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link.kompektiva.org/@anarchistfront Front Anarchiste (Iran et Afghanistan) – Chaîne française Cette chaîne propose des nouvelles et des analyses basées sur les publications en persan du Front Anarchiste, actif en Iran et en Afghanistan.
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"C'est la lutte finale, nous ne sommes ni des roturiers ni des esclaves"
Autocollant anti-gouvernement et anti-Shah en Iran, détournant et moquant du chant monarchiste : "c'est la lutte finale, Pahlavi va revenir."
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https://todon.eu/@RadicalGraffiti/115973259233447782
Pendant les jours de black-out complet des communications, le réseau Iran International a diffusé à plusieurs reprises cette vidéo pour prétendre que les rues et les villes étaient tombées aux mains du peuple. Cependant, le son de la vidéo consistait seulement en un bruit indistinct et vague de foule, et le slogan scandé par cette foule nombreuse ("Mort au dictateur !") avait été complètement censuré et retiré.
"Jeudi 18 Dey (8 janvier), sur le boulevard Kashani vers le square Sadeghieh, à Téhéran. Alors que la foule s'approchait du square Sadeghieh, ils ont tiré sans discontinu du gaz lacrymogène en grande quantité et ont forcé le peuple à battre en retrait."
⚠️ Description de sévices et violences, notamment sexuels ⚠️
Selon des informations qui circulent sur les réseaux sociaux :
Les blessé•es, hommes et femmes mourant•es, comme les corps des femmes, ont été soumis•es à des agressions sexuelles et des mutilations.
Poitrines, abdomens, oreilles mutilés. Des scalps ont été aussi observés sur les corps des femmes.
Des blessures graves et de la violence sexuelle ont été infligées sur les corps des femmes. L'horreur de ces violences et le tabou autour de l'exposition des corps des femmes sont les raisons qui expliquent le peu de documentation visuelle des zones féminines dans les images qui sont sorties des départements de médecine légale en Iran.
"Ces jours ne sont pas accidentels"
L'histoire se répète et les alliances se redessinent.
Le 26 janvier rappelle le souvenir du moment où, en 2015, Kobanê, après 134 jours de résistance populaire organisée, est venue à bout de Daech et a montré au monde que la volonté du peuple peut arrêter la sombre machinerie de la mort.
Aujourd'hui, comme il y a 11 ans, Kobanê est une nouvelle fois assiégée. Un siège total qui commence par le froid, des coupures d'électricité et d'eau, et un isolement complet des réseaux de communication du monde, et qui continue avec le feu direct des criminels djihadistes de l’État de Hay’at Tahrir al-Sham, avec la complicité ouverte de l’État fasciste turc et le feu vert de l'impérialisme étasunien. Ce siège n'est pas que militaire ; c'est une tentative criminelle de détruire la vie, de casser la résistance et d'étouffer la possibilité de vivre librement. Mais pour les combattant•es du Rojava, pour les militant•es anarchistes et pour toutes celles et tous ceux qui à travers le monde sont amoureux de la liberté, Kobanê est une ligne rouge et un symbole de résistance et de dignité.
En même temps, l'Iran brûle des flammes du soulèvement et du deuil. Le deuil des vies volées par le régime, des exécutions et de la torture (Daech), et la rage d'un peuple qui ne souhaite plus subir la domination et qui crie pour revendiquer l'abolition de la loi forcée.
Cette simultanéité n'est pas accidentelle. De Kobanê aux rues iraniennes, une seule et même lutte se déploie : la lutte de la vie contre les États criminels et meurtriers.
Le soulèvement en Iran est la voix d'une société qui n'accepte plus d'être la victime des profiteurs de la guerre, des États anti-humains et des superpuissances qui défendent l'ordre de la mort.
Pour la justice pour toutes celles et tous ceux qui ont été tué•es dans le soulèvement populaire dans les territoires de l'Iran, pour le soutien aux blessé•es, pour la défense des enfants assiégé•es à Kobanê, nous tenons un même front : un front sans État, sans frontière, sous le drapeau rouge et noir.
Amoureux•ses de la liberté du monde entier, la solidarité est notre arme la plus efficace.
Il n'y a pas de neutralité.
De Kobanê aux rues iraniennes, la résistance est une.
Et la vie ne peut être assiégée.
