une voiture ni qu’il n’y en a pas ; il ne croit rien, car il sait qu’il ne sait pas. Conscientisant son ignorance, il vérifie, il regarde à droite, à gauche, et enfin il traverse s’il constate qu’il n’y a pas de danger. Mais même lorsqu’il traverse, il garde dans un coin de son esprit qu’une voiture peut débouler à toute vitesse à l’angle de la rue, que la faible luminosité l’empêche de voir correctement le danger au loin, qu’un vélo peut arriver sans qu’il l’ait entendu, etc. L’attitude qui consiste à suspendre son jugement, à investiguer, puis à continuer de rester un minimum sur ses gardes après être arrivé à une conclusion porte un nom : la prudence. Mais pourquoi diable cette attitude est-elle assimilée à de la paranoïa quand il s’agit de vérifier une information médiatique, politique ou d’analyser une doxa ? Alors que tout le monde est parfaitement conscient que les mensonges politiques et médiatiques ont toujours existé, la posture intellectuelle consistant à être dans le doute vis-à-vis de ceux-ci relèverait du délire, de la paranoïa ? Comprenons-le, le paranoïaque n’est pas celui qui vérifie en tournant la tête avant de traverser la rue, mais celui qui refuse de traverser, car il est persuadé que des voitures veulent l’écraser. Face aux informations, le paranoïaque n’est pas celui qui suspend son jugement pour les analyser, mais celui qui est d’emblée certain qu’on lui ment. Regarder les informations en doutant, c’est-à-dire en intériorisant une fois l’idée « Ce qu’on me dit est peut-être vrai, peut-être pas, il me faut vérifier pour le savoir », et investiguer, ne relève pas de la paranoïa, mais de la prudence. Il s’agit d’un remède contre l’erreur, la précipitation et la manipulation. Si le doute est probablement le début de la sagesse, il est à coup sûr celui de la prudence. Le doute est l’inverse de la croyance. C’est en cela que le doute est l’attitude du scientifique.
"Ce que j’appelle moi-pensant est ce moi intérieur capable de poser des questions et de douter des réponses. Ce moi intérieur est chercheur de vérité et est inhérent à l’être humain en cela qu’il est présent en chaque enfant à l’état embryonnaire. Ce moi-pensant est aussi le moi qui doute. Revenons un instant sur l’importance de cette posture intellectuelle : le doute. Nous vivons une étrange époque où l’on tente de nous faire croire que douter relève du complotisme, c’est-à-dire du délire. N’est-ce pas paradoxal, pour ne pas dire orwellien ?Je retiens plutôt la pensée d’Aristote : « Le doute est le commencement de la sagesse. » Mais encore faut-il savoir ce que douter signifie. Nombre de gens assimilent à tort le doute à la négation. Il n’y a rien de plus inexact. Douter d’un récit ne veut pas dire croire qu’il est faux. Au contraire, douter c’est précisément refuser de croire. Le doute, c’est la prise de conscience de son incertitude et de son ignorance, et les accepter. Ainsi, tout l’art du doute consiste à ne pas précipiter son jugement devant un récit ou une information, c’est-à-dire être capable d’intérioriser l’idée : « Ce qu’on me dit est peut-être vrai, peut-être pas, je vais creuser avant d’approuver ou de réfuter. »Ce dont il est question ici, la suspension du jugement, est une véritable discipline à laquelle l’école prépare mal les élèves. Comprendre cela, c’est comprendre la crise de l’esprit critique qui frappe le monde des adultes ainsi que leur forte tendance à se réfugier aveuglément dans le récit de l’autorité. Tous les récits qui parviennent à nos oreilles doivent passer par un sas d’entrée. Ce sas, c’est le « doute méthodique ». Si les gens qui lisent ces lignes ne doivent retenir qu’une chose de cet essai, c’est celle-ci : doutez de tout discours, y compris du mien. Oui, l’attitude à adopter devant un récit quel qu’il soit n’est ni le rejet ni l’adhésion, mais le passage sous le filtre de l’esprit critique, en chercher les éventuelles failles. Et même après être parvenu à une conclusion personnelle, bref, même après avoir fait son devoir d’être pensant, il faut toujours garder dans un coin de son esprit que l’on n’est pas omniscient et que la conclusion à laquelle on est parvenu est peut-être vraie, peut-être erronée, peut-être lacunaire. En suivant cette méthode, on se tient prêt à remettre en question ses opinions à tout instant, on acquiert une façon d’être au monde qui nous permet de progresser dans la quête de la vérité et d’être ouvert au débat. Reconnaître que l’on n’est pas omniscient est la première étape pour finir par connaître quelque chose. Ainsi se forge la souveraineté intellectuelle.Résumons : douter témoigne d’une grande force intérieure. Aussi paradoxal que cela puisse paraître de prime abord, celui qui doute, c’est-à-dire celui qui suspend son jugement devant tout récit, est une personne pleine d’assurance. Pour douter d’une chose, il faut être confiant. Et l’expression maximale de la confiance en soi, c’est la capacité à douter de ses propres opinions. Mieux, à douter de soi-même à la manière de Descartes, se demander si on existe et arriver à la conclusion qu’on existe indubitablement en tant qu’être qui doute, qui pense, qui est conscient."
Médiavers, médiathéisme et complosophisme
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"À propos des médias. Je tiens à rajouter un mot car ce sujet est d’une importance capitale. En effet, si celui qui possède les médias possède la mentalité populaire, alors celui qui possède les médias possède le pouvoir d’orienter, voir de piloter l’esprit des gens, et ce pour les faire voter de telle façon ou de telle autre. En d’autres termes, lecteur, celui qui possède les médias possèdera le pouvoir puisqu’il pourra faire en sorte que son candidat soit élu. Mais ce n’est pas tout. Ce sujet est très important pour une autre raison. Je soutiens que le pouvoir des médias est tellement important que ces derniers ont la capacité de faire vivre le peuple dans un monde « factice ». Et cela en prônant un récit médiatique contraire au réel. En effet, les médias font tellement la pluie et le beau temps, leurs propriétaires sont les maîtres du récit avec une. Si le récit historique est écrit par les vainqueurs, le récit médiatique, lui, est écrit par les puissants du moment telle force, qu'ils ont le pouvoir de faire vivre les peuples dans un monde "chimérique" : un monde où le récit n'est pas seulement différent du réel mais où il est totalement inventé."
Je pense, donc je légifère : Le Cogito citoyen