Une vidéo du 18 Dey (8 janvier) de la ville de Khoy, dans la province iranienne de l'Azerbaïdjan occidental (nord-ouest de l'Iran, près de la frontière avec l’État turc)
Selon le rapport et les explications transmises par la personne qui nous envoie la vidéo :
Environ quatre personnes ont été tuées, identités inconnues. Parmi celles et ceux qui ont été arrêté•es, certain•es ont été forcé•es à signer un engagement écrit, tandis que d'autres ont été battu•es puis relâché•es.
“Khamenei a tué mon ami”
Tag en Iran
https://t.me/French_Anarchist_Front
Récit rapporté concernant les manifestations de 2025-2026 en Iran
"Mon corps sans défense et ma vie sont pris pour cibles par les balles des oppresseurs"
Ce témoignage reflète la réalité vécue par les manifestant•es, qui ont dû faire face à la répression et la violence systématique. Des civil•es, sans armes, délibérément pris pour cibles, leurs vies considérées comme sans importance par un régime qui repose sur la peur et la brutalité pour se maintenir au pouvoir. Ces éléments ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d'un fonctionnement de violence d'État qui demande une attention urgente, un travail de documentation et une reddition de compte au niveau international.
Au public et aux camarades du Front Anarchiste,
Nous vous prions de bien vouloir nous envoyer les documents des crimes commis par la criminelle et déshonorée République Islamique, avec les explications qui vont avec.
Nous sommes en train de travailler à construire des dossiers et à sensibiliser sur ces crimes pour pouvoir, une fois les preuves réunies et enregistrées, porter plaintes contre le gouvernement et le régime en Iran.
Ces plaintes seront déposées par le biais de groupes défendant les droits humains et d'autres partenaires qui collaborent avec nous en Europe.
Ces témoignages sont pour l'histoire et aideront à porter assistance aux personnes blessées, arrêtées ou réfugiées.
Ali Rahbar, un des manifestant•es de Mashhad, qui avait été arrêté dans les premiers jours du mouvement dans la ville, a été exécuté ce matin (jeudi 22 janvier).
Ali était coach de sport et avait pris la rue pour revendiquer son droit à la liberté.
En réponse à une vidéo de mercenaires de Daech qui se vante de couper la tresse d'une combattante kurde, des femmes de partout dans le monde postent des vidéos d'elles en train de se tresser les cheveux, comme un acte de résistance, de dignité et de pouvoir collectif.
Ce qui était pensé comme une humiliation est devenu une arme contre le patriarcat et la terreur djihadiste. Chaque tresse est une déclaration : vous ne nous effacerez pas, vous ne nous briserez pas et jamais vous nous posséderez nos corps ni nos luttes. Les femmes kurdes transforment une attaque en un acte massif de solidarité, s'opposant à Daech et à tous les systèmes de domination qui craignent la liberté des femmes.
Ce n'est pas simplement du symbolisme. C'est un message au monde : la résistance des femmes se multiplie quand elle est attaquée. Des montagnes à la rue, de la ligne de front aux écrans, les femmes kurdes se tiennent debout et unies.
✌️Femme, Vie, Liberté.
Jin Jiyan Azadi ✌️
✌️Le Rojava n'est pas seul !✌️
Ce qui se passe aujourd'hui au "Rojava" (nord et est de la Syrie) n'est pas un simple conflit militaire entre différents États et forces armées ; c'est une tentative délibérée de détruire l'une des rares expériences émancipatrices de notre temps. Une expérience dans laquelle les gens, au-delà des frontières nationalistes et des modèles centrés sur l’État, ont cherché à construire leur vie sur une base d'autogouvernement (autogestion horizontale et auto-organisation), d'entraide, d'égalité de genre et de libre coexistence des différents groupes ethniques et des différentes croyances. Kurdes, arabes, assyrien•nes, arménien•nes, yézidi•es et autres habitant•es de cette terre ont montré qu'il est possible d'organiser la vie économique, sociale, politique et culturelle sans État centralisé, sans armée répressive et sans systèmes hiérarchiques.
Dans notre perspective, les États, que ce soit le gouvernement central syrien, les pouvoirs régionaux ou globaux, ont en commun la préservation de la domination, du contrôle et la reproduction de la violence. Le retrait tactique des grandes puissances et leurs "feux verts", explicites ou non, ne sont qu'un chapitre de plus du même vieux jeu dans lequel les vies et le futur des gens ordinaires sont sacrifiés sur l'autel des intérêts géopolitiques. L'attaque sur le Rojava est une attaque sur la possibilité même de l'auto-organisation horizontale, des conseils et des communes, et sur la volonté collective de vivre sans maîtres.
Le droit à l'autodétermination ne veut pas dire remplacer un État par un autre. Il est le droit des gens de décider directement de leur mode de vie, leur économie, leur culture, leur sécurité, sans frontière imposée, sans armée d'occupation et sans élite autoritaire. Défendre le Rojava, c'est défendre le principe que la liberté nait de la solidarité et de la résistance collective, pas du canon du fusil dans les mains de l’État.
Le Rojava n'est pas seul car où le peuple se lève contre la domination, où les communes se lèvent contre les palais, et où la solidarité remplace l'obéissance, l'esprit du Rojava perdure dans la dignité. Notre solidarité aux gens de cette terre est une solidarité avec un monde dans lequel personne ne règne sur les autres et aucun État ne dirige aucune société libre.
Pas touche au destin des gens du Rojava !
✌️Femme - Vie - Liberté ! ✌️
🏴Communiqué du Front Anarchiste 🚩
✌️Le Rojava n'est pas seul ! ✌️
⤵️
Cette vidéo qui nous a été transmise est un exemple de l'horrible massacre dans les rues iraniennes par les soutiens d' "Ali Khamenei : les paramilitaires chiites affiliés à la force Al-Qods (branche externe des "gardiens de la révolution" iranienne) en Irak (Hachd al-Chaabi), au Liban (Hezbollah), au Pakistan (Zaynabiyoun), et en Afghanistan (Fatimiyoun).
Selon ce qu'on peut lire sur certains médias et comptes sur les réseaux sociaux qui couvrent les actualités du Kurdistan et notamment du "Rojava", les islamistes extrémistes affiliés aux gouvernements dictatoriaux syrien et turc ont abattu les antennes de téléphonie mobile à coups de missiles. En conséquenc, la communication Internet avec Kobanê est presque complètement coupée. Une catastrophe similaire a ce qui s'est passé récemment sous le gouvernement fasciste iranien est-elle en train de se dessiner ?
Amir Hossein Ghaderzadeh, 19 ans, joueur de football de Rasht, a été condamné à mort.
Le régime de Khomeini doit immédiatement stopper tout plan visant à exécuter Amirhossein Ghaderzadeh, arrêté le 9 janvier pour avoir participé aux manifestations à Rasht, dans la province de Gilan. Le régime doit de même rompre avec la pratique d'utiliser la peine de mort pour silencier les manifestant•es.
Le moment où les mercenaires affiliés à Khamenei ont attaqué un•e citoyen•ne iranien•ne à la machette.
Bandar Abbas, sud de l'Iran, 8 janvier 2026
[Note du traducteur : le canal en anglais - et dans les autres langues également - relaient des informations concernant le Rojava (Kurdistan syrien) / Nord-Est de la Syrie, où l'expérience du confédéralisme démocratique inspiré par les théories d'Abdullah Öcalan et du mouvement kurde est menacé par des attaques des forces d'Al Sharaa et des mercenaires pro-turcs de "l'Armée Nationale Syrienne". Par manque de temps et parce que d'autres canaux francophones existent pour les informations sur le Rojava, je ne fais pas du relai de ces textes et médias une priorité ici.
Mais bien entendu, nos camarades du Front Anarchiste (Iran, Afghanistan, Tadjikistan) sont attentifs et solidaires de la résistance dans les territoires controlés par l'administration autonome du Nord-est de la Syrie.
✌️🏿Biji Berxwedana Rojava ✌️🏻
Pour lire et suivre en anglais :
https://t.me/AnarchistFront_English ]
Ce chiffre est aussi rapporté par d'autres sources indépendantes. Cependant, d'après des informations que j'ai pu récolter et observer, le chiffre réel des personnes aveuglées est très probablement plus élevé, et certainement pas moins.
3⃣ Troisième récit
Sur la base des messages précédents, des rapports/récits et des informations reçues, ainsi que des observations de terrain, voilà la situation telle que suit :
Dans plusieurs villes, la nuit est marquée par des chants et des slogans et, selon les récits, c'est ininterrompu, particulièrement à Téhéran, Shiraz, Ispahan et Mashhad.
A Téhéran, dans les zones telles que Simon Bolivar, autour du bazar de Téhéran, Valiasr, Tehranpars et plusieurs autres quartiers, des patrouilles de police et des checkpoints sont mis en place, arrêtent et fouillent les individus et les véhicules.
Des rapports d'Ispahan et de Shiraz indiquent que les institutions affiliées aux corporations de commerce et aux agences de renseignement ont contacté les commerçants par téléphone ou par message pour les menacer que si la grève continuait, leurs comptes bancaires seraient gelés et ils feraient face à de sérieuses répercussions.
Des camarades rapportent aujourd'hui que dans des zones comme Vakilabad à Mashhad, Narmak et Saadat Abad à Téhéran, Maaliabad à Shiraz et Fardis à Karaj, les forces de répression sont déployées dans les rues, en armes et en situation d'alerte. Ils auraient dans certains cas harcelé et porté atteinte à des civil•es.
En outre, la nuit dernière, des bruits continus d'armes à feu on été entendus dans les zones de Tehransar et de Haft-Hoz.
Récits de témoins oculaires en Iran.
⚠️ Attention : certains éléments peuvent choquer⚠️
1⃣ Premier récit
Il faut souligner que ce récit est un mix d'informations transmises par des citoyen•nes et des données que j'ai moi-même collectées. Pour la sécurité des sources, certains choses ont été modifiées à la marge dans le texte.
Selon les informations récoltées, en une seule nuit à Téhéran environ 800 cas d'énucléation oculaire (retrait de l'oeil) ont été recensés. En cause : les impacts de pistolets à grenaille. Un témoin oculaire bien connu a déclaré que, jusqu'à présent, 7 000 cas de blessures aux yeux ont déjà été documentés, mais beaucoup de dossiers médicaux ont été retirés des hôpitaux par les forces de sécurité pour pouvoir identifier des individus qui seraient sorti•es de l'hôpital après traitement.
Des informations obtenues de plusieurs autres hôpitaux à Téhéran indiquent également que, selon des témoins oculaires et des sources informées, la majorité des blessures par armes à feu est concentrée au niveau de la tête, du cou ou de la poitrine des victimes.
La situation est décrite comme particulièrement critique et horrible. Beaucoup des blessé•es, craignant l'interpellation par les forces de sécurité à l'intérieur même de l'hôpital, n'ont pas osé aller y chercher des soins. Plusieurs éléments indiquent que des blessé•es sont mort•es chez elles/eux en se vidant de leur sang par impossibilité d'accès aux soins médicaux, assisté•es seulement de leurs voisin•es.
Un resident blessé de Narmak, qui s'est fait tirer dessus, rapporte que des snipers étaient positionnés sur les toits et tiraient délibérément vers les visages et les parties génitales des manifestant•es. Ces faits ont été confirmées par un autre témoin oculaire bien connu.
Selon le témoignage d'un individu impliqué dans le transfert des corps, beaucoup de celles et ceux qui ont été tué•es par balles présentaient des blessures aux visage et aux parties génitales. Il rapportait que la morgue atteignait sa capacité maximale, avec des corps enveloppés dans des sacs noirs et empilés les uns sur les autres, jusqu'à dehors, où ils étaient recouverts de glace. Il déclarait que la morgue était emplie de l'odeur du sang et des cadavres, rendant le fait d'y être et d'y rester extrêmement difficile.
Un autre témoin oculaire rapporte que plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, étaient prises de force dans les hôpitaux où ils/elles étaient soigné•e, puis frappé•es et transféré•es par les forces de sécurité.
Il est aussi rapporté d'un autre hôpital que la grenaille tirée sur les corps des manifestant•es était enduite de produits chimiques toxiques. Selon des témoins, certains individus qui ne sont pas allés se faire soigner à l'hôpital sont morts chez elles/eux du fait des effets de cette grenaille toxique.
Sur la base de cette information, beaucoup de personnes blessées qui en sont mortes ensuite ont été blessées dans des parties non vitales du corps, mais sont tout de même décédées à cause de la nature toxique de cette grenaille.
Partout, la situation qui est rapportée est extrêmement difficile et alarmante.
2⃣ Front Anarchiste | Deuxième récit reçu d'Iran
Sur la base d'informations reçues de Shiraz et d'Ispahan à propos de morts, des camarades qui ont observé les corps dans les morgues ont fait part de beaucoup de corps qui arrivaient vêtus d'habits hospitaliers. Selon ces camarades, certaines des victimes avaient des plaies qui avaient été soignées (bandages, pansements etc) mais avaient été exécutées par un tir létal.
Ces observations indiquent que les forces de sécurité, après avoir enlevé des personnes blessées dans les hôpitaux, ont mené des exécutions extra-judiciaires, soit au sein même des installations hospitalières soit après les enlèvements.
Selon les statistiques sur lesquelles on peut s'appuyer pour le moment, dans plusieurs villes, dont Shiraz, Ispahan, Téhéran, Mashhad et les autres, près de 8 000 personnes ont été aveuglées par des tirs de grenaille dans les yeux.
⚫️ L’État et le monopole de la violence
Dans la pensée anarchiste, l’État est une institution qui détient un monopole sur la violence organisée et qui tire sa légitimité non pas du libre consentement de la société mais de sa capacité à imposer la force.
La présence de véhicules blindés, d'armes lourdes et de personnel militaire dans les zones urbaines, même dénuée de confrontations directes, constitue en soi une "performance du pouvoir" : un message visuel qui rappelle aux citoyen•nes que l'ordre existant repose sur la possibilité de la répression. Ce spectacle correspond au monopole de la violence légitime et à ce que nous identifions comme l'essence même de la domination étatique.
🔴 Couper les communications comme une forme de siège social
Dans le monde d'aujourd'hui, Internet n'est pas un simple outil de communication ; c'est un réseau permettant la solidarité horizontale, la libre circulation de l'information et l'émergence de l'action collective.
Sa coupure à l'échelle du pays constitue une forme de siège. Non pas un siège militaire d'une ville, mais un siège de la conscience et du lien social. En s'attaquent à ces réseaux, l’État entend fragmenter la société en unités isolées les unes des autres, les rendant ainsi beaucoup plus simples à contrôler.
⚫️ L'état d'exception comme règle
Ce qui est justifié comme "circonstances exceptionnelles" ou "nécessités de sécurité" nous apparaît, dans l'analyse anarchiste, comme la continuation d'un état permanent d'exception, dans lequel la loi est suspendue et les décisions arbitraires souveraines la remplacent. Dans une telle condition, la limite entre les temps ordinaires et le temps de l'urgence tend a disparaître. La société est gardée en alerte en permanence et les droits sont suspendus.
La loi martiale implicite opère précisément dans cette logique : sans déclaration formelle, mais pourtant l'application pratique des mêmes mécanismes est, elle, bien réelle.
🔴 La ville-caserne
La militarisation de l'espace urbain transforme la fonction symbolique de la ville. Ce qui devrait être un espace de vie partagée, de diversité et de libre interaction devient un terrain de déploiement et de surveillance.
Cette transformation révèle que l’État ne perçoit pas la société comme un ensemble d'individus libres qui s'auto-déterminent, mais comme une population potentiellement dangereuse qui doit être constamment surveillée.
⚫️ Ordre venu d'en bas contre ordre imposé
Contre cette logique, nous, anarchistes, insistons sur la possibilité d’une autre forme d'ordre : une forme qui ne naîtrait pas du canon du fusil mais de la coopération volontaire, de l'entraide et des réseaux de solidarité horizontaux.
Les expériences sociales et historiques démontrent que les êtres humains sont capables de créer diverses formes d'auto-organisation et de coexistence sans s'appuyer sur une machinerie répressive.
Ce que l’État craint par-dessus tout, ce n'est pas le désordre, mais précisément cette possibilité de l'ordre sans l’État.
Les coupures d'Internet et le déploiement de forces armées dans les rues peuvent dès lors être entendues comme deux aspects d'une même stratégie : le contrôle de la société par l'isolement et la peur.
Dans une perspective anarchiste, ce n'est pas une erreur momentanée mais bien la révélation du vrai visage de la souveraineté. Un visage qui, en temps de crises, se défait de ses masques légaux et administratifs et parle alors son langage le plus pur : celui de la force.
Une telle analyse nous invite à penser au-delà des événements quotidiens et nous confronter à une question plus fondamentale : l'ordre social doit-il nécessairement reposer sur la coercition organisée ou peut-on imaginer des formes d'existence enracinées dans la liberté, l'égalité, la solidarité et l'autogestion ?
